Ubuntu – Musiconnexer

Musiconnexer : v. i. Des années après, apprendre enfin quelle était cette musique entendue dans un film ou une émission.

Par extension : sur FIP, aller consulter le site pour savoir ce qui se joue en ce moment (dans cette acception, “musiconnexer” est une forme désuète du verbe actuel “Shazamer”)

Musideconnexion : n. f. Sentiment bizarre que l’on éprouve en se disant que “ce truc que j’ai entendu pendant des années dans cette émission / ce film, c’est en fait une œuvre, et peut-être que le compositeur se retourne dans sa tombe d’être associé à ce nanar”.

Quelques exemples de mes musiconnexions personnelles :

  • Celle qui vient d’inspirer ce Ubuntu : dans L’incorrigible (avec Jean-Paul Belmondo, Julien Guiomar et l’éternellement belle Geneviève Bujold), c’est un air d’opéra qui fait tomber Julien Guiomar de son escabeau pendant leur cambriolage de pieds nickelés. Et cet air, je musiconnexe ce matin, c’est Vesti la giubba, dans Paillasse. Et ma foi, je musidéconnexe aussi, parce que pour moi, dès que je l’ai entendu, c’était “l’air d”opéra gueulant qui fait tomber le gars de son escabeau” 🙂
  • Pendant des années de ma jeunesse, j’ai été abreuvé aux Grosses Têtes, essentiellement sur des trajets de vacances en voiture, et je n’ai appris qu’assez récemment (i.e. dans les dix dernières années) que la musique des grosses têtes, c’était la B.O. de Rocky (Gonna fly now). Une écoute intensive de cette B.O. pendant mes entraînements de marathon m’a permis de me soigner, et je ne musidéconnexe plus sur ce morceau.
  • Idem pour la musique de l’émission “L’heure de vérité” : à l’époque, ça m’évoquait une émission politique avec des journalistes chiants, mais une écoute intensive des B.O. de James Bond (et de la musique de Wings) m’a permis finalement de quitter cette musideconnexion, merci à Paul McCartney pour le thème de Live and let die.
  • Plus subtil : qui saurait dire d’où venait la musique de l’émission “Les dossiers de l’écran” ? Ce sifflement de violon assez angoissant ? Réponse en fin de ce message*.

La musidéconnexion a un autre avatar : c’est quand elle déclenche un conflit des générations. Pour ma progéniture, cette musique, c’est Chimpanzés de l’espace, et je passe pour un vieux crouton à leur parler d’Axel Fowley et d’Eddie Murphy

*La réponse, qui correspond à une musiconnexion personnelle : il y a un peu plus d’un an, sur un vol Paris-Boston, j’ai opté pour un vieux film de référence. J’avais trouvé le livre de Kessel extrêmement bien écrit, d’une écriture sèche comme les faits racontés, et je me disais que Melville à la réalisation, Lino Ventura au rôle principal et Simone Signoret à ses côtés, ça ne pouvait être qu’une valeur sûre. L’armée des ombres, de Jean-Pierre Melville, dans lequel cette musique obsédante apparaît quelques poignées de secondes, à un moment particulièrement dramatique… Superbe musiconnexion, pour un très beau film sur la Résistance en France.

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