1 000ème Thibillet – Changements

Ceci est le 1 000ème thibillet de ce blog. Pour info, les précédents thibillets centenaires : 100, 200, 300, 400, 500, 600, 700, 800, 900.

Je ne vais pas me féliciter pour ma constance : autant jusqu’en avril 2008, je me suis tenu à ma règle (publier un thibillet chaque jour ouvré, soit 5 jours par semaine hors vacances), depuis cette date (cassure personnelle dans mon espace temps professionnel), j’ai adopté un rythme plus chaotique (et cahotique), suivant l’humeur.

D’où mon propos, aujourd’hui, de parler de changements.

Il ne s’agit pas des Changements, de Watzlawick, Weakland et Fisch, dont j’ai déjà parlé, mais plus prosaïquement, des changements quotidiens. C’est paradoxal, mais je trouve qu’il est plus facile de changer une grande chose que de travailler sur le quotidien. Par exemple, depuis juillet dernier, je me suis attaqué à changer mon écriture. Rien de plus futile, rien de plus essentiel. Même en ces années de claviers informatiques, l’écriture (manuscrite) reste comme une composante importante de la personnalité. Or, des années de prises de notes rapides avaient dénaturé mon écriture : quand j’écrivais vite, elle devenait illisible, même pour moi ; quand je m’appliquais, des réflexes, des sautes nerveuses, anéantissaient vite l’effort d’harmonie. J’ai donc appliqué les deux règles fondamentales du changement :

  • Ne modifier qu’une chose à la fois.
  • S’y exercer tous les jours.

J’ai donc commencé par observer les lettres que je formais le plus mal. Les t, les s, les r. Puis je me suis astreint à ne changer que ces lettres-là, quotidiennement. J’ai recommencé à prendre des notes, mais avec une optique différente : ce n’était plus tant une fin qu’un moyen, cela me permettait de m’entraîner. J’y ai découvert quelques idées sur l’écriture manuscrite et la prise de notes :

  • Prendre des notes, c’est choisir. Le choix peut être quantitatif (je note le plus possible, notamment les tournures de phrases précises) ou qualitatif (je ne me borne pas à retranscrire, mes notes contiennent aussi un filtrage voire une analyse).
  • L’extrême quantitatif n’autorise qu’une écriture rapide, souvent illisible ; l’extrême qualitatif exige une écriture lente, et un grand effort de concentration. Derrière ce choix, il y a des angoisses qui affleurent : la compulsion à collectionner (je ne veux rien rater), la relation au temps qui passe (il faut que je rentabilise ma réunion).
  • Il y a des années, j’avais lu un dossier sur l’opposition entre les écrivains qui écrivaient encore à la main, et ceux qui tapaient leurs textes. L’un d’entre eux, partisan du manuscrit, disait en substance “mon écriture est le prolongement de ma pensée. Quand je suis fatigué, quand mon expression n’est pas claire, je n’ai qu’à regarder mon écriture : j’ai moins bien formé mes lettres.”
  • Personnellement, je combats ma tendance naturelle à l’accumulation : je me force à écrire lentement, à former correctement mes lettres. Cela veut dire que je laisse de côté quantité de choses qui se sont dites dans une réunion. De scribe (voire, logiciel de dictée vocale), je deviens auditeur (voire acteur).
  • Il y a aussi la question du calme. Une écriture nerveuse est souvent “le nez dans le guidon”, sans recul, sans analyse (regardez par exemple, quand celui qui parle se met à mentionner des chiffres : la plupart des auditeurs se mettent tout-à-coup à prendre des notes). Par opposition, prendre de la distance, respirer, permet de mieux écrire dans tous les sens du terme. J’ai pour exemple un de mes indicateurs : si j’écris correctement, je n’ai jamais besoin de raturer. La rature est un échec, un rappel : attention, tu es allé trop vite. C’est le feu orange du chauffard.

Je me suis attaqué à un autre chantier de changement quotidien : depuis quelques semaines maintenant, je travaille ma dactylographie. J’ai un logiciel d’apprentissage de la dactylo sur chacun de mes systèmes (Windows, MacOS, Ubuntu). J’y retrouve les mêmes règles : travailler progressivement, travailler tous les jours. Avec une troisième idée, qui force à la patience : changer d’écriture, ou apprendre la dactylo, cela prend du temps. C’est un processus qui se compte en mois entiers, plutôt qu’en jours. Autant dire que le rythme de progression est très lent.

Nous verrons bien si le 1 100ème thibillet a été tapé avec les 10 doigts.

Cette entrée a été publiée dans Réflexions. Placez un signet sur le permalien.

5 Responses to 1 000ème Thibillet – Changements

  1. médhi dit :

    congratulation,
    Il faudra que tu m’expliques comment tu as réussis à publier 1000 thibillets. De mon coté et comme beaucoup, l’encre de mon inspiration à bien vite séchée, les touches de mon clavier se sont encrassées et mon blog est oublié 🙁

  2. mamzelle dit :

    euh…pour les mille suivants, faudra t-il chercher votre encre bleue aux vertus sympathiques Sous des collages à la gomme arabique ?

  3. Docthib dit :

    Sheller du temps qui décidera…

  4. Da Yog dit :

    Bravo Bravissimo.
    S’il y en avait un a retenir, ce serait definitivement le 200eme qui consacre nos tres cheres Batanas et Ubuntus !!

  5. Docthib dit :

    Ma foi, pourquoi pas… Encore une de ces entreprises futiles, donc importantes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.