Aloe Vera

Suite à une mésaventure récente, une de mes lecteuses assidues (mais mes lecteurs sont-ils autre chose qu’assidus, tendus dans toute leur vie vers la perfection socratique ?) me disait donc dans un commentaire : “j’espère qu’il vous reste de l’Aloe Vera”.

Il m’en reste d’autant plus que je n’avais pas encore commencé à consommer cette herbe.

Vient donc le moment d’évangéliser les foules sur l’Aloe Vera. Si je le fais, c’est parce que – à l’instar de certains thibillets déjà rédigés, en informatique souvent – j’ai fait une recherche sur le dieu Internet, et n’ayant pas trouvé de réponses satisfaisantes, j’ai décidé de poster ma synthèse, pour le googleur compulsif.

L’Aloe Vera est donc une plante, ou une herbe, bref, un végétal (Wikipedia est un peu plus calé là-dessus) qui pousse dans les régions chaudes, par exemple dans le sud de la France, où elle se ramasse à la pelle dans les chemins empoussiérés de garrigue, sous un soleil vertical et dans l’ambiance crissante des cigales.

En région parisienne, les fleuristes (en tout cas, les miens) sont infoutus de trouver des plants qui fassent plus de 10-15 cm de haut, mais on m’a dit que peut-être, chez Truffaut…

L’Aloe Vera a des propriétés réjuvénantes, émollientes et hydratantes. En bref, ça remplace n’importe quel cosmétique pour le prix de 2 verres d’eau par semaine.

Je n’ai même pas eu à l’acheter, ma professeur d’espagnol (holà, Magdalena !) m’en a offert un plant, ci-contre représenté dans la fruiterie de ma maison (entre le petit boudoir et la souillarde). Pour ceusses qui n’ont pas une professeuse d’espagnol adorable, on m’a dit que peut-être, chez Truffaut… Sinon, il y a des vols pour la Côte d’Azur toutes les heures.

Et à quoi ça sert ? Eh bien, si l’on est dans une quête bio, genre je ne consomme plus de cosmétiques du commerce et je reviens aux gestes d’antan, ça sert à s’hydrater, s’émollier, se réjuvéner.
Et comment fait-on, docteur ? Eh bien, toutes les fois qu’on est à court, on coupe une des feuilles, à la base du tronc, en murmurant quelques pensées apaisantes. Puis en saisissant un économiseur, aussi appelé épluche-légumes (vous pouvez aussi utiliser un rasoir, mais prévoyez un paquet de coton et du mercurochrome à portée de main), épluchez la feuille en sifflotant. La chair est transparente, un peu visqueuse, on dirait de la méduse végétale.
Coupez en petits dés, mettez au congélo (je mets les dés sur du papier sulfurisé) et quand c’est congélofié, mettez les cubes dans une boîtoune. Voilà, ça dure des semaines ou des mois. De temps en temps, sortez quelques cubes de la boîtoune et mettez les au frigo, ou dans votre salle de bains. Et le matin, quand votre peau agressée par le feu du rasoir, votre épiderme desséché par le calcaire, vos follicules craquelés par l’air sec vous supplieront, vous les attendrirez de cette mixture végétalo-hippie, et pendant un moment, vous aurez une pensée pour votre grand-mère qui lavait son linge au lavoir dans une provence de Marcel Pagnol.

Et avec l’argent économisé, vous achèterez des actions de fabricants d’armes, hahaha !

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