From London to New-York

Il est temps de revenir sur ces instants riants où je courais, insouciant, le Marathon de Londres avec ma nouvelle femme, Gudrun.

Demain, c’est New York. Ce sont toujours 26,2 miles, mais chaque course est un recommencement, et la ville n’est pas la même. La question n’est plus de terminer le marathon : sauf accident, je franchirai la ligne d’arrivée. Cette question, elle est simple pour un marathon classique ; mais pour New York, la réflexion sera pimentée d’un biais supplémentaire.

Pour un marathon classique, question simple :

Quel compromis adopter entre la vitesse et l’endurance ? C’est comme en photographie : soit on prend vite en sacrifiant la lumière, mais on perd en détails à l’arrière-plan ; soit on veut une photo précise, ce qui signifie de fermer le diaphragme, et donc de prendre à une vitesse plus lente, quitte à ce que le sujet bouge.

En marathon (et pour toute autre course), la question se pose dans ces termes :
– soit je cours lentement, ce qui économise mes forces, et me garantit d’avoir de l’endurance jusqu’au bout. Mais cela signifie courir plus longtemps…
– soit je cours vite, pour abréger mon temps de souffrance. Mais cela signifie brûler plus d’énergie… au risque de ne pas pouvoir terminer.

Il n’y a pas, à ma connaissance, de modèle d’optimisation. En effet, en photo, il y a un compromis vitesse-ouverture qui permet de choisir toujours la combinaison optimale. C’est la base du mode “programme”. Mais en course à pied, c’est plus compliqué, parce que les paramètres changent au fil du temps : type d’entraînement avant la course, météo du jour, mental, playlist de musique… C’est un peu comme l’optimum d’endettement pour les sociétés : on sait qu’il existe, mais on ne peut pas tout arrêter, “toutes choses égales par ailleurs”, pour tester diférents niveaux d’endettement et finalement choisir l’optimum.

Je me fonde par exemple sur mon Marathon de Londres (avril 2009). Comme le montre le graphe ci-contre, j’ai fait une course idéale : le même rythme maintenu pendant 42 km (et 195 mètres…) Certes, on voit un léger ralentissement sur la seconde partie de la course, mais il est dépassé, le temps où je croyais aux bienfaits du negative split.

Sur Londres, j’ai réussi à maintenir une vitesse de 5min33 au km, soit approximativement 11 km/h. Alors que faire demain ?

Je vais viser 5mn15 au km (11,5 km/h), en espérant maintenir la régularité tout du long. Il y a deux ponts un peu difficiles à passer (le Verrazzano au début, et le pont de la 59ème rue), et sutout, la fin dans Central Park, qui se termine par 3 miles avec des montées…

Le biais de New York

Le parcours est plus difficile que Londres ou Paris, à cause de ces ponts et ce relief dans Central Park.
Certes, quand on a vécu les marathons difficiles de Madrid, Turin ou Athènes, c’est gérable. Mais voilà le biais : je veux profiter de la course. Tout le monde me l’a dit : c’est un marathon exceptionnel, avec une ambiance à nulle autre pareille. Alors je ne vais probablement pas essayer de battre mon record à tout prix. J’emporte un appareil photo, et je vais essayer de fixer quelques scènes et paysages, soit sur papier argentique numérique, soit dans “l’ordinateur neurophile qui me tient lieu de cerveau”.
Demain, j’aurai – j’espère – la récompense de nombreuses semaines d’entraînement, de gestion de mon temps et de mes efforts.
Nous verrons si le résultat est à la hauteur de mes espérances.

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