FB ou l'autorécursivité du commentaire

Bonjour, je m’appelle Christophe et je suis inscrit sur Facebook.
(bonjour Christophe, bonjour Christophe, disent les Facebookeurs anonymes de mon groupe de thérapie)

Ce truc-là, c’est de la vérole.
Mais le pire (ou le mieux, tout est dans tout, et moi je suis là où tu peux même pas imaginer), ce sont les commentaires. Parce qu’il y a eu plusieurs phases.

  • Avant, dans le monde réel, tu te faisais un porridge. Tu le mangeais (oulà, c’est chaud !), tu le finissais (tiens, c’est un peu gluant) et tu lavais le bol (ou pas).
  • Puis, avec Facebook, tu as pu : (1) faire un porridge (acte réel, monde réel) ; (2) poster un commentaire : “là, je FAIS un PORRIDGE” (acte réel, monde virtuel).
  • Aujourd’hui, il y a les vicieux qui vont plus loin : (1) tu fais un porridge (mais ça devient accessoire, du genre, tu le fais plus parce que t’en avais envie, tu le fais pour servir de pitch à ton accroche facebook) : (2) tu postes “là, je FAIS un PORRIDGE” ; (3) Tu postes “Là je mange le porridge (ouh, c’est chaud !)” ; (4) tu postes “Là je finis le porridge, c’est un peu gluant, har har” ; (5) tu postes “Fini le porridge, pas sûr que je vais laver le bol !”
  • Enfin, il y a le vicieux ultime (bonjour, je m’appelle Christophe et je suis inscrit sur facebook) qui va aller plus loin. (1) tu fais un porridge (en fait, tu le fais pas, parce que tout le monde te regarde sur facebook, mais personne ne te voit dans ta cuisine, si ça se trouve, tu es au bar du Lutétia)(absence d’acte réel, monde réel) : (2) tu postes “là, je FAIS un PORRIDGE” (acte virtuel, monde virtuel) ; (3) Tu postes “Là, j’écris que j’ai fait un porridge” (actel virtuel, monde virtuel) ; (4) tu postes “En l’absence de commentaire, je mange le porridge (ouh, c’est chaud !)” (alors qu’en fait tu bois un GinTo) (absence d’acte réel, acte virtuel, monde virtuel) ; (5) tu postes “Là je viens d’écrire que je mangeais le porridge et que c’était chaud” (acte virtuel, monde virtuel) ; (6) Tu postes “là je viens d’écrire que je venais d’écrire que je mangeais un GinTo”.

C’est dire que tu n’es pas près de laver le bol (ou le verre du GinTo).

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1 réponse à FB ou l'autorécursivité du commentaire

  1. mamzelle dit :

    …le côte obscur de la Face…en somme

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