Aragog et Magog

Hier matin, dans le train, dans la torpeur de l’aube. J’entends un cri, un remue-ménage, d’autres cris. Plusieurs passagers refluent du compartiment du bas, ils fuient. Encore du remue-ménage, on ne comprend rien, j’aperçois juste une dame qui se trémousse en criant.
Et puis le mot passe : c’était une araignée. Pas grosse, en plus, mais il y a des peurs qui ne se commandent pas.
Plusieurs personnes rient, commentent, y vont de leur bon mot. Je souris, mais je ne trouve pas la situation amusante : il y a trop de personnes qui ont commencé par s’écarter, et fuir, avant même d’essayer de comprendre.
Une foule peut annuler 10 000 années de développement du cerveau. Et ce que j’ai vu là, c’est vraiment la mauvaise part de l’homme. C’est une combinaison d’instinct grégaire issu du Précambrien, mais aussi de réflexes intégrés très récemment : individualisme, fuite devant l’incompréhensible, absence d’empathie, chacun pour soi.

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0 réponse à Aragog et Magog

  1. Tout le monde n’a pas la chance de faire une élevage d’animaux morts dans son bureau, il faut les comprendre aussi!

  2. Docthib dit :

    Il me semble que "élevage" et "animaux morts", c’est antinomique… Et puis il n’y en avait qu’un, d’animaux. J’ai retrouvé les photos que j’avais prises, miam…

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