Saint Lazare, priez pour nous 2 – La glissade pouilleuse

Le matin, quand le train arrive à quai dans ma ville de banlieue avant de partir vers Saint Lazare, il ralentit progressivement, c’est normal. Mais souvent, il continue à avancer à petite vitesse, et la plupart des gens s’étaient déjà mis en mouvement vers la porte, alors ils continuent à marcher, parfois sur 5, 10 ou 20 mètres, avant que le train ne s’arrête définitivement et qu’ils n’atteignent enfin “leur” porte. J’appelle ça la Glissade Pouilleuse, une sorte de métaphore de la vie, tu as bougé trop vite, ça continue à défiler, et tu marches en troupeau, placidement, résigné, en attendant que ça s’arrête pour que tu puisses monter (alors que si tu étais resté sur place, tu serais probablement au niveau de la prochaine porte).
Je dis tu, parce que je crois beaucoup à l’économie des gestes, et à la patience. Si train encore bouger, moi pas bouger.

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0 réponse à Saint Lazare, priez pour nous 2 – La glissade pouilleuse

  1. Alx dit :

    tu marches en troupeau, placidement, résigné, en attendant que … c’est la Glissade Pouilleuse
    tu te déplaces en troupeau, placidement, résigné, en attendant que … c’est les transports en commun
    Je n’aime pas les transports en commun.

  2. Docthib dit :

    @ Alx : C’est un choix. Je n’aime pas trop non plus les transports en commun. Maintenant, il y a beaucoup de choses qu’on n’aime pas, et qu’on pratique tout de même. Et puis, à la réflexion, "tu te déplaces en troupeau, placidement, résigné, en attendant que …", ça marche aussi pour l’automobile, le vélo, les rollers, la marche à pied. La solution serait-elle de ne plus se déplacer ?

  3. Christian dit :

    Si j’étais lugubre, je finirais ta phrase par la mort : tu te déplaces en troupeau (on pourrait aussi dire cohorte), placidement, résigné, en attendant la mort.
    Mais je ne suis pas lugubre.

    Il y a bon nombre de comportements qui sont très intéressants à étudier dans les transports en commun, je conseillerais vivement la célèbre lecture d’un sociologue américain, Erving Goffman, La Mise en scène de la vie quotidienne. Toute une série de situation où l’on se dit "ah ouais c’est vrai" pour tout un tas de comportements que nous adoptons dans la vie de tous les jours et qui relève du comportement en société.

    Exemple : la mise en scène que nous nous sentons obligés de faire lorsque nous avons oublié quelque chose et que nous devons faire demi-tour, alors on dit quelque chose à haute voix comme pour se justifier devant des inconnus qui n’en ont rien à faire.

  4. Docthib dit :

    ça m’a l’air intéressant, en effet. J’adore aussi les gens qui lève la main au restaurant, et si le garçon n’a pas vu, hop, ils baissent la main, se touchent les cheveux, la remontent quand le garçon réapparaît, ah non, pas vu, toucher de cheveux (la nuque aussi, souvent).
    Bref, c’est mis dans la to do liste "à lire", ça percute !

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