Livre lu : Dezsö Kosztolanyi – Le traducteur cleptomane

Vous avez bien lu, ce n’est pas une typo, le titre est Le traducteur cleptomane, de Dezsö Kosztolanyi (qui, lui, a un K), aux éditions Viviane Hamy (1994, 156 p.)

C’est un livre de nouvelles, écrit dans un style du genre de Stefan Zweig, c’est-à-dire la description d’un monde de l’entre-deux guerres, surannée et puissamment évocatrice.
Comme par exemple cette nouvelle intitulée Le chapeau, et dont le principal protagoniste est un chapeau melon

Le chapeau, à dire vrai, est la partie du vêtement la plus noble. Il couvre notrecrâne, avec sa forme bombée il en est une imitation, il nous est comme uncrâne supplémentaire, rempli lui aussi par la flamme et par la fumée de notre cerveau.
Dezsö Kosztolanyi, Le traducteur cleptomane, Viviane Hamy, 1994, p. 137.

Mais ce n’est certainement pas pour ses atmosphères que j’ai aimé ce livre. Ce livre est paru en hongrois sous le titre générique Esti Kornél, qui est le nom du héros, ou du narrateur, suivant les nouvelles. Un homme raconteur d’histoires, fortement attaché aux mots et aux constructions littéraires. La nouvelle éponyme, le traducteur cleptomane, est superbe dans son évocation de cet homme aux prises avec sa maladie. Mais hélas, raconter l’argument de la nouvelle, c’est en dévoiler l’intrigue… Tout est jeux de langage, ou de conversations à demi-mot. On flotte dans un monde très lointain, celui d’une époque qui avait connu une guerre qu’elle croyait être la dernière, dans une Europe qui pouvait encore croire au progrès humain (Dezsö Kosztolanyi est mort en 1936), et où ce petit cercle littéraire se rencontre, se raconte des histoires jusqu’au bout de la nuit.

C’est pour moi la marque d’un excellent livre de nouvelles : à la fin de chacune, je m’arrêtais et prenais un autre livre, tant ces nouvelles se dégustent une à une.

Puisque aussi bien je ne saurais plus me consoler moi-même, autant maintenant que j’en console d’autres. Il faut rendre à chacun sa foi dans la vie.
Dezsö Kosztolanyi, Le traducteur cleptomane, Viviane Hamy, 1994, p. 79.

Ecrivain auquel je comparerais Dezsö Kosztolanyi : Stefan Zweig, peut-être Kafka (mais j’en ai lu très peu).

Et je me souviens enfin de ces femmes et de ces jeunes filles qui ont, avec elles, apporté tant de fois la féerie du hasard, son caprice et sa fatalité.
Dezsö Kosztolanyi, Le traducteur cleptomane, Viviane Hamy, 1994, p. 143.

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