La malediccion dou Brealey-Myers

Je m’en suis ouvert à mon lectorat millionnaire, sur les derniers mois, j’ai travaillé sur la traduction d’un ouvrage de finance américain. Qui plus est, alors que j’avais remis le fichier final à mon éditeur, dans la foulée, je me suis attaqué à la mise en forme de la traduction des corrigés des exercices. Cela fait deux livres (répondant à un souci de l’éditeur de faire d’une pierre deux coups,

  1. on vend le manuel,
  2. on fout les chocottes aux étudiants en leur disant “il ne suffit pas de lire le manuel, il faut faire les exercices à la fin de chaque chapitre”
  3. attendre que les étudiants disent “j’ai fait, est-ce que j’ai bon ?” et là,
  4. leur vendre le bouquin des corrigés des exercices.)

Quand j’ai remis le manuscrit du manuel, je me suis interrogé sur mon retour sur investissement, avec un calcul simple. (Pour ceux qui voudraient répliquer le calcul sur le livre des corrigés, qu’ils sachent que l’an dernier, il s’est vendu 200 livres de corrigés).

Mais la malédiction n’est pas que financière. En 2003, quand j’étais sur la fin de la traduction de la 7ème édition, j’ai eu un plantage sévère : mon portable a autodétruit le disque dur, dans un scénario digne de Mission Impossible. J’ai perdu 3 mois de travail. Mais déjà à l’époque, j’étais psychorigide et angoissé, et la traduction n’en a pas souffert, car j’en faisais des sauvegardes quotidiennes (en revanche, j’ai vraiment perdu 3 mois de travail de prof).
Et là, re-belote : à peine avais-je rendu la traduction 2006 du manuel, et tandis que, tel le cheval de labour moyen, je travaillais sur le livre des corrigés, Pouf, plantage de mon nouveau portable (carte vidéo grillée, donc aucun moyen de voir ce qui se passe, même en branchant un écran externe. Entendons-nous : rien n’a été écrasé, le disque dur était intact. Mais impossible d’accéder aux données.) Ce qui m’inspire quelques aphorismes et pensées :

  • Tous les ordinateurs sont égaux devant la carte vidéo : rien ne sert d’avoir un portable avec 2 gigas de RAM et 2 disques durs de 60 gigas chacun : quand la carte vidéo plante, on ne voit plus rien, pas mieux que si c’était la carte d’un Compaq 486 à 256 k de mémoire qui avait planté. Donc les yeux, c’est important.
  • A l’instar des archéologues qui ont osé exhumer les trésors d’une civilisation égyptienne ancienne, il y a une malédiction à oser traduire la pensée d’auteurs réputés. Ils sont américains, et vouloir exposer leurs idées au public francophone, c’est sacrilège, ils vont envoyer virus et gremlins, car il ya certains secrets qui doivent rester secrets (cf. ma théorie du complot des Templiers, des esseniens, ou du Da Vinci Code).
  • Les droits d’auteur sont faibles, comparés au temps passé sur la traduction (cf. calcul), mais si en plus, on compte le temps d’immobilisation de l’ordinateur cramé, les frais d’envoi, voire les frais de réparation si le portable n’était plus sous garantie, on atteint des tréfonds, que à côté, le 7ème cercle de l’enfer, c’est Monaco.

Moralité : Si je refais une traduction un jour, ce sera “L’informatique pour les nuls”.

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0 réponse à La malediccion dou Brealey-Myers

  1. nerik dit :

    Hey doc ! Allez, le plus dur est derrière toi ! Tel ma théorie du complot des fabricants de café introduisant sournoisement des araignés dans le riz issu du commerce équitable, je suis quasiment sûr que Bill Portes de Microhard a installé un logiciel de reconnaissance de phrases de livre ricain traduits en Frenchee. En plus, tu as le culot de ne pas utiliser les logiciels ayant nécessité des agrandissements de garage. Bref, honte à toi, les prêtres vaudous tel Steeve Boulots vont te pourrir l’existence. Méfies toi la malediction est en route.

  2. nerik dit :

    Autre chose, on ne voit plus les dates de tes articles, c’est un peu pénible si on veut lire un vieil article.

  3. Christian dit :

    Docteur T, et si tu pensais 2.0 ?
    Et si tu te disais que les livres peuvent avoir un écho en ligne et même servir tes ventes ?
    et si tu faisais un blog du livre? (comme d’autres ont fait : Freakonomics (puissant levier), Long tail ou encore avec pour l’instant pas de bouquin Désirs d’Avenir…)

    Deux à trois fois par semaine (je sais tu n’as pas le temps), tu postes une note qui rapproche l’actualité d’un chapitre du bouquin, voire tu donnes la correction d’un exercice.

    Je crois que le Vernimmen essaie de lancer des passerelles entre les deux univers, mais je ne sais pas si c’est couronné de succès (en attendant leur lexique est repris sur Yahoo Finance).

    Je pense qu’il y a plein d’autres options à envisager.
    On peut en reparler lors d’un prochain jogging si tu veux.

    A plus,
    Christian
    yakafaukon

  4. Docthib dit :

    @ Christian : tu as raison, mais tout cela demande de l’énergie et du temps, et je ne suis vraiment pas sûr que cela en vaille la peine financièrement. Mais il y a du bon là dedans, c’est sûr. C’est ce que j’avais essayé de faire avec thibierge.net, avec un résultat mitigé : pour l’ouvrage Finance par exemple, j’ai eu 800 visites au mois de mai, alors que je dois vendre 3-400 ouvrages par an. Ce qui plaît, ce sont les présentations PowerPoint (certaines ont été téléchargées 1600 fois en mai…), le glossaire, le lexique français-anglais.
    Pour les autres éléments du site, mon ouvrage Analyse financière (publié en décembre 2005) a eu 343 visites en mai, ce qui est un bon score 6 mois après la publication. En bref, je ne sais pas trop quoi penser des stats : on avait déjà eu cette discussion sur les stats de blogspot, il y a un très grand décalage entre les lecteurs et les acteurs (postent un commentaire, envoient un mail, achètent le livre).
    Toujours partant pour un jogging ! (pour échange d’idées et décrassage général).

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