Livre lu : Sébastien Japrisot – La dame dans l'auto

Je me suis livré, il y a peu, à une taxonomie foutraque sur le roman noir, dans laquelle je mettais dans la même case George Simenon et Sébastien Japrisot. Eh ben non. J’ai lu La dame dans l’auto, du dit Japrisot (édition de 1966, celles d’après titrent “La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil”), et ce n’est pas comparable à Simenon, mais c’est très bien. L’écriture est superbement angoissante, humaine, l’intrigue est vraiment prenante, avec son héroïne qui semble vivre dans un monde de rêves éveillés, qui ne sait plus qui elle est. Le dénouement est à la hauteur de l’attente, et la pirouette finale est bien sympathique. Au delà de l’histoire, très bien construite, j’ai (re)découvert un auteur très observateur, qui croque des attitudes, des situations, très bien observées. Alors oui, je persiste, Simenon et Japrisot marquent un tournant entre les romans noirs à la papa (argot, hommes, souris, casses) et la déliquescence des années 70 (sexe, zone, déprime). Même si je trouve que Simenon est l’installeur d’ambiances par excellence, celui qui fait sentir en quelques phrases un brouillard humide, une lumière dans la nuit, ou une atmosphère de bistrot, je reconnais à Japrisot de savoir s’installer dans les têtes, et trouver le ton de la musique mentale de chacun.

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0 réponse à Livre lu : Sébastien Japrisot – La dame dans l'auto

  1. Yann dit :

    Merci pour ce billet parce que ce roman, je l’ai lu il y a très très longtemps et je m’aperçois qu’il ne me reste que le titre et le dessin de couverture en tête. Donc il va falloir que je me replonge dedans…

    "la déliquescence des années 70 (sexe, zone, déprime)", et après il y a eu l’Inspecteur Derrick et Tator…

  2. Meuh non, Yann, je ne parlais que du polar écrit. Après les années 70, il y a eu Jean-Bernard Pouy, Fred Vargas, Tonino Benacquista. D’autres diront Daeninckx, mais personnellement, celui que j’ai lu (Métropolice) ne m’a pas plu. Cela dit, j’ai découvert un auteur qui m’a fait penser à l’inspecteur derrick : on m’avait dit le plus grand bien d’Henning Mankell, et je me suis ennuyé dans une action à 2 à l’heure…

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