Blogthib, ou thibierge.flou

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A propos

Ce blog est le pendant flou et libre de thibierge.net. L'auteur vit essentiellement dans le monde cyber et nocturne. Il surgit parfois dans le monde réel pour donner des cours et boire des expressos. Il passe aussi une partie de son temps à collecter les batanas et ubuntus. Ah oui, il met aussi progressivement en ligne un roman.

lundi 8 janvier 2007

Prise de poids... numérique

Je suis en train de ranger mes photos argentiques. Toutes mes photos argentiques. Cela fait des mètres et des mètres linéaires de photos. Une folie, bien plus que je n'aurais cru. Je vous régalerai du calcul, mais à vue de nez, ça ne peut pas être inférieur à 20 000 photos.
J'en viens à mon propos du jour. Je suis, comme tout le monde, passé au numérique. Certes, j'ai encore mes Nikon argentiques et les Leica (hin, hin, voui, voui !) argentiques de feu mon oncle, mais désormais, le numérique a pris le pas.
Ceux qui ne réfléchissent pas (mais je sais que mes lecteurs et lecteuses ne sont pas du nombre) diraient "très bien, ce passage au numérique, ça évitera de rajouter des cartons de photos". Las, les photos numériques prennent de la place... numérique. Pour l'année 2005, 1,33 Go. Pour 2006, 15,4 Go (car changement d'appareil). 15 milliards 400 millions d'octets, soit plus de 120 milliards de bits. Certes, les disques durs se font tout petits, et une carte flash contient désormais l'équivalent d'un millier de disquettes 3" 1/2 (3 000 disquettes 5" 1/4).
Mais les capteurs des appareils augmentent en capacité. Une photo "pèse" 3 mégas actuellement dans mon Nikon, mais le même type de photo pèsera plus lourd dans les générations futures d'appareils. Quant aux vidéos numériques (format DV), elles pèsent 200 Mo pour une minute, 1 Go pour 5 minutes... Je vous laisse imaginer quelqu'un qui filme, non-stop, l'anniversaire de son fils.
Aussi, tandis que certains auteurs sympathiques réfléchissent sur les problèmes d'identité numérique, je m'inquiète pour ma part de l'espace numérique occupé dans la vie de chacun. De même que, il y a quelques années, on a commencé à voir des loueurs de boxes (espace physique) pour désengorger les garages, greniers, caves (pour les maisons individuelles), verra-t-on des désengorgeurs numériques ? Après Weight Watchers, data watchers ?

vendredi 5 janvier 2007

Fulgurance

En écoutant des B.O. de films, notamment de westerns, notamment "Eldorado" :

Cyrano de Bergerac au siège d'Arras, c'est un peu John Wayne (et Richard Widmark) au siège d'Alamo. Certes, pour le premier, on pourrait dire qu'on lui a forcé la main ("vous aurez la bonté de vous faire tuer"), mais ce diable d'homme de Cyrano aurait refusé si cela avait été contraire à son sens de l'honneur. Dans les deux cas, il s'agit de cela : "les caves parlent d'un cas de conscience, nous on dit : un point d'honneur" (Pascal, dans Les Tontons Flingueurs). Voilà, ces hommes admirables se font tuer (ou blesser) à cause d'un point d'honneur. Ou est-ce à cause de ce point d'honneur qu'ils sont admirables ?

Je retourne à mon Souvaroff de steak haché. (mais bon sang, il faut que j'apprenne à peler les tomates, ça gâche tout, ces petites peaux).

lundi 18 décembre 2006

Décimer les importuns

L'inconvénient, d'avoir une ligne téléphonique qui marche à nouveau, ce sont les démarcheurs qui appellent "pour m'informer des toutes nouvelles dispositions fiscales". J'ai une solution pour éviter ces fâcheux, qui m'est apparue cette nuit vers 4h du matin.
Cela part du syndrôme du bon skieur. Quand on est skieur débutant, on passe 15 minutes à remonter la pente (tire-fesse, télésiège, tire-fesse) et 2h à la descendre. Rapport plaisir-emmerdement : 8 pour 1. Quand on est bon skieur, on passe 15 mn à monter (non, les bons skieurs ne montent pas plus vite) et 5 mn à descendre. Rapport plaisir-emmerdement : 1 pour 3.
Au téléphone, qu'est-ce qui prend peu de temps au démarcheur ? Le temps de composer le numéro...
On a connu (j'ai connu) les numéros à 7 chiffres, puis à 8 chiffres, puis à 10 chiffres. L'inflation de la population nous conduit inéluctablement à des numéros avec plus de chiffres, ou avec des décimales. Au lieu de composer 01 42 52 62 72, il faudra composer, pour certains, le 01 14,72 26,743.
"Cela ne change rien", direz-vous. Que si.
Si vous voulez être mis en liste rouge, vous demanderez à avoir un numéro fraction.
Le démarcheur qui voudra m'appeler à mon numéro "2/3" sera obligé de composer "zéro virgule six six six six six six six (etc. à l'infini)". Même Rachmaninov, y pourra pas me joindre...

jeudi 14 décembre 2006

Kop et Spinoza

Dans Libé du jour, un compte-rendu du match PSG-Panathinaïkos.

Cela m'évoque une correspondance. Vous voulez vivre la vie de supporters lobotomisés ? Vous voulez découvrir un monde post-nucléaire, entre Mad Max (qui connaît encore Mad max ?) et slogans ? Vous voulez découvrir la trilogie Guzzi-Kalachnikov-Spinoza ? Vous aimez les romans d'anticipation noire, genre Blade runner / Est-ce que les androïdes rêvent de moutons électriques (mais qui se souvient de Blade Runner, et qui a lu Philippe K. Dick ?) ? Vous avez raté la philo au bac ?
Jean-Bernard Pouy, auteur de série noire mais pas que, a écrit le jubilatoire Spinoza encule Hegel, puis, plusieurs années après, la suite : à sec !
Toujours dans l'air du temps...

mercredi 13 décembre 2006

Goûts de chiottes

J'ai deux types de lectures dans ma vie :
  • les lectures de transport en commun (ou de plumard, mais le plumard peut aussi être un endroit de transports, idéalement en commun)
  • les lectures de chiottes
Les secondes doivent répondre à un cahier des charges précis :
  • ne pas être des romans, car
  • pouvoir être saucissonnables en x fois 5-10 mn
  • ce qui suppose un propos simple, facilement mémorisable (« où en étais-je ? Ah oui... »), et un ensemble de petites notions agglutinées, plutôt qu'un long développement linéaire. Pour donner un exemple, je pense qu'il est difficile de lire Proust aux chiottes. Ou Kundera, et même Giono.
  • La lecture de chiottes doit aussi tenir la distance, puisque, mettons, à deux fois par jour, 2-3 pages chaque fois, il faut entre 50 et 100 jours ouvrés pour finir un livre de 300 pages. (enfin, je ne sais pas, ça dépend des personnes. Par exemple, à mon travail, les chiottes de l'étage ont une porte qui est verrouillée depuis 3 jours. Soit c'est une personne qui lit Guerre et Paix, soit c'est le pire cas de constipation que j'aie jamais vu).
Quelles ont été mes dernières lectures de chiottes (au travail) ?
  • Fractales, hasard et finance, de Benoît Mandebrot, qui hélas est tombé dans la cuvette m'est tombé des mains (trop compliqué)
  • Le monde tel que je le vois, d'Albert Einstein
  • Introductory Finance Textbook, d'Ivo Welch, qui m'a pris presque 1 an
  • Crabe, de Marc Behm (OK, c'est un roman, mais tellement foutraque qu'il peut se lire - sans problème, et avec plaisir - en 50 fois)
et depuis quelques semaines :
  • Entrepreneur malgré moi, d'Yvon Chouinard
Ce dernier livre est une vraie bonne surprise. J'y ai participé, certes, mais de manière très limitée, même si je suis remercié (merci à mon éditeuse) : souvenez-vous, il s'agit de cette recherche sur Chateaubriand qui avait donné lieu au Grand Google Game et sa suite. Mon éditeuse m'avait offert Enfantines pour me remercier. Et quelques semaines après, j'ai reçu cet Entrepreneur malgré moi. Je dois avouer que je l'ai laissé de côté. Malgré d'évidentes qualités de forme (il est imprimé sur papier recyclé, c'est moins rêche pour l'usage que j'envisageais), le fond ne me parlait pas, je bloquais déjà au titre, ça sentait le créatif-cotch-entrepreneur qui écrit le nième livre sur « je suis pas allé à l'école, et c'est pour ça que je vais vous donner des leçons sur comment faire ».
De fait, cette lecture de chiottes m'enchante. Elle répond au cahier des charges. Elle m'inspire. Elle aura droit à sa critique... d'ici quelques semaines (mois ?), suivant les cycles de la nature.

mardi 12 décembre 2006

Oxymore, give me more

Je trouve le slogan « la rupture tranquille » d'une grande stupidité. Un oxymore est censé créer une surprise poétique (« un silence assourdissant » comme le propose wikipédia), et non pas une opposition de premier degré. Dans la veine de ce slogan, je propose :
  • l'incendie débonnaire
  • le changement stable
  • la progression conservatrice
  • le surmédiatisé pudique
Vous l'aurez compris, je me refuse à traiter de politique dans ces pages. En revanche, les aberrations de langage (pire : de sens), fût-ce au nom de la créativité, m'insupportent. J'y vois, dans ce cas, un mélange à parts égales entre une inculture chic, et la volonté démagogique de réconcilier tous les électeurs. Tiens, puisque le discours sécuritaire fait florès, et que d'autre part, tout(e) bon(ne) candidat(e) se doit d'avoir des idées sociales, je propose le slogan absolu (qui est bien entendu un oxymore) :
  • la sécurité sociale.

lundi 11 décembre 2006

Essayage

Etonnant comme les femmes, qui savent pourtant ce qu'elles veulent, peuvent être crédules devant une vendeuse. Une bonne vendeuse ne manquant jamais d'imagination quand il s'agit d'argumenter, disant tout et son contraire, le principal étant d'être d'accord avec la cliente. "Il peut se laver à 180° ce body ?" "Oui oui sans problème, il ne rétrécit pas, il s'agrandit même un peu".
Et une question abyssale : quand, en sortant de la cabine d'essayage, une femme vient se regarder dans une glace, elle a souvent un regard... un peu lointain... ou au contraire en dedans. Que voit-elle exactement ?

jeudi 30 novembre 2006

Et Dieu créa Tif

On dirait que je serais consultant, ou cotch. Mon domaine de prédilection, ce serait la créativité. Je n'aurais comme contacts que des personnes haut placées, dans des entreprises ou des administrations. Ensemble, nous déciderions de ce qui serait bon pour les salariés opérationnels (ils ont le nez dans le guidon, ils ne savent plus ce qui est bon pour eux). J'adorerais ces séances de créativité avec ces gens haut placés. Quand le projet serait bien mûr (et l'acompte versé), ils n'auraient plus qu'à vendre ça en interne. Ce ne serait pas facile : les cadres moyens ont souvent des exigences au-delà de leurs compétences. S'ils n'y avait pas assez de participants, il faudrait leur forcer la main, pour leur sortir le nez de leur guidon, et exiger qu'ils participent à ce grand projet.
Ce que je vendrais le plus, ce serait "créativité débridée pour cadres bridés". La logistique serait légère (pâte à modeler, lego, feutres, papier) et c'est moi qui serais l'étincelle dans ce magma humain. Je me vendrais très cher : c'est la seule manière de prouver que ce que je fais a une valeur.
Ce serait épuisant de les remuer, et puis peu à peu, je laisserais dériver ça vers la psychothérapie de groupe : chacun exprimerait ses rancoeurs, et ils en viendraient même à suggérer des solutions. Je ferais semblant de prendre des notes, le but est dans le chemin, on ne s'intéresse pas aux résultats. J'aurais des expressions comme "apprenez à changer votre regard", "les problèmes sont comme les facettes d'un diamant", "vous serez ambassadeurs de ce projet".
Mes lectures favorites, écrites par mes gourous, seraient : "formateurs de formateurs : passez à la Créativité créative" et "Coqnition, volition et démolition : game over".
Il n'y aurait pas d'évaluation à la fin, car si un résultat est quantifiable, ce n'est pas un résultat intéressant.

Ce que j'ai appris aujourd'hui : il y a des institutions qui ont des patères à l'intérieur des WC. On peut y accrocher sa veste avant de poser culotte. Je vais suggérer un séminaire de créativité dans mon école, on n'en est pas encore à ce niveau de raffinement.

mardi 28 novembre 2006

Café de la Gare

D’habitude, un café est un lieu de temps suspendu. On s’y retrouve pour prendre un pot, pour un rendez-vous, pour découper le temps. Dans un café, on est rarement, voire jamais, pris par le temps. Sauf dans le café de la gare. Ce n’est plus un lieu de rencontre, une parenthèse dans la vie, c’est juste un endroit, un peu froid, sans grande humanité, où l’on vient passer le temps en attendant le départ du train. Dans un café de la gare, les percolateurs ont des airs de métronomes.

lundi 27 novembre 2006

Blogs et fantasmes

Avec un titre comme ça, je devrais rattraper mon retard de lecteurs, et remonter vite à 90 000. Bande de petits libidineux.
Beaucoup de personnes bloguent de manière anonyme. On ne connaît pas leur vrai nom, non plus que leur ville d'appartenance, et leur description physique est inexistante, ou très parcellaire (on sait que Yog pèse "63 kg de bonnes vibes" - mais au moins on a des photos de sa tronche - que Joséphine chausse du 38 - et on a deux photos de son pied - et que Monsieur Jean porte des chaussettes - et on a une photo de sa manche). Le reste, c'est une affaire de rêve ou d'imagination.
Quand j'étais petit, je visualisais tout. Les chiffres avaient des couleurs : 1 noir, 2 bleu, 3 rose, 4 rouge, 5 noir, 6 marron, 7 vert, 8 rouge, 9 orange. A bleu, E blanc, I jaune, O marron, U orange. (n'en déplaise à Arthur Rimbaud).

Je "connais" deux sortes de bleuggueurs : ceux que je connaissais d'avant, et avec qui je buvais des bières ; ceux que j'ai connu après, c'est-à-dire que je ne connais pas dans le monde réel. Les inconnus, je les ai imaginés. Même si, après coup, j'ai pu en rencontrer, j'ai gardé en tête le fantasme que j'avais d'eux. Voici donc mes fantasmes. Si certain(e)s d'entre vous préfèrent leur fantasme à leur corps actuel, il y a toujours des solutions.


Joséphine, personnage fantasmé : 1m72. Cheveux chatains, coupés au carré, lisses. Teint frais, rose. Yeux noisette. 85 B, pointure 36. Alterne jupe  (avec chaussures à petits talons aiguille) et jean (avec grosse ceinture et tennis pastel), et des pulls près du corps. Fume quelques cigarettes par jour.

Boisson : du rosé. Du thé. Du thé à la rose.

Quand il pleut : va nu tête, ou sort un adorable petit chapeau pliable en plastique qui lui donne l'air des Parapluies de Cherbourg.


Monsieur Jean, personage fantasmé : 1m75-1m77, plutôt fin, mais pas maigre. Cheveux blonds, légèrement sombres. Coupe "moderne", avec léger brushing naturel (ni une brosse, ni un brushing George Michael, hein !), éventuellement petite mèche par devant. Yeux gris-bleu. Toujours tiré à quatre épingles : en semaine, costume gris clair, chemises épaisses, cravate discrète (mais pas triste) au noeud bien ajusté, chaussures anglaises bien cirées ; le week-end, pantalons de toile, polos bleu glacier, chaussures de ville (en daim ? pas sûr).

Boisson : du vin de Bordeaux ou du sud (pour les tanins). Du thé Lapsang souchong (pour les tanins).

Quand il pleut : va nu tête (mais prend une écharpe). Ne se rend pas forcément compte qu'il pleut. Ses pensées s'évaporent au-dessus de sa tête.


La grande Loulou, personnage fantasmé : 1m85 en talons. Cheveux bruns, frisés, longs, et souvent attachés en queue de cheval. Teint café crème, à peine café. Yeux brun profond, avec de longs cils. 80 C, pointure 40. Plus souvent en jean qu'en jupe (mais ça lui arrive). Ses jambes sont des compas qui arpentent le monde. Fume toute la journée. Trimballe un énorme sac à main (limite sac de voyage). Rigole souvent. Le genre de fille qu'on a envie de faire rire.

Boissons : des expressos au comptoir, du rhum arrangé, du vin de Loire.

Quand il pleut : va nu tête, ou sort un bonnet en laine multicolore.

Yves Duel, personnage fantasmé : 1m80, un peu maigre, cheveux gris, un peu longs (tombent sur la nuque, mais n'appellent certainement pas un catogan, brrr, quelle horreur). Yeux gris. Visage qui se fendille de partout quand il sourit. Fume des cigarettes fortes. Chemises à carreaux, pantalons de velours, chaussures confortables (Paraboots, voire mocassins).

Boissons : les bons Bourgogne rouges (mais ne dédaigne pas les bons Bordeaux rouges). Caféïnomane comme tout le monde.

Quand il pleut : va nu tête (parce qu'il aime ça).

Mamzelle Lili, personnage fantasmé : 1m65, blonde frisée aux cheveux mi-longs, en queue de cheval. 80 B, pointure 36. Petites lunettes ovales, petit nez. Yeux bleus, ou verts, et pétillants. Souvent surprise en flagrant délit de rêverie.

Boissons : Porto blanc, vin blanc d'Alsace, eau pétillante, infusions.

Quand il pleut : prend un parapluie pliable, mais l'oublie souvent, alors elle met sa capuche, comme tout le monde.

L'inconnu du 3ème étage, personnage fantasmé : là je sèche pas mal. 1m85, fin. Brun, cheveux amples (pas coupés à ras, quoi), yeux marron. 27 ans. Porte souvent des pulls. Fait plus mûr que son âge. Une certaine incapacité à travailler dans une entreprise classique : trop de propension à dire ce qu'il pense, peu d'appétence aux jeux politiques. Mais pas asocial, non non.
Boissons : de la bière ? (pas sûr), du vin sûrement. Gin en soirée.
Quand il pleut : va nu tête (parce qu'il n'a rien pour se protéger quand il pleut).

Voilà ma moisson du jour. Les autres, je les connais, ou je ne les imagine pas encore assez. Quant à ceux que j'ai fantasmés : n'oubliez pas que je suis votre créateur.

mardi 7 novembre 2006

Alicantate

Voici donc un compte-rendu, limité, de mes vacances.
Limité, parce que
  1. j'ai promis de pas parler de tout
  2. c'est pas vos oignons
Cela dit (et ça fait pas de mal), il y a des choses dont je souhaiterais parler, tout en conservant le flou nécessaire pour protéger les innocents (?) ou les susceptibilités.

Je partis donc à Alicante (Espagne) (Europe) (à droite des Etats-Unis d'Amérique, God bless you all).
Il se trouve qu'actuellement, à Alicante, à la Ciudad de la Luz (cité de la lumière, les studios de cinéma locaux, dont la lumière tombe en panne d'électricité plusieurs fois par jour), se tournent en parallèle le prochain Asterix (Asterix aux jeux olympiques) et le prochain Jean-Jacques Annaud (Sa Majesté Minor).
J'ai vu des chars d'Asterix, j'ai vu des décors de Minor.
J'ai adoré cet oeil indiscret qu'on m'a laissé avoir, parfois avec appareil photo et camescope, parfois sans rien, sur des lieux de tournage. Le cinéma n'est que magie (point positif) et parfois poudre aux yeux (point négatif).

Je me suis promené dans une forêt dont le Satyre arpente des sentiers qui changent chaque jour. Le réalisateur (donnons-lui le nom de code JJA) dit un matin "OK, il faudrait un arbre ici et un sentier là" et des paysagistes empoignent des pelles, dans un hangar illuminé, ils déplacent de la terre,  des arbres en polystyrène, des plantations mourantes, de la mousse en plastique, hop, on saupoudre de feuilles mortes et de pignes de pin, et le sentier est là, bucolique, pédestre, tellement réel. Et on tourne, et la magie du cinéma fera le reste.
J'ai vu Vincent Cassel et José Garcia se parler dans un bar à tapas, puis aller se coucher tôt (les bons acteurs vont se coucher tôt) tandis que nous buvions des litres de Gin Tonic en mangeant des coquillages cuits à la vapeur et des asperges grillées. J'étais impressionné par ce métier d'acteur : on se rase le crâne, on ne connaît que les lignes du scénario qu'on a bien voulu nous donner, et finalement, on ne se voit pas. Ce n'est que 6 ou 12 mois après, quand on voit le film (si on le voit, parce que je ne suis pas sûr que les acteurs aillent se voir) que l'on obtient ce que la caméra a capté (et, soyons clairs, volé) de la scène qu'on a tourné 6 à 12 mois auparavant, dans une bauge remplie de cochons, avec des murs en polystyrène, des assistants partout, et des cochons partout.

J'ai vu des starlettes aux yeux égyptiens, des assistants caméras qui croyaient être les rois du monde (sur Astérix). J'ai entendu parler de budgets, de soirées, de jets privés, que si tu vis sur la planète Terre, tu t'assieds et tu souris. Par exemple, un tournage (le plus gros budget du cinéma français, appelons-le AaJO) qui réserve le château fortifié d'Alicante pour sa soirée, et qui oublie la météo, donc quand il pleut, tout traîne dans la gadoue, et hop, on déplace tout, les stands, les animations, le DJ surpayé, dans des hangars à 10 km, the show must go on.
J'ai aussi vu (et photographié, et filmé) le village néolithique. Mais tu feras comme tout le monde, tu attendras la sortie du film, et à ce moment, tu ne m'écouteras plus quand je dirai "eh, mais tu sais, j'y étais".

Et puis il y a eu la soirée du réalisateur (appelons-le JJA). Un restaurant face à la mer, la première chose que j'ai vue en entrant, c'était le bar, la deuxième chose, c'était le bol de sangria, la troisième, c'était le Centaure.
Le centaure, c'est un acteur qui fait le centaure. Dans la vraie vie, il s'appelle Guillaume, mais ça va mieux quand tu dis le centaure, pour un gars qui fait 2m05. Il avait l'air tout seul, vraiment tout seul, et moi, je voulais lui parler, à cause des chaussettes bleu incruste, je t'explique pas, c'est du jargon de cinéma. Je lui ai servi un 34ème verre de sangria, et on a parlé, j'en garde encore un torticolis.

Imagine un grand gars, vraiment grand, le visage marqué, puissant, un peu comme Wolverine dans X-men, ou bien (mais il n'aime pas la comparaison), Shark dans les James Bond d'il y a 25 ans (avec Roger Moore). Un gars très sympa, qui essaie de percer, comme nous tous, et qui est seul, comme nous tous.

Aujourd'hui, je lisais Le Roi des Aulnes et j'ai repensé à Guillaume, je me suis dit : "Quand il revient en France, je lui propose de le prendre en photo".

En attendant le film (fin 2007 ?)

vendredi 27 octobre 2006

Filogage #1 - CD gueulasse

Ce qui me plaît, dans la dématérialisation / numérisation des supports, c'est qu'ils en deviennent inaltérables. Je viens de mettre un vieux CD de Suzanne Vega dans mon ghetto blaster de djeun, et paf, la deuxième chanson ne passe plus. J'ai déjà eu le coup avec Reptile, de Clapton, ça m'énerve. Quand j'achète un disque, je n'ai pas le sentiment d'acheter un support physique corruptible : j'achète le droit de posséder, et écouter quand je veux, où je veux, un ensemble de chansons. Bref, quand j'achète un CD, je pense que j'achète 12 à 15 morceaux en MP3, copiables à l'infini (pour, et uniquement pour moi, vu que j'ai payé les droits d'auteur), donc un plaisir éternel. Ok, je devrais vérifier que mes enfants ne jouent pas au hockey avec les CDs, mais quand même, ça m'énerve.

jeudi 12 octobre 2006

Thought at two balls

Quand il s'agit de traduire un terme anglo-saxon en français, on a souvent du mal. Certes, il y a des beautés de traduction et d'inventivité :
  • spam traduit par pourriel
  • bed & breakfast par couette et café
  • brainstorming francisé en remue-méninges
Dans la plupart des cas, ce sont nos amis québecois qui font preuve d'une réelle intelligence linguistique. Mais il y a des ratés :
  • CD-rom traduit par cédérom, ça sonne phonétique, voire ânonnant (oui, je suis allé vérifier combien le verbe comptait de N)
Cela dit, ça nous ouvre des pistes de recherche que Raymond Queneau n'aurait pas désapprouvées, et plus prosaïquement, ça résout tous les problèmes de francisation d'un terme anglo-saxon :
  • gentleman's agreement deviendra francisé en Jantes-le-Mannz E gris menthe (le gris menthe, ça fait anglais, thé et petits fours, et avec les jantes, la Jaguar n'est pas loin...)
  • Marketing, qui a tant fait couler d'encre devient Marqué "Ting !" (on sent le glamour, la caisse enregistreuse, bref, le rêve transformé en acte d'achat)
  • parking ? facile : parc queen couine (car le parking, c'est l'endroit où les alarmes des voitures couinent)
  • Benchmark se francisera en Benne-chez-Marc (Marc c'est un pote dont la taille des poubelles sert d'étalon aux poubelles du quartier)
  • OK devient Hoquet (assentiment compulsif, non-réfléchi, qui se traduit par une expiration rapide et sonore. Pour obtenir le hoquet d'un client éventuel, faites le boire).
  • Cool, c'est coule, comme dans "tout coule de source". Ou encore, le genre de chose qu'on dit à sa belle-mère quand elle est tombée dans la piscine un soir de réveillon bien arrosé.
Pourquoi personne n'y a pensé auparavant ?

jeudi 28 septembre 2006

Tartine et chaussettes

Je n'ai que 20 mn pour pondre un thibillet, ce n'est pas faute d'idées, mais de temps (air connu). Dans ma liste de pré-idées de thibillets, je sélectionne sans souci celui que j'ai intitulé Monsieur jean + chaussettes et tartine (c'est un nom de code de développeur interne - comme Longhorn - en attendant la version release candidate - comme Vista - qui elle même deviendra la version 1.0 - comme Mandriva ou Debian).

Je sens que ça va être long, j'essaie de synthétiser. Monsieur Jean a des états d'âme. Ou plutôt, il modélise la journée de merde, celle où tout rate. Bien. Après lecture, cela m'évoquait deux idées : Fred Vargas et la loi de Murphy.
  1. Fred Vargas. Dans Pars vite et reviens tard, l'auteur livre sa pensée dès le début du livre : quand ça merde, quand les choses se révoltent contre toi, sois humble, ne t'énerve pas, paie ton tribut. Oui, cela va te mettre en retard, mais c'est cela aussi, payer son tribut. Pour plus d'infos, lisez le livre, vous n'aurez pas perdu votre temps.
  2. La loi de Murphy. Yog en a parlé, et je voulais ajouter un commentaire, et puis vous savez ce que c'est , la loi de Murphy joue à plein, et hop, c'est oublié. Or, j'ai traduit, quand j'étais jeune, un article scientifique sur la loi de la tartine beurrée. Je vous livre l'adresse ici, c'est un bonheur de lecture. (oui, je sais, ma page a disparu entre temps, mais qui sommes-nous, pour nous proclamer au-dessus de la loi de Murphy ?)
Après, c'est une question de lien neuronal : le même auteur a aussi rédigé à l'époque, un article sur "Pourquoi a-t-on autant de chaussettes solitaires dans nos tiroirs ?". Ce qui fait sonner une autre cloche :
  1. Monsieur Jean en a parlé ici
  2. J'en vis moi-même les âffres, puisqu'au dernier recensement, mon tiroir contenait 18 chaussettes solitaires, pour 4 couples de chaussettes appariées
Bref, la philosophie de tout cela, c'est peut-être Joséphine qui la donne : jouer le détachement, seule manière d'atteindre le nirvâna. Et pour ceux qui se demanderaient comment j'ai réussi à lier les tartines et les chaussettes : en argot, un "coup de tartine", c'est un coup de pied...

lundi 25 septembre 2006

Le VirtualCAC 40 au-dessus des 12 000 points

Cela a commencé par un article que j'ai vu dans l'Ordinateur Individuel (n° 185, juillet-août 2006, p. 62). Consacré au jeux en ligne, cet article parle des transactions qui ont lieu sur E-Bay pour acheter des personnages de jeux de rôle. L'idée est la suivante : vous voulez jouer à World of Warcraft, mais ça vous embête de passer 100 heures (soit 5 jours) devant l'ordinateur pour faire progresser votre personnage, qui a démarré comme tout le monde, c'est-à-dire débutant. Plutôt que de vous abîmer les yeux, vous décidez alors d'écorner votre porte-monnaie, et d'acheter cet avatar sur E-Bay, où il est vendu par des professionnels de la gonflette de personnages. Pour quelques centaines d'euros (ce n'est rien, rapporté au temps "économisé" !), vous voilà nanti d'un colosse résistant aux sorts, capable de faire le salto arrière, et dotée d'une hache d'abordage hachement abordable. L'Ordinateur Individuel (OI) mentionne par exemple un Paladin qui coûte 800 euros sur E-Bay, ça fait cher l'électron téléchargé, et ça rend rêveur.
Passons à plus difficile.
Vous pouvez aussi acheter des pièces d'or. Non, pas des vraies, des virtuelles. Et à quoi ça sert, me demanderez-vous ? Ben voyons, à acheter une nuisette à votre Paladin, un casque lourd pour votre elfe ou une carriole 4 chevaux pour transbahuter votre princesse magicienne. La cotation change tous les jours, mais en juillet-août, et toujours d'après l'OI, 1 000 pièces d'or pour le jeu World of Warcraft (WoW) coûtent 146,32 euros sur E-Bay. Certes, ça ne vous servira que dans le jeu, mais franchement, une pièce d'or à 15 centimes d'euro, c'est donné. Vous avez tout de suite vu l'inconvénient majeur de ce type de transaction, car vous êtes diablement subtil(e)s : eh oui, c'est que le cours de l'or fluctue ! Par exemple, à l'heure tardive où je vous parle, 1 000 pièces d'or se vendent à moins de 49 €, ça fait 5 centimes la pièce, ou encore, -66% depuis août ! Bon sang, mieux vaut jouer en Bourse, on s'évite des coups de sang comme celui-là... Pour ceux que ça intéresse néanmoins, la bourse aux pièces d'or est par exemple .

De plous en plous difficile.

Sur le Blog de Nicolas Guyon, j'apprends que dans le jeu Second Life, on peut acheter des terrains (virtuels) avec des dollars (réels). Et Nicolas de  jouer le candide : cela vaut-il la peine d'acheter maintenant ? Les prix vont-ils monter ? Ma réponse : Nico, si tu penses que le RER virtuel va arriver pas loin de ton terrain virtuel, achète à mort, truste tout le quartier, et tu feras 10 fois la culbute (= tu auras 10 fois plus d'électrons).

De plous en plous débile.

Avant, quand on achetait un jeu vidéo de course de voitures, on avait les parcours, les voitures, il suffisait d'acheter une manette de jeu, et encore, ceux qui ont connu l'époque de la disquette souple de 5"1/4 faisaient tout au clavier, car à l'époque, on était des Hommes. Aujourd'hui, quand vous achetez un jeu vidéo de course de voitures (merci à Totalement Crétins pour le lien), vous avez juste quelques parcours défoncés, quelques épaves à faire rouler, et le reste, c'est en sus : achetez la voiture de vos rêves, payez vous le circuit de Monza ou d'Indianapolis, tant que vous avez de l'argent, vous pouvez vous faire plaisir. J'adore le passage sur la sortie de voitures (virtuelles) en série limitée.
Imaginez donc : ça va être le paradis de la contrefaçon. Là où seuls les gogos auront payé 2 euros pour une Ferrari Testarossa, les petits malins achèteront pour 0,20 euros une carosserie de Ferrari virtuelle montée sur un chassis virtuel de 2 CV virtuelle. Des hommes politiques virtuels qui habiteront dans le centre d'une ville virtuelle (les salauds ! ils savaient pour le RER !) essaieront de légiférer sur la contrefaçon, tandis que les contre-facteurs (une élite de la Poste) bricoleront à toute vitesse des Présidents de la République clonés, et tout cela passera à la télé virtuelle. J'en frémis d'impatience, ça nous changera...