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A propos

Ce blog est le pendant flou et libre de thibierge.net. L'auteur vit essentiellement dans le monde cyber et nocturne. Il surgit parfois dans le monde réel pour donner des cours et boire des expressos. Il passe aussi une partie de son temps à collecter les batanas et ubuntus. Ah oui, il met aussi progressivement en ligne un roman.

vendredi 9 février 2007

Magnolia Express - 2ème partie - # 4

Paquebot Taxi
 
Je n'ai jamais vu Conrad sans son taxi. Je ne sais pas qui garde l'autre, mais ils se déplacent ensemble, et le taxi est toujours resplendissant, les chromes astiqués, toute la carrosserie d'un jaune flamboyant, tandis que Conrad porte le plus souvent un vieux jean crasseux, une grosse chemise de coton, et il a toujours l'air de ne pas avoir dormi les deux derniers jours. (Ce qui n'est pas possible, si l'on y réfléchit deux minutes).
Quand il s'arrête aux feux avec son taxi, ça fait une sorte de soupir, de glissement d'air, et les deux attendent doucement que le feu passe au vert. Quand on est à côté du conducteur, on voit, loin devant, le bout du capot jaune, et les gens qui passent dans la rue, il y en a qui traversent, d'autre qui marchent au petit bonheur. Puis on redémarre. Sur les rives, des coraux multicolores, des rochers grisés défilent tandis que le taxi laisse derrière lui un sillage blanc.

Quand il rencontre un autre paquebot taxi, ils échangent des signes de reconnaissance, des signaux optiques ou bien un ou deux coups de trompe. Quand ils ont le temps, ils se mettent bord à bord et échangent des informations de voyages, se racontent leurs fortunes de mer.
- Attention vieux, par devant il y a une passe dangereuse, vaut mieux prendre vers le sud.

Ou bien
- Tu as des nouvelles de l'Argentin ? Ça fait plusieurs saisons que je ne l'ai pas vu...
- Oh, maintenant il croise plus souvent vers le trentième parallèle, il en avait marre de ces eaux-là, tu le connais, il lui faut du changement.

Ou encore
- Dis vieux, je n'ai plus tellement de gazoline, tu ne sais pas où je pourrais aller me ravitailler ?
- Suis les lumières de la côte sur deux milles : à l'embouchure du fleuve, tu as un comptoir qui vend de tout.
- Ah oui, je me souviens, j'y allais souvent il y a quelques années.
 
Ce sont toujours de courtes discussions, et puis chacun cingle à nouveau vers sa destination, sur cet océan liquide où chacun crée sa propre route.






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Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l'ordre, est
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lundi 8 janvier 2007

300ème thibillet - Magnolia Express

Pour marquer d'une pierre blanche ce 300ème thibillet, je constitue un thibillet modifiable, à l'instar du 200ème billet.

Le projet Magnolia, d'abord hum hum évoqué (presque) fuligineusement, a repris du souffle, puis s'est allumé le 14 décembre, 5 mn avant que je ne descende fêter ça en offrant une heure open bar dans le lieu de mes perditions.

Voici donc la table des matières, que je complèterai régulièrement, de telle sorte que l'internaute nouvellement arrivé(e) puisse lire les chapitres dans le bon ordre.

Titre et début de la première partie : Prélude en fugue

Le vieil homme et la rivière
Café brûlé
Bob
Repas d'affaires chez les oiseaux
Tout sauf Joe Schlabotnik
Caletown
Deux livres et demie d'inconnu
Libellule
L'aigle de la route
Les loups et les hommes
Mississippi River
Deux auditeurs souriants
Conrad et son taxi
Des nuages et des chats
Prélude en fugue
Prélude en fugue (2)
Nouvelles de la région
De pancartes jalonner notre vie
Jack Kerouac, et quelques paysages

Deuxième partie : En glissant doucement au loin

La victoire des ours barbus
In the night, par Edward Hopper
Et ta nuit sera illuminée comme la mienne
Paquebot Taxi
Joe le bûcheron et les bouches d'incendie
Il faudrait que j'en parle à la NASA
Petit guide à l'usage des durs d'oreille
Papillons de nuit
La quête (1)
La quête (2)
Fort Zinderneuf
Breakfast dans l'air surchauffé
Maîtriser sa vie
Plongée sous-marine
Déchirement
Rhapsody in wood
Rendez-vous au paddock
Eileen
Rêve nocturne au milieu de l'été
Wells Fargo Inc.
Etape de nuit
Stuffy Beans
Repos
Tribunal de lapins
Lac
Gros Bêta
Vénus
Big Salmon Inc. (1)
Big Salmon Inc. (2)
Pas de mots pour ça

Troisième partie - Tijuana

Lait et crème fouettée
Pluie d'argent dans la vallée
Vieux Bill Horseshoe
Le convoi de la Rivière Sanguine
Mouvements syndicaux chez les lettres
Vieux Bill Horseshoe (2)
Vieux Bill Horseshoe (3)
Cargo cabane
George et Théa
Dîner des Grands de ce Monde
Dîner des grands de ce monde (2)
Pensées de Conrad
Dîner des Grands de ce Monde (3)
Un rêve d'Aline
Cahutes
Cahutes (2)
Ça marche
Anecdotes
Ballade
Marée humaine
Les îles enchantées
Âmes en peine
Ça marche (?)
Gloire à nos courageux pilotes
Et ta peine sera lavée dans les eaux d'un fleuve boueux

Quatrième partie - Magnolia

Quelque part au sud
Hauteurs du Tamalpais, 3h du matin
Grande pensée (1)
Grande pensée (2)
Grande pensée (3)
Grande pensée (4)
Grande pensée (5)
Cailloux blancs
Train fantôme
Train fantôme (2)




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vendredi 5 janvier 2007

Magnolia Express - 1ère partie - # 10

Les loups et les hommes
 
Alors je suis rentrée avec ces deux livres et demi sous le bras, j'étais plutôt embêtée, j'aurais préféré acheter un livre et puis voilà. Quand je suis sortie de la librairie il souriait toujours gentiment, puis il s'est penché à nouveau vers l'étagère du bas.
 
Quelques blocs plus loin on voyait une devanture avec des étalages de fruits, je me suis acheté une pomme verte et une pomme rouge, et je me suis assise sur un banc à côté. Il y avait juste un petit souffle de vent, et on entendait un peu de musique dans une maison en face, là où un rideau bleu ciel bougeait doucement à une fenêtre. J'ai croqué dans la pomme verte en ouvrant le premier livre et j'ai commencé à lire, dans ces cas-là on ne sait pas du tout ce que ça va être, et puis après on ne se souvient plus de rien, on se laisse juste entraîner, il y a des livres bien, et puis il y a les autres, jusqu'à la dernière page on attend ou on espère.
Le livre s'intitulait "Les loups et les hommes" (j'aime bien les loups) et il commençait comme ça : "Dans un système écologique, les prédateurs ne peuvent jamais être plus nombreux que leurs proies, sous peine de mourir de faim rapidement. La régulation cyclique des espèces (un être naissant prend la place d'un être mort) assure la survie harmonieuse de chaque groupe : dès qu'un point d'équilibre est rompu entre prédateurs et proies, on assiste à un mécanisme de régulation. L'une des espèces se développe jusqu'à un nouveau seuil d'équilibre, ou bien se réduit, faute de nourriture. L'observation d'une pyramide alimentaire permet de comprendre qu'il existe un équilibre naturel entre chasseurs et proies".
En fait, je devais m'en apercevoir, ça n'était pas un livre sur les loups, enfin pas ceux auxquels je pensais.





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jeudi 4 janvier 2007

Magnolia Express - 1ère partie - # 9


L'aigle de la route
 
J'ai toujours aimé rouler, en voiture, en camionnette, à moto. Je me souviens, quand j'avais quatorze ans j'avais acheté une mobylette avec mes économies, évidemment c'était pas le dernier modèle, et tous les garçons du quartier, ils me prenaient cent mètres dès le feu vert, et puis ils se croyaient en sécurité, ils ne savaient pas que l'Aigle de la Route était derrière eux. Dès qu'on avait une ligne droite un peu longue, je n'avais même pas besoin de la pousser, ma mob les rattrapait doucement, ils ne se doutaient de rien avec leurs pétrolettes couleur rose bonbon. Et puis tout à coup, leurs cheveux se hérissaient, et ils se courbaient vite sur le guidon, espérant m'échapper. Mais on n'échappe pas à l'Aigle de la Route sur son Speedster Compensé, voilà ce qu'il en coûte de se croire infini. Je les dépassais l'air dégagé, les yeux fixés loin devant, sur une trajectoire enfin digne de moi et bientôt je n'entendais plus que le ronflement du Speedster, tandis que leurs plaintes s'envolaient dans le vent, tout ça c'était déjà du passé.
 
Je me souviens avoir téléphoné chez moi, le jour où on m'a volé mon Speedster, j'avais couru partout autour du collège, il ne restait plus que l'antivol rouge vif.
- Manman...
- Qu'est-ce qu'il y a, tu vas bien ? Dis-moi, il ne t'est rien arrivé ?
- Manman...
- Pourquoi as-tu cette voix, ô mon dieu, mais dis-moi ce qui s'est passé, est-ce que tu es encore entier ?!
- on m'a volé le Speedster...
- le quoi ?
- ... ma mobylette...
 
Je n'y peux rien, je m'attache très vite. J'aurais aimé présenter le Speedster à Libellule, ils se seraient bien entendus, et Aline en aurait fait un copain.
Alors je regarde souvent dans la rue, si je ne le vois pas. Un jour, peut-être, je le retrouverai. J'espère.





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mardi 19 décembre 2006

Magnolia Express - 1ère partie - # 4

Repas d'affaires chez les oiseaux

Chaque matin, quand nous avons fini de boire le café, Aline s'étire sur sa chaise, se lève et met les grandes tasses dans l'évier, puis fait couler dessus de l'eau chaude, un petit nuage de vapeur monte vers la fenêtre.
Les oiseaux connaissent bien l'heure, et quand je sors pour secouer la nappe, ils atterrissent juste sur les dalles de la terrasse. Certains se posent à la fin d'un long vol plané, en battant rapidement des ailes, puis sautillent vers moi d'un air affairé. J'aime bien ce moment là, à déchaîner une petite fête avec ma nappe de coton à carreaux. Par derrière, j'entends les cling cling d'Aline qui finit, le soleil commence à fabriquer des ombres, et la rivière se devine derrière une rangée d'arbres, un peu plus bas. Quelquefois, je reste avec ma nappe qui pendouille, à écouter et regarder. Au bout d'un moment, j'entends qu'on pousse le battant de la porte derrière moi, et deux bras doux se nouent autour de ma taille. Je sens son visage appuyé contre mon dos, elle écoute aussi et je n'ose plus bouger.
Ça fait déjà longtemps que les oiseaux sont partis travailler.







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lundi 18 décembre 2006

Magnolia Express - 1ère partie - # 3

Bob


Quand nous descendons enfin, les champs commencent à être ensoleillés, et une fumée de vapeur monte de la terre, les arbres sont encore endormis, on entend juste quelques oiseaux. De temps en temps, quand on a de la chance, on voit un renard qui traverse l'herbe en trottinant et qui rejoint vite la haie dans l'ombre. Je l'ai appelé Bob.


Je me souviens de la première fois qu'Aline a vu Bob. C'était au petit matin, je ne la connaissais que depuis la veille et je ne savais pas encore comment elle dormait, ce qu'elle aimait comme café, ce qu'elle pensait du Président Nixon, enfin tout quoi. Nous dégustions notre café brûlé, les yeux dans les yeux, je regardais les paillettes dorées dans les siens, et les petits plis de sourire autour. Je la regardais froncer le nez, plonger dans sa tasse à la recherche des dernières gouttes, et puis soudain elle s'est immobilisée, le regard fixé derrière moi, vers la fenêtre de la cuisine. Je me suis retourné juste pour voir le panache de Bob disparaître dans le fourré.

- c'est Bob, lui ai-je dit. Pour expliquer.







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vendredi 15 décembre 2006

Magnolia Express - 1ère partie - # 2

Café brûlé

Quand on a échangé un signe, le vieil homme et moi, je remonte dans la chambre avec ma tasse de café. C'est du bon café brûlé, et l'odeur embaume tout l'escalier et la chambre. Je m'assieds dans le lit et j'attends que l'odeur chatouille les narines d'Aline, j'attends qu'elle se retourne en faisant Mmmmmgrmff vers ma grande tasse de café. J'adore la regarder qui se soulève, et qui me lance un regard peu amène, des cheveux dans la figure et le nez chiffonné. Moi je me contente de prendre un air détaché, et de humer mon café en regardant les rayons de lumière au plafond. Ça n'est pas de ma faute si j'aime bien me lever tôt le matin, et le café quand il a une chaude odeur de bois.






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Magnolia Express - 1ère partie - # 1

Ceci est une citation à des fins d'illustration musicale (détails ici). Il s'agit d'un extrait, en mono, de The Old Man and Me, par J. J. Cale, sur le CD Okie, Mercury, 1974. Le disque est en vente ici.

Le vieil homme et la rivière

Chaque matin, le vieil homme passe devant ma maison. La brume se lève à peine, la rivière est encore tranquille, glacée comme un miroir et transpercée ça et là par quelques roseaux pointus. Il suffit que je descende vers la berge, l'herbe me chatouille les pieds, que le ciel soit gris ou bleu, pour entendre le bruit de son vieux moteur, comme une horloge qui ferait Touk Touk Touk Touk. Quelquefois je me suis fait un café, et je descends avec ma grande tasse serrée dans les mains, d'autres fois j'ai juste les poings au fond des poches, les yeux plissés à attendre l'apparition de son vieux bateau au tournant de la rivière. Il passe chaque matin, pour aller pêcher plus bas, vers la mer, on se fait juste un signe, ça nous suffit pour la journée. Et quand la vie est triste, quand tout est lourd et sans saveur, j'aime bien le voir glisser doucement vers la mer. Il ne pourra rien m'arriver tant que le vieil homme passera chaque matin devant ma maison.

Aline me dit que ça ne sert à rien, elle ne comprend pas et souvent elle me jette un oreiller à la tête quand je me lève. Ça fait partie du rite, et même si elle me rate souvent, j'aime bien qu'elle m'envoie son oreiller à la tête. Les matins où elle reste à bouder, j'attrape un de ses pieds nus, et elle le retire sous la couette en faisant Ouuuuuh, et elle émerge doucement sous ses cheveux tout décoiffés.




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jeudi 14 décembre 2006

Magnolia - Début (et license)






Magnolia Express

Roman

 






Première partie :

 

Prélude en Fugue






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Ce roman est mis à disposition sous un contrat Creative Commons.. Ce roman, qui sera publié progressivement, est aussi sous licence Touchatougiciel.

Livre lu – Laurent Gaudé : Eldorado

Toujours plus loinJ'avais vu que Joséphine et Monsieur Jean lisaient au même moment Eldorado, et comme je suis un vieil ours rabougri sur ses livres de poche achetés d'occasion et ses monomanies littéraires, je me suis dit « sortons de l'ornière et goûtons à un livre fraîchement publié ». Chez le libraire, j'ai hésité devant « La mélancolie Zidane » de Jean-Philippe Toussaint, écrivain que je goûte fort, mais j'ai tenu bon, et j'ai acheté Eldorado (Laurent Gaudé, Eldorado, Actes Sud, 2006, 238 p.). Un peu à cause de la couverture, beaucoup à cause du titre, essentiellement grâce à Joséphine et Monsieur Jean. Et puis aussi, Actes Sud, c'est Paul Auster, c'est cette typographie, cette mise en page et ce papier, un vrai plaisir de lecture, aussi intact que lors de la première fois, quand ma tante m'avait dit : lis ça, c'est un jeune auteur américain assez étonnant. C'était Moon Palace.

Revenons à Eldorado. C'est un bon livre, que j'ai aimé. L'Eldorado, et la fuite, sont de toute façon des thèmes qui me sont très chers. (Je vous avais dit que j'avais essayé de traduire le poème d'Edgar Allan Poe ? Ben je vous le dis... Je le lisais à mes étudiants dans le cours de méthodologie de la recherche).

Correspondances : c'est un livre qui a des résonances fortes avec les écrits d'Erri De Luca. Même capacité à distiller des phrases qui sonnent comme des aphorismes humains, même chant de l'exil (des exils), même sensation de cotoyer des gens qui peuvent être des abîmes, tout en étant d'autant plus humains. Des abîmes d'humanité. Les phrases, elles sont enfoncées une à une comme des chevilles dans du bois tendre, chacune prend sa place, il n'y en a pas une de trop, tout cela sent la belle ouvrage, et l'écrivain qui a du métier.

Et puis il y a quelques correspondances avec des sentiments que j'avais à la lecture, que j'ai encore souvent :
... il était obligé de constater qu'il se détachait peu à peu de sa vie. Ces hommes, si familiers autrefois, lui étaient maintenant comme étrangers. Il les côtoyait avec distance. Il n'arrivait plus à rire avec eux, ne parvenait plus à s'intéresser vraiment à eux. [...] Combien de fois s'était-il senti comme quelqu'un qui vient de faire un pas en arrière de sa vie et constate que le monde continue sans lui, que son absence n'est même pas notée ? Oui, c'était cela. Il n'était plus tout à fait en lui, comme s'il se décollait de sa vie.

Laurent Gaudé, Eldorado, Actes Sud, 2006, p. 104.

Et question perso : à votre avis, pour moi, ça s'applique à qui ? À mes étudiants ? À mes collègues ? À mes amis ? À ma famille ?

Maitenant, à la lumière du commentaire de Christian, je mets de l'eau dans mon vin, ou plutôt, je comprends ce qu'il veut dire, mais je n'ai pas les mêmes mots. Facilité d'écriture ? Je dirais plutôt, écriture fluide, le livre est court (238 pages) et se lit vite. Intrigue convenue et prévisible ? Non, mais c'est vrai qu'une partie de la fin se laisse deviner par avance. Écriture cinématographique ? Certes, mais c'est un point très positif pour moi. Platitude ? Non, certainement pas.
Mais je comprends l'opinion de Christian, j'en vois les racines dans ce roman, même si je n'arrive pas à mettre les bons mots dessus. Des phrases peut-être trop polies, trop travaillées dans leur simplicité. Des sentiments forts, humains, mais sans grande surprise. Une petite impression de dilution. Je m'arrête, je n'en sais rien, c'est ténu.
D'autant plus qu'une autre correspondance, venue pourtant de bien loin en terme de style, me fait penser à Koltès (par exemple Quai Ouest). Et comparer un écrivain à Koltès, c'est quand même lui reconnaître un sens du langage et du travail des phrases.

Et puis, en note de fin : ce roman m'a donné envie de lancer l'impulsion pour le projet Magnolia. Je ne sais pas si cela apparaîtra sur ce blog avant fin décembre, ou s'il faudra attendre janvier, mais pour des raisons symboliques, j'aimerais que la nouvelle année, et le premier anniversaire de ce blog, ne passent pas sans que Magnolia n'aie commencé à paraître.

mercredi 18 octobre 2006

Projets, dont BDs

LaCollègue l'a bien souligné, j'ai des projets.

Il y en a 3 qui me tiennent à coeur :
  • Prométhée
  • Phoenix
  • Magnolia
(pourquoi ces noms de code ? parce que j'en ai eu marre, un jour, de parler trop tôt de projets sur lesquels je n'avais pas avancé. Et une semaine, ou 1 mois après, un ami me disait "alors, tu en es où ?" et je n'en étais nulle part.)
Je m'améliore : j'ai fait avancer Magnolia il y a deux jours, désormais, la balle est dans le camp adverse. Si ce projet capote, vous en bénéficierez tous, alors vous avez intérêt à ce qu'il capote.

J'ai d'autres projets, moins importants, mais pas forcément futiles. Tout cela touche à ma vie, à ce que je suis.

Donc, l'inconnu du 3ème étage me transmet une liste de BDs à lire absolument. Liste incomplète, tient-il à préciser. Comme si toute liste n'était pas, par essence, qu'une tentative dérisoire d'enfermer le monde. Nous sommes d'accord, L'inconnu du 3ème étage : nous essayons tous de faire de notre mieux.

Passons donc à la liste avec mes commentaires :

Les classiques

La ballade de la mer salée (Corto Maltese), Hugo Pratt
entièrement d'accord. Beaucoup de choses dites, et dessin à l'encre de chine superbe. J'ai une faiblesse pour les Ethiopiques, mais c'est dans une version que je n'ai jamais réussi à retrouver, à l'aquarelle...

Peter Pan (6 tomes), Loisel
Hum, euh, je ne sais pas. J'ai préféré la quête de l'oiseau du temps, et puis je n'accroche pas plus que ça. J'avais adoré le Rige

La marque jaune (Blake & Mortimer), Edgar P. Jacobs
Top total d'accord. Mais vous êtes un peu classique, ô inconnu. Le mystère de la grande pyramide est autrement plus angoissant.

120 rue de la Gare, Tardi
Vous êtes parfait. J'adore l'écriture de Léo Malet, et Tardi a su s'adapter parfaitement à cet univers. Rien à dire.

Partie de chasse, Bilal
Mouais. Vous ne devez pas être jeune, ou alors, vous allez vers les classiques. Pour moi, ça ne vaudra jamais La foire aux immortels, qui était (et est toujours) effroyablement beau.

Maus, Spiegelman
Pas lu. Entendu parler, énormément. Qui n'en a pas entendu parler ?

V pour Vendetta, Moore & Lloyd
Ah oui ! Je n'accroche pas trop au dessin, mais superbement réalisé, une de ces séries où l'on retrouve du profond et du futile. Terrible, beau, angoissant.

La nouvelle vague

Vivons heureux sans en avoir l’air (Monsieur Jean, Tome 4), Dupuy & Berberian
à tester, définitivement. Je ne sais pas du tout de quoi ça parle, mais j'ai l'intuition, confortée par mes contacts sur la toile, qu'il y a des choses merveilleuses à y découvrir

Journal d’un album, Dupuy & Berberian
Je suppose que c'est le pendant du précédent. OK, noté.

Les pilules bleues, Frédérik Peeters
Je confond. Je suis déçu que vous n'ayiez cité aucune BD de Schuiten et Peeters, comme la Tour ou la fièvre d'Urbicande : chef-d'oeuvres (oui, oui, j'assume). je ne connais pas ce Frederik Peeters, je le note dans mes listes de shopping.

Slalom, Lewis Trondheim
De lui, je connais, comme tout le monde, son blog. Donc j'ai un a priori très positif.

Isaac le pirate, Christophe Blain
C'est marrant, on en a fait tout un pataquès, c'est paru dans Telerama, et je ne comprends toujours pas cet engouement. Question de goûts, clairement.

Approximativement, Lewis Trondheim
Idem que précemment.

Persepolis (4 tomes), Marjane Satrapi
Oui, ça c'est très bien. Un dessin très stylisé, encre de chine et à-plats, et un humour très affûté.

La guerre d’Alan (2 tomes), Emmanuel Guibert
Le photographe (3 tomes), Lefèvre & Guibert
Ibicus (4 tomes), Pascal Rabaté
Le bibendum céleste (3 tomes), Étienne De Crécy
Pyongyang, Guy Delisle
Béton armé, Jean-Christophe Chauzy
L’autoroute du soleil, Baru
Qui a tué l’idiot, Nicolas Dumontheuil

Moi pas connaître rien du tout, moi noter scrupuleusement, et essayer de m'améliorer culture perso.

Manga
Euh, moi un peu vieux, avoir testé, pas être totalement en phase... (et pourtant, moi aimer Goldorak quand être jeune, il y a 50 ans)

Quartier Lointain (2 tomes), Taniguchi
Prix du meilleur scénario à Angoulême, quand même ! Ok, à retenir.
Akira, Katsuhiro Otomo

Comics

Palestine, une nation occupée / Palestine, dans la bande de Gaza, Joe Sacco
David Boring, Daniel Clowes
Jimmy Corrigan, Chris Ware
Hicksville, Dylan Horrocks
Moi pas connaître rien du tout, moi noter scrupuleusement, et essayer de m'améliorer culture perso. (bis)

The Watchmen, Moore & Gibbons
Ah ! Un grand choc, un événement ! Une série de BDs qui trouent les neurones. Grand bonheur.

Torso, Michael Bendis
No conosco.

La ligue des gentlemen extraordinaires, Moore & O’Neill
A tester, clairement, parce que je trouve Moore est un scénariste qui a du poil aux pattes !


« Grand public »

Le Tueur (5 tomes), Jacamon & Matz
Déjà évoqué, je suis fan.

Blacksad (3 tomes), Guarnido
Déjà évoqué, je suis hyper total fan.

Le retour à la terre (3 tomes), Manu Larcenet
Sur ma liste d'achats. Avec le 4ème tome, hinhin.

Il y a aussi Cosey. S'il faut n'en citer qu'un, je dirais Le voyage en Italie. Mais tous sont délicieux.
Il y a aussi Fmurrrrr avec Le génie des alpages et autres pantalonnades foutraques (Tartine de clous, par exemple, ou Porfirio et Gabriel)
Et pourquoi vous n'avez pas cité Sokal ? Par exemple La mort douce, La marque de Raspoutine, ou L'amerzone ?

De la vraie bonne tristesse.
C'est normal, la nuit est devenue froide tout à coup...

Cela dit, merci à L'inconnu du 3ème étage : faire des listes, c'est un moyen de survivre.