Blogthib, ou thibierge.flou

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A propos

Ce blog est le pendant flou et libre de thibierge.net. L'auteur vit essentiellement dans le monde cyber et nocturne. Il surgit parfois dans le monde réel pour donner des cours et boire des expressos. Il passe aussi une partie de son temps à collecter les batanas et ubuntus. Ah oui, il met aussi progressivement en ligne un roman.

vendredi 15 décembre 2006

Free, Free, set me Free

(Note technique, et note d'humeur)

Non-Freenautes, passez votre chemin, ou continuez à lire, pour vous foutre de moi. Freenautes, ceci est un thibillet très long. Alors je teste les ancres :

Etat du problème

1ère réaction : « ça doit être de ma faute »

2ème réaction : « j'ai fait le boulot, que va me répondre Free »

3ème réaction : « foin des messageries, engueulons-nous avec un humain »

Conclusion : quelques conseils, qui me serviront aussi de pense-bête

Epilogue

Executive summary

Cette note sert à délayer mon exaspération, mais aussi servir d'aide-mémoire, pour moi, mais aussi pour mes petits camarades freenautes qui ont des problèmes de connexion. Accessoirement, cela servira, peut-être, à faire résoner le tam-tam de la jungle, à créer du fuzz, du buzz (non, pas de la beuze).

Etat du problème :

  • je suis abonné à Free, en dégroupage total (plus aucun abonnement France Télécom), je suis donc censé avoir de l'ADSL, de la téléphonie, de la télé (plus de 100 chaines)

  • je dépends du DSLAM de Charleville (CHA92), à 3400 m de mon domicile

  • j'ai une Freebox version 3 ou 4 (je ne sais plus) depuis 2005

  • depuis 4 semaines, je n'ai plus de téléphone (plus de tonalité, pas de possibilité d'appeler, pas de possibilité d'être appelé)

  • depuis plusieurs semaines, j'ai des déconnexions intempestives de la Freebox : 88:88, chenillard lent, chenillard rapide, et là, soit 88:88 à nouveau (et c'est reparti) soit rectangle cligno, rectangle fixe, et 88:88, et c'est reparti. Mais de temps en temps, ça connecte, quand même. (à 30 € par mois, vous me direz, ça peut).

1ère réaction : « ça doit être de ma faute »

  1. hard reboot de la Freebox : nada
  2. lecture de la FAQ Free : nada
  3. contact de Free par mail (dans la console d'administration) : réponse en 2 jours pour mon premier message, et j'attends toujours la réponse au deuxième message. C'est marrant, parce que j'ai commandé hier soir une alimentation de rechange, depuis la même console d'administration, et là, j'ai tout de suite eu un mail qui m'a dit que j'allais être débité du montant d'achat + frais de port...
  4. lecture des excellents forums de l'ADUF (association des utilisateurs de Free) : éléments de réponse, notamment sur le nettoyage d'une ligne de téléphone

2ème réaction : « j'ai fait le boulot, que va me répondre Free »

  1. envoi d'un premier mail, en substance « j'ai des déconnexions intempestives de la Freebox, quid ? »
  2. réponse en 48h (48h, quand même...) : « veuillez suivre la liste de tests suivants, et seulement quand vous avez fait tous les tests, et que c'est négatif, recontactez-nous ». On me propose notamment :
  • de faire un soft reboot (c'est fait, coco)
  • de faire un hard reboot (c'est fait, 12 fois)
  • de vérifier si tout est branché (hin hin hin)
et là, on commence à entrer dans le paranormal :
  • de tester ma Freebox avec une autre alimentation. Ah ouais, pas con, mais je la trouve où, l'autre alimentation ? Un voisin compatissant, semble-t-il, parce que Free, il veulent que je fasse le test avant de les rappeler.
  • Si ça marche pas, de tester ma connexion avec une autre Freebox que la mienne. Petites annonces de mon bled : « particulier échangiste, bien sous tous rapports, échangerait Freebox potentiellement naze contre Freebox qui marche, pour test de plusieurs jours ».
  • De tester une autre installation électrique que la mienne, dans une autre maison (non, là je déconne)

3ème réaction : « foin des messageries, engueulons-nous avec un humain »

J'appelle la hotline dédiée au dégroupage total. Là, que des points positifs (au début) : interlocuteur qui décroche tout de suite, poli, et bien équipé. Il teste à distance (depuis le Maroc, c'est là où est délocalisée la hotline, semble-t-il Edit : depuis Paris, comme me le signale un Freenaute respectueux et courtois) et me diagnostique une alimentation probablement défectueuse. Bon, on progresse. Il me recommande chaudement de trouver un voisin échangiste, car il ne peut pas m'envoyer d'alim de test. Bon, je fais un effort, je trouve (merci la solidarité de quartier, des inconnus m'ont répondu pour me dire qu'ils étaient chez Neuf, chez Cegetel, donc qu'ils ne pouvaient pas m'aider, mais c'est tout de même sympa de répondre...)

Je vais chez ce voisin que je ne connais pas, contact fort sympathique, il teste mon alim sur sa Freebox et me confirme qu'elle est naze (mon alim). Il est dans la partie (informaticien) et commence à me dessiller les yeux : moi, je suis à 3400 m du DSLAM et je n'ai jamais réussi à avoir les chaines de télé correctement. Lui est à 3500 m et reçoit les chaines parfaitement. Mais son voisin d'à côté, rien du tout.

Je rentre chez moi et recompose le numéro de la hotline au Maroc. Le gars me dit : « OK, c'est l'alim, il faut que vous en achetiez une autre ». Je tombe de haut, et lui explique que Free me rend un service, pour 30 € / mois, et ce service consiste à mettre à ma dispo une Freebox qui marche, une alim qui marche, et une connexion ADSL qui marche. Lui me répond « l'alim n'est plus sous garantie, donc c'est à vous de la payer ». Dialogue de sourds (moi : "ce que vous dites, c'est que Free ne garantit la qualité de ses alim que la première année, en bref, qu'elles ont une espérance de vie d'un an ?" Lui : "mais non, je n'ai pas dit ça"), dialogue que je coupe, car à 34 centimes la minute, le hotliner a tout intérêt à palabrer sans fin. Moi pas, car je suis un mec hyper important.

Pour conclure, quelques conseils, qui me serviront aussi de pense-bête :

  • à plus de 2500 m d'un DSLAM, il ne faut pas trop espérer avoir les chaines de télé. Dans ce cas, passer au cable (numericable) ou la fibre optique (erenis) et abandonner Free.
  • essayer de nettoyer sa ligne téléphonique comme indiqué ici : enlever les condensateurs des prises, déconnecter les fils inutiles, passer tous les fils de cuivre au Mirror, tirer un cable neuf depuis le DSLAM, demander de l'aide à E.T., frotter tous les électrons de l'air ambiant pour qu'ils conduisent l'électricité statique, faire appel à Pikachu...
  • Si Freebox déconnecter régulièrement, regarder l'alim d'un mauvais oeil.

Dans les différents moyens de s'en sortir, voici ma note (5/5 = très bien, 1/5 = d'un faible intérêt)

  • lire la FAQ Free : 3/5
  • envoyer un mail : 1/5 (quand je pense qu'il y a des personnes qui écrivent une lettre...)
  • appeler la hotline générale : 2/5
  • appeler la hotline dédiée : 4/5
  • se connecter sur les forums de l'ADUF : 5/5 (mais nécessite du temps de lecture...)

Et une ultime interrogation, qui entrera en résonance avec ma critique du livre d'Yvon Chouinard (d'ici quelques semaines...) :

Qu'est-ce que je pense acheter à Free, pour 30 € / mois ?

Qu'est-ce que Free estime me vendre pour 30 € / mois ?

lundi 27 novembre 2006

Blogs et fantasmes

Avec un titre comme ça, je devrais rattraper mon retard de lecteurs, et remonter vite à 90 000. Bande de petits libidineux.
Beaucoup de personnes bloguent de manière anonyme. On ne connaît pas leur vrai nom, non plus que leur ville d'appartenance, et leur description physique est inexistante, ou très parcellaire (on sait que Yog pèse "63 kg de bonnes vibes" - mais au moins on a des photos de sa tronche - que Joséphine chausse du 38 - et on a deux photos de son pied - et que Monsieur Jean porte des chaussettes - et on a une photo de sa manche). Le reste, c'est une affaire de rêve ou d'imagination.
Quand j'étais petit, je visualisais tout. Les chiffres avaient des couleurs : 1 noir, 2 bleu, 3 rose, 4 rouge, 5 noir, 6 marron, 7 vert, 8 rouge, 9 orange. A bleu, E blanc, I jaune, O marron, U orange. (n'en déplaise à Arthur Rimbaud).

Je "connais" deux sortes de bleuggueurs : ceux que je connaissais d'avant, et avec qui je buvais des bières ; ceux que j'ai connu après, c'est-à-dire que je ne connais pas dans le monde réel. Les inconnus, je les ai imaginés. Même si, après coup, j'ai pu en rencontrer, j'ai gardé en tête le fantasme que j'avais d'eux. Voici donc mes fantasmes. Si certain(e)s d'entre vous préfèrent leur fantasme à leur corps actuel, il y a toujours des solutions.


Joséphine, personnage fantasmé : 1m72. Cheveux chatains, coupés au carré, lisses. Teint frais, rose. Yeux noisette. 85 B, pointure 36. Alterne jupe  (avec chaussures à petits talons aiguille) et jean (avec grosse ceinture et tennis pastel), et des pulls près du corps. Fume quelques cigarettes par jour.

Boisson : du rosé. Du thé. Du thé à la rose.

Quand il pleut : va nu tête, ou sort un adorable petit chapeau pliable en plastique qui lui donne l'air des Parapluies de Cherbourg.


Monsieur Jean, personage fantasmé : 1m75-1m77, plutôt fin, mais pas maigre. Cheveux blonds, légèrement sombres. Coupe "moderne", avec léger brushing naturel (ni une brosse, ni un brushing George Michael, hein !), éventuellement petite mèche par devant. Yeux gris-bleu. Toujours tiré à quatre épingles : en semaine, costume gris clair, chemises épaisses, cravate discrète (mais pas triste) au noeud bien ajusté, chaussures anglaises bien cirées ; le week-end, pantalons de toile, polos bleu glacier, chaussures de ville (en daim ? pas sûr).

Boisson : du vin de Bordeaux ou du sud (pour les tanins). Du thé Lapsang souchong (pour les tanins).

Quand il pleut : va nu tête (mais prend une écharpe). Ne se rend pas forcément compte qu'il pleut. Ses pensées s'évaporent au-dessus de sa tête.


La grande Loulou, personnage fantasmé : 1m85 en talons. Cheveux bruns, frisés, longs, et souvent attachés en queue de cheval. Teint café crème, à peine café. Yeux brun profond, avec de longs cils. 80 C, pointure 40. Plus souvent en jean qu'en jupe (mais ça lui arrive). Ses jambes sont des compas qui arpentent le monde. Fume toute la journée. Trimballe un énorme sac à main (limite sac de voyage). Rigole souvent. Le genre de fille qu'on a envie de faire rire.

Boissons : des expressos au comptoir, du rhum arrangé, du vin de Loire.

Quand il pleut : va nu tête, ou sort un bonnet en laine multicolore.

Yves Duel, personnage fantasmé : 1m80, un peu maigre, cheveux gris, un peu longs (tombent sur la nuque, mais n'appellent certainement pas un catogan, brrr, quelle horreur). Yeux gris. Visage qui se fendille de partout quand il sourit. Fume des cigarettes fortes. Chemises à carreaux, pantalons de velours, chaussures confortables (Paraboots, voire mocassins).

Boissons : les bons Bourgogne rouges (mais ne dédaigne pas les bons Bordeaux rouges). Caféïnomane comme tout le monde.

Quand il pleut : va nu tête (parce qu'il aime ça).

Mamzelle Lili, personnage fantasmé : 1m65, blonde frisée aux cheveux mi-longs, en queue de cheval. 80 B, pointure 36. Petites lunettes ovales, petit nez. Yeux bleus, ou verts, et pétillants. Souvent surprise en flagrant délit de rêverie.

Boissons : Porto blanc, vin blanc d'Alsace, eau pétillante, infusions.

Quand il pleut : prend un parapluie pliable, mais l'oublie souvent, alors elle met sa capuche, comme tout le monde.

L'inconnu du 3ème étage, personnage fantasmé : là je sèche pas mal. 1m85, fin. Brun, cheveux amples (pas coupés à ras, quoi), yeux marron. 27 ans. Porte souvent des pulls. Fait plus mûr que son âge. Une certaine incapacité à travailler dans une entreprise classique : trop de propension à dire ce qu'il pense, peu d'appétence aux jeux politiques. Mais pas asocial, non non.
Boissons : de la bière ? (pas sûr), du vin sûrement. Gin en soirée.
Quand il pleut : va nu tête (parce qu'il n'a rien pour se protéger quand il pleut).

Voilà ma moisson du jour. Les autres, je les connais, ou je ne les imagine pas encore assez. Quant à ceux que j'ai fantasmés : n'oubliez pas que je suis votre créateur.

Rhaaaaa !

C'est super les extensions pour écrire un billet de blog rapidement. Hop, on écrit directement dans le navigateur. Hop, on insère des liens en surfant en même temps. Hop, on laisse libre cours à son imagination sans réfléchir, sans contrainte.
Hop, on efface tout par erreur.
Hop, on a tout perdu.
Je n'en peux plus de cette technologie. Tant pis, vous n'aurez pas le billet "Blogs et fantasmes".
ça m'énerve...


powered by performancing firefox

vendredi 24 novembre 2006

Des torrents de bits...

Bad Days Comme annoncé, voici un long thibillet sur mes pérégrinations dans le no man's land de l'erreur 404, et quelques réflexions émincées par dessus.


En quelques boulite poïntz :
1. mon blog a subi un dépassement de trafic
2. mon hébergeur m'a facturé (et continue à me facturer) les Gigas de trafic en trop
3. je n'ai pas payé avant de comprendre ce qui se passait
4. mon hébergeur m'a couiqué hors de la toile
5. j'ai donc payé... mais ma vengeance sera terrible !!!

Déroulé des opérations, avec quelques leçons d'existence à chaque étape, voire des interrogations technologico-économiques


A. Les statistiques, tiqueu tique


En Octobre, j'ai eu 127 869 visiteurs, dont 89 696 visiteurs uniques (les autres, c'est pas qu'ils viennent à plusieurs, c'est que ça peut être plusieurs fois le même, par exemple, moi, je me visite beaucoup, pour voir si je suis là, ou dans les limbes de l'erreur 404). En Novembre, 84 303 visiteurs uniques (et c'est pas fini).

La classe.

Pour mémoire, le "pape des blogs" (ce qui est une contrepèterie : le pope des blagues, ou le plop des bagues) a, selon son propre aveu, 130 000 visiteurs uniques par mois.

La grande classe pour moi, je tutoie les grands. (Mais il m'en coûterait que ces grands ne me vouvoyâssent pas) (oui, je sais, c'est simplement "vouvoient", mais je suis chez moi, tant que l'huissier ne gare pas sa 404 devant ma porte).

Tout cela c'est du vent, à double titre. D'abord, et c'est évident, parce que ce n'est pas le nombre qui fait la qualité, au contraire, comme disait Chamfort, « Il y a à parier que toute idée publique, toute convention reçue, est une sottise, car elle a convenu au plus grand nombre. » (merci à bribes.org, qui cite ses sources, je croyais que cette citation, dont j'abusais, était de Michel Foucault...)

Ensuite, et surtout, parce que la majorité de ces visiteurs uniques a commencé à débarquer, que dis-je, à se déverser, à dégouliner, depuis le 12 octobre 2006. Certains (moi le premier) en ont conclu que ces visiteurs étaient de ces spammeurs que j'ai fustigé à de nombreuses reprises. Pas du tout, c'est moi qui ai introduit le loup dans la bergerie.


B. Ils veulent tout pour la musique, tout pour la musique...


Le 12 octobre, c'est le lendemain du 11. Jusque là, tout le monde suit ? Et le 11 octobre, j'ai mis en ligne deux thibillets, dont un juke-box de mes intros préférées, d'abord sous Radioblogclub, puis avec Zanorg.

C'est depuis ce jour là que je suis passé, grosso-modo, de 18 000 visiteurs uniques par mois, à presque 90 000.

Vous allez dire : "De quoi se plaint-il, ce gros verrat ? Il s'engraisse de visiteurs, il mange l'IP des Français" etc.

Il se plaint des faits suivants :

  1. les 72 000 visiteurs surnuméraires ne viennent que pour pomper les fichiers musicaux (ce dont je me battrais l'oeil, s'il n'y avait les points suivants)
  2. les fichiers musicaux sont lourds
  3. 72 000 x 2 megas, ça fait 144 gigas
  4. mon fournisseur d'accès m'autorise 25 gigas de traffic par mois, tout giga supplémentaire étant facturé 1 € pièce (ça fait pas cher de l'octet, certes, mais quand même...)

Le dilemme était donc : continué-je à mettre en ligne des morceaux de musique, dont les chiffres montrent clairement qu'ils sont téléchargés massivement au mépris des droits d'auteurs (voui, voui !), et c'est moi que je paie le transport,
ou bien,
supprimé-je les dits morceaux ? (tout en payant les factures accumulées)

J'ai supprimé les dits morceaux. D'autant plus que, les petits malins, ils ne téléchargeaient pas seulement les morceaux de zanorg (que j'avais mis sur la page), mais aussi ceux de radioblogclub (que j'avais initialement mis, puis supprimés de la page, mais pas de mon site).


C. Savez-vous planter des sous ?


A l'époque, je m'étais frotté les mains : pour un symbolique 12 € / an (formule Mega Top Premium Club), j'avais non seulement un nom de domaine (blogthib.com, pour ceux qui ne suivent pas), mais aussi un hébergement de mon site.

Content j'étais.

J'avais oublié la sacro-sainte loi d'Internet (et notamment du Web 2.0) : "quand c'est gratuit, ou pô cher, cherche quel est leur business model".

Le business model, en l'occurence, c'est "on va laisser ce gros porcidé engraisser son site, et là, TCHAC ! on va lui tondre du 80 € par mois d'excédents de traffic jusqu'à ce qu'il passe à la formule Excellency Golden Standard VIP (5 € / mois), voire à la Super Mammouth Ambassador of  the Eldorado (20 Teraoctets de traffic quotidien, 10 000 adresses e-mail, 1 zillion de spams, 257 € / mois HT)"

J'en profite alors pour énoncer une autre sacro-sainte loi de la Vie : "quand tu veux économiser trois sous, quelques mois après, tu en perds dix". C'est une loi valable pour les services, et pour la plupart des biens (mais pas les fers à repasser, et je ne pense pas, non plus, les ordinateurs portables).

D. I want to break free !


Je me suis dit "Mes cocos, il fera chaud avant que je ne vous renouvelle mon abonnement pour l'année 2007". Et j'ai cherché des solutions. Du genre
  1. je me crée un autre site chez un hébergeur gratuit qui accepte le SQL le PHP et les porcinets comme moi
  2. je transfère mon nom de domaine chez Gandi (qui administre déjà l'excellent thibierge.net)
  3. j'active une redirection vers mon site libre
  4. j'installe dotclear 1.2.5 sur ce site libre
  5. je sauvegarde ma base MySQL et la dumpe (ouais, je me la pète) sur ce nouveau site

Classieux, non ?
Eh ben ça marche pas :-(

E. Nous n'avons pas les mêmes valeurs... et les vôtres sont les bonnes

Là, on commence à toucher à la quête philosophique. Si j'ai opté pour Dotclear comme plate-forme de blog, ce n'est pas par snobisme ("moi je triture du PHP au petit-déjeuner") ni par radinerie (parce qu'à 5€ par mois, je pense que je peux me le payer), mais pour garder un contrôle total. Cela me permettait de sauvegarder régulièrement mes billets, voire l'architecture totale du blog, et le jour où je change de serveur, hop, je réinstalle tout là-bas, et l'internaute ne voit rien (ce qui est le but).

Las.

Depuis 11 mois, j'ai passé des heures à écrire des trucs en PHP, j'y comprends rien mais je m'accroche, je cannibalise des forums, je fais des copier-coller sauvages dans des lignes de code sans savoir ce que je fais ("mais c'est quoi un padding ?"), tout ça pour pouvoir être libre. Résultat : dès que je transporte mon blog ailleurs, a marche pas.
Par la malepeste.
Donc, vous avez tous raison, avec vos plate-formes de blog préformatées en ligne : moindre perte de temps, aucun souci technique, bref, vous êtes au coeur de l'objectif : bloguer.
Cette frustration, je l'éprouve aussi avec OpenOffice. Bon sang, j'y crois, au modèle d'une suite qui serait libre et gratuite pour tous, mais aussi complètement intégrée (UNE suite, pas PLUSIEURS logiciels rassemblés), et j'y ai consacré du temps sur les dernières années. Mais il y a des fois, j'ai envie de jeter l'éponge et de repasser tout sous Word, Excel et PowerPoint. (soyons francs : pour l'instant, je n'ai pas pu les quitter entièrement).
Et c'est aussi pourquoi j'hésite à passer à Linux (pourtant, une distribution qui s'appelle Ubuntu, ça ne promet que du bonheur...)

Ajoutez à cela que ça fait 15 jours que je n'ai plus de téléphone, et que je n'ai plus eu d'ADSL pendant 6 jours : hier soir, je me suis dit "basta, retour chez France Télécom, y en a marre".
Marre d'une liberté trop cher payée, moi je veux juste que ça marche.

jeudi 23 novembre 2006

Perdu dans la 2.0 ème dimension

Les plus assidu(e)s parmi vous l'auront noté : j'ai eu comme un passage à vide. Pas moi perso (quoique, ma nuit de lundi à mardi, ça a été Grand Grand Grand), pas moi non, mais mon moi identité 2.0 (et quelques cornichons), c'est-à-dire mon bleug.
Plouf, disparouch un jour.
Aujourd'hui, plouf, réapparouch !

Je sais parfaitement pourquoi, mais c'est le comment qui m'intéresse le plus. Et pour cela, je vais investiguer. Cela donnera lieu - à court terme - à un thibillet techno-web-économique comme j'en mitonne trop rarement, et - à plus long terme - à un changement possible d'hébergeur, parce qu'on ne me la fait pas.
Mais notez déjà que c'est de votre faute, à vous tous.
Et que plus vous me lisez, plus je risque de re-disparaître, pffuit.
Voici donc le temps du sevrage (car entre sevrage et servage, il y a juste la plaçounette d'une lettre qui change).

vendredi 17 novembre 2006

Spam dans ta tronche

Depuis un mois et quelque, mes 3 lecteurs assidus, et les deux blondes qui essaient de comprendre, auront vu proliférer quantité de commentaires qui avaient la particularité :
  • de vendre des trucs vasodilatateurs
  • de disparaître dès que je faisais un peu de ménage
Mais les journées sont courtes, les nuits occupées, et je ne conçois pas de définir mon rôle de héros du quotidien par ces mots : "heu bonjour, mon rôle dans la vie, c'est de supprimer les commentaires spam sur mon blog".

Il a fallu l'effet 1-2-3.
  1. La première lame coupe le poil. C'est Spamplemousse qui s'y colle. C'est un plugin Dotclear (utilisateurs de plate-formes de blog, passez votre chemin, tout en m'envoyant un chèque) que l'on peut éduquer manuellement avec des mots comme "porn", "teen", "viagra" et "caniche". C'est la Grosse Bertha, ça dézingue tout ce qui passe dans le ciel, efficace, certes, mais plus le temps passe, plus les artilleurs fatiguent (ou plus les spammeurs apprennent à zigzaguer dans les nuages).
  2. La deuxième lame tire le second poil et recoupe le premier. C'est Spamclear, qui est un filtre anti-spam bayesien (Monsieur Jean, vous pouvez expliquer aux autres, que je comprenne ?) qu'on éduque en disant "ça c'est blanc, ça c'est noir, ça c'est blanc, etc." Fastidieux, mais efficace, mais fastidieux. Et il reste encore des spammeurs darwinniens qui s'adaptent aux mutations de l'environnement.
  3. La troisième lame, lame ultime, lame fatale. Spamtimeout, je t'explique, même que tu vas rien comprendre avec ta cervelle de singe, c'est une lame qui déplace le poil à couper. Depuis que je l'ai installé (hier) et que j'ai modifié les fichiers php avec des instructions en volapük, ya plus rien qui passe. Glâbre, le blog.
Ce qui est merveilleux, ou affligeant, c'est que je viens de faire un thibillet pour dire, en substance, que j'ai réussi à supprimer des choses ne devraient pas exister dans un monde gentil, bref, des choses immatérielles et immorales. C'est ma croisade, c'est mon mandat.

lundi 25 septembre 2006

Le VirtualCAC 40 au-dessus des 12 000 points

Cela a commencé par un article que j'ai vu dans l'Ordinateur Individuel (n° 185, juillet-août 2006, p. 62). Consacré au jeux en ligne, cet article parle des transactions qui ont lieu sur E-Bay pour acheter des personnages de jeux de rôle. L'idée est la suivante : vous voulez jouer à World of Warcraft, mais ça vous embête de passer 100 heures (soit 5 jours) devant l'ordinateur pour faire progresser votre personnage, qui a démarré comme tout le monde, c'est-à-dire débutant. Plutôt que de vous abîmer les yeux, vous décidez alors d'écorner votre porte-monnaie, et d'acheter cet avatar sur E-Bay, où il est vendu par des professionnels de la gonflette de personnages. Pour quelques centaines d'euros (ce n'est rien, rapporté au temps "économisé" !), vous voilà nanti d'un colosse résistant aux sorts, capable de faire le salto arrière, et dotée d'une hache d'abordage hachement abordable. L'Ordinateur Individuel (OI) mentionne par exemple un Paladin qui coûte 800 euros sur E-Bay, ça fait cher l'électron téléchargé, et ça rend rêveur.
Passons à plus difficile.
Vous pouvez aussi acheter des pièces d'or. Non, pas des vraies, des virtuelles. Et à quoi ça sert, me demanderez-vous ? Ben voyons, à acheter une nuisette à votre Paladin, un casque lourd pour votre elfe ou une carriole 4 chevaux pour transbahuter votre princesse magicienne. La cotation change tous les jours, mais en juillet-août, et toujours d'après l'OI, 1 000 pièces d'or pour le jeu World of Warcraft (WoW) coûtent 146,32 euros sur E-Bay. Certes, ça ne vous servira que dans le jeu, mais franchement, une pièce d'or à 15 centimes d'euro, c'est donné. Vous avez tout de suite vu l'inconvénient majeur de ce type de transaction, car vous êtes diablement subtil(e)s : eh oui, c'est que le cours de l'or fluctue ! Par exemple, à l'heure tardive où je vous parle, 1 000 pièces d'or se vendent à moins de 49 €, ça fait 5 centimes la pièce, ou encore, -66% depuis août ! Bon sang, mieux vaut jouer en Bourse, on s'évite des coups de sang comme celui-là... Pour ceux que ça intéresse néanmoins, la bourse aux pièces d'or est par exemple .

De plous en plous difficile.

Sur le Blog de Nicolas Guyon, j'apprends que dans le jeu Second Life, on peut acheter des terrains (virtuels) avec des dollars (réels). Et Nicolas de  jouer le candide : cela vaut-il la peine d'acheter maintenant ? Les prix vont-ils monter ? Ma réponse : Nico, si tu penses que le RER virtuel va arriver pas loin de ton terrain virtuel, achète à mort, truste tout le quartier, et tu feras 10 fois la culbute (= tu auras 10 fois plus d'électrons).

De plous en plous débile.

Avant, quand on achetait un jeu vidéo de course de voitures, on avait les parcours, les voitures, il suffisait d'acheter une manette de jeu, et encore, ceux qui ont connu l'époque de la disquette souple de 5"1/4 faisaient tout au clavier, car à l'époque, on était des Hommes. Aujourd'hui, quand vous achetez un jeu vidéo de course de voitures (merci à Totalement Crétins pour le lien), vous avez juste quelques parcours défoncés, quelques épaves à faire rouler, et le reste, c'est en sus : achetez la voiture de vos rêves, payez vous le circuit de Monza ou d'Indianapolis, tant que vous avez de l'argent, vous pouvez vous faire plaisir. J'adore le passage sur la sortie de voitures (virtuelles) en série limitée.
Imaginez donc : ça va être le paradis de la contrefaçon. Là où seuls les gogos auront payé 2 euros pour une Ferrari Testarossa, les petits malins achèteront pour 0,20 euros une carosserie de Ferrari virtuelle montée sur un chassis virtuel de 2 CV virtuelle. Des hommes politiques virtuels qui habiteront dans le centre d'une ville virtuelle (les salauds ! ils savaient pour le RER !) essaieront de légiférer sur la contrefaçon, tandis que les contre-facteurs (une élite de la Poste) bricoleront à toute vitesse des Présidents de la République clonés, et tout cela passera à la télé virtuelle. J'en frémis d'impatience, ça nous changera...

lundi 4 septembre 2006

Chanson triste... et positive

La journée n'est pas fantastique, mais se termine bien (en fait elle n'est pas terminée, j'en suis à la diapo 14 et il y en a 71...). Je me suis battu une bonne partie de la journée pour faire une présentation qui soit pédagogique (air connu, ça fait 14 ans que je retravaille les mêmes docs, ils sont plus polis que des galets, mais je rajoute, j'enlève, pffff).
J'en étais à me dire : "ordi de brenne, OpenOffice de chienlit, web excrémentiel" quand j'ai découvert (via le Standblog) ce vidéo clip.
La chanson est déjà plaisante à mes petites oreilles fatiguées, mais quand je vois qu'avec un bête appareil numérique, un minimum de talent artistique, et Internet, ce petit gars diffuse ses créations à tout le monde (enfin, le monde connecté...), je me dis "la révolution est en marche, camarade". Tout explose. Les notions de diffusion, valeur, business model, échange, développement, plus rien n'a la même signification. Je comprends que dans certaines entreprises, des gens tremblent, moi aussi je tremble, mais c'est d'excitation : quel beau monde ça pourrait faire...
Une de mes collègues me disait "avant, le développement durable, je n'y croyais pas, je me disais 'tout ce que je peux faire, c'est une goutte d'eau'. Aujourd'hui, j'agis à mon niveau, car l'océan n'est composé que de gouttes d'eau". J'aime bien ce vidéo-clip goutte d'eau.
Et je pense que ce que nous vivons est assez unique dans l'histoire de l'humanité (j'y vais franco, hein, c'est un thibillet court).
Donc voilà, comme d'hab j'ai plein de projets, de bonnes résolutions... Et encore une soixantaine de diapos à retravailler.

(Mise à jour, à 00h08 le lendemain : Ayé, fini, flappi. Me mangerais bien une choucroute, là...)

jeudi 31 août 2006

BlogDay2006

Je le vois dans deux blogs amis, je suis même relancé par mail pour participer à cet événement, et pourtant, ça ne me tente pas. Le BlogDay, donc, c'est aujourd'hui, et la règle du jeu, c'est de faire découvrir 5 blogs qu'on a découvert récemment pour faire partager la bonne nouvelle (il faut pointer vers leur site et utiliser un tag Technorati), créer un effet de maillage, j'en sais rien moi, ça doit juste être pour faire un billet de plus.
Cela dit, les deux billets que j'ai lus m'ont donné envie d'aller visiter quelques uns des blogs mentionnés, donc pourquoi pas. Le problème est que je n'ai pas découvert de blogs récemment, je tourne sur ceux que j'apprécie, avec peu de nouveautés. Mais je vais faire un effort. Simplement, contrairement au narrateur de Haute Fidélité, je ne suis pas sûr d'arriver à 5.

(je ne fais pas d'ordre de préférence)
  • Bon pour ton poil. J'en ai déjà parlé, je trouve cet auteur suisse particulièrement savoureux. Je le trouve très drôle, il y a des fois, je ris jusqu'aux larmes (bon, OK, c'était après 3 verres de vin, mais quand même). C'est un blog classique, c'est-à-dire sans véritable thématique, sinon des pensées, des idées floues, des déconnes. Devrait être remboursé par ma sécurité sociale. En plus, il est fortiche, le tyrolien : il a publié son billet sur le BlogDay avec, comme d'hab, son traitement décalé. Pas à dire, c'est bon pour mon poil.
Voilà, c'est tout. Il y a deux catégories de blogs que j'ai fait exprès de ne pas mentionner : 1. les blogs de copains ou de connaissances découvertes au fil de mes lectures sur la toile (cf. ma liste à gauche de cette page + Monsieur Jean, Maviesansmoi, Je lis des journaux etc.) et 2. les blogs informatifs sur la techno et Internet (le Standblog en premier). Et je ne lis pas du tout les blogs des papes de la blogosphère.

Je me disais "comme ça fait pas bézef, une liste d'un seul élément, je vais procéder à un petit surf rapide et informel, pour dénicher des blogs qui m'ont l'air sympa" mais c'est complètement illusoire : comment les trouver ? par mots-clés ? mais quel mot-clé m'intéresse, à part "toi, mon frère humain (j'embrasse aussi les femmes) qui me fais réfléchir, rire ou méditer dans les rues crottées de Paris".

C'est hallucinant comme ce thibillet est un non-billet. Désolé les gars.

Allez, quand même, une idée qui surgit. Dans les années 80, j'avais lu dans Le Point une nouvelle de l'été dont l'argument était amusant : il existait 10 personnes en France qui étaient "statistiquement parfaites", je veux dire par là, il n'y avait plus besoin de sonder 10 000 personnes, il suffisait de poser la question à ces 10 personnes, et quel que soit le sujet, leur réponse donnait ce que donnerait un sondage sur 10 000 personnes au hasard. Marrant, non ? Bon, après, la nation était en pataquès parce qu'un des 10 avait disparu, ou bien il y en avait qui avait un jumeau inconnu, je ne me souviens plus. Le rapport avec la fondue ? Je me disais "il y a des gens qui lisent 10 000 blogs pour s'informer, moi je recommanderais bien de n'en lire que très peu (1 ?), au hasard, Bon pour ton poil". Bon sang, ça va lui faire grimper son PageRank sous Google, à ce sympathique helvète (et je suis sûr qu'il s'en tamponne le coquillard avec une patte d'alligator femelle).

mercredi 30 août 2006

E-mail à l'endroit, e-mail à l'envers...

Je suis toujours en over-danaïdes (c'était une batana avant l'heure), mais il y a une différence majeure : j'ai arrêté de me mettre en apnée angoissée, je respire régulièrement, et le monde continue à fonctionner (y compris, et surtout, Babylone).

Je viens de formuler la règle n°17 sur l'e-mail :
  • Tout mail auquel on n'a pas répondu, celui qui reste dans la boite en attente, est un débit.
  • Tout mail auquel on a répondu, ce qui consiste finalement à renvoyer la balle dans le camp de l'adversaire, est un crédit.
  • Les créanciers (ceux à qui je dois des mails) sont impatients, et me relancent régulièrement.
  • Les débiteurs (ceux à qui j'ai répondu) sont le plus souvent silencieux pendant des semaines ou des mois.
Le corollaire de tout cela, c'est encore une fois la valeur temps : répondez dans la minute à un mail, personne ne vous en rendra grâce. Laissez le mail pourrir, répondez après 2 mois, vous serez abondamment remercié. Les intérêts se capitalisent avec le temps, c'est bien connu.

jeudi 24 août 2006

Veupieu - une veille sous Amazon (ou Fnac.com)

Tous ces vendeurs en ligne, on a l'impression qu'ils maîtrisent parfaitement le marketing direct, en fait, ils ont inventé quantité de choses géniales :
  • "les acheteurs qui ont acheté le livre que vous achetez ont aussi acheté Le Kama-Soutra en dix leçons et Traité de littérature tabagique" et on se dit, "bon sang, je le sentais bien, au fond de moi, que j'étais érotomane fumeux !"
  • Revendez les livres que vous avez achetés, dont voici la liste : le tuning de la Renault 18 ; Moi, Salvador Dali, gogo-dancer, Métaphysique nucléaire...
  • Promo : les DVDs à 0,99 € (Prend l'oseille et fais une soupe, Le gendarme et la CRS, Wolverine contre José Bové...)
Mais il manque un truc gravissime, et ceci est un appel à l'aide. Quelqu'un saurait où je peux trouver un service de veille du genre suivant :
  1. Je remplis une liste d'artistes (compositeurs, auteurs, interprètes) comme Vincent Delerm, Philippe Delerm, Eric Clapton, Alain Ayroles, Coco Robicheaux, Richard Brautigan...
  2. Dès que l'un(e) d'entre eux sort un nouvel album, roman, CD, une BD, je reçois un mail : "Eric Clapton vient de sortir un nouvel album, au prix symbolique de 62 €, par ailleurs, Richard Brautigan s'étant suicidé en 1984, il n'a rien sorti depuis"
C'est bête comme chou, mais on ne peut pas être averti des nouvelles publications des gens qu'on aime. Tout ce qui existe, et ne me suffit en rien, c'est Amazon avec sa page "conseils personnalisés", qui se fonde sur mes achats passés. Mais je change, moi, Monsieur, je me réinvente, je suis lycanthrope et protéiforme !
Bref, si quelqu'un(e) a une idée...

mardi 27 juin 2006

Chateaubriand, ou retourner le steak pour finir la cuisson

J'ai rencontré aujourd'hui mon éditeuse sur un terrain neutre et gastronomique, pour évoquer diverses servitudes collaborations futures, et autres discussions sur l'écriture, les écrivains, les écrits, et l'écrivance (malédiction de ceux qui écrivent sans être publiés).
La donzelle (Repentir : une donzelle est définie comme une fille de mauvaise vie, "aux moeurs légères", je fais donc amende honorable, et dis plutôt la vestale du temple de la connaissance), fidèle à sa parole, m'a offert un livre, dont vous vous délecterez à lire la critique, dès que j'aurai fini mon Simenon (il faudrait aussi que je commentusse Clérambard, de Marcel Aymé, que je lus en deux jours).
L'éditeuse a mis un point final à la controverse qui nous anima ces derniers jours. En effet, non seulement elle a reconnu que j'étais le gagnant du défi prométhéen qu'elle lança, mais elle apporta une réponse claire à MA question littéraire. En effet, à la fin du billet sus-cité, je démontrai que Jean d'Ormesson était un sycophante vendu à la solde des éditeurs, et touchant un pourcentage pour faire acheter des livres qui ne contiennent finalement pas la citation "et la maison leva l'ancre pour la traversée de la nuit".
L'éditeuse a été foutrement subtile, là où je n'étais que disert : elle a tapé la citation telle quelle sous Gougueule (décidément...) et a obtenu la réponse, sous la forme d'un roman qu'elle m'offrit. Cette citation n'était ni dans Les enfants terribles, ni dans Le bal du comte d'Orgel, mais dans Isabelle, d'André Gide. Et allez donc, encore un livre à lire et une critique à écrire.
Pour sa peine, elle gagnera un livre offert par mes soins. Après accord tacite, nous sommes convenus que je lui offre De cape et de crocs, tome 1. Ce n'est que justice.

lundi 26 juin 2006

G3, ou Le Grand Google Game, ou rien ne sert d'avoir un chateau si on n'est pas brillant

Cet ultime vendredi, une amie éditrice m'inclut dans son Grand Jeu, dont le (la) gagnant(e) se verra offrir un livre. Le gagnant, c'est moi, bien que je n'aie pas trouvé la réponse.

Je vous retranscris des parties de son mail, expliquant les règles du jeu :
Les éditions V*** publient désormais de temps en temps des ouvrages traduits de l'américain. Dans un livre à venir, l'auteur a mis en exergue d'un chapitre une citation de Chateaubriand. En anglais. Sans la référence. Juste : "François Auguste René Chateaubriand" (c'est un nom français, ça fait bien, en plus c'est un long nom, ça fait très très bien, mais faut pas exagérer, rajouter la particule, ce serait trop : trop français, trop long ? non ça n'irait pas).
Le Grand Jeu consistait donc à retrouver la citation originale dans l'oeuvre de Chateaubriand, avec cette précision diabolique :
Je précise d'emblée aux petits malins que j'ai déjà fait quelques recherches google. En anglais, on tombe sur quelques milliards de blogs, dans la rubrique "mes citations préférées". En français sur quelques morceaux de phrase, cela ne donne rien, mais je n'ai peut-être pas tout essayé (ou mal traduit).

Et voici donc la citation : "A master in the art of living draws no sharp distinction between his work and his play, his labor and his leisure, his mind and his body, his education and his recreation. He hardly knows which is which. He simply pursues his vision of excellence through whatever he is doing and leaves others to determine whether he is working or playing. To himself, he always seems to be doing both."
Je me suis dit « Jojo, ceci est un travail pour toi ». Et partant de ces maigres indices, je me suis dit que c'était l'affaire de quelques minutes. Las ! J'y ai passé une bonne heure, mais c'était rentable pour
  1. gagner un livre
  2. river son clou à l'éditeuse amie
  3. et à tous les protagonistes de ce concours stupide
1ère étape : procéder en pensée latérale, aller là où l'ennemi ne nous attend pas

N'importe quel bourrin se ruera sur son Google favori, et tapera des mots-clés ineptes (« Grand Jeu éditeuse », ou « Tournedos » par exemple). J'ai décidé de ne pas être bourrin, mais superbement subtil. Je sais qu'il existe plusieurs lieux sur la Toile où se trouvent les textes des plus grands auteurs, en texte intégral. Il y a par exemple ABU, Gallica, ou encore le projet Gutenberg. Je me suis rendu dans ces endroits, et ai fait des recherches dans les oeuvres. J'ai commencé par Les mémoires d'outre-tombe (hélas incomplètes - en ligne - pour l'instant), et je cherchais les mots « maître » ou « art de vivre ». Rien. Nib de nib. Mais la latéralité a du bon, car j'ai appris des choses : l'ami Chateau parle beaucoup de ses maîtres, et dans sa correspondance avec la Marquise de V., celle-ci lui donne du « mon maître chéri ». Cette correspondance, que j'ai survolée, mériterait plus d'égards. À une époque sans blogs, une inconnue écrit son admiration à Chateaubriand. Il lui répond, elle s'enhardit, mais à chaque fois qu'il propose de la rencontrer, elle se dérobe. Il l'appelle sa « Marie inconnue ». C'est du blog tout craché : on s'invente, on démasque ce que l'on veut bien démasquer, en usant de pseudos (ceux-ci pouvant sonner comme un vrai prénom, c'est mieux), ce qui n'empêche pas d'avoir une vraie correspondance (quitte à ce que cette correspondance se dédouble en mails privés), voire des vrais sentiments. C'est ce paradoxe : on se confie d'autant plus à un inconnu... qu'il est inconnu.
Mais je voulais le gagner, ce bouquin, alors quoi ?
Et là, illumination :

2ème étape : ne faire confiance à personne, ne pas se laisser guider par des cartes pipées

(si, on peut piper des cartes, il suffit de percer un trou dans l'épaisseur, et de le remplir de plomb fondu, ce qui fera toujours tomber la carte du côté de l'as).
Voulant éviter les démarches bourrines, j'ai commis l'erreur d'être encore plus bourrin : j'ai accepté comme parole d'évangile le discours approximatif d'une éditeuse, fut-elle admiratrice de Kosztolanyi. Or, chère éditeuse de littérature de gare et autres livres ineptes, tu as été abusée, et le balbusard issu de ton abusation a obscurci de ses ailes fuligineuses mon regard d'aigle intellectuel, me faisant perdre un temps d'autant plus précieux que c'était le mien.
J'ai donc décidé de reprendre à zéro, en pestant par devers moi.

3ème étape : In Google we trust

Sous Gougueule, je tape « master in the art of living ». Bingo, le premier résultat donne la citation attribuée à James A. Michener. Le deuxième résultat confirme James A. Michener. Le troisième parle d'un « proverbe Zen ». En bref, sur les 10 premiers résultats, 3 attribuent la citation à James A. Michener, 4 à un proverbe Zen ou bouddhiste, 1 à « Jacqueline H. » (paix à son âme), et 2 ne donnent pas de nom d'auteur présumé. Il faut attendre le 11ème résultat pour voir apparaître le nom de notre rosbif national, dans cet article sur les photos de mariage, où l'on apprend que Chateaubriand a « étudié le Zen ». Mazette, Internet, c'est quand même de la précision scientifique à chaque croisée d'autoroute de l'information.
Après ce 11ème résultat, on trouve à nouveau James A. Michener 2 fois, Susan Fowler Woodring (à vos souhaits), « un proverbe boudhiste » et la Bhagwat Gita (autre orthographe pour la Bhagavad Gîtâ).
Bon, ça suffit donc, cette amusette. Le Chateaubriand n'a pas dit ça. De toute façon, il ne parlait pas anglais, trop occupé qu'il était à pratiquer le bouddhisme zen. Nous concluons donc avec quelques pensées amères.

4ème étape : Pensées victorieuses.
  • Ce n'est pas une surprise : Internet est truffé de connaissances approximatives, fausses, et contradictoires, telles un vieux Gorgonzola pourri. Et le pire, c'est que l'on trouve énormément d'amateurs de Gorgonzola pourri, qui non seulement le consomment, mais font de la pub dessus, en mettent des échantillons sur leur site, et diffusent les senteurs sur la Toile.
  • La précision a du bon. Je me suis toujours méfié de citations qui ne donnaient que le nom de l'auteur. C'est pour cela (déformation d'ancien doctorant ?) que j'essaie toujours de citer les références précises de mes citations.
  • Gougueule, c'est bien quand on sait s'en servir. Exemple : l'étudiant Tartempion me remet un mémoire de recherche sur la culture du houblon près de Delft. Si je tape « Tartempion houblon Delft », je biaise considérablement la recherche, puisque je présuppose que l'étudiant est l'auteur du mémoire. Notre éditeuse a dû taper « Chateaubriand art of living » et voilà, elle n'a obtenu que les pages qui attribuent la citation au divin Comte (soit 1% des pages), c'est ainsi qu'elle m'a perdu dans ses méandres crypto-flous.
Enfin,
  • Méfie-toi des experts. J'ai en mémoire une émission radio avec Jean d'Ormesson (Radioscopie, de Jacques Chancel, ça nous rajeunit pas) dans laquelle Jean d'O disait en substance « ... Nous avions parié, quand nous étions jeunes, sur l'ouvrage dans lequel se trouvait cette phrase "et la maison leva l'ancre pour la traversée de la nuit". Mon contradicteur soutenait que c'était dans Les enfants terribles, de Jean Cocteau, et pour ma part, j'affirmais que c'était dans Le bal du Comte d'Orgel, de Raymond Radiguet ».
  • Jacques Chancel : - « et alors, qui a gagné ? »
    Jean d'O : - « je ne me souviens plus bien, et je laisse cette question comme un petit jeu radiophonique à l'usage de nos auditeurs, mais je crois bien que cette phrase figure dans les deux livres. »

    Etant donné que j'étais intrigué, j'ai lu ces deux ouvrages. La phrase n'y est pas, ni aucune phrase approchante.
Donc, chère éditeuse, tu sais déjà que ça ne sert à rien de m'offrir Les enfants terribles ou Le bal du Comte d'Orgel, non plus que la Bhagavad Gîtâ, ou encore le mémoire de Tartempion sur La culture du houblon près de Delft...

"Un maître dans l'art de vivre n'établit pas de distinction précise entre le travail et le jeu, le labeur et le loisir, l'esprit et le corps, l'apprentissage et la détente. Il ne saurait les différencier. Il recherche simplement l'excellence en toute chose, laissant aux autres le soin de déterminer s'il est en train de travailler ou de jouer. Selon lui, il fait toujours les deux en même temps."

Vieux proverbe zen (origine inconnue).

jeudi 22 juin 2006

Caillou - Internavigation

Je clique, l'écran change
Ou pas.
Consommation immédiate de nouvelles, de fausse nouveauté,
D'électrons.
Des gens meurent, des gens pleurent,
Moi je suis juste un + 1
Dans un compteur
De visiteurs.

mardi 13 juin 2006

Pourquoi est-ce que ce blog ne s'affiche pas bien ?

Parce que c'est de ta faute, lecteur/euse esclave.
Sans t'en rendre compte, tu n'utilises qu'un seul navigateur, Internet Explorer, et celui-ci est plus truffé de lézardes qu'une maison préfabriquée en Seine St Denis. Qui plus est, nonobstant ces discours triviaux sur la sécurité, Internet Explorer ne respecte pas les standards du Web.
Ami lecteur, amie lecteuse, la notion de standard est très importante. S'il n'y avait pas de standard pour l'électricité, je brancherais mon portable chez un copain, et face à son courant 380 volts, mon ordinateur ferait pouf ! ou skrriitch ! c'est selon, et après, il serait juste bon à caler les meubles. Chez un autre copain, mon ordinateur n'arriverait pas à démarrer, à cause des pitits 12 volts délivrés par son circuit électrique. Respecter un standard, c'est assurer que l'on peut utiliser les mêmes outils, partout, et sans danger.
Mes pages de blog sont standard. Elles sont produites par une plate-forme de blog qui respecte les standards du WWW et n'endommage pas les électrons. Il suffit, pour preuve, de consulter ce blog sous des navigateurs qui respectent les standards, comme Mozilla Firefox, Opera, Camino ou Konqueror. Ah oui, j'oubliais : tous ces navigateurs sont gratuits.

Mozilla Firefox est téléchargeable ici, en Français, il fait 5 mégas au téléchargement (pour Windows), ce qui n'est pas lourd pour se doter d'un navigateur fiable, rapide, et fonctionnel (ah, la navigation par onglets...)

Quelques remarques et leurs réponses :
  • C'est trop compliqué. Non. Si tu penses cela, tu mérites de te faire ratisser par ton plombier, ton garagiste, et ton revendeur informatique.
  • Les logiciels libres sont moins fiables. Pas sûr, parce qu'ils sont ouverts, donc chacun peut aller voir sous le capot et proposer des améliorations. Et comme ces logiciels reposent essentiellement sur des bénévoles qui sont des passionnés fondus, la réactivité ne se limite pas aux horaires de bureau...
  • Tout le monde utilise Internet Explorer. Faux, Firefox a plus de 20% de part de marché dans la majorité des pays d'Europe. Pas mal pour une fondation qui ne consacre pas des millions de dollars dans des pubs qui montrent des dinosaures.
  • C'est pas moi c'est ma hiérarchie, je ne peux rien installer d'autre. Argument solide, cette fois. Peut-être cela vaut-il la peine de les évangéliser un peu ? Le standblog de Tristan Nitot est un bon point de départ, avec notamment un comparatif sur les rapidités de mise à jour d'Internet Explorer face à Firefox.
Cela dit, ce n'est pas une excuse pour me défausser de la rédaction d'un nouveau thème graphique. Mais il y a des choses qui ne passeront toujours pas, même si j'y passe des heures. Je ne me vois pas coller des rustines informatiques dans mes thèmes pour qu'ils "passent" sous Internet Explorer, cette vieille chambre à air (qui date de 2001, autant dire le crétacé).