Blogthib, ou thibierge.flou

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A propos

Ce blog est le pendant flou et libre de thibierge.net. L'auteur vit essentiellement dans le monde cyber et nocturne. Il surgit parfois dans le monde réel pour donner des cours et boire des expressos. Il passe aussi une partie de son temps à collecter les batanas et ubuntus. Ah oui, il met aussi progressivement en ligne un roman.

mercredi 13 décembre 2006

Goûts de chiottes

J'ai deux types de lectures dans ma vie :
  • les lectures de transport en commun (ou de plumard, mais le plumard peut aussi être un endroit de transports, idéalement en commun)
  • les lectures de chiottes
Les secondes doivent répondre à un cahier des charges précis :
  • ne pas être des romans, car
  • pouvoir être saucissonnables en x fois 5-10 mn
  • ce qui suppose un propos simple, facilement mémorisable (« où en étais-je ? Ah oui... »), et un ensemble de petites notions agglutinées, plutôt qu'un long développement linéaire. Pour donner un exemple, je pense qu'il est difficile de lire Proust aux chiottes. Ou Kundera, et même Giono.
  • La lecture de chiottes doit aussi tenir la distance, puisque, mettons, à deux fois par jour, 2-3 pages chaque fois, il faut entre 50 et 100 jours ouvrés pour finir un livre de 300 pages. (enfin, je ne sais pas, ça dépend des personnes. Par exemple, à mon travail, les chiottes de l'étage ont une porte qui est verrouillée depuis 3 jours. Soit c'est une personne qui lit Guerre et Paix, soit c'est le pire cas de constipation que j'aie jamais vu).
Quelles ont été mes dernières lectures de chiottes (au travail) ?
  • Fractales, hasard et finance, de Benoît Mandebrot, qui hélas est tombé dans la cuvette m'est tombé des mains (trop compliqué)
  • Le monde tel que je le vois, d'Albert Einstein
  • Introductory Finance Textbook, d'Ivo Welch, qui m'a pris presque 1 an
  • Crabe, de Marc Behm (OK, c'est un roman, mais tellement foutraque qu'il peut se lire - sans problème, et avec plaisir - en 50 fois)
et depuis quelques semaines :
  • Entrepreneur malgré moi, d'Yvon Chouinard
Ce dernier livre est une vraie bonne surprise. J'y ai participé, certes, mais de manière très limitée, même si je suis remercié (merci à mon éditeuse) : souvenez-vous, il s'agit de cette recherche sur Chateaubriand qui avait donné lieu au Grand Google Game et sa suite. Mon éditeuse m'avait offert Enfantines pour me remercier. Et quelques semaines après, j'ai reçu cet Entrepreneur malgré moi. Je dois avouer que je l'ai laissé de côté. Malgré d'évidentes qualités de forme (il est imprimé sur papier recyclé, c'est moins rêche pour l'usage que j'envisageais), le fond ne me parlait pas, je bloquais déjà au titre, ça sentait le créatif-cotch-entrepreneur qui écrit le nième livre sur « je suis pas allé à l'école, et c'est pour ça que je vais vous donner des leçons sur comment faire ».
De fait, cette lecture de chiottes m'enchante. Elle répond au cahier des charges. Elle m'inspire. Elle aura droit à sa critique... d'ici quelques semaines (mois ?), suivant les cycles de la nature.

mercredi 6 décembre 2006

Fluctuat nec dormitur

Solitude standing Si je plaçais le temps que j'ai passé en insomnies, et que je capitalisais les gains sur un PEA, de telle sorte que je sois défiscalisé au bout de 5 ans (sauf CSG CRDS)
... quelles hibernations je pourrais me payer.

mardi 28 novembre 2006

Café de la Gare

D’habitude, un café est un lieu de temps suspendu. On s’y retrouve pour prendre un pot, pour un rendez-vous, pour découper le temps. Dans un café, on est rarement, voire jamais, pris par le temps. Sauf dans le café de la gare. Ce n’est plus un lieu de rencontre, une parenthèse dans la vie, c’est juste un endroit, un peu froid, sans grande humanité, où l’on vient passer le temps en attendant le départ du train. Dans un café de la gare, les percolateurs ont des airs de métronomes.

mardi 14 novembre 2006

Mes journées s'effilochent...

L'effet bénéfique - et magique - des vacances s'est dilué dans un quotidien très travailleur. J'ai fait 16h de cours en deux jours. J'ai travaillé une quinzaine d'heures sur un cas d'analyse financière que j'ai finalement jeté. Je trimbale dans mon sac à dos une demi-douzaine de livres lus dont (je dois ? / j'aimerais ?) faire une critique. Le projet Magnolia meurt dans le silence, et j'hésite à le lancer dans le domaine public. Les autres projets sont au point mort (sauf, peut-être, Hermès, projet récent qui est alive and kicking, et pour lequel je vais à un apéro ce soir).
Envie de m'acheter un bloc-notes en Canson et de dessiner à l'encre de Chine.
Au milieu de la nuit, je lis des poèmes chinois, ou une BD de Cosey.
J'ai deux batanas au compteur, deux ubuntus dans ma besace. Et je vois des contributeurs fidèles continuer à encercler le quotidien. C'est bien.
Et puis JJ Cale a composé un nouveau CD qu'il partage avec Clapton. Pendant 5 mn, hier soir, j'ai été sur un nuage, allongé, laid back.

jeudi 9 novembre 2006

Caillou - Vacances

Fin d'une journée parfaite :
Grains de sable
Entre les doigts de pieds.

mardi 7 novembre 2006

Alicantate

Voici donc un compte-rendu, limité, de mes vacances.
Limité, parce que
  1. j'ai promis de pas parler de tout
  2. c'est pas vos oignons
Cela dit (et ça fait pas de mal), il y a des choses dont je souhaiterais parler, tout en conservant le flou nécessaire pour protéger les innocents (?) ou les susceptibilités.

Je partis donc à Alicante (Espagne) (Europe) (à droite des Etats-Unis d'Amérique, God bless you all).
Il se trouve qu'actuellement, à Alicante, à la Ciudad de la Luz (cité de la lumière, les studios de cinéma locaux, dont la lumière tombe en panne d'électricité plusieurs fois par jour), se tournent en parallèle le prochain Asterix (Asterix aux jeux olympiques) et le prochain Jean-Jacques Annaud (Sa Majesté Minor).
J'ai vu des chars d'Asterix, j'ai vu des décors de Minor.
J'ai adoré cet oeil indiscret qu'on m'a laissé avoir, parfois avec appareil photo et camescope, parfois sans rien, sur des lieux de tournage. Le cinéma n'est que magie (point positif) et parfois poudre aux yeux (point négatif).

Je me suis promené dans une forêt dont le Satyre arpente des sentiers qui changent chaque jour. Le réalisateur (donnons-lui le nom de code JJA) dit un matin "OK, il faudrait un arbre ici et un sentier là" et des paysagistes empoignent des pelles, dans un hangar illuminé, ils déplacent de la terre,  des arbres en polystyrène, des plantations mourantes, de la mousse en plastique, hop, on saupoudre de feuilles mortes et de pignes de pin, et le sentier est là, bucolique, pédestre, tellement réel. Et on tourne, et la magie du cinéma fera le reste.
J'ai vu Vincent Cassel et José Garcia se parler dans un bar à tapas, puis aller se coucher tôt (les bons acteurs vont se coucher tôt) tandis que nous buvions des litres de Gin Tonic en mangeant des coquillages cuits à la vapeur et des asperges grillées. J'étais impressionné par ce métier d'acteur : on se rase le crâne, on ne connaît que les lignes du scénario qu'on a bien voulu nous donner, et finalement, on ne se voit pas. Ce n'est que 6 ou 12 mois après, quand on voit le film (si on le voit, parce que je ne suis pas sûr que les acteurs aillent se voir) que l'on obtient ce que la caméra a capté (et, soyons clairs, volé) de la scène qu'on a tourné 6 à 12 mois auparavant, dans une bauge remplie de cochons, avec des murs en polystyrène, des assistants partout, et des cochons partout.

J'ai vu des starlettes aux yeux égyptiens, des assistants caméras qui croyaient être les rois du monde (sur Astérix). J'ai entendu parler de budgets, de soirées, de jets privés, que si tu vis sur la planète Terre, tu t'assieds et tu souris. Par exemple, un tournage (le plus gros budget du cinéma français, appelons-le AaJO) qui réserve le château fortifié d'Alicante pour sa soirée, et qui oublie la météo, donc quand il pleut, tout traîne dans la gadoue, et hop, on déplace tout, les stands, les animations, le DJ surpayé, dans des hangars à 10 km, the show must go on.
J'ai aussi vu (et photographié, et filmé) le village néolithique. Mais tu feras comme tout le monde, tu attendras la sortie du film, et à ce moment, tu ne m'écouteras plus quand je dirai "eh, mais tu sais, j'y étais".

Et puis il y a eu la soirée du réalisateur (appelons-le JJA). Un restaurant face à la mer, la première chose que j'ai vue en entrant, c'était le bar, la deuxième chose, c'était le bol de sangria, la troisième, c'était le Centaure.
Le centaure, c'est un acteur qui fait le centaure. Dans la vraie vie, il s'appelle Guillaume, mais ça va mieux quand tu dis le centaure, pour un gars qui fait 2m05. Il avait l'air tout seul, vraiment tout seul, et moi, je voulais lui parler, à cause des chaussettes bleu incruste, je t'explique pas, c'est du jargon de cinéma. Je lui ai servi un 34ème verre de sangria, et on a parlé, j'en garde encore un torticolis.

Imagine un grand gars, vraiment grand, le visage marqué, puissant, un peu comme Wolverine dans X-men, ou bien (mais il n'aime pas la comparaison), Shark dans les James Bond d'il y a 25 ans (avec Roger Moore). Un gars très sympa, qui essaie de percer, comme nous tous, et qui est seul, comme nous tous.

Aujourd'hui, je lisais Le Roi des Aulnes et j'ai repensé à Guillaume, je me suis dit : "Quand il revient en France, je lui propose de le prendre en photo".

En attendant le film (fin 2007 ?)

mardi 24 octobre 2006

Journée Café Salé Café Sucré

Hier soir, j'ai regardé "Coffee and cigarettes" de Jim Jarmusch. Superbe film de saynettes, en noir et blanc, entre volutes de vapeur du café et volutes de fumée.
Dans un des sketches, Renée est tranquille, et le serveur arrive "voulez-vous encore du café, miss ?" et lui sert du café chaud dans sa tasse. Elle le toise languidement, et dit "j'aurais préféré que vous ne fassiez pas cela. Mon café avait juste la bonne couleur, la bonne température..."
Après que le larbin se soit retiré d'un air penaud, elle dose religieusement un peu de sucre, verse hiératiquement un peu de lait, bref, elle se refait sa mixture.
Cette journée a alterné entre les différents états : j'avais un café potable, on m'a versé un café noir et bouillant, j'ai refait mon mélange, on m'a reversé un breuvage amer dedans.
Je veux voir du côté positif : ça s'est terminé, autour d'une(s) bière(s), par une discussion de recherche avec un étudiant. Sur le papier, je n'y gagnais rien, et il y gagnait tout. Dans la réalité, j'y gagnais un moment de sucre dans ma journée de café salé.

vendredi 20 octobre 2006

Désir d'être admiré

Avant de répondre à un test dans un magazine, il allait toujours voir les résultats, puis il faisait le test à l'encre en marquant les réponses correspondant au profil "idéal", le profil dont le commentaire commence toujours par « bravo, vous êtes tout à fait … ». Puis il laissait le magazine en évidence...

vendredi 13 octobre 2006

Frère Océan

"The seashore always works. Believe me, in my book, a walk on a beach is worth five hours on a psychiatrist couch... though I'm probably the only doctor in this city who would tell you that."

"Le bord de mer marche toujours. Croyez-moi, d'après mon expérience, une promenade en bord de mer vaut cinq heures passées sur un divan de psychiatre... même si je suis probablement le seul docteur de cette ville qui vous dira cela."

Douglas Kennedy, The pursuit of happiness, Arrow books, 2002, p. 163.
(merci à Lulu pour la photo)

lundi 9 octobre 2006

Dreams, de Fleetwood Mac

Ce n'est pas un jour pour pondre un thibillet. J'ai fait une suite de rêves de fou furieux. J'ai d'abord rêvé que je devais rentrer dans la villa de mes grands-parents (il n'y a plus de villa, et je n'ai plus de grands-parents, paix à leur âme) mais des loups-garous (ou des forces venues de Vega, je ne voyais pas bien) étaient en embuscade.

J'ai donc bondi dans la forêt environnant la maison (elle a dû pousser depuis que la maison a été vendue) et je me suis fondu dans le paysage, prenant les mains des arbres et sautant de l'un à l'autre en rythme avec le vent, de telle sorte qu'on ne voyait qu'une branche qui flottait, c'est-à-dire moi. Au passage, j'ai glâné quelques disquettes dans le jardin (probablement sur mes ennemis du monde de Lyoko) et je suis arrivé par la porte du garage avec une boite de disquettes à la main.
Il y avait une grosse fête, et l'on m'a prestemment délesté de mes disquettes, mais je connais la fin du rêve : à la fin, les autres disaient "tiens, et c'est quoi finalement ces disquettes que tu avais amené ?" et je disais "je ne sais pas, je les ai trouvées dans le jardin" et ils allumaient un IBM PC XT et les regardaient, et il y avait les plans de l'Etoile Noire et ils disaient "mais c'est formidable, la Rébellion peut enfin se venger de l'Empire".

Et puis je me suis retrouvé muté à Bordeaux School of Management, et mon seul souci, c'était de faire migrer mon site web. Bordeaux était une ville nocturne, avec de grands immeubles bourgeois donnant sur des avenues désertes. C'était plus kafkaïen qu'oenologique. Je me disais "ben merde, c'est pas terrible comme mutation". Et puis j'ai zoum-zoumé.

Mais comme j'ai promis une liste des intros de pop-rock, je vais m'y atteler. D'où le titre.

vendredi 15 septembre 2006

Don Quixote

Lever 6h30, zigzag vers la douche, pschhh, résurrection. Une chemise, sanglé dans un costard, étranglé dans une cravate, et un café pour décoincer la glotte.

Départ dans une voiture qui n'est pas la mienne, avec un ordinateur qui n'est pas le mien. Je vais évangéliser les foules, la route est brumeuse, le soleil se lève.

mardi 12 septembre 2006

Lithiase - Electrolyse

Il me dit "Tu comprends, là, il faut que je m'organise, il y a tous ces dossiers, je suis en retard sur le projet batana et par ailleurs, on ne me donne pas les moyens, et ma famille là-dedans, hein, et je ne te parle pas de ma famille seulement, j'existe aussi en temps que personne et"
BZZZZZZ.
Ses yeux deviennent vitreux. Une voix monocorde prend le relais. "Pause. Veuillez patienter." Sa main ouvre convulsivement un tiroir, elle en tire un cylindre gris, elle éjecte le même type de cylindre fumant dans son dos, le remplace par le neuf. Ses yeux se rallument et il dit
"Et je ne te parle pas de ma hiérarchie,tu sais, j'essaie de ménager tout le monde"

Je quitte son bureau, il continue à parler en fixant le mur gris.

lundi 11 septembre 2006

Lazare revenu des morts

« Les enfants s'égaient à la sortie de l'école comme une volée de pinsons ».
N'importe quoi. À la sortie de l'école, les enfants se tiennent sur le seuil, cherchant le papa la maman la nounou la mère-grand, ou bien ils descendent sagement.
Et pour le train qui arrive en gare ? Les passagers ne s'égaient pas comme des pinsons, non, ce n'est pas vraiment la bonne expression. Ce sont plusieurs files qui s'écoulent sur le quai, ceux qui prennent l'extérieur, ceux qui suivent le flot, en ajustant inconsciemment leur allure par rapport au dos devant eux.
Devant moi, une nuque vraiment mal foutue. Les cheveux virent à gauche et se perdent dans une virgule grasse de Pétrole Hahn au niveau du col. Très mauvais implantation, jeune homme, ça part en vrille, et vos méchouilles gominées qui rebiquent, ça n'arrange pas le tableau. Tiens, changement de file, voilà une vraie nuque de petit soldat, propre, bien rasée, une nuque à relever la France de sa sinistrose. Hop, escalier, la foule dégouline plutôt qu'elle ne descend, magie de la viscosité des fluides. Mais un élément pertubateur dans mon paysage : bon sang, ça n'a même pas 25 ans, nuque rasée aussi, mais pas que la nuque, costard noir, petite serviette en cuir, et ça sautille comme un cabri d'une marche à l'autre. Bon, il va peut être pas relever la France avec son glaive et son bouclier, mais il va mettre une animation dynamique, c'est déjà ça.
Un gros homme avec un gros attaché-case d'auditeur, ce genre de petite valise très large en cuir noir. Probablement un boucher qui transporte deux gigots emballés dans des torchons, le tout camouflé sous une fausse respectabilité (?) de cadre sup. Dès qu'on détournera les yeux, il ira se siffler un petit blanc au comptoir ou bien, serviette à carreaux coincée dans le col, il se tapera une soupe à l'oignon.
C'est lundi matin, c'est Saint-Lazare.