Grâce au
blog
du bouchon, et à sa génitrice (du dit
et de la dite), j'ai été informé de l'
opération
black-out. Certes, en ayant mes organes connectés
à 200 blogs en permanence, je n'aurais pas pu ignorer ce
phénomène : tous les blogs de BD en parlent.
Donc : ce
soir, de 19h55 à 20h, vous faites comme moi, vous
éteignez tout. Les lumières, les veilleuses.
Après, dans le noir, vous faites ce que vous voulez,
certains proposent de faire l'amour (ils sont nombreux, on est en
France), d'autres
se
relient à l'actualité du jour (regardez le dessin
et son animation...).
Certes, c'est pas 5 mn de consommation électrique en moins
qui nous empêchera de mourir suite à la
montée des eaux glaciaires (tiens, ça me rappelle
une
nouvelle
de finance-fiction), mais c'est un geste.
Donc j'y vais de mon Dazibao et de mes réflexions sur le
sujet.
Vous pouvez commencer par lire
le
billet de La grande Loulou, car elle est journaliste,
intéressée aux choses scientifiques, et a la
vocation de faire bien son métier. Un modèle de
clarté (lumineuse, ouf ouf ouf !).
Vous pouvez aussi lire les contributions de
Tristan Nitot,
qui ne parle pas que de standards : un simple "4x4" tapé
dans son champs de recherche donne quelques beaux billets (je ne
sélectionne que les billets synthétiques, et en
français) :
citation
du jour,
Marketing
viral et Chevrolet.
Tant qu'à faire, je peux parler de lui sans qu'on me taxe de
proximité intéressée, car il s'est
retiré de la campagne présidentielle : Nicolas
Hulot soutient les
10
gestes quotidiens pour améliorer la situation. Par
ailleurs, je ne sais pas si son
pacte
écologique , avec ses 10 objectifs et ses 5
propositions, suffisait pour un programme politique de
président, mais c'est tout de même
d'actualité, non ?
Mes réflexions sur le sujet :
- encore une fois, tout passe par l'éducation.
Tant qu'on ne sait
pas qu'un TGV consomme 7 à 10 fois moins
d'énergie qu'un avion, on n'a pas les moyens de
choisir.
- toute cette réflexion, notamment l'objectif
n°1 du pacte écologique ("concevoir les produits
industriels pour qu'ils durent, soient réparés ou
recyclés afin de réduire les flux de
matière, de déchets et d'énergie") est
totalement en phase avec le livre que je lis dans
des lieux raffinés, Entrepreneur malgré
moi d'Yvon Chouinard (fondateur de Patagonia, un gars qui
a décrété que quand les vagues
étaient bonnes, tous les employés avaient le
droit d'aller surfer) et dont je vous ferai critique quand je l'aurai
torché (hum hum...)
- chaque geste compte. Chaque geste est une goutte d'eau, et
l'océan est fait de gouttes d'eau.
- mais il faut intégrer le temps passé
à accomplir ces gestes, et raisonner en économie
globale. Quelques exemples, je sens que vous pataugez :
- Si je me positionne au niveau de mon nombril, je n'ai
aucun intérêt à trier mes ordures
ménagères : c'est fastidieux, quotidien, et ne me
profite pas directement. C'est peut-être pour ça
que 30%
de gros baveux ne le font pas. Maintenant, je le fais, car je
suis ordonné, citoyen, et que ça occupe mon vide
existentiel. Ainsi, quand je vois des marguerites dans mon jardin, je
les entends dire "merci, t'es le plus gentil".
- Remplir mon stylo-plume me donne
régulièrement une grande satisfaction : j'adore
écrire à la plume, je sais que je ne vais pas
jeter des cartouches vides, je ne jette pas les stylos-bics (que
j'utilise peu, et c'est tant mieux, je serais angoissé par La
question). la contrepartie, c'est que je m'en fous souvent
plein les doigts, alors qu'il serait si simple d'aller voler des stylos
jetables et polluants au secrétariat. Mais je suis citoyen,
et les feuilles de papier, ensemencées par ma plumes,
accouchent de jolis mots Cadum.
- N'utiliser que des piles rechargeables n'a que des
avantages : moindre pollution, moindre coût.
- Au boulot, nous recyclons les feuilles vomies par
l'imprimante laser : dès qu'elles ne servent plus
(c'est-à-dire après lecture), hop, on les place
dans un bac, et les salariés diligents de mon
école en font des blocs notes dont une face est blanche.
C'est poilant, en plus d'être développement
durable fashion, ça permet de ne pas s'ennuyer en
réunion : on lit au dos ce que les autres ont
imprimé. Ah les nains, qu'y sont cons ! (pardon)
Enfin, vous me connaissez, fallait bien que je parle de finance et
d'argent. Derrière tout ça, y a des gros sous.
Plein plein plein, voui. Et plein de bons sentiments, aussi.
- Par exemple, les téléphones
portables, ça se recycle, et ça
donne du boulot aux gens d'Emmaüs. Un acte, deux
gains.
- Ou bien, dans un registre plus
intéressé, les fonds d'investissement se
spécialisent dans les énergies alternatives
(biocarburant, éolien, solaire). Eh oui, quand y a du
développement, y a de la croissance, donc de la
rentabilité,
ouéééé. Selon New Energy
Finance, les transactions dans ces secteurs auraient atteint 100
milliards de dollars en 2006. Faire le bien en gagnant de l'argent, pas mal,
non ? Un acte, deux gains. (source : Les Echos d'hier, p. 19).
Moi j't'y dis, faut les tenir par le larfeuille, y a que comme
ça que ça marche (on dirait du Audiard).
Bon, moi je vais pas tarder à éteindre, alors
vite lu, vite fait, hop,
éteignez tout ! (même la Tour Eiffel s'y mettra...)