Blogthib, ou thibierge.flou

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A propos

Ce blog est le pendant flou et libre de thibierge.net. L'auteur vit essentiellement dans le monde cyber et nocturne. Il surgit parfois dans le monde réel pour donner des cours et boire des expressos. Il passe aussi une partie de son temps à collecter les batanas et ubuntus. Ah oui, il met aussi progressivement en ligne un roman.

vendredi 27 novembre 2009

Aloe Vera

Suite à une mésaventure récente, une de mes lecteuses assidues (mais mes lecteurs sont-ils autre chose qu'assidus, tendus dans toute leur vie vers la perfection socratique ?) me disait donc dans un commentaire : "j'espère qu'il vous reste de l'Aloe Vera".

Il m'en reste d'autant plus que je n'avais pas encore commencé à consommer cette herbe.

Vient donc le moment d'évangéliser les foules sur l'Aloe Vera. Si je le fais, c'est parce que - à l'instar de certains thibillets déjà rédigés, en informatique souvent - j'ai fait une recherche sur le dieu Internet, et n'ayant pas trouvé de réponses satisfaisantes, j'ai décidé de poster ma synthèse, pour le googleur compulsif.

L'Aloe Vera est donc une plante, ou une herbe, bref, un végétal (Wikipedia est un peu plus calé là-dessus) qui pousse dans les régions chaudes, par exemple dans le sud de la France, où elle se ramasse à la pelle dans les chemins empoussiérés de garrigue, sous un soleil vertical et dans l'ambiance crissante des cigales.

En région parisienne, les fleuristes (en tout cas, les miens) sont infoutus de trouver des plants qui fassent plus de 10-15 cm de haut, mais on m'a dit que peut-être, chez Truffaut...

L'Aloe Vera a des propriétés réjuvénantes, émollientes et hydratantes. En bref, ça remplace n'importe quel cosmétique pour le prix de 2 verres d'eau par semaine.

Je n'ai même pas eu à l'acheter, ma professeur d'espagnol (holà, Magdalena !) m'en a offert un plant, ci-contre représenté dans la fruiterie de ma maison (entre le petit boudoir et la souillarde). Pour ceusses qui n'ont pas une professeuse d'espagnol adorable, on m'a dit que peut-être, chez Truffaut... Sinon, il y a des vols pour la Côte d'Azur toutes les heures.

Et à quoi ça sert ? Eh bien, si l'on est dans une quête bio, genre je ne consomme plus de cosmétiques du commerce et je reviens aux gestes d'antan, ça sert à s'hydrater, s'émollier, se réjuvéner.
Et comment fait-on, docteur ? Eh bien, toutes les fois qu'on est à court, on coupe une des feuilles, à la base du tronc, en murmurant quelques pensées apaisantes. Puis en saisissant un économiseur, aussi appelé épluche-légumes (vous pouvez aussi utiliser un rasoir, mais prévoyez un paquet de coton et du mercurochrome à portée de main), épluchez la feuille en sifflotant. La chair est transparente, un peu visqueuse, on dirait de la méduse végétale.
Coupez en petits dés, mettez au congélo (je mets les dés sur du papier sulfurisé) et quand c'est congélofié, mettez les cubes dans une boîtoune. Voilà, ça dure des semaines ou des mois. De temps en temps, sortez quelques cubes de la boîtoune et mettez les au frigo, ou dans votre salle de bains. Et le matin, quand votre peau agressée par le feu du rasoir, votre épiderme desséché par le calcaire, vos follicules craquelés par l'air sec vous supplieront, vous les attendrirez de cette mixture végétalo-hippie, et pendant un moment, vous aurez une pensée pour votre grand-mère qui lavait son linge au lavoir dans une provence de Marcel Pagnol.

Et avec l'argent économisé, vous achèterez des actions de fabricants d'armes, hahaha !

vendredi 2 octobre 2009

Mes gestes pour l'environnement (sans être trop rasoir)

Cela a commencé il y a quelques mois. J'en avais marre d'utiliser des bombes de mousse à raser, un peu comme le gars qui se lasserait d'appuyer tout le temps sur le tube de mayonnaise et qui rêverait de se faire une bonne vieille sauce maison. Je suis donc revenu à mes (très) anciennes amours, et j'ai (r)acheté un blaireau et du savon à barbe. Pas l'odieuse pâte en tube, non, le bol de savon où l'on fait mousser le blaireau.
J'étais content, c'était un premier pas.
Mais autant dire qu'à côté de ces nouveaux objets, mes rasoirs jetables faisaient grise mine. Des bouts de plastique bleus, sans poids, jetables comme des kleenex. Alors en juin, j'ai sauté le pas. Je suis allé chez Planète Rasoir, et après une bonne demi-heure de discussion avec l'excellent propriétaire, j'en suis ressorti avec
  • un rasoir (sabre, ou coupe-chou) affûté comme le regard d'un trader cocaïnomane
  • un bol de savon à barbe qui sentait bon les effluves de l'échoppe de barbier au fond du wisconsin en 1908
  • un cuir pour aiguiser le rasoir
  • une pierre d'alun pour les coupures
  • de la pâte pour mettre sur le-cuir-à-aiguiser-le-fil-du-rasoir
Puis, pendant plusieurs jours, je n'ai touché à rien. Le propriétaire-vendeur m'avait dit : commencez doucement, n'essayez pas un matin où vous êtes fatigué, ou bien si vous avez la gueule de bois, bref, j'ai attendu plusieurs jours.
Mon dieu. Les premières fois, je me suis bien tailladé, c'était le mariage de Frankenstein et Massacre à la tronçonneuse.
Et puis les jours ont passé. Je m'entraînais le week-end, et j'y passais 30 à 40 mn. Puis j'ai commencé à me couper moins souvent, moins profond. J'ai réappris la forme complexe de mon visage, et l'implantation névrotique de mes poils de barbe. Chaque semaine, je progresse un peu : je ne me coupe quasiment plus ; quand je me coupe, ça ne se voit plus ; je me rase de plus en plus vite (même s'il me faut encore facilement 10-15 mn).
J'en retire quantité de satisfactions :
  1. Je suis revenu au geste antique. Le fait de se raser, c'est le fait de se couper du monde. Si l'on n'est pas coupé du monde, on se coupe. Avec ce genre de rasoir, on ne peut pas le faire à la va-vite, du genre "j'ai que 2 minutes et je suis à la bourre". Le temps qu'il faut prendre, et donc planifier par avance, c'est du temps de qualité : je suis face à moi-même, pleinement dans l'instant présent, centré.
  2. Je ne jette plus rien. Mon rasoir me durera des années, donc exeunt les petits rasoirs en plastique jetables qui allaient remplir mes poubelles puis les incinérateurs. Exeunt les bombes à raser dont je ne sais pas si elles étaient effectivement recyclées ou pas. Exeunt les bombes de déodorant (car la pierre d'alun est un bactéricide et un déodorant naturel) dont je ne sais pas si elles étaient effectivement recyclées ou pas. Je suis un citoyen responsable.
  3. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, je ne l'ai pas fait par souci d'économie. Mais le gain financier existe. Rasoirs jetables : 2 € les 10, soit 10 € par an ; déodorant 4 € soit 40 € par an ; mousse à raser 3 € soit 30 € par an. Mes précédentes habitudes déplorables me coûtaient donc 80 € par an (et encore, vous remarquerez que je prends les prix de la grande distribution, pas les tarifs l'Oréal). Or, rien qu'avec l'achat du rasoir, j'en suis à -70 €. Sans compter la pierre d'alun, le savon à barbe, le cuir à aiguiser... Allez, mettons un coût d'investissement à -150 €. Calcul d'actualisation Ã  6% : l'achat est rentabilisé en 3 ans. En fait, un peu plus, car je consomme du savon à barbe et de la pâte à aiguiser le cuir pour assouplir le rasoir du fil. Si je garde ce rasoir 10 ans, valeur actuelle nette : gain de 439 €, en euros d'aujourd'hui.
L'étape suivante consistera à me débarrasser de ma crème hydratante et de la troquer pour un plant d'Aloe Vera. J'ai mis mes fleuristes sur l'affaire, mais ils ont du mal à me dégoter un plant de taille suffisante pour que je puisse couper une feuille de temps en temps. En plus, il paraît que les cactées absorbent les ondes radio-électriques. De la même manière que ma pierre d'alun soigne les coupures et sert de déodorant, mon Aloe Vera servira d'hydratant visage et partira en croisade contre les antennes-relais et le bombardement wifi.
Mais petit inconvénient de ce retour aux sources : pas question d'emmener ma trousse de toilette dans un bagage-cabine... Les rasoirs coupe-chou, c'est comme les caniches : ça voyage en soute.

mardi 13 mai 2008

Mine de crayon

On nous rebat les oreilles de développement durable, et je suis comme tout le monde, je fais mes petits efforts, je remplis le lavabo d'eau chaude quand je me rase au lieu de laisser couler l'eau, je trie mes déchets, je n'imprime que le strict nécessaire.
Mais il y a des choses qui me trouent.
J'ai un crayon à papier, fourni par mon institution, avec le logo qui va bien. J'ai récupéré un taille-crayons aux fournitures, le modèle de base, une lame, corps doré, c'est l'utilisateur qui tourne d'un mouvement vif du poignet.
Eh ben merdre. La mine du crayon casse à chaque fois. Alors Zuip zuip zuip, je retaille, et snap, ça re-casse, je me retrouve avec un bout de graphite en degré de liberté.
Donc, je souligne une chose évidente : le temps où nous aurons tous une conscience environnementale, sera le le temps où nous aurons tous une conscience environnementale. Depuis le fabricant de crayons à papiers jusqu'à l'utilisateur final, en passant par le responsable des achats (à ce propos, un lien utile, hop).
Parce que ce serait tellement facile de me ruer sur les porte-mines en plastique made in china qu'on n'a pas besoin de recharger, on les jette, ils sont incinérés et deviennent des jolies petites particules dans les poumons de nos enfants. Mais moi je veux pas. Au risque de réduire ma sacro-sainte productivité.

samedi 22 décembre 2007

Coup de gueule - ou idée

Faire payer une éco-taxe à tous les imprimeurs / diffuseurs de prospectus.
Chaque jour, je me tape d'ouvrir ma boite aux lettres, d'apporter une masse de papiers chez moi, puis d'ouvrir ma poubelle-à-papier-recyclé et de balancer dedans les prospectus (Carrefour, premier, de très loin, et la grande distribution en général, Leclerc, Franprix, ça crache du catalogue racoleur...). Puis je me tape d'ouvrir les enveloppes, et je jette les prospectus. Je le fais, parce que je suis un citoyen respectueux de l'environnement. Mais maintenant, si je prends mes 5-10mn par jour, plus les tiennes, plus celles de ta belle-mère, ça commence à chiffrer. Et je me dis que de taxer les diffuseurs de prospectus, ça serait probablement beaucoup plus rentable que de mettre un autocollant Stop Pub sur ma boite aux lettres.

Coup de chapeau 1 - Cartouche et Scaramouche

Je commande des fournitures de bureau par Internet. (car la méthode GTD, vous savez, ce truc révolutionnaire qui dit "il faut noter ce à quoi vous pensez, et il faut ranger votre bureau") dit aussi : faites-vous plaisir, lâchez-vous sur les fournitures de bureau, si ça vous aide à vous organiser.
Donc, je commande des cartouches d'imprimante.
Elles arrivent, avec les autres jouets de plaisir que j'avais commandés, et hop, deux sacs en plastique.
"Mais qu'est-ce que c'est ?"
Réponse : cher client, vous avez commandé des cartouches d'imprimante, aussi, si vous avez des cartouches usagées, mettez-les dans les enveloppes en plastique fournies, fermez le rabat, et postez-les (timbre déjà payé), pour qu'elles soient recyclées.
Merci Cycladis, merci JM Bruneau.

mercredi 7 novembre 2007

Télérama 1 - coûts cachés et environnement

Le fossé qui sépare les prix du marché et ceux calculés par les analystes environnementaux est vertigineux : par exemple, les Américains qui paient 3 dollars le gallon d'essence (soit 3,8 l), devraient le payer 12 dollars !
Lester R. Brown, écologiste américain, interviewé par Télérama, n° 3016, 31 octobre 2007, p. 56.
Ce bon Lester parle évidemment des coûts cachés (thibillet initial ici, séquence là), et je suis entièrement d'accord avec lui. Un vrai sujet de recherche intéressant, en finance ou en économie, serait (est) évidemment : "comment sont calculés ces 12 dollars ?", c'est-à-dire la mesure de l'empreinte environnementale et sociale des ventes de carburant.
Il y a dix ans, l'industrie du tabac avait à Washington le lobby le plus puissant : organisation imposante, longue liste d'experts médicaux et juridiques. A chaque nouvelle étude qui établissait le lien entre le tabagisme et telle ou telle pathologie, il y avait toujours un expert médical prêt à remettre en cause ledit rapport, à cause de sa méthodologie, etc. Et puis, les choses ont changé : des Etats ont commencé à attaquer l'industrie du tabac devant les tribunaux, pour qu'elle prenne en charge le coût des fumeurs malades, puis ils ont fait front commun. L'industrie du tabac a finalement dû créer un fonds de compensation de près de 253 milliards de dollars, soit une moyenne de 1 000 dollars par personne.
Lester R. Brown, écologiste américain, interviewé par Télérama, n° 3016, 31 octobre 2007, p. 58.
Prenons l'exemple de l'éco-participation, tiens. Voilà une tentative de mutualisation du coût caché (recyclage des déchets). Je suis un peu étonné des faibles montants (13 € pour des frigos allant de 299 € à 999,99 € - source : catalogue de La Redoute, même pas honte), ça me paraît faible. Payer 2 heures de smic pour désosser un frigo, faut y croire. Mais il n'empêche :
  • La dynamique est lancée : on paie 13 € aujourd'hui, c'est symbolique (sur 300-1000 €), mais ça nous prépare. Demain, quand on devra payer 50 €, on aura déjà été dépucelés précédemment.
  • Les 13 €, si ça se trouve, avec les économies d'échelle, les subventions, les placements de l'argent en attendant, peut-être que c'est un montant plausible (j'en doute, mais bon...)
  • Pour l'instant, ça vient en sus (299 € affiché, + 13 € en petit, total 312 € en petit) mais il est possible que ce coût soit intégré pour partie par les vendeurs (j'en doute, mais bon...)

mardi 13 février 2007

Télé-impression

Il faut délocaliser toutes les imprimantes photos personnelles. Compte-tenu du coût à l'usage (achat, remplacement régulier des cartouches d'encre à prix prohibitif, nombreux réglages aboutissant à un taux de déchet élevé, nettoyage régulier des têtes d'impression, coût du papier glacé, temps passé en retouches et recadrage, coût de recyclage final), je ne vois pas comment un particulier peut aboutir à des coûts moins élevés que les tarifs pratiqués par tous les labos sur les photos numériques. C'est typiquement une analyse en terme de TCO (total cost of ownership, coût total de propriété) : l'article de Wikipedia en offre même une lecture environnementale, miam. Quant au coût environnemental des labos photos, il est clairement à prendre en compte, mais je suppose qu'une éco-taxe de 0,1 centime d'euro par photo devrait allègrement permettre de financer cette activité de manière propre.

Synthèse : de la même manière que les camionnettes de livraison des courses en ligne, ce sont les transports en commun des emplettes, on peut imaginer quantité de manières de mutualiser les coûts individuels : substituer un service collectif (ex : labo photo) à des pratiques individuelles. C'est peut-être là où l'innovation et l'entrepreneuriat trouvent (et vont trouver) des niches.

vendredi 2 février 2007

Out of the black

Ils en parlent, Julien et Yog, donc je les référence, comme ils m'ont référencé, et réciproquement, on va se faire un petit mouvement perpétuel. Tiens, une idée conne (je suis vulgaire aujourd'hui, et votre opinion, vous pouvez vous la), si chaque commentaire, ou chaque billet, posté sur un blog générait un électron consommable, bon sang, m'est avis qu'on aurait moins de problèmes d'énergie. A chaque fois que quelqu'un dit une connerie aussi. Les écoles de commerce deviendraient des générateurs superpuissants, surtout dans les amphis pendant mes cours, hahaha.
Grâce aux petits billets de mes deux petits camarades, j'ai non seulement appris que la conso d'électricité a chûté de 1% pendant ces 5mn (ce que je trouve être un très beau score), soit l'équivalent de 3 millions de foyers, la taille de Marseille, quoi, ou Paris intra-périph, mais aussi qu'il y a des nanards de la publicité qui se spécialisent dans l'affiche-que-plus-le-produit-il-est-polluant-plus-on-met-des-petites-fleurs-à-côté. Démontration ici, c'est consternant. Le pire, c'est que, même si vous et moi sommes bien intelligents et raisonnables (surtout moi), je suis sûr qu'au niveau du plan du vécu de l'inconscient, leurs fadaises et leurs ficelles grosses comme des cables d'amarrage (nom d'une bitte !), on se les relègue au fin fond de notre cerveau, et hop, quand on passe à côté de la vitrine d'un concessionnaire, il doit y avoir une petite lampe qui s'allume en loucedé dans notre cerveau et qui hurle silencieusement "Tu dois acheter un 4x4 avec sièges en cuir, parce que de son pot d'échappement sortent des petites fleurs et que c'est zouli, les fleux".
Publicitaires anti-déontologiques, au gnouf !

jeudi 1 février 2007

Le ciel est gris, on ne voit plus rien, il est temps d'éteindre les lumières...


Grâce au blog du bouchon, et à sa génitrice (du dit et de la dite), j'ai été informé de l'opération black-out. Certes, en ayant mes organes connectés à 200 blogs en permanence, je n'aurais pas pu ignorer ce phénomène : tous les blogs de BD en parlent.

Donc : ce soir, de 19h55 à 20h, vous faites comme moi, vous éteignez tout. Les lumières, les veilleuses. Après, dans le noir, vous faites ce que vous voulez, certains proposent de faire l'amour (ils sont nombreux, on est en France), d'autres se relient à l'actualité du jour (regardez le dessin et son animation...).
Certes, c'est pas 5 mn de consommation électrique en moins qui nous empêchera de mourir suite à la montée des eaux glaciaires (tiens, ça me rappelle une nouvelle de finance-fiction), mais c'est un geste.

Donc j'y vais de mon Dazibao et de mes réflexions sur le sujet.

Vous pouvez commencer par lire le billet de La grande Loulou, car elle est journaliste, intéressée aux choses scientifiques, et a la vocation de faire bien son métier. Un modèle de clarté (lumineuse, ouf ouf ouf !).

Vous pouvez aussi lire les contributions de Tristan Nitot, qui ne parle pas que de standards : un simple "4x4" tapé dans son champs de recherche donne quelques beaux billets (je ne sélectionne que les billets synthétiques, et en français) : citation du jour, Marketing viral et Chevrolet.

Tant qu'à faire, je peux parler de lui sans qu'on me taxe de proximité intéressée, car il s'est retiré de la campagne présidentielle : Nicolas Hulot soutient les 10 gestes quotidiens pour améliorer la situation. Par ailleurs, je ne sais pas si son pacte écologique , avec ses 10 objectifs et ses 5 propositions, suffisait pour un programme politique de président, mais c'est tout de même d'actualité, non ?

Mes réflexions sur le sujet :
  • encore une fois, tout passe par l'éducation. Tant qu'on ne sait pas qu'un TGV consomme 7 à 10 fois moins d'énergie qu'un avion, on n'a pas les moyens de choisir.
  • toute cette réflexion, notamment l'objectif n°1 du pacte écologique ("concevoir les produits industriels pour qu'ils durent, soient réparés ou recyclés afin de réduire les flux de matière, de déchets et d'énergie") est totalement en phase avec le livre que je lis dans des lieux raffinés, Entrepreneur malgré moi d'Yvon Chouinard (fondateur de Patagonia, un gars qui a décrété que quand les vagues étaient bonnes, tous les employés avaient le droit d'aller surfer) et dont je vous ferai critique quand je l'aurai torché (hum hum...)
  • chaque geste compte. Chaque geste est une goutte d'eau, et l'océan est fait de gouttes d'eau.
  • mais il faut intégrer le temps passé à accomplir ces gestes, et raisonner en économie globale. Quelques exemples, je sens que vous pataugez :
    • Si je me positionne au niveau de mon nombril, je n'ai aucun intérêt à trier mes ordures ménagères : c'est fastidieux, quotidien, et ne me profite pas directement. C'est peut-être pour ça que 30% de gros baveux ne le font pas. Maintenant, je le fais, car je suis ordonné, citoyen, et que ça occupe mon vide existentiel. Ainsi, quand je vois des marguerites dans mon jardin, je les entends dire "merci, t'es le plus gentil".
    • Remplir mon stylo-plume me donne régulièrement une grande satisfaction : j'adore écrire à la plume, je sais que je ne vais pas jeter des cartouches vides, je ne jette pas les stylos-bics (que j'utilise peu, et c'est tant mieux, je serais angoissé par La question). la contrepartie, c'est que je m'en fous souvent plein les doigts, alors qu'il serait si simple d'aller voler des stylos jetables et polluants au secrétariat. Mais je suis citoyen, et les feuilles de papier, ensemencées par ma plumes, accouchent de jolis mots Cadum.
    • N'utiliser que des piles rechargeables n'a que des avantages : moindre pollution, moindre coût.
    • Au boulot, nous recyclons les feuilles vomies par l'imprimante laser : dès qu'elles ne servent plus (c'est-à-dire après lecture), hop, on les place dans un bac, et les salariés diligents de mon école en font des blocs notes dont une face est blanche. C'est poilant, en plus d'être développement durable fashion, ça permet de ne pas s'ennuyer en réunion : on lit au dos ce que les autres ont imprimé. Ah les nains, qu'y sont cons ! (pardon)
Enfin, vous me connaissez, fallait bien que je parle de finance et d'argent. Derrière tout ça, y a des gros sous. Plein plein plein, voui. Et plein de bons sentiments, aussi.
  • Par exemple, les téléphones portables, ça se recycle, et ça donne du boulot aux gens d'Emmaüs. Un acte, deux gains.
  • Ou bien, dans un registre plus intéressé, les fonds d'investissement se spécialisent dans les énergies alternatives (biocarburant, éolien, solaire). Eh oui, quand y a du développement, y a de la croissance, donc de la rentabilité, ouéééé. Selon New Energy Finance, les transactions dans ces secteurs auraient atteint 100 milliards de dollars en 2006. Faire le bien en gagnant de l'argent, pas mal, non ? Un acte, deux gains. (source : Les Echos d'hier, p. 19).
Moi j't'y dis, faut les tenir par le larfeuille, y a que comme ça que ça marche (on dirait du Audiard).

Bon, moi je vais pas tarder à éteindre, alors vite lu, vite fait, hop, éteignez tout ! (même la Tour Eiffel s'y mettra...)