Blogthib, ou thibierge.flou

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A propos

Ce blog est le pendant flou et libre de thibierge.net. L'auteur vit essentiellement dans le monde cyber et nocturne. Il surgit parfois dans le monde réel pour donner des cours et boire des expressos. Il passe aussi une partie de son temps à collecter les batanas et ubuntus. Ah oui, il met aussi progressivement en ligne un roman.

vendredi 19 février 2010

Paradoxe - le temps volé est un crime à payer

Paradoxe : j'essaie de me ménager des moments privés, loin du monde, pour me retrouver. Mais dégager ces moments-là me met en état de stress par ailleurs, pour rattraper ce temps volé. Sortir d'une phase de ressourcement pour se mettre à courir dans l'urgence, quelle misère.

lundi 25 janvier 2010

Luxmanie

Faisant un feu, j'écoutais un ami qui m'expliquait que c'était bizarre, ce sentiment d'apaisement qu'on avait devant les flammes. Je lui répondais que 450 000 ans passés à regarder le feu, ça marque. Pendant ces centaines de milliers d'années, le feu était le symbole du repos, de la chaleur, de la sécurité, de bonnes bouffes aussi. Je pense que cela laisse des traces. Il y a ce parallèle dans une nouvelle de Jack London. Pour lui, le fait de rêver que l'on tombe, et se réveiller en sursaut, vient de l'époque où nous vivions dans les arbres : seuls ceux qui se sont réveillés en sursaut (et qui se sont raccrochés aux branches) ont pu survivre, léguant à leurs descendants un rêve inachevé. La preuve : dans ces rêves, on n'atteint jamais le sol, on se réveille avant.
La fascination du feu, je la retrouve dans l'hypnose (fixez un point brillant et détendez-vous...) ou dans la télévision ou les jeux vidéos. Entrer en transe devant des images lumineuses qui bougent, c'est retrouver une sensation vécue pendant des dizaines de milliers de générations d'être humains.
Pas facile de faire abstraction de cet héritage, qui fait de nous, encore, des animaux très instinctifs - malgré nos iPhones et nos dépressions.

samedi 2 janvier 2010

Veuheux - stats

  • 5 SMS reçus, dont un sans texte (mais avec correspondant identifié) et deux sans correspondant identifié (mais avec texte, sans signature)
  • 10 mails reçus, dont un de 8 mégas (une diapo PowerPoint avec photo de famille)
  • 1 mail général LinkedIn
  • 1 mail général sur Facebook
  • 12 voeux généraux sur Facebook
Analyse

La tendance s'accentue vers des messages généraux, envoyés à tous, avec un format générique genre "bonne année à tous". Désormais, ils sont à part égale entre push et pull : soit ils sont envoyés en mode push (mail, SMS), soit ils sont postés en mode pull (Facebook).
Les photos de famille tendent à disparaître (2 reçues).
Le format papier a disparu (ou il arrivera plus tard).
Sur 29 messages reçus / consultés, j'en identifierais 25-26 comme "classiques", et 3-4 comme "originaux". Les originaux disant nettement autre chose que "bonne année bonne santé". Sans jugement de valeur.

Allez, bonne année bonne santé.

lundi 21 décembre 2009

Economie du gratuit, du libre, et piratage - quelques réflexions

Le billet du jour de Tristan Nitot me pousse à mettre au clair quelques idées qui me trottaient dans la tête depuis quelques semaines.

1. La dématérialisation

  • L'avènement du numérique fait que l'on peut faire des copies très peu coûteuses, disons gratuites, tout en préservant le même niveau de qualité que l'original. Rien à voir, donc, avec le fait de photocopier un ouvrage (coûteux en temps, qualité inférieure), scanner une photo (idem). La première idée est donc qu'on passe d'une économie de la rareté (quand je te donne mon livre, je ne l'ai plus) à une économie de l'abondance (quand je te copie mes MP3, nous les avons tous les deux).
  • Il se pose alors le problème du droit. Il y a la copie légale (les logiciels libres, les produits sous licence Creative Commons), qui autorise - voire encourage - la diffusion, c'est-à-dire l'abondance ; et il y a la copie illégale (i.e. le piratage). La question dans le piratage est de se demander ce qu'il faut protéger, et d'où vient la valeur (nous y reviendrons plus bas).
  • Lié au droit, il y aussi le problème du support : j'ai toujours été gêné de devoir payer des droits sur un 33 tours d'Eric Clapton, puis de devoir racheter le CD de la même oeuvre, idem pour les cassettes VHS qui deviennent DVD puis BlueRay : à ce tarif, Humphrey Bogart commence à me coûter cher. La question est la suivante : suis-je censé payer des droits sur un support ou sur une oeuvre ? L'avantage du MP3, que l'on peut acheter sur Amazon ou Deezer, est que l'oeuvre devient indépendante du support (CD gravé, iPod, disque dur de platine de salon...). Certes, il restera quand même une distinction entre l'oeuvre (la chanson) et la technologie (le MP3, qui ne sera pas éternel).
2. La valeur
  • Alors qu'est-ce qui fait la valeur d'une oeuvre numérique ?
    • Beaucoup d'artistes donnent leurs CDs ou leurs morceaux, et vivent en faisant payer des concerts. Comme le souligne Tristan Nitot, cela peut faire vivre ceux qui cumulent les casquettes d'auteur compositeur et interprète, mais les auteurs purs, comment sont-ils rémunérés ? Un pourcentage des ventes sur concert ?
    • Je vois une analogie avec les entrepreneurs. Certains, en créant leur startup, croient se protéger avec un brevet / un contrat de confidentialité. Mais à mon avis, le droit n'a jamais correctement protégé ce type de valeur. Si vous avez peur que quelqu'un vous pique votre idée, c'est qu'elle est piquable, et ce n'est pas un brevet qui changera cet état de fait. Mes conseils aux créateurs de startups : identifiez les barrières à l'entrée (pour bloquer les autres) et rendez-vous indispensables (pour que votre produit ne puisse pas être copié avec le même niveau de qualité). Plus facile à dire qu'à réaliser.
    • Par ailleurs, le droit, ou la technologie répressive, ont toujours un train de retard. Raisonner en terme de "il me faut une cuirasse plus solide", c'est raisonner comme un obus. Il faut déplacer les termes du problème (ici, par exemple, sortir du cadre "le combat, c'est uniquement l'artillerie").
    • Il faudrait donc une valeur qui ne nécessite pas d'être protégée, mais qui, par son essence même, soit rareté. Je m'explique. Le droit crée des barrières à l'entrée, la technologie rérpressive aussi, mais ce sont des obstacles qui sont contournés, souvent très rapidement, par des utilisateurs motivés. Il faut donc une autre approche : que l'utilisateur n'aie pas de barrière à franchir, mais pas de possibilité intrinsèque de copier parfaitement (sans coût, même qualité). Peut-être une solution est de ne pas pouvoir dissocier le support de l'oeuvre. Bruce Springsteen en concert est difficilement copiable par un clone du Boss. Certes il y a les vidéos pirates des concerts. Mais c'est encore coûteux à réaliser. Et Springsteen sur un écran plat, ce n'est pas exactement Springsteen au Bataclan. Bon, il y a certains amateurs de foot qui préfèrent l'écran plat, ils savent que le meilleur endroit du stade, c'est le fauteuil du salon, à laisser les multiples caméras faire le montage le plus serré possible. Mais d'autres amateurs disent que l'ambiance d'un stade, ça se vit...
  • Enfin, mais cela nous éloigne du sujet, la copie numérique, c'est la diffusion rapide, je dirais démocratique, de la connaissance. C'est favoriser la collaboration (je pense aux logiciels libres ou à Wikipedia). C'est changer les règles du jeu.
  • Je termine sur un constat. Pour les "jeunes" générations, tout est gratuit. Payer pour avoir une adresse e-mail et un service de gestion du mail ? Vous rêvez... Payer pour un logiciel devient de plus en plus ringard. Mais en fait, rien n'est totalement gratuit. Gmail collecte des données sur mes mails pour cibler ses réclames. Derrière chaque service gratuit, il y a un business model. Les jeunes générations sont habituées à cela, elles sont nées avec le spam. C'est donc tout un comportement de société qui change. L'ado est très consommateur, orienté vers le gratuit, mais il est aussi un consommateur : si une sonnerie téléchargeable se vend à 0,99 €, c'est en même temps dérisoire pour un porte-monnaie d'ado, mais multiplié par le nombre d'ados, cela fait un énorme marché. Et ces ados vont grandir dans un monde qui se sera adapté à leurs désirs. Imaginez les ados d'aujourd'hui quand ils auront 25 ans et des salaires. Que consommeront-ils ? Avec quels mécanismes ? Je suis prêt à parier que quantité de grands groupes de télécom ou médias planchent là-dessus depuis des années...

jeudi 17 décembre 2009

Sérendipité et aéropage

Je ne crois pas à la chance. Mais il y a parfois des coïncidences étonnantes. Voilà le seul jour où j'aimerais bien pouvoir Twitter, pour voir l'évolution de mes réflexions.

lundi 14 décembre 2009

Cinétique du pékin - Maquereaux et morues


Comme déjà vu dans la chronique Cinétique du Pékin, une foule qui se déplace suit généralement une direction. Même dans une place carrée, ouverte à tout vent, il y a des volontés, des désirs : le marchand de glace ou le bistrotier, la bouche de métro, le kiosque à journaux sont autant de destinations qui canalisent les flux. Contrairement aux actions cotées en Bourse, la marche au hasard n'existe que rarement, presque jamais, dans une foule.
Les flux seront encore plus marqués s'ils sont délimités par les parois d'un couloir. Tel le tuyau de plomb qui véhicule la fange vers les égouts, le couloir de métro digère son lot de pékins, bol alimentaire qui progresse dans un œsophage de céramique. Mais ce groupe, apparemment compact, est doué de vie propre. Chaque élément profite du flux, tout en gardant son indépendance motrice.
L'analogie est évidente : un banc de poissons. Ou un peloton de cyclistes. Tous se déplacent ensemble, et certains utilisent celui de devant pour se protéger, ou fendre l'eau / le vent / la foule. Il y a les chasse-neige et les skieurs qui suivent.
Ce qui est intéressant dans un premier temps, c'est le concept de covariance. Dans un portefeuille boursier, on regarde la covariance d'une action avec une autre. Deux actions qui ont une forte covariance vont donc, littéralement, varier de la même manière. Dans une foule, ou un banc de poissons, la covariance entre les éléments est extrêmement importante. Un poisson malade, ralenti, qui a perdu le sens de l'orientation ; un pékin qui n'est pas dans le flow : c'est l'ensemble de la fourmilière qui en souffre.
Donnons ici quelques fondements de la covariance en mouvement :
  1. Personne ne doit se toucher
  2. Le différentiel de vitesse règle la distance. Si je n'ai pas du tout la même vitesse qu'une personne, je me maintiens à distance ; des personnes qui vont à la même vitesse (donc différentiel de vitesse faible, voire nul) peuvent se suivre à distance très proche (mais respecter la règle n° 1).
  3. Dans les zones de compacité, la distance est inférieure (mais respecte la règle n° 2).
  4. Chacun observe les règles 1, 2 et 3 de manière dynamique, et le plus souvent inconsciente. Mais cela nécessite d'être attentif. Maintenir une inconscience consciente.
  5. Les mouvements brusques sont à éviter autant que possible. L'idéal est de maintenir un état de flow, où l'anticipation calme permet d'éviter de fracasser la règle n°1.
Une foule en état de flow est une foule heureuse.

vendredi 13 novembre 2009

Yoda vs Data

Hier soir en sortant de la piscine, je repensais à Maître Yoda, la première fois qu'on le voit (dans l'épisode 5, l'empire contre-attaque).
Il a piqué une barre de céréales dans le sac de Luke Skywalker, et comme R2D2 veut récupérer la barre de céréales (mais que peut faire un droïde d'une barre de céréales ?) , Yoda lui donne des coups de canne. Et je me disais « pourquoi un Chevalier Jedi, qui maîtrise l'espace et le temps, qui peut influencer les esprits faibles rien qu'en faisant des petits gestes avec les mains, qui peut soulever les pierres et les vaisseaux un peu comme Jane Grey dans X-Men, donc, pourquoi il donne des coups de canne à R2D2 ? »
Je trouve cette scène un peu pathétique, ou attendrissante.
Bon, il y a la première explication, sans fantaisie, qui est de dire « dans le scénario, les gars ne savaient pas que 20 ans après ils allaient tourner l'épisode 1, puis 2, là où Yoda fait le Yamakasi en combat singulier contre le Comte Do(o)ku(u). »
Et puis, il y a la réflexion plus avancée. Les humains se défient des machines. Les vrais, bons, êtres humains, « ceux qui marchent debout », ont compris très tôt que la seule matière malléable, c'est l'être humain et son cerveau. Ainsi, Yoda travaille sur lui-même, et il n'est pas interdit de penser que quand il soulève un rocher, en fait, il influence notre perception de la réalité (un peu comme le ferait un hypnotiseur), plutôt que de pratiquer réellement la télékinésie. Cf. dans Matrix : quand le cerveau croit que l'on reçoit des impacts de balles, le corps meurt.
Je préfère encore une troisième version. Yoda peut manipuler les objets à distance. Il pourrait donc éteindre R2D2 et consommer sa barre de céréales tranquilou. Mais il est à ce point « anti-machines » que sa réaction est viscérale (je vais taper cette boite de conserve) plutôt que raisonnée.
On retrouve la défiance des machines qu'on avait dans Dune (les mentats, ordinateurs humains, remplacent les machines calculatoires) ou encore dans cette nouvelle de Philippe K. Dick, l'homme variable.

jeudi 15 octobre 2009

Cinétique du Pékin - les Grumeaux

Dans notre typologie des mouvements urbains, nous sommes donc désormais dans la mécanique des fluides. Mais, après l'exposé liminaire (le déplacement dans un espace où d'autres pékins circulent), voilà les complications. Car tous les pékins ne se ressemblent pas. Il y a les pékins comme vous et moi, les normaux, quoi. Et puis il y a les grumeaux. Les grumeaux, ce sont ceux qui perturbent l'écoulement fluide des corpuscules. Voici donc quelques grumeaux types (on remarquera que certains d'entre eux avaient déjà été estampillés comme Batanas) :
  • le Blö : marche sans regarder devant lui.
  • Le Zouapla : alors qu'il est en vitesse de croisière, s'arrête brusquement, ou fait demi-tour.
  • Le Lambin : marche lentement. A tout son temps, ou de l'arthrite, ou veut démontrer aux autres que lui, il est pas un hamster qui cavale comme un taré dans sa roue.
  • Le Serpentin : ne marche pas en ligne droite, mais au contraire, a une démarche sinuante (dont il ne se rend pas compte, évidemment). Exemple : est en train de lire ; de parler dans son portable ; ou a tout simplement des problèmes d'oreille interne et de GPS biologique. Maintenir une distance de sécurité quand on double.
  • Le Kouple : marche en se tenant la main, créant ainsi une molécule plus longue, impossibilité de passer entre les deux, et de surcroît cette molécule a une vitesse qui est la résultante erratique de la vitesse des deux. Un Kouple devient, de fait, un Lambin au carré.
  • Le Kouple illégitime : ne se tient pas la main, mais maintient une liaison de covalence (distance maximum) pour diverses raisons : proximité affective, amicale ou familiale ; baladeur avec deux casques ; collègues de travail. Le Kouple illégitime se comporte, moléculairement, comme le Kouple, mais il est plus difficile à identifier (puisque les protagonistes ne se tiennent pas la main). Et attention, passer entre deux membres d'un Kouple illégitime, c'est prendre autant de risques que de se placer entre le bébé hippopotame et sa mère.
Quel est l'intérêt de les nommer ? eh bien, comme pour les Batana, le principe est de transformer l'innommé en nommé, de circonscrire notre énervement, bref, d'étiqueter le tracas. Et puis franchement, « va donc, eh, grumeau ! », c'est une insulte qui sonne bien...

vendredi 9 octobre 2009

Cinétique du Pékin - Space Intruders

Dans la chronique "cinétique du pékin", nous nous sommes cantonnés pour l'instant à un espace clos et bien délimité : la rame de métro. Avec, il est vrai, une incursion dans la dynamique, sous la forme de l'entrée-sortie de la dite rame, et du placement progressif dans la rame. Mais cela s'apparentait plus au mouvement du pion qu'à la diagonale du fou. Nous passons aujourd'hui dans un espace de caractéristiques opposées : une zone sans murs, sans couloirs, sans obstacles. Exemple : la salle des pas perdus d'une gare ; l'espace devant les quais ; la Place Carrée sous le Forum des Halles. Et nous rajoutons une contrainte pas si exceptionnelle : cette salle n'est pas trop remplie. Ce n'est donc pas la salle d'un concert à succès, mais plutôt un espace où l'on peut se mouvoir assez librement, mais pas seul.
Un parfait exemple de mouvement d'un gaz dans un espace certes clos, mais sans obstacles.
En observant ces conditions, on se dit : chic, nulle entrave, chaque corpuscule (le pékin lambda) va aller au plus simple, c'est-à-dire qu'il va se déplacer selon une droite depuis son point de départ jusqu'à sa destination.

Que nenni.

Car d'autres corpuscules se déplacent aussi dans cet espace, et étant donné que le pékin n'est pas une particule aveugle et insensible, il va essayer d'éviter les autres (alors que la molécule de gaz, elle, se contrefiche de jouer aux autos tamponneuses). Ce qui signifie que le pékin va mettre en oeuvre des mécanismes cérébraux dont il n'a certes pas conscience, mais qui remontent à l'âge des cavernes et aux glorieuses périodes de la chasse à la galinette cendrée. Il faut en effet anticiper les trajectoires des autres pékins, tout en mesurant leur vitesse, le tout sous une contrainte d'optimisation (prendre le chemin le plus rectiligne possible). Cela rappellera à une certaine génération le jeu Space Invaders : il fallait décaniller des envahisseurs, mais de temps en temps, zoupla, il y avait un vaisseau qui valait cher qui passait en haut de l'écran, alors il fallait tirer en tenant compte du fait que (1) le vaisseau qui valait cher se déplaçait vite (2) le missile devait passer entre les envahisseurs qui étaient méchants aussi mais qui ne valaient pas aussi cher (la preuve, ils se déplaçaient plus lentement).

Si l'on marquait chaque pékin à la fluoresceine, on verrait que la trajectoire de chacun s'apparente plus à une ligne brisée qu'à une droite raide comme la justice. Tel le chauffeur de taxi parisien, qui emmanche des bouts d'itinéraires les uns après les autres, le pékin réinvente sa marche. Qui chantera ces oeuvres d'art éphémères, tracés évanescents sur le marbre froid des capitales inhumaines ?

jeudi 17 septembre 2009

Des chiffres mis en perspective

Je saisis l'occasion d'un billet sur le Standblog pour livrer une mini-réflexion :
  • Le jour où tous les journalistes comprendront que ce qui compte, ce ne sont pas les chiffres bruts, mais les ordres de grandeur, l'information aura fait un grand pas. Pour info, il y a déjà 20 ans (si ce n'est plus...), c'était ce qu'on nous assénait en prépa ;
  • Exemple 1 : The Billion dollars Gram, ou comment "voir" littéralement les ordres de grandeur ;
  • Exemple 2 : (à vous de bâtir votre billion dollars ou TeraWh gram) : Statistiques mondiales en temps réel
  • Exemple 3 : le billet de Tristan Nitot sus-cité, sur les ordres de grandeur en terme de CO2 dégagé. Une illustration simple, mais très efficace.
J'attends aussi la personne qui fera une analyse du nombre de victimes de la Grippe A (H1N1, coulé !) par rapport à d'autres pandémies (j'inclus l'alcool).

mardi 7 juillet 2009

Ardoises électroniques

En d'autres temps, et pour d'autres raisons, j'apprécierais la dématérialisation des factures papier. En effet, l'argument écologique est non négligeable : économie de papier, d'enveloppe, de transport de courrier. Mais ces factures électroniques présentent plusieurs inconvénients :
  • D'abord, la démarche est inversée. Autrefois, on recevait (mode passif) une facture papier, elle était livrée à domicile à échéance fixe. Aujourd'hui, par exemple pour les comptes bancaires, on doit penser à se connecter régulièrement (mode actif) pour consulter ses comptes. C'est un argument qui semble de peu de poids, mais il a son importance pour moi : je cherche depuis des années à me libérer le cerveau de tâches, to-dos, rappels... Or, dans le cas d'une facture électronique, il faut faire la démarche d'aller voir, cela rajoute une chose à laquelle penser.
  • J'en viens à mon souci principal : si la facture est dématérialisée, on se connecte finalement assez peu pour la consulter. Sur les 6 derniers mois, je n'ai probablement jamais consulté mes factures d'abonnement Internet+téléphonie fixe. C'est pour cela que je ne veux pas passer aux factures électroniques pour mon téléphone portable : cela me priverait de ma vigilance sur les sommes dépensées au-delà du forfait.
  • De là, mon impression du jour : sous le couvert d'un discours écologique qui les arrange bien (green washing), les différents opérateurs doivent finalement se frotter les mains de voir tant de personnes passer aux factures électroniques "consultables en ligne". Parce que personne ne les consulte, ou avec retard. La facture électronique, c'est la fin de la vigilance sur les comptes. Cela me rappelle un conseil - à mon avis très juste - sur les to-do listes : si vous faites votre to-do liste sur un ordinateur, imprimez-la. Si ce n'est pas imprimé, vous ne ferez pas les tâches.

mardi 30 juin 2009

Les sept piliers de la sagesse

Que ce soit dans les quêtes spirituelles (religions), intellectuelles (philosophies) ou comportementales (psychologie, développement personnel), je trouve que l'on retrouve des thèmes communs. Ainsi, quel que soit le chemin emprunté (une pratique religieuse, le coaching, la lecture et la réflexion sur soi-même...), j'ai l'impression qu'on en revient régulièrement aux mêmes "valeurs" fondamentales, ou "principes" fondateurs. J'ai donc essayé de les écrire. À ce jour, ils sont au nombre de 7. L'ordre choisi importe peu.
  • Les autres ne changeront pas. Mais on peut se changer soi-même. C'est douloureux, c'est difficile, mais ce n'est pas impossible. 
  • Vivre maintenant. Pas dans l'angoisse de demain, ni dans le regret d'hier. Vivre à cette minute. Et la suivante. Et celle d'après.
  • Les faits sont les faits. Mais notre perception est différente. Les faits ne changeront pas. Mais notre perception peut changer. D'un mal peut jaillir un bien.
  • Respirer profondément. Peut-être l'unique conseil. Respirer profondément.
  • Ecouter
    • écouter les autres
    • s'écouter soi-même
    • écouter l'environnement
  • Chaque chemin est personnel. Ne juge pas.
  • La perfection n'existe pas. C'est une direction, pas un état que l'on peut atteindre.

vendredi 12 juin 2009

Anaxabulle

Appelons anaxabulle une figure de style (de rhéthorique ?) où des termes identiques en termes d'assonance permettent de construire plusieurs phrases avec du sens. Oui, je sais, c'est toujours mieux quand on donne un exemple.

- J'ai tout fait : j'étouffais...

- C'est épatant !
- C'était pas tant : c'était patent.

mardi 2 juin 2009

Hypocrisie sémantique

Plus l'outil / le serveur / la réforme est chiant(e), plus il aura un nom chiadé, pour faire rêver les mamies ou les cadres. Mais les cadres ne rêvent plus, coco, ils pédalent. Alors moi j'en ai marre des Cap 5000, Equilibrance et autres Symphonie pour nommer respectivement une campagne de réduction des coûts, un contrat d'assurance-décès et un serveur de documents juridiques.
Parlons vrai, appelons incha incha.
  • Vous voulez licencier des salariés ?
  • Le Grand Dégraissage
  • Soleil vert
  • Victor le Nettoyeur
  • Dexter
  • Vous voulez vous recentrer sur vos actifs stratégiques ?
  • Grande braderie
  • Napalm et sulfateuse
  • Zen et bombe H
  • Vous voulez conquérir de nouveaux marchés ?
  • Opération pots de vin
  • Boléro et saut de haies

Les mots parasites

Pour ceux qui parlent beaucoup par métier (suivez mon regard) ou ceux qui font des présentations orales (c'est la période des soutenances...), il y a une tendance à rajouter des mot "pour remplir". Probablement pour se chauffer, ou bien pour se rassurer du débit ronronnant du discours, ou encore pour véhiculer un message ("prêtez attention"). J'ai commencé une mini-liste pendant une insomnie, mais je suis sûr qu'il y en a d'autres :
  • Il faut se rendre à l'évidence,
  • Il ne faut pas se voiler la face
  • Il faut comprendre que
  • ... de France et de Navarre...
  • en quelque sorte
  • entre guillemets
  • entre parenthèses
  • jveux dire
D'autres mots parasites ?