vendredi 19 février 2010
Par Docthib,
vendredi 19 février 2010 à 09:22 :: Réflexions
Mots-clés :
Paradoxe : j'essaie de me ménager des moments privés, loin du monde, pour me retrouver. Mais dégager ces moments-là me met en état de stress par ailleurs, pour rattraper ce temps volé. Sortir d'une phase de ressourcement pour se mettre à courir dans l'urgence, quelle misère.
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lundi 25 janvier 2010
Par Docthib,
lundi 25 janvier 2010 à 17:48 :: Réflexions
Mots-clés :
Faisant un feu, j'écoutais un ami qui m'expliquait que c'était bizarre, ce sentiment d'apaisement qu'on avait devant les flammes. Je lui répondais que 450 000 ans passés à regarder le feu, ça marque. Pendant ces centaines de milliers d'années, le feu était le symbole du repos, de la chaleur, de la sécurité, de bonnes bouffes aussi. Je pense que cela laisse des traces. Il y a ce parallèle dans une nouvelle de Jack London. Pour lui, le fait de rêver que l'on tombe, et se réveiller en sursaut, vient de l'époque où nous vivions dans les arbres : seuls ceux qui se sont réveillés en sursaut (et qui se sont raccrochés aux branches) ont pu survivre, léguant à leurs descendants un rêve inachevé. La preuve : dans ces rêves, on n'atteint jamais le sol, on se réveille avant.
La fascination du feu, je la retrouve dans l'hypnose (fixez un point brillant et détendez-vous...) ou dans la télévision ou les jeux vidéos. Entrer en transe devant des images lumineuses qui bougent, c'est retrouver une sensation vécue pendant des dizaines de milliers de générations d'être humains.
Pas facile de faire abstraction de cet héritage, qui fait de nous, encore, des animaux très instinctifs - malgré nos iPhones et nos dépressions.
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samedi 2 janvier 2010
Par Docthib,
samedi 2 janvier 2010 à 08:53 :: Réflexions
Mots-clés :
- 5 SMS reçus, dont un sans texte (mais avec correspondant
identifié) et deux sans correspondant identifié (mais avec texte, sans
signature)
- 10 mails reçus, dont un de 8 mégas (une diapo PowerPoint avec
photo de famille)
- 1 mail général LinkedIn
- 1 mail général sur Facebook
- 12 voeux généraux sur Facebook
Analyse
La tendance s'accentue vers des messages généraux, envoyés à tous, avec
un format générique genre "bonne année à tous". Désormais, ils sont à
part égale entre push et pull : soit ils sont envoyés en mode push
(mail, SMS), soit ils sont postés en mode pull (Facebook).
Les photos de famille tendent à disparaître (2 reçues).
Le format papier a disparu (ou il arrivera plus tard).
Sur 29 messages reçus / consultés, j'en identifierais 25-26 comme
"classiques", et 3-4 comme "originaux". Les originaux disant nettement
autre chose que "bonne année bonne santé". Sans jugement de valeur.
Allez, bonne année bonne santé.
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lundi 21 décembre 2009
Par Docthib,
lundi 21 décembre 2009 à 11:52 :: Réflexions
Mots-clés :
Le billet du jour de
Tristan Nitot me pousse à mettre au clair quelques
idées qui me trottaient dans la tête depuis quelques semaines.
1. La dématérialisation
- L'avènement du numérique fait que l'on peut faire des copies très peu coûteuses, disons gratuites,
tout en préservant le même niveau de
qualité que l'original. Rien à voir, donc, avec le fait de
photocopier un ouvrage (coûteux en temps, qualité inférieure), scanner
une photo (idem). La première idée est donc qu'on passe d'une économie
de la rareté (quand je te donne mon livre, je ne l'ai plus) à une
économie de l'abondance (quand je te copie mes MP3, nous les avons tous
les deux).
- Il se pose alors le problème du droit. Il y a la copie légale (les logiciels libres,
les produits sous licence Creative Commons), qui autorise - voire
encourage - la diffusion, c'est-à-dire l'abondance ; et il y a la copie illégale (i.e. le piratage).
La question dans le piratage est de se demander ce qu'il faut protéger,
et d'où vient la valeur (nous y reviendrons plus bas).
- Lié au droit, il y aussi le problème du support : j'ai toujours
été gêné de devoir payer des droits sur un 33 tours d'Eric Clapton,
puis de devoir racheter le CD de la même oeuvre, idem pour les
cassettes VHS qui deviennent DVD puis BlueRay : à ce tarif, Humphrey
Bogart commence à me coûter cher. La question est la suivante : suis-je censé payer des droits sur un
support ou sur une oeuvre ? L'avantage du MP3, que l'on peut
acheter sur Amazon ou Deezer, est que l'oeuvre devient indépendante du
support (CD gravé, iPod, disque dur de platine de salon...). Certes, il
restera quand même une distinction entre l'oeuvre (la chanson) et la
technologie (le MP3, qui ne sera pas éternel).
2. La valeur
- Alors qu'est-ce qui fait la valeur d'une oeuvre numérique ?
- Beaucoup d'artistes donnent leurs CDs ou leurs morceaux, et
vivent en faisant payer des concerts. Comme le souligne Tristan Nitot,
cela peut faire vivre ceux qui cumulent les casquettes d'auteur
compositeur et interprète, mais les auteurs purs, comment sont-ils
rémunérés ? Un pourcentage des ventes sur concert ?
- Je vois une analogie avec les entrepreneurs. Certains, en
créant leur startup, croient se protéger avec un brevet / un contrat de
confidentialité. Mais à mon avis, le
droit n'a jamais correctement protégé ce type de valeur. Si vous
avez peur que quelqu'un vous pique votre idée, c'est qu'elle est
piquable, et ce n'est pas un brevet qui changera cet état de fait. Mes
conseils aux créateurs de startups : identifiez les barrières à
l'entrée (pour bloquer les autres) et rendez-vous indispensables (pour
que votre produit ne puisse pas être copié avec le même niveau de
qualité). Plus facile à dire qu'à réaliser.
- Par ailleurs, le droit, ou la
technologie répressive, ont toujours un train de retard.
Raisonner en terme de "il me faut une cuirasse plus solide", c'est
raisonner comme un obus. Il faut déplacer les termes du problème (ici,
par exemple, sortir du cadre "le combat, c'est uniquement
l'artillerie").
- Il faudrait donc une valeur
qui ne nécessite pas d'être protégée, mais qui, par son essence même,
soit rareté. Je m'explique. Le droit crée des barrières à
l'entrée, la technologie rérpressive aussi, mais ce sont des obstacles
qui sont contournés, souvent très rapidement, par des utilisateurs
motivés. Il faut donc une autre approche : que l'utilisateur n'aie pas
de barrière à franchir, mais pas de possibilité intrinsèque de copier
parfaitement (sans coût, même qualité). Peut-être une solution est de
ne pas pouvoir dissocier le support de l'oeuvre. Bruce Springsteen en
concert est difficilement copiable par un clone du Boss. Certes il y a
les vidéos pirates des concerts. Mais c'est encore coûteux à réaliser.
Et Springsteen sur un écran plat, ce n'est pas exactement Springsteen
au Bataclan. Bon, il y a certains amateurs de foot qui préfèrent
l'écran plat, ils savent que le meilleur endroit du stade, c'est le
fauteuil du salon, à laisser les multiples caméras faire le montage le
plus serré possible. Mais d'autres amateurs disent que l'ambiance d'un
stade, ça se vit...
- Enfin, mais cela nous éloigne du sujet, la copie numérique, c'est
la diffusion rapide, je dirais démocratique, de la connaissance. C'est
favoriser la collaboration (je pense aux logiciels libres ou à
Wikipedia). C'est changer les règles du jeu.
- Je termine sur un constat. Pour les "jeunes" générations, tout
est gratuit. Payer pour avoir une adresse e-mail et un service de
gestion du mail ? Vous rêvez... Payer pour un logiciel devient de plus
en plus ringard. Mais en fait, rien
n'est totalement gratuit. Gmail collecte des données sur mes
mails pour cibler ses réclames. Derrière chaque service gratuit, il y a
un business model. Les jeunes générations sont habituées à cela, elles
sont nées avec le spam. C'est donc tout un comportement de société qui
change. L'ado est très consommateur, orienté vers le gratuit, mais il
est aussi un consommateur : si une sonnerie téléchargeable se vend à
0,99 €, c'est en même temps dérisoire pour un porte-monnaie d'ado, mais
multiplié par le nombre d'ados, cela fait un énorme marché. Et ces ados
vont grandir dans un monde qui se sera adapté à leurs désirs. Imaginez
les ados d'aujourd'hui quand ils auront 25 ans et des salaires. Que
consommeront-ils ? Avec quels mécanismes ? Je suis prêt à parier que
quantité de grands groupes de télécom ou médias planchent là-dessus
depuis des années...
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jeudi 17 décembre 2009
Par Docthib,
jeudi 17 décembre 2009 à 10:54 :: Réflexions
Mots-clés :
Je ne crois pas à la chance. Mais il y a parfois des coïncidences étonnantes. Voilà le seul jour où j'aimerais bien pouvoir Twitter, pour voir l'évolution de mes réflexions.
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lundi 14 décembre 2009
Par Docthib,
lundi 14 décembre 2009 à 11:14 :: Réflexions
Mots-clés :
Comme déjà vu dans la chronique
Cinétique du Pékin, une foule qui se déplace suit généralement une direction. Même dans une
place carrée, ouverte à tout vent, il y a des volontés, des désirs : le
marchand de glace ou le bistrotier, la bouche de métro, le kiosque à
journaux sont autant de destinations qui canalisent les flux.
Contrairement aux actions cotées en Bourse, la marche au hasard
n'existe que rarement, presque jamais, dans une foule.
Les flux seront encore plus marqués s'ils sont délimités par les parois
d'un couloir. Tel le tuyau de plomb qui véhicule la fange vers les
égouts, le couloir de métro digère son lot de pékins, bol alimentaire
qui progresse dans un œsophage de céramique. Mais ce groupe,
apparemment compact, est doué de vie propre. Chaque élément profite du
flux, tout en gardant son indépendance motrice.
L'analogie est évidente : un banc de poissons. Ou un peloton de
cyclistes. Tous se déplacent ensemble, et certains utilisent celui de
devant pour se protéger, ou fendre l'eau / le vent / la foule. Il y a
les chasse-neige et les skieurs qui suivent.
Ce qui est intéressant dans un premier temps, c'est le concept de
covariance. Dans un portefeuille boursier, on regarde la covariance
d'une action avec une autre. Deux actions qui ont une forte covariance
vont donc, littéralement, varier de la même manière. Dans une foule, ou
un banc de poissons, la covariance entre les éléments est extrêmement
importante. Un poisson malade, ralenti, qui a perdu le sens de
l'orientation ; un pékin qui n'est pas dans le
flow : c'est l'ensemble de la
fourmilière qui en souffre.
Donnons ici quelques fondements de la covariance en mouvement :
- Personne ne doit se toucher
- Le différentiel de vitesse règle la distance. Si je n'ai pas du
tout la même vitesse qu'une personne, je me maintiens à distance ; des
personnes qui vont à la même vitesse (donc différentiel de vitesse
faible, voire nul) peuvent se suivre à distance très proche (mais
respecter la règle n° 1).
- Dans les zones de compacité, la distance est inférieure (mais
respecte la règle n° 2).
- Chacun observe les règles 1, 2 et 3 de manière dynamique, et le
plus souvent inconsciente. Mais cela nécessite d'être attentif.
Maintenir une inconscience consciente.
- Les mouvements brusques sont à éviter autant que possible.
L'idéal est de maintenir un état de flow, où l'anticipation calme
permet d'éviter de fracasser la règle n°1.
Une foule en état de
flow est
une foule heureuse.
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vendredi 13 novembre 2009
Par Docthib,
vendredi 13 novembre 2009 à 19:31 :: Réflexions
Mots-clés :
Hier soir en sortant de la piscine, je repensais à Maître Yoda, la
première fois qu'on le voit (dans l'épisode 5, l'empire contre-attaque).
Il a piqué une barre de céréales dans le sac de Luke Skywalker, et
comme R2D2 veut récupérer la barre de céréales (mais que peut faire un
droïde d'une barre de céréales ?) , Yoda lui donne des coups de canne.
Et je me disais « pourquoi un Chevalier Jedi, qui maîtrise l'espace et
le temps, qui peut influencer les esprits faibles rien qu'en faisant
des petits gestes avec les mains, qui peut soulever les pierres et les
vaisseaux un peu comme Jane Grey dans X-Men, donc, pourquoi il donne
des coups de canne à R2D2 ? »
Je trouve cette scène un peu pathétique, ou attendrissante.
Bon, il y a la première explication, sans fantaisie, qui est de dire «
dans le scénario, les gars ne savaient pas que 20 ans après ils
allaient tourner l'épisode 1, puis 2, là où Yoda fait le Yamakasi en
combat singulier contre le Comte Do(o)ku(u). »
Et puis, il y a la réflexion plus avancée. Les humains se défient des
machines. Les vrais, bons, êtres humains, « ceux qui marchent debout »,
ont compris très tôt que la seule matière malléable, c'est l'être
humain et son cerveau. Ainsi, Yoda travaille sur lui-même, et il n'est
pas interdit de penser que quand il soulève un rocher, en fait, il
influence notre perception de la réalité (un peu comme le ferait un
hypnotiseur), plutôt que de pratiquer réellement la télékinésie. Cf.
dans Matrix : quand le cerveau croit que l'on reçoit des impacts de
balles, le corps meurt.
Je préfère encore une troisième version. Yoda peut manipuler les objets
à distance. Il pourrait donc éteindre R2D2 et consommer sa barre de
céréales tranquilou. Mais il est à ce point « anti-machines » que sa
réaction est viscérale (je vais taper cette boite de conserve) plutôt
que raisonnée.
On retrouve la défiance des machines qu'on avait dans Dune (les
mentats, ordinateurs humains, remplacent les machines calculatoires) ou
encore dans cette nouvelle de Philippe K. Dick, l'homme variable.
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jeudi 15 octobre 2009
Par Docthib,
jeudi 15 octobre 2009 à 17:43 :: Réflexions
Mots-clés :
Dans notre typologie des mouvements urbains, nous sommes donc désormais
dans la mécanique des fluides. Mais, après l'exposé liminaire (
le
déplacement dans un espace où d'autres pékins circulent), voilà les
complications. Car tous les pékins ne se ressemblent pas. Il y a les
pékins comme vous et moi, les normaux, quoi. Et puis il y a les
grumeaux. Les
grumeaux, ce sont ceux qui perturbent l'écoulement fluide des
corpuscules. Voici donc quelques grumeaux types (on remarquera que
certains d'entre eux avaient déjà été estampillés comme
Batanas)
:
- le Blö
: marche sans regarder devant lui.
- Le Zouapla
: alors qu'il est en vitesse de croisière, s'arrête brusquement, ou
fait demi-tour.
- Le Lambin : marche lentement. A tout son temps, ou de
l'arthrite, ou veut démontrer aux autres que lui, il est pas un hamster
qui cavale comme un taré dans sa roue.
- Le Serpentin : ne marche pas en ligne droite, mais au
contraire, a une démarche sinuante (dont il ne se rend pas compte,
évidemment). Exemple : est en train de lire ; de parler dans son
portable ; ou a tout simplement des problèmes d'oreille interne et de
GPS biologique. Maintenir une distance de sécurité quand on double.
- Le Kouple : marche en se tenant la main, créant ainsi une
molécule plus longue, impossibilité de passer entre les deux, et de
surcroît cette molécule a une vitesse qui est la résultante erratique
de la vitesse des deux. Un Kouple devient, de fait, un Lambin au carré.
- Le Kouple illégitime : ne se tient pas la main, mais
maintient une liaison de covalence (distance maximum) pour diverses
raisons : proximité affective, amicale ou familiale ; baladeur avec
deux casques ; collègues de travail. Le Kouple illégitime se comporte,
moléculairement, comme le Kouple, mais il est plus difficile à
identifier (puisque les protagonistes ne se tiennent pas la main). Et
attention, passer entre deux membres d'un Kouple illégitime, c'est
prendre autant de risques que de se placer entre le bébé hippopotame et
sa mère.
Quel est l'intérêt de les nommer ? eh bien, comme pour les Batana, le
principe est de transformer l'innommé en nommé, de circonscrire notre
énervement, bref, d'étiqueter le tracas. Et puis franchement, « va
donc, eh, grumeau ! », c'est une insulte qui sonne bien...
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vendredi 9 octobre 2009
Par Docthib,
vendredi 9 octobre 2009 à 18:15 :: Réflexions
Mots-clés :
Dans la chronique "
cinétique du pékin", nous nous sommes cantonnés pour
l'instant à un espace clos et bien délimité : la rame de métro. Avec,
il est vrai, une incursion dans la dynamique, sous la forme de
l'entrée-sortie de la dite rame, et du placement progressif dans la
rame. Mais cela s'apparentait plus au mouvement du pion qu'à la
diagonale du fou. Nous passons aujourd'hui dans un espace de
caractéristiques opposées : une zone sans murs, sans couloirs, sans
obstacles. Exemple : la salle des pas perdus d'une gare ; l'espace
devant les quais ; la Place Carrée sous le Forum des Halles. Et nous
rajoutons une contrainte pas si exceptionnelle : cette salle n'est pas
trop remplie. Ce n'est donc pas la salle d'un concert à succès, mais
plutôt un espace où l'on peut se mouvoir assez librement, mais pas seul.
Un parfait exemple de mouvement d'un gaz dans un espace certes clos,
mais sans obstacles.
En observant ces conditions, on se dit : chic, nulle entrave, chaque
corpuscule (le pékin lambda) va aller au plus simple, c'est-à-dire
qu'il va se déplacer selon une droite depuis son point de départ
jusqu'à sa destination.
Que nenni.

Car d'autres corpuscules se déplacent aussi dans cet espace, et étant
donné que le pékin n'est pas une particule aveugle et insensible, il va
essayer d'éviter les autres (alors que la molécule de gaz, elle, se
contrefiche de jouer aux autos tamponneuses). Ce qui signifie que le
pékin va mettre en oeuvre des mécanismes cérébraux dont il n'a certes
pas conscience, mais qui remontent à l'âge des cavernes et aux
glorieuses périodes de la chasse à la galinette cendrée. Il faut en
effet anticiper les trajectoires des autres pékins, tout en mesurant leur vitesse, le tout sous une contrainte
d'optimisation (prendre le chemin le plus rectiligne possible). Cela
rappellera à une certaine génération le jeu Space Invaders : il fallait
décaniller des envahisseurs, mais de temps en temps, zoupla, il y avait
un vaisseau qui valait cher qui passait en haut de l'écran, alors il
fallait tirer en tenant compte du fait que (1) le vaisseau qui valait
cher se déplaçait vite (2) le missile devait passer entre les
envahisseurs qui étaient méchants aussi mais qui ne valaient pas aussi
cher (la preuve, ils se déplaçaient plus lentement).
Si l'on marquait chaque pékin à la fluoresceine, on verrait que la
trajectoire de chacun s'apparente plus à une ligne brisée qu'à une
droite raide comme la justice. Tel le chauffeur de taxi parisien, qui
emmanche des bouts d'itinéraires les uns après les autres, le pékin
réinvente sa marche. Qui chantera ces oeuvres d'art éphémères, tracés
évanescents sur le marbre froid des capitales inhumaines ?
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jeudi 17 septembre 2009
Par Docthib,
jeudi 17 septembre 2009 à 15:29 :: Réflexions
Mots-clés :
Je saisis l'occasion d'un billet sur
le Standblog pour livrer une mini-réflexion :
- Le jour où tous les journalistes comprendront que ce qui compte, ce ne sont pas les chiffres bruts, mais les ordres de grandeur, l'information aura fait un grand pas. Pour info, il y a déjà 20 ans (si ce n'est plus...), c'était ce qu'on nous assénait en prépa ;
- Exemple 1 : The Billion dollars Gram, ou comment "voir" littéralement les ordres de grandeur ;
- Exemple 2 : (à vous de bâtir votre billion dollars ou TeraWh gram) : Statistiques mondiales en temps réel
- Exemple 3 : le billet de Tristan Nitot sus-cité, sur les ordres de grandeur en terme de CO2 dégagé. Une illustration simple, mais très efficace.
J'attends aussi la personne qui fera une analyse du nombre de victimes de la Grippe A (H1N1, coulé !) par rapport à d'autres pandémies (j'inclus l'alcool).
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mardi 7 juillet 2009
Par Docthib,
mardi 7 juillet 2009 à 12:08 :: Réflexions
Mots-clés :
En d'autres temps, et pour d'autres raisons, j'apprécierais la
dématérialisation des factures papier. En effet, l'argument écologique
est non négligeable : économie de papier, d'enveloppe, de transport de
courrier. Mais ces factures électroniques présentent plusieurs
inconvénients :
- D'abord, la démarche est inversée. Autrefois, on recevait
(mode passif) une facture papier, elle était livrée à domicile à
échéance fixe. Aujourd'hui, par exemple pour les comptes bancaires, on
doit penser à se connecter régulièrement (mode actif) pour consulter
ses comptes. C'est un argument qui semble de peu de poids, mais il a
son importance pour moi : je cherche depuis des années à me libérer le
cerveau de tâches, to-dos, rappels... Or, dans le cas d'une facture
électronique, il faut faire la démarche d'aller voir, cela rajoute une
chose à laquelle penser.
- J'en viens à mon souci principal : si la facture est
dématérialisée, on se connecte finalement assez peu pour la consulter.
Sur les 6 derniers mois, je n'ai probablement jamais consulté mes
factures d'abonnement Internet+téléphonie fixe. C'est pour cela que je
ne veux pas passer aux factures électroniques pour mon téléphone
portable : cela me priverait de ma vigilance sur les sommes dépensées
au-delà du forfait.
- De là, mon impression du jour : sous le couvert d'un
discours écologique qui les arrange bien (green washing), les
différents opérateurs doivent finalement se frotter les mains de voir
tant de personnes passer aux factures électroniques "consultables en
ligne". Parce que personne ne les consulte, ou avec retard. La facture
électronique, c'est la fin de la vigilance sur les comptes. Cela me
rappelle un conseil - à mon avis très juste - sur les to-do listes : si
vous faites votre to-do liste sur un ordinateur, imprimez-la. Si ce
n'est pas imprimé, vous ne ferez pas les tâches.
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mardi 30 juin 2009
Par Docthib,
mardi 30 juin 2009 à 17:24 :: Réflexions
Mots-clés :
Que ce soit dans les quêtes spirituelles (religions), intellectuelles
(philosophies) ou comportementales (psychologie, développement
personnel), je trouve que l'on retrouve des thèmes communs. Ainsi, quel
que soit le chemin emprunté (une pratique religieuse, le coaching, la
lecture et la réflexion sur soi-même...), j'ai l'impression qu'on en
revient régulièrement aux mêmes "valeurs" fondamentales, ou "principes"
fondateurs. J'ai donc essayé de les écrire. À ce jour, ils sont au
nombre de 7. L'ordre choisi importe peu.
- Les
autres ne changeront pas. Mais on peut se changer soi-même. C'est
douloureux,
c'est difficile, mais ce n'est pas impossible.
- Vivre maintenant. Pas dans l'angoisse de demain, ni
dans le regret d'hier. Vivre à cette minute. Et la suivante. Et celle
d'après.
- Les faits sont les faits. Mais notre perception est
différente. Les faits ne changeront pas. Mais notre perception peut
changer. D'un mal peut jaillir un bien.
- Respirer profondément. Peut-être l'unique conseil. Respirer
profondément.
- Ecouter
- écouter les autres
- s'écouter soi-même
- écouter l'environnement
- Chaque chemin est personnel. Ne juge pas.
- La perfection n'existe pas. C'est une direction, pas un
état que l'on peut atteindre.
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vendredi 12 juin 2009
Par Docthib,
vendredi 12 juin 2009 à 08:04 :: Réflexions
Mots-clés :
Appelons anaxabulle une figure de style (de rhéthorique ?) où des termes identiques en termes d'assonance permettent de construire plusieurs phrases avec du sens. Oui, je sais, c'est toujours mieux quand on donne un exemple.
- J'ai tout fait : j'étouffais...
- C'est épatant !
- C'était pas tant : c'était patent.
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mardi 2 juin 2009
Par Docthib,
mardi 2 juin 2009 à 19:45 :: Réflexions
Mots-clés :
Plus l'outil / le serveur / la réforme est chiant(e), plus il aura un nom chiadé, pour faire rêver les mamies ou les cadres. Mais les cadres ne rêvent plus, coco, ils pédalent. Alors moi j'en ai marre des Cap 5000, Equilibrance et autres Symphonie pour nommer respectivement une campagne de réduction des coûts, un contrat d'assurance-décès et un serveur de documents juridiques.
Parlons vrai, appelons incha incha.
- Vous voulez licencier des salariés ?
- Le Grand Dégraissage
- Soleil vert
- Victor le Nettoyeur
- Dexter
- Vous voulez vous recentrer sur vos actifs stratégiques ?
- Grande braderie
- Napalm et sulfateuse
- Zen et bombe H
- Vous voulez conquérir de nouveaux marchés ?
- Opération pots de vin
- Boléro et saut de haies
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Par Docthib,
mardi 2 juin 2009 à 11:00 :: Réflexions
Mots-clés :
Pour ceux qui parlent beaucoup par métier (suivez mon regard) ou ceux qui font des présentations orales (c'est la période des soutenances...), il y a une tendance à rajouter des mot "pour remplir". Probablement pour se chauffer, ou bien pour se rassurer du débit ronronnant du discours, ou encore pour véhiculer un message ("prêtez attention"). J'ai commencé une mini-liste pendant une insomnie, mais je suis sûr qu'il y en a d'autres :
- Il faut se rendre à l'évidence,
- Il ne faut pas se voiler la face
- Il faut comprendre que
- ... de France et de Navarre...
- en quelque sorte
- entre guillemets
- entre parenthèses
- jveux dire
D'autres mots parasites ?
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