Blogthib, ou thibierge.flou

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A propos

Ce blog est le pendant flou et libre de thibierge.net. L'auteur vit essentiellement dans le monde cyber et nocturne. Il surgit parfois dans le monde réel pour donner des cours et boire des expressos. Il passe aussi une partie de son temps à collecter les batanas et ubuntus. Ah oui, il met aussi progressivement en ligne un roman.

jeudi 3 juillet 2008

I lost my faith

Cet après-midi (oui, c'est comme météore, cela accepte le genre masculin ou féminin), vers 16h , j'ai perdu la foi. Ce que j'enseignais était nul, et était enseigné de manière nulle. J'en étais désolé pour mon public. Ce soir, vers 19h50, après une bière et un Long Island Iced Tea, je me suis retrouvé.
Cocon, Chrysalide, Papillon, je n'en suis pas encore à déployer mes ailes, mais j'ai vu l'ouverture du cocon.
Je fais un métier d'artiste, je suis la version très modeste, très humble, d'une artiste comme Fabienne Verdier.
A des éons de distance, je parcours un chemin parallèle : arriver à transmettre quelque chose.
Et le groupe que j'avais aujourd'hui le méritait. Je veux dire, il y a des fois, je fais mon métier, mais je ne suis pas sûr d'être utile, je délivre la performance attendue, celle qui était inscrite au cahier des charges. C'est rare, mais ça arrive, c'est comme le chirurgien qui essaie de ne pas s'impliquer émotionnellement, sinon cela va perturber ses gestes.
Mais il y a d'autres fois, je sens qu'il faut que je fasse un effort particulier, tout simplement. Une manière de se réinventer, pour être meilleur.
Et évidemment, il n'y a pas de limite. Montrez-moi une personne qui dit "j'ai atteint le top de mon art" et je rigolerai. Ou, plus souvent, j'aurai pitié.

samedi 22 décembre 2007

Le Jardin secret des profs - Thibillet par procuration

Le (long) texte qui suit, entre guillemets, n'est pas de moi, mais d'Atchoum. Les accros aux flux RSS l'auront vu apparaître en commentaire d'un thibillet qui, outre son contexte musicalo-seventies, parlait de pédagogie, et comme le sujet me semble très intéressant, je cite intégralement Atchoum (texte entre guillemets), puis je livre quelques idées personnelles (si j'ai le temps maintenant, sinon, ce sera pour plus tard, y a des trompettes de la mort à aller acheter).

"L'autre jour à la radio, Alexandre Jardin développait une idée que j'aime bien. On n'est pas obligé d'apprécier Alexandre Jardin, comme auteur ; perso j'aime bien, surtout le bouquin sur la méthode Eriksson, mais passons. Là, son idée était la suivante.

Les profs sont - presque toujours - de bons élèves. Ou d'anciens bons élèves, si vous voulez. Ils se sont rarement trouvés eux-mêmes en situation d'échec scolaire. Il suffit de voir comme il est difficile de passer le CAPES, et je te parle même pas de l'Agrég.
Non seulement ce sont de bons élèves, mais en plus ils ont certainement choisi d'enseigner la matière qu'ils préféraient, celle qu'ils maîtrisaient le mieux, dans laquelle ils éprouvaient à la fois du plaisir et de la facilité (ce qui va souvent de pair). Par exemple, moi qui ai toujours été nul en dessin, si j'enseigne un jour, ce qu arrivera sûrement, je vous garantis que ça ne sera pas le dessin. Les maths, tant que tu veux. Le français ou l'anglais, admettons. La finance... bon, on verra. Le dessin, je crois que ça va pas être possible. En même temps, me direz-vous, tant mieux pour les élèves ! Ouais.

La conséquence de cela, c'est que les profs ont tendance à perdre contact avec leur public. Comment quelqu'un qui a toujours été "doué" en mathématiques pourrait-il réellement comprendre un élève incapable de résoudre une équation à une inconnue ? S'il n'a pas vécu dans sa chair la frustration de ne rien piger à ce que dit le prof, d'essayer pourtant mais de n'arriver à rien, et d'avoir en face de lui quelqu'un qui lui dit : "Mais enfin, c'est évident ! Qu'est-ce que t'as dans le crâne ?", comment éviter de reproduire précisément ce comportement ?

J'ai un ami qui est un peu dans ce cas. Universitaire. Brillant, thésard, spécialiste de la civilisation américaine. Jeune prof d'anglais dans un collège ; pas facile, le collège. Il ne comprend pas que ses élèves puissent être "aussi nuls" en anglais. C'est normal ! Depuis des années, il ne côtoie que des étudiants aussi brillants que lui et des professeurs qui l'étaient déjà avant lui ! Et on bombarde ce pauvre gars pour enseigner l'anglais à des troisièmes en difficulté. Dialogue quasi-impossible. Blocage. Il les déteste, et ils le lui rendent plutôt bien.

La solution ? L'idée de Jardin, c'est d'encourager les profs à se souvenir de leurs propres situations d'échec. Même si ce sont de bons élèves, ils ont bien dû à un moment subir cet échec, peut-être dans une autre matière, celle qu'ils n'auraient jamais choisi d'enseigner. Se replonger dans ces souvenirs-là. Se rappeler, peut-être, comment ils s'en sont sortis. Utiliser cette situation pour se mettre à la place de leurs élèves. Souffir avec eux. Com-pâtir. Et, peut-être, se souvenir que les maths, c'est facile, pour eux, mais pas pour tout le monde. Comme les échecs, le tennis, l'écriture, ou le dessin.

J'aime bien cette idée parce qu'elle est ancrée dans la réalité. La plupart des profs que je connais sont comme ça. Déconnectés. Ce n'est pas qu'ils ont oublié comment ils étaient comme élèves, au contraire, c'est qu'ils s'en souviennent trop bien."

Ma première idée, très rapide, parce que je n'ai pas le temps de développer les autres pour l'instant : ne pas sur-réagir, Atchoum parle d'Alexandre Jardin qui parle des profs (plutôt du secondaire) en général. Donc ne pas se sentir directement concerné ou attaqué (je pense aux profs qui peuvent lire ce texte), mais essayer de garder un ton raisonneur "tiens, voilà une hypothèse intéressante, creusons-la de manière dépassionnée".
Je vais donc essayer de parler de manière dépassionnée, mais forcément, je ne vais parler que de moi. C'est un biais, mais la discussion reste ouverte, viendez viendez.

  • Personnellement, je suis venu à l'enseignement, non pas parce que je savais, mais parce que je savais expliquer. Et je suppose que je ne suis pas le seul. Un de mes collègues, quand on lui demandait "vous êtes prof de quoi ?", répondait "prof d'une séance d'avance sur les étudiants". Je ne crois pas qu'il avait tort, ni qu'il était si péjoratif que ça : il soulignait que sa valeur ajoutée ne venait pas de la connaissance (dont on peut toujours se remplir), mais de la forme d'enseignement (le flux d'écoulement qu'on déverse). C'est aussi l'origine de mon combat, quand je dis "je suis prof de finance, et le mot important , là-dedans, c'est prof", même si la plupart des gens m'étiquettent comme "financier" ou "économiste" (si seulement...).
  • Il y a probablement quelque chose de pourri dans le système de formation des profs. Mais là il faut dissocier : je ne vais parler que de ce que je connais, le supérieur, ce qui limite mon propos, car Alexandre Jardin parlait des profs du secondaire probablement. Dans le supérieur, pour devenir prof, il faut être docteur, donc avoir soutenu une thèse, donc avoir démontré qu'on était un chercheur. D'où l'équation, hélas peu mathématique "bon enseignant = bon chercheur". Eh ben c'est faux coco, et c'est là où Jardin et Atchoum ont parfaitement raison. Dans la majorité des cas, il n'y a jamais un seul cours de pédagogie dans les formations doctorales. On y apprend l'épistémologie, la méthodologie, l'économétrie... mais pas comment parler en public. D'où des générations de jeunes chercheurs brillants qui (1) ont énormément de mal à s'adapter à un public exigeant (2) frustrés de faire du B.-A. BA, alors qu'ils voudraient disserter des dernières avancées de la recherche.
  • Je pense personnellement qu'un bon prof pourrait expliquer n'importe quel sujet. C'est sa fonction. Et même si je comprends la finance, je n'ai jamais été un excellent élève en finance. J'ai planté mon cours de finance deuxième année. Je me souviens
à continuer

lundi 17 décembre 2007

J'ai encore rêvé d'elle

... Nan, c'est faux, c'est la première fois que je rêvais d'elle, mais c'était pour faire claquer un titre que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître.

J'ai rêvé d'elle dans un cadre professionnel (je suis sûr que vous vous attendiez à autre chose, petits cochonnets !), et c'était super intéressant. Elle parlait de pédagogie et disait "Nous, les profs, en règle générale, nous ne nous focalisons pas sur XXX, ce qui fait que nous nous rabattons, finalement, sur ce que nous savons faire, et qui demande le moins d'efforts : la répétition. Mais si nous intégrons XXX, cela change tout".
Les XXX marquent l'emplacement de l'idée géniale qu'elle développait, l'analyse profonde qui m'avait mis sur le cul, me disant "bon sang, c'est tout-à-fait ça, quelle puissance dans le raisonnement". Et, comme vous vous en doutez, j'ai tout retenu, sauf ce XXX...
:-(
PS : je me rends compte que ce XXX risque de me faire monter dans les résultats des requêtes classiques sur les moteurs de recherche. Tant pis, je laisse, la pédagogie intéresse tout le monde !

mardi 11 septembre 2007

Rhaa !!

Merci à l'excellentissime Boulet (en vente dans toutes les bonnes librairies) pour cette référence à point nommé. Rédiger des polys de cours, ça commencer à me briser les amandons. Des heures pour un graphique. Et c'est pas fini. J'irais bien courir, tiens, mais faut que je finisse ce bouclage de poly de mes marmites à deux poignées...


- ça va ?
- comme une rentrée...









Dessiner à l'écran

Cela irait bien dans la rubrique "productivité", mais je trouve qu'il manquait une rubrique "prof", alors...
J'utilise des petits outils pour mon enseignement, tels que souris radio (télécommande, quoi), horloge qui se met en transparence par dessus, lecteur rapide de PDF, et il me manquait un utilitaire de dessin sur écran, qui me permette de dessiner sur n'importe quel type de document affiché à l'écran (notamment du PDF, mais aussi du tableur, une page web...). Comme tous mes petits utilitaires, le cahier des charges était le suivant :
  1. Freeware (ce qui ne m'empêche pas de donner quand j'utilise intensivement, je n'ai jamais vu quelqu'un refuser un don)
  2. Ne doit pas demander une installation ou des programmes additionnels. Doit être auto-exécutable depuis ma clé USB.
  3. Doit être simple.
  4. Doit être léger. Plus de 1 Méga, c'est lourd, moins de 100Ko, c'est le paradis.
  5. Doit tourner sur Windows, parce que c'est ce que j'ai en environnement professionnel.
J'ai passé plus d'une demi-heure à chercher l'oiseau rare et à tester différents utilitaires. La recherche a été tellement fastidieuse que je me suis dit que cela méritait une petite note, pour augmenter la visibilité du sujet (je ne suis pas le seul enseignant à chercher ce type de programme).

De manière étonnante, il existe des dizaines de programmes sous MacOS, très peu sous Windows. Et les programmes sous Windows demandent des modules complémentaires (.NET) ou ont vraiment des problèmes d'ergonomie. (dessiner à la souris "au-dessus" d'un document ne devrait pas empêcher de reprendre la main).

Je suis enfin tombé sur une petite merveille, simple, léger, discret. Qui plus est, c'est un programme Microsoft, on ne dira pas que je ne suis pas oecuménique. (enfin, c'est une société indépendante qui offrait ce genre de services, et elle a été rachetée par Microsoft, c'est donc presque un programme Microsoft.)

Il s'agit de ZoomIt, qui fait 44 Ko, et qui répond à tous mes besoins de scribouilleur invétéré. Il ne reste plus qu'à trouver une télécommande Wii et wifi pour dessiner dans l'air...