Blogthib, ou thibierge.flou

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A propos

Ce blog est le pendant flou et libre de thibierge.net. L'auteur vit essentiellement dans le monde cyber et nocturne. Il surgit parfois dans le monde réel pour donner des cours et boire des expressos. Il passe aussi une partie de son temps à collecter les batanas et ubuntus. Ah oui, il met aussi progressivement en ligne un roman.

samedi 22 décembre 2007

Coup de chapeau 2 - Editeur et Editeuse

Lui, il est directeur financier. Et éditeur. Et il me dit :
- "L'autre jour, mon PDG me parle d'un terme barbare en finance. Je prends ton livre (que, à ma grande honte, je n'avais jamais ouvert), et déjà, bon premier contact, je trouve ce terme dans le glossaire. De là, je me mets à lire (ce livre que, à ma grande honte, j'avais édité, mais jamais lu). Et voilà, tu as fait le livre que je rêvais d'éditer."
Vous me connaissez, je me considère comme sorti de la première cuisse de Jupiter. Mais là, j'avoue que ce compliment m'a fait énormément de plaisir. Tout ça pour 160 pages qui sont de moi, uniquement que de moi.
On est allés fêter ça à coups de Côte Rotie et de cotes de porc aux truffes, pomme de terre au foie gras.
Je n'ai toujours pas atterri :-)

mardi 27 novembre 2007

Livre lu - De cape et de crocs, tome 8 : le maître d'armes

Ah je l'attendais depuis un an, depuis Chasseurs de chimères. Mazette, un an et demi !
J'attendais ce Maître d'armes, dont je devinais l'identité (comme une évidence).
Ce tome est superbe. Superbes dessins, à l'aérographe (?), cristallins, aérés, superbes couleurs de soleils couchants, de nuits. Maîtrise parfaite des expressions de visages, des postures, souvent façon Comedia dell'Arte. Certains se plaindront peut-être de l'abondance d'alexandrins, moi je me délecte.
Et cette fin, façon Siège d'Arras, c'est terrible, avec une idée absolument géniale pour les couleurs.
Je suis fan, depuis le début, et je ne suis vraiment pas déçu. Il n'y a plus qu'à attendre de longs mois pour le prochain tome. Tiens, pour patienter, je pourrais relire La princesse lointaine, ou bien lire Les Musardises, d'un certain... Edmond Rostand.

NB : malgré le ton dithyrambique, ce thibillet n'a pas été sponsorisé. J'écris skeuj veux.

vendredi 19 octobre 2007

Livres lus dont je ne ferai pas la critique

J'ai arrêté la rubrique "Livres lus", d'abord à cause du retard pris, et ensuite parce que plusieurs lecteurs que j'avais rencontrés dans le monde réel m'avaient dit ne pas lire ces thibillets, trop longs.

Néanmoins, pour la mémoire (c'est un des objectifs de ce blog pour moi), voilà la liste des livres lus les derniers mois, avec commentaire, ou pas.

Livres lus
  • Sébastien Japrisot - Le passager de la pluie
  • Erri De Luca - Acide, Arc-en-Ciel. Difficile.
  • Stanislas Lem - l'invincible. Auteur de science-fiction très stimulant, très imaginatif. Il faut que j'achète son Solaris.
  • Simenon - la boule noire. J'aime bien Simenon quand il quitte Maigret pour inventer d'autres histoires. J'avais beaucoup aimé Ceux de la soif. Là, c'est sa période américaine (il y a aussi Le fond de la bouteille dans la même veine).
  • Simenon - Strip-tease. J'ai été moins convaincu. Mais c'est toujours du Simenon.
  • Simenon - L'homme de Londres. Superbe, ça donne aussi envie de lire La mauvaise étoile, l'histoire pitoyable de tous ces personnes à qui il suffisait de peu pour réussir. Mais inéluctablement...
  • Simenon - Les gens d'en face. Presque étouffante, ou frustrante, cette histoire où le personnage principal est perdu dans une ville et un régime communiste qu'il ne comprend pas.
  • Robert Silverberg - Les masques du temps. Silverberg était un souvenir de jeunesse, c'est distrayant, mais c'est de la science-fiction un peu molle, ça me distrait, sans plus.
  • Jack London - La piste des soleils. Le grand écrivain américain, l'homme qui s'est fait tout seul. Plusieurs nouvelles. Toujours un très bon moment, même quand l'intrigue a lieu dans la campagne anglaise.
  • Andrea Camilleri - La première enquête de Montalbano. J'aime bien Camilleri quand il écrit des nouvelles, avec toujours ce style, cette langue qu'on déguste. (et l'on ne dira jamais assez le travail excellent du traducteur, Serge Quadruppani)
  • Aarto Paasilinna - Le lièvre de Vatanen. Beau roman écolo et philosophique.
  • Aarto Paasilinna - Le fils du Dieu de l'Orage. Plus amusant, moins profond, mais quelques idées à mettre en perspective de mes (futurs) articles sur le bonheur.
  • Philip K. Dick (et Ray Nelson) - Les machines à illusion. Dick, c'est souvent à plusieurs niveaux, et je ne comprends pas tout. Là, j'ai pas compris grand chose, c'est frustrant.
  • Andrea Camilleri - L'opéra de Vigata. Dans le genre de La concession du téléphone, roman historique, avec histoire mélangée, c'est du Waltenberg, mais en plus compréhensible... et méditerranéen. Un côté "je saisis le prétexte d'une histoire pour brosser le panorama d'une époque".
  • Jean-Philippe Toussaint - Fuir. Avec les années qui passent, il garde sa distance, mais ses écrits perdent de l'humour des premiers livres (La salle de bains, La télévision, L'appareil-photo). Cela donne des textes plus angoissés, ou angoissants. Mais bien travaillés, très bien écrits, bien sûr. Cela ne correspond plus trop à mon envie de légèreté.
  • Dennis Lehane - Coronado. Des nouvelles noires, une d'entre elles (En observation) ressemblant à du Paul Auster, les autres ressemblant à du Dennis Lehane, et aussi, ah oui, James Crumley dans Un pour marquer la cadence.
  • Hermann Hesse - Siddhartha. Très beau livre, à multiples interprétations. J'ai enfin compris la réincarnation, et le mécanisme qu'il y a derrière, en lisant ce livre. A relier avec Mathieu Ricard et le bouddhisme, bien sûr.
  • René Girard - Celui par qui le scandale arrive. Essais très intelligents, un peu trop pour moi. Le bouc émissaire et sa sacralisation. Cela m'a inspiré une idée de thibillet, non encore pondu : René Girard et Rocky. Tout un programme :-) Michael Connelly - Le cadavre dans la Rolls. Intéressant, bien écrit, mais loin derrière Le Poète ou Créance de sang, je trouve. J'attends Les égoûts de Los Angeles. Henri Queffelec - Un recteur de l'île de Sein. Très beau roman écrit par le Giono de la Bretagne, c'est âpre et poétique. Vladimir Nabokov - Chambre obscure. Encore une nymphette, une passion hors mariage, de la manipulation, tout cela écrit de manière très classique. Bref, une répétition (au sens, un première préparation) sur le thème de Lolita.
Livres relus
  • Dennis Lehane - Mystic River (et film re-regardé quelques semaines après)
  • Fred Vargas - Coule la Seine
  • Fred Bargas et Baudoin - Les quatre fleuves. (et toujours l'envie de dessiner Danglard...)
  • Manuel Vasquez Montalbàn - Le petit frère.

lundi 24 septembre 2007

500 pages

Pour ce 500ème billet, je vais faire ce que je n'avais pas fait pour le 400ème : rédiger un thibillet à géométrie variable, qui s'enrichira au fil des mois.
Le 100ème thibillet n'était pas du type "rapport d'étape", mais tout bien réfléchi, il était - et reste toujours - d'actualité. Le 200ème thibillet faisait le point sur les Batanas et Ubuntus collectés, glânés, inventoriés, par tous et toutes (et c'est pô fini). Le 300ème thibillet regroupait (et c'est pô fini) les pages de mon roman en ligne, que je ferais bien de reprendre un de ces jours (mais je bloque sur une illustration musicale, vous saurez tout...).
Le 400ème thibillet a eu lieu, mais n'a pas été un thibillet "récapitulatif", je l'ai regretté après coup, mais bon, hein, ho.

Donc, de quoi qu'on cause maintenant, hein ? De livres. Un peu de synthèse, que diable, parce qu'il y a livres et livres. Et c'est donc parti pour une liste à géométrie variable.
Enfin, et c'est le plus important : je m'étais dit qu'il fallait que je recense quelque part les recommandations qu'on m'avait faites dans ce bleug (car j'avais demandé de l'aide). Voici donc la liste, par essence évolutive, de tout ce que l'on m'a recommandé (avec, si j'ai lu depuis, une critique lapidaire et consternante dudit ouvrage recommandé) :
  • Kazuo Ishiguro, Never Let me Go
  • Jonathan Coe, Le Testament à L'Anglaise ou La Maison du Sommeil
  • Damien Owens, Les trottoirs de Dublin
  • Jay Mc Inerney, Le dernier des Savages
  • Robert Mc Liam Wilson, Euréka Street - lu. Pas mal, des bonnes idées, mais je n'ai pas accroché plus que ça. Il y a de l'humour, c'est détendant, mais je ne sors pas en me disant "bon sang, quel bon livre"
  • Maxence Fermine, Billard blues (ou Neige ?)
  • Une vie francaise - Jean-Paul Dubois
  • Les cerfs volants de Kaboul - Hosseini
  • Dalva - Jim Harrison - dans ma bibliothèque depuis des années, vanté par quelques uns, il attend toujours mon bon vouloir...
  • Histoire de Pi. - Yann Martel
  • La maîtresse des épices - Chitra Banerjee Divakaruni
  • A marche forcée - Slavomir Rawicz
  • Le Grand Cahier - Agota Kristof
  • La tache - Philippe Roth. Lu, pas jusqu'au bout. M'est un peu tombé des mains.
  • Waltenberg d'Hedi Kaddour - imbitable. Ce genre d'écriture syncopée me perd totalement. Je suis pas assez multichrone, je comprends rien.
  • Selby Jr. Hubert Le démon
  • Samuel Beckett, Molloy
  • Paco Ignacio Taïbo II - A quatre mains, ou Nous revenons parmi les ombres
Les polars
  • Michael Connelly - Les Egouts de Los Angeles, Le Dernier Coyote, Le Cadavre dans la Rolls (lu, apprécié, mais beaucoup moins inquiétant que Le Poète), Deuil Interdit
Pour les lieux particuliers,
  • "Passing time in the Loo", auteur à trouver
Et puis les "incontournables" de Cuné :
  • Pat Conroy Le prince des marées
  • Richard Powers Le temps où nous chantions
  • Harry Mulisch La découverte du ciel
  • Martin Winckler La maladie de Sachs
  • Ian Levison Un petit boulot
  • David Adams Richard La malédiction Henderson
  • Laars Saabye Christensen Le demi-frère
  • Au moins un de leurs romans, n’importe lequel :Russel Banks, André Brink, Richard Russo, Christopher Priest, Ernest Hemingway,
  • Les québécois : Michel Tremblay, Gabrielle Roy, Francine Noël, Mordecaï Richler, Yves Thériault,
  • Les rigolos :
    • Will Ferguson Bonheur, marque déposée
    • Helen Hanff 84, Charing Cross road - oui, très joli, et poignant, finalement.
    • Philippe Jaenada - j'avais bien apprécié son "Chameau sauvage" mais le début était trop prometteur, et la fin trop classique.
    • Mathew Beaumont E-mail story
Enfin, les BDs (merci à l'inconnu du 3ème étage), et mes commentaires, sont (encore un thibillet à faire évoluer).

mardi 24 juillet 2007

ça sent le book...

Achetés neufs
  • Andrea Camilleri - La première enquête de Montalbano (je suis en train de lire, du même, Le tour de la bouée, et je relis, le soir, Dans les bois éternels, de Fred Vargas)
  • Arto Paasilinna - Le fils du dieu de l'Orage
  • John Steinbeck - Lune noire
  • Jack London - La piste des soleils
  • Hermann Hesse - Siddharta
Achetés d'occasion chez mon bouquiniste
  • Conan Doyle - Souvenirs de Sherlock
  • Jean Rouaud - Le monde à peu près
  • Henri Queffelec - Un recteur de l'île de Sein
Offert par mon bouquiniste (je dois être sa plus grosse part de marché)
  • Jean Rouaud - les champs d'honneur
Un hamac, du soleil, et far niente...

vendredi 18 mai 2007

Livre lu - Hervé Kempf : Comment les riches détruisent la planète

J'ai arrêté de commenter les livres que je lisais, par manque de temps. C'est dommage, mais comme par ailleurs, certains amis blogueurs m'avaient dit qu'ils zappaient systématiquement mes analyses de livres, je vous demande un peu à quoi ça servait que je me décarcasse.
Cela dit, j'ai beaucoup aimé récemment Le lièvre de Vatanen, d'Arto Paasilina, mais chut, je ne vous ai rien dit.

Donc, si je m'y remets cette fois, c'est parce que la Grande Loulou m'a fouetté. Et comme j'aime ça, je m'exécute.

Haha, c'est excellent : j'avais rédigé une trentaine de lignes argumentées, pof, coupure de courant, mon ordinateur passe sur batterie, je me dis "fieffé rusé que tu es, sauvegarde donc avant d'aller rétablir le courant". Je clique donc sur "Enregistrer", le petit bouton qui envoie le texte à mon bleug. Sauf quand la Freebox est coupée, pour cause de disjoncteur fébrile. Moi tout perdu.
Bon, ça m'apprendra à trouver un moyen de faire des sauvegardes sous mon éditeur de texte, encore un truc à mettre dans ma rubrique Productivité.
En attendant, salut mon vieux, la critique du bouquin de Kempf, ce sera pour plus tard (ou jamais), je vais pas me refarcir tout ça maintenant.

mardi 6 mars 2007

Livre lu : Dennis Lehane - Mystic River

C'est donc un livre de Dennis Lehane, dont a été tiré le film éponyme de Clint Eastwood. J'en avais parlé ici.

Dennis Lehane, Mystic River, Rivages / Noir, 2004, 290 p.

Je n'ai que quelques mots à dire, car j'ai beaucoup aimé, et que le film de Clint Eastwood était très peu présent dans ma tête (mais Jimmy était Sean Penn, Sean était bien Kevin Bacon, Dave Boyle était Tim Robbins, et Lawrence "Matrix" Fishburne campait un Whitey tout à fait acceptable). Ceci est un superbe livre, et Dennis Lehane est bien plus qu'un écrivain de polars. Malgré mon plaisir à retrouver ses deux héros, Patrick Kenzie et Angelina Gennaro, je me rends compte que les meilleurs romans de Lehane sont ceux où il a des personnages "juste pour une fois".

Tout peut être résumé dans cette Correspondance :il y a du Steinbeck dans ce roman, celui de A l'est d'eden, ou de Dans un combat furieux, et probablement aussi du Sergio Leone, celui d'Il était une fois en Amérique. Des personnages qu'on ne connaissait pas hier, mais qui nous sont frères de misère et d'incertitude. Si je me lâchais (mais je ne me lâche pas), je dirais : écrivain métaphysique.

lundi 12 février 2007

Livre lu - Jean Giono : Ennemonde et autres caractères

Bien à la bourre sur pas mal de sujets + petits soucis personnels.
J'ai pas mal de livres en retard, j'en reviens donc à mon propos initial : je parlais de ces livres pour garder une trace des citations qui me plaisaient (avec le tag citation, c'est rapide après coup d'en établir la liste exhaustive).

Ennemonde et autres caractères, donc (de Jean Giono, Collection Soleil, Gallimard, 1968, 172 p.)

Une puissante étude de caractères, qui emprunte à Emile Zola et à Andrea Camilleri, en se démarquant. Zola, pour faire simple, analyse du dehors. C'est l'environnement social, ou les coups du sort, qui façonnent les individus et leurs actes. Chez Giono, c'est plus la nature (forcément sauvage, indomptée) et l'entourage (la famille, le village) qui expliquent les caractères - mais Giono a la modestie de dire qu'il essaie d'expliquer, il s'y reprend souvent plusieurs fois, avec des images, et il reste toujours une facette de mystère.
Andrea Camilleri esquisse les traits à coups de dialogues. Il en arrive à définir l'homo sicilianus avec une précision qui est tout sauf scientifique, on en sent plus l'approche pragmatique, mais ô combien savoureuse (j'en dirai plus, peut-être, en parlant de L'Opéra de Vigata).

Giono, donc. Un seul passage, parce qu'il condense, sous forme d'exemple parmi tant d'autres, la poésie de Giono.
Le ciel est transparent. L'air enivré. Le vent fait dans les sapins le bruit de la mer. L'herbe se couche, la lavande tremble. Des tuiles cliquettent comme si quelqu'un marchait sur le toit. Le vent fait sonner la profondeur des citernes. Les chemins fument, les hêtres s'agitent, les bouleaux se balancent, les peupliers scintillent, le vent court dans les herbes comme un renard. L'arche des murs sifflote. Les loquets dansent dans leurs gâches. Les volets arrêtés frappent sur leurs crochets ; une porte d'étable grince. De la paille vole. Le vent roule des blocs d'étourneaux comme un torrent des blocs de serpentine. Un corbeau se noie en plein ciel et appelle. Il est déjà loin.
Jean Giono, Ennemonde et autres caractères, Collection Soleil, Gallimard, 1968, p. 104-105.

Quand cherche Serpentine dans Wikipedia, on sort de la poésie. Heureusement, les anglo-saxons ont une longueur d'avance. .

jeudi 8 février 2007

Buzz - démarche de salubrité publique

J'ai le plaisir de vous annoncer la naissance du blog "Objectif zéro sale con", qui sert de support au livre éponyme qui paraîtra en avril (lui même traduit depuis The no asshole rule, en cours de parution aux US). Pour avoir eu la primeur de quelques pages, et du plan, j'avoue que l'auteur m'a l'air documenté, pertinent, et entomologiste dans son approche :-)
C'est mon éditeuse maudite (déjà citée plusieurs fois dans ce bleug) qui récidive, et qui s'attaque à un gisement quasi infini : les sales cons au travail. Le terme lui-même demande à être défini, et c'est ce qu'elle s'attellera à faire dans les prochains jours.
D'ici là (publicité gratuite), n'hésitez pas à la lester de quelques histoires d'enflures, de pète-sec, de crevures au boulot, elle est comme moi : dans un boulot tellement rêvé qu'on ne connaît pas ces basses contingences humaines, tout le monde est gentil chez nous...

jeudi 18 janvier 2007

Livres lus - Dennis Lehane : Shutter Island et Prières pour la pluie

Je n'ai jamais fait qu'effleurer mon plaisir à lire Dennis Lehane. J'ai rencontré l'individu à deux reprises, avec deux media différents. D'abord, je suis allé voir au cinéma Mystic River, réalisé par Clint Eastwood, avec Sean Penn et Tim Robbins. Le film était une tragédie antique, qui aurait pu dériver d'une chanson de Bruce Springsteen (je pense à The Indian Runner). Or, sans que je le sache à l'époque, le film était tiré d'un roman de Dennis Lehane.
Ma seconde rencontre avec Dennis Lehane a eu lieu avec un roman. J'étais en vacances (?) à un endroit où j'essaie souvent de fuir certaines personnes, par exemple en me réfugiant aux goguenots. Dans cet endroit, j'avais non pas une de mes lectures habituelles (celles-ci sont plutôt réservées aux gogues de mon lieu de travail), mais Ténèbres prenez-moi la main (Rivages, 2005, 512 p.).
J'aime bien les romans noirs, c'est une évasion somme toute assez commune, partagée par tous les voyageurs de trains de banlieue. Mais là j'ai eu peur. Ce qu'écrit Dennis Lehane est troublant, inquiétant, ça laisse des images en tête. Et j'avoue que cela m'a bien plu, avec un cocktail que je serais infoutu de décomposer : ce sont des images frappantes, des situations de poursuite ou d'attente angoissée, mais rien de racoleur, rien de gratuit. Je déteste, par exemple, les outrances, que ce soit du sexe ou de la violence, cette complaisance à décrire de manière malsaine des compulsions négatives. Ici, rien de celà, il s'agit le plus souvent d'un ennemi inconnu, dangereux (vraiment dangereux), insaisissable, face au détective privé et sa collègue.
De même que j'avais dit d'Erri De Luca qu'il me nettoyait la tête, je dirais la même chose de Dennis Lehane, mais dans un sens différent évidemment : Dennis Lehane, c'est le bain d'eau glacée après le sauna.
Depuis, j'ai lu Un dernier verre avant la guerre (Rivages, 2005, 343 p.), qui est en fait le premier de la série, puis Sacré (Rivages, 2005, 410 p.) - les esprits sagaces auront remarqué que l'auteur a publié 3 romans en 2005, meuh non, c'est l'éditeur français qui les sort en salves.
J'arrive aux deux derniers. Shutter Island, à l'instar de Mystic River, délaisse le tandem Patrick Kenzie - Angela Gennaro, pour se focaliser sur une autre histoire, d'autres personnages. Shutter Island (Rivages, 2006, 392 p.) est inquiétant au possible. Très peu de violence comme dans les autres romans, mais toute une analyse intérieure. L'enquête d'un agent du gouvernement dans un hôpital psychiâtrique coincé sur une île devient un parcours obsédant vers la vérité. Tout est chausse-trappe, tout est mensonge, et l'ambiance est franchement inquiétante. Un de ces livres qui m'a fait rater ma station plus d'une fois (et pourtant, le coucou dans ma tête est habituellement réglé à l'heure atomique). Et le dénouement en vaut vraiment la peine.
Que dire après de Prières pour la pluie (Rivages, 2006, 477 p.) ? On retrouve avec plaisir le tandem Kenzie-Gennaro, avec en sus ce psychotique de Bubba, pour une histoire encore une fois très inquiétante, qui met mal à l'aise, et ne laisse personne indemne. Du vrai polar bien noir. Et puis, une fois n'est pas coutume, j'y ai déniché une citation :
"Les bestioles nous en voulaient. C'était encore une journée humide, suffocante ; l'eau s'évaporait sous la chaleur à la surface du marécage et les canneberges sentaient plus que jamais les fruits pourris. le soleil cognait fort et les moustiques attirés par notre odeur devenaient fous. [...]
Pendant un moment, j'ai moi-même opté pour une attitude zen consistant à les ignorer, à faire comme si mon corps ne présentait aucun intérêt pour eux. Mais au bout d'une centaine de piqûres environ, j'ai renoncé. Confucius n'avait jamais connu de journées à trente-cinq degrés présentant un taux d'humidité de quatre-vingt-dix-huit pour cent. Dans le cas contraire, il aurait probablement coupé quelques têtes et dit à l'empereur qu'il ne lui offrirait plus de petites phrases bien tournées tant qu'on n'aurait pas installé la clim' dans le palais."

Dennis Lehane, Prières pour la pluie, Rivages, 2006, p. 435-436.
Correspondance : sans grande originalité, je dirais que cela m'évoque Michael Connelly, dont je n'ai lu pour l'instant que Le Poète (Seuil, Points policiers, 2004, 541 p.).

vendredi 22 décembre 2006

Livre lu - Eric-Emmanuel Schmitt : L'évangile selon Pilate

Au retour du semi- et du marathon d'Amsterdam, discussion nocturne dans la voiture qui nous ramenait à Paris. Je parlais du Judas de Marcel Pagnol, une pièce sur laquelle le sort s'est acharné (interprète principal tombé gravement malade, réactions des chrétiens et juifs, difficultés à atteindre l'équilibre financier), mais qui avait une thèse audacieuse.
Judas, le disciple préféré, le plus cultivé, celui qui gérait les ressources financières des apôtres, aurait trahi le Christ sur sa demande ("L'un de vous doit me trahir") (c'est moi qui souligne). A cette occasion, nous avons eu une grande discussion à 5 : un juif pratiquant, un catholique pratiquant, et 3 non alignés (entre athée et agnostique). L'un des participants m'a alors conseillé de lire L'évangile selon Pilate (par Eric-Emmanuel Schmitt, Livre de Poche n° 30 514, 2005, 286 p.)
C'est fait.

Ecce HomoCe livre est composé de deux parties, et d'un supplément :
  • Une première partie (intitulée prologue, mais longue), où Jésus, dans le Jardin des Oliviers, parle et se remémore ce qui l'a amené là.
  • Une seconde partie où c'est Pilate qui parle, et qui enquête.
  • Un supplément, le Journal d'un roman volé, qui est lui-même un petit roman racontant la sortie du livre.
J'ai beaucoup évolué au fil de ma lecture.

  • Phase 1 : oui, c'est une écriture simple, voire simpliste, on y retrouve la thèse de Judas qui trahit par obéissance, mais c'est moins creusé que dans la pièce de Pagnol, tout cela se lit confortablement, se lit vite, ce n'est ni désagréable, ni transcendant.
  • Phase 2 : Pilate est quand même étonnant, il est rationnel comme un romain, et il cherche des explications plausibles à l'inexplicable. Son enquête est une enquête policière, et il est étonnant de ressources, d'imagination, pour chercher le(s) coupable(s) du vol du corps du Christ dans son tombeau. Plus les pages passent, plus le Pilate sanglé dans sa fonction devient un humain, peut-être même (mais l'histoire s'arrête avant) un germe de chrétien.
  • Phase 3 : Ce roman finit sur une phrase majestueuse, et l'on poursuit dans son plaisir avec cette partie rajoutée, ce journal d'un roman volé, où Eric-Emmanuel Schmitt livre ses pensées pendant les derniers mois de rédaction, et les premiers mois de ventes du livre. Là encore, la dernière phrase est étonnante.
Que dire de ce roman (je tiens au terme, autant qu'Eric-Emmanuel Schmitt) ?
Son apparente simplicité n'arrive pas à occulter l'énorme travail, intellectuel et spirituel, de l'auteur. Le lecteur est constamment respecté dans ses convictions, Eric-Emmanuel Schmitt ne démontre pas, il illustre, alternant les données d'enquête (comment crucifiait-on ?) aux pages sensibles, ou drôles, ou profondes. Le tout, je me répête, sous un discours extrêmement simple, qui a presque valeur de parabole.
Je ne sors pas de ce livre en étant (re ?) devenu chrétien, mais voilà un roman que je conseillerais à toute personne ayant un minimum d'ouverture d'esprit, et d'intérêt pour les religions.

jeudi 14 décembre 2006

Livre lu – Laurent Gaudé : Eldorado

Toujours plus loinJ'avais vu que Joséphine et Monsieur Jean lisaient au même moment Eldorado, et comme je suis un vieil ours rabougri sur ses livres de poche achetés d'occasion et ses monomanies littéraires, je me suis dit « sortons de l'ornière et goûtons à un livre fraîchement publié ». Chez le libraire, j'ai hésité devant « La mélancolie Zidane » de Jean-Philippe Toussaint, écrivain que je goûte fort, mais j'ai tenu bon, et j'ai acheté Eldorado (Laurent Gaudé, Eldorado, Actes Sud, 2006, 238 p.). Un peu à cause de la couverture, beaucoup à cause du titre, essentiellement grâce à Joséphine et Monsieur Jean. Et puis aussi, Actes Sud, c'est Paul Auster, c'est cette typographie, cette mise en page et ce papier, un vrai plaisir de lecture, aussi intact que lors de la première fois, quand ma tante m'avait dit : lis ça, c'est un jeune auteur américain assez étonnant. C'était Moon Palace.

Revenons à Eldorado. C'est un bon livre, que j'ai aimé. L'Eldorado, et la fuite, sont de toute façon des thèmes qui me sont très chers. (Je vous avais dit que j'avais essayé de traduire le poème d'Edgar Allan Poe ? Ben je vous le dis... Je le lisais à mes étudiants dans le cours de méthodologie de la recherche).

Correspondances : c'est un livre qui a des résonances fortes avec les écrits d'Erri De Luca. Même capacité à distiller des phrases qui sonnent comme des aphorismes humains, même chant de l'exil (des exils), même sensation de cotoyer des gens qui peuvent être des abîmes, tout en étant d'autant plus humains. Des abîmes d'humanité. Les phrases, elles sont enfoncées une à une comme des chevilles dans du bois tendre, chacune prend sa place, il n'y en a pas une de trop, tout cela sent la belle ouvrage, et l'écrivain qui a du métier.

Et puis il y a quelques correspondances avec des sentiments que j'avais à la lecture, que j'ai encore souvent :
... il était obligé de constater qu'il se détachait peu à peu de sa vie. Ces hommes, si familiers autrefois, lui étaient maintenant comme étrangers. Il les côtoyait avec distance. Il n'arrivait plus à rire avec eux, ne parvenait plus à s'intéresser vraiment à eux. [...] Combien de fois s'était-il senti comme quelqu'un qui vient de faire un pas en arrière de sa vie et constate que le monde continue sans lui, que son absence n'est même pas notée ? Oui, c'était cela. Il n'était plus tout à fait en lui, comme s'il se décollait de sa vie.

Laurent Gaudé, Eldorado, Actes Sud, 2006, p. 104.

Et question perso : à votre avis, pour moi, ça s'applique à qui ? À mes étudiants ? À mes collègues ? À mes amis ? À ma famille ?

Maitenant, à la lumière du commentaire de Christian, je mets de l'eau dans mon vin, ou plutôt, je comprends ce qu'il veut dire, mais je n'ai pas les mêmes mots. Facilité d'écriture ? Je dirais plutôt, écriture fluide, le livre est court (238 pages) et se lit vite. Intrigue convenue et prévisible ? Non, mais c'est vrai qu'une partie de la fin se laisse deviner par avance. Écriture cinématographique ? Certes, mais c'est un point très positif pour moi. Platitude ? Non, certainement pas.
Mais je comprends l'opinion de Christian, j'en vois les racines dans ce roman, même si je n'arrive pas à mettre les bons mots dessus. Des phrases peut-être trop polies, trop travaillées dans leur simplicité. Des sentiments forts, humains, mais sans grande surprise. Une petite impression de dilution. Je m'arrête, je n'en sais rien, c'est ténu.
D'autant plus qu'une autre correspondance, venue pourtant de bien loin en terme de style, me fait penser à Koltès (par exemple Quai Ouest). Et comparer un écrivain à Koltès, c'est quand même lui reconnaître un sens du langage et du travail des phrases.

Et puis, en note de fin : ce roman m'a donné envie de lancer l'impulsion pour le projet Magnolia. Je ne sais pas si cela apparaîtra sur ce blog avant fin décembre, ou s'il faudra attendre janvier, mais pour des raisons symboliques, j'aimerais que la nouvelle année, et le premier anniversaire de ce blog, ne passent pas sans que Magnolia n'aie commencé à paraître.

mercredi 13 décembre 2006

Goûts de chiottes

J'ai deux types de lectures dans ma vie :
  • les lectures de transport en commun (ou de plumard, mais le plumard peut aussi être un endroit de transports, idéalement en commun)
  • les lectures de chiottes
Les secondes doivent répondre à un cahier des charges précis :
  • ne pas être des romans, car
  • pouvoir être saucissonnables en x fois 5-10 mn
  • ce qui suppose un propos simple, facilement mémorisable (« où en étais-je ? Ah oui... »), et un ensemble de petites notions agglutinées, plutôt qu'un long développement linéaire. Pour donner un exemple, je pense qu'il est difficile de lire Proust aux chiottes. Ou Kundera, et même Giono.
  • La lecture de chiottes doit aussi tenir la distance, puisque, mettons, à deux fois par jour, 2-3 pages chaque fois, il faut entre 50 et 100 jours ouvrés pour finir un livre de 300 pages. (enfin, je ne sais pas, ça dépend des personnes. Par exemple, à mon travail, les chiottes de l'étage ont une porte qui est verrouillée depuis 3 jours. Soit c'est une personne qui lit Guerre et Paix, soit c'est le pire cas de constipation que j'aie jamais vu).
Quelles ont été mes dernières lectures de chiottes (au travail) ?
  • Fractales, hasard et finance, de Benoît Mandebrot, qui hélas est tombé dans la cuvette m'est tombé des mains (trop compliqué)
  • Le monde tel que je le vois, d'Albert Einstein
  • Introductory Finance Textbook, d'Ivo Welch, qui m'a pris presque 1 an
  • Crabe, de Marc Behm (OK, c'est un roman, mais tellement foutraque qu'il peut se lire - sans problème, et avec plaisir - en 50 fois)
et depuis quelques semaines :
  • Entrepreneur malgré moi, d'Yvon Chouinard
Ce dernier livre est une vraie bonne surprise. J'y ai participé, certes, mais de manière très limitée, même si je suis remercié (merci à mon éditeuse) : souvenez-vous, il s'agit de cette recherche sur Chateaubriand qui avait donné lieu au Grand Google Game et sa suite. Mon éditeuse m'avait offert Enfantines pour me remercier. Et quelques semaines après, j'ai reçu cet Entrepreneur malgré moi. Je dois avouer que je l'ai laissé de côté. Malgré d'évidentes qualités de forme (il est imprimé sur papier recyclé, c'est moins rêche pour l'usage que j'envisageais), le fond ne me parlait pas, je bloquais déjà au titre, ça sentait le créatif-cotch-entrepreneur qui écrit le nième livre sur « je suis pas allé à l'école, et c'est pour ça que je vais vous donner des leçons sur comment faire ».
De fait, cette lecture de chiottes m'enchante. Elle répond au cahier des charges. Elle m'inspire. Elle aura droit à sa critique... d'ici quelques semaines (mois ?), suivant les cycles de la nature.

lundi 20 novembre 2006

Livre lu - Michel Tournier - Le Roi des Aulnes

Ogre

Je ne lis pas beaucoup de livres récents (par là, j'entends "en tête de gondole dans les librairies"), ce qui a ses inconvénients et ses avantages. Cela me permet de découvrir des "classiques" avec l'ingénuité d'un premier communiant.

J'avais donc acheté ce livre d'occasion (Michel Tournier, Le Roi des Aulnes, Gallimard, 1970, 398 p.) en attendant une situation propice, une envie. Il faut dire que je pratique l'alternance "un livre sérieux, un livre détente", et celui-là, ça sonnait sérieux...

Correspondance : cela faisait penser, au début, au Golem de Meyrinck (déjà évoqué), par ses couleurs, où dominait le sombre, le gris, le terne. Ce sont des romans de novembre, pas des livres de mai. Mais très vite, la densité de réflexions m'a amené plutôt vers Kundera, ce côté "pensées quotidiennes auxquelles on donne de la profondeur".
Car il est clair que la photographie est une pratique d'envoûtement qui vise à s'assurer la possession de l'être photographié. Quiconque craint d'être "pris" en photographie fait preuve du plus élémentaire bon sens [...]
L'artiste [peintre] est expansif, généreux, centrifuge. Le photographe est avare, avide, gourmand, centripète. C'est dire que je suis photographe-né."
Michel Tournier, Le Roi des Aulnes, Gallimard, 1970, p. 114.
et cette référence du même sens à l'oeil graphique (le narrateur s'appelle Abel Tiffauges - tief auge, l'oeil profond) :
Déjà mes yeux ne sont plus que des viseurs, cueillant des images possibles aux branches des arbres, sur les trottoirs, et même au fond des voitures que je côtoie.
Michel Tournier, Le Roi des Aulnes, Gallimard, 1970, p. 115.
Puis il y a une histoire de lycée et de pensionnat, c'est du Marcel Pagnol (époque Temps des Secrets) mâtiné de Goya. C'est quand même plutôt du Goya, cela laisse présager que cet homme deviendra Landru, ou pire.

Très vite, on quitte ces correspondances pour entrer dans les signes ("Tout est signe", id., p. 13), les symboles que le narrateur traque, et qui l'enferment dans son destin tragique. Il y a une progression dramatique dans cet homme aveuglé, qui construit sa cathédrale de multiples sens, sur le fond d'une horreur historique (l'histoire se déroule entre 1938 et 1945, pour partie en France, pour partie en Allemagne). La fin est tellement symbolique qu'on en vient à se demander si, par un éternel retour, Abel Tiffauges ne sera pas condamné à revivre éternellement cette quête de sens. Le pire est probablement que cet homme, hors normes, ogresque, prédateur, arrive à rester ingénu aux yeux du lecteur (en tout cas, aux miens) dans l'horreur du nazisme et de la guerre des enfants.
Je serais très intéressé de voir quel film Volker Schlöndorff a pu en faire en 1996. Je pense que John Malkovitch était très bien choisi pour incarner le personnage, mais j'ai peur d'un film qui ne "commencerait" qu'à partir de l'exil du personnage, occultant le parcours du début de sa vie. Et puis comment rendre à l'écran un monde si puissamment intérieur ?

mercredi 8 novembre 2006

Livre lu : Georges Simenon - Maigret et la grande perche

Toujours le même plaisir à lire du Simenon, et puis ça me délasse des livres plus compliqués que je lis en parallèle (Le Roi des Aulnes, actuellement). L'affrontement entre Maigret et un autre grand, costaud, massif, la confrontation de deux poids lourds, têtus, sûrs de leur fait.
La rue était toute dorée par le soleil. On entendait le bruissement de la brise dans les grands arbres du Bois de Boulogne.
Il y avait une grille noire, un peu plus loin, un carré de pelouse, une maison calme et ordonnée comme un couvent.
Il y avait quelque part dans cette maison une vieille femme qui ressemblait à une Mère supérieure et une espèce de Turc avec qui Maigret avait un compte à régler.
La vie était belle.

Georges Simenon, Maigret et la grande perche, Presses Pocket n°795, 1951, pp. 96-97.