mercredi 18 août 2010
Livre lu - Digital Fortress, de Dan Brown et pensée romanesque
Par Docthib, mercredi 18 août 2010 à 09:11 :: Livres Mots-clés :
La pensée du jour, pour tous les romanciers en herbe : n'essayez pas d'avoir l'air modernes, le monde bouge trop vite. Imaginez que vous preniez un roman écrit il y a 12 ans (c'est le cas de Digital fortress), et que vous y lisiez un passage sur les ordinateurs personnels. Vous y découvririez des perles du genre
"Il décida d'envoyer un e-mail. C'était une technologie révolutionnaire, qui allait bientôt supplanter la télécopie. À peine avait-il cliqué send que son interlocuteur, comme par magie, recevait le message"(j'invente ce passage, mais cela donne la tonalité)
Ou encore, dans un livre de Maurice G. Dantec, La sirène rouge, je crois, il y a avait un passage du type :
"C'était un ordinateur portable dernier cri, avec processeur 486 et 2 mégas de RAM"(encore une fois j'invente).
En résumé : si vous voulez que votre roman dure, ne mentionnez pas les dernières perles de la technologie de votre temps : elles seront pratiquement obsolètes au jour de la publication, et probablement périmées quand vous commencerez à percer. Faites plutôt comme Dantec (à nouveau, cette fois dans Les racines du mal) : inventez des ordinateurs qui n'existent pas encore. Vous serez au mieux un visionnaire, au pire, un fictionnaire.
Et finalement, rappelons une évidence : ce qui fait la durée d'un roman dans son lectorat, c'est son caractère intemporel. Il y a donc deux types de romans : les produits de grande consommation, les romans de l'année, destinés à être des consommables, et les romans de référence, ceux qui sont destinés à rester, bref, les investissements.
Les premiers se fondent sur une nouveauté éphémère, l'actualité, un mouvement de mode. Les seconds se focalisent sur les êtres humains et leurs relations.