Blogthib, ou thibierge.flou

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A propos

Ce blog est le pendant flou et libre de thibierge.net. L'auteur vit essentiellement dans le monde cyber et nocturne. Il surgit parfois dans le monde réel pour donner des cours et boire des expressos. Il passe aussi une partie de son temps à collecter les batanas et ubuntus. Ah oui, il met aussi progressivement en ligne un roman.

vendredi 18 avril 2008

Airport en commun

Ce matin dans le métro, au lieu du signal sonore, j'ai cru entendre :
"PNC navigant aux portes. Déverrouillage des toboggans. Vérification de la porte opposée."

mercredi 21 novembre 2007

De Cyrano vieux à Roxane jeune, 10 ans après

Nous vivons côte à côte depuis si longtemps
Engagés dans la vie, dans ses nombreux contrats
Sur le lit du papier j'ai signé plusieurs fois
Mon nom avant le tien, ou le tien précédant.

Nous ne sommes rien de plus que nos deux signatures
La tienne est en volutes, en boucles de rondeur
Qui forment un rappel de tes yeux, ta blondeur
Elle conclut en un point, comme une apogiature.

Couché à tes côtés, je me différencie
Nos deux noms accolés forment un couple graphique
Dont tu prends la douceur, dont je montre les piques
Défendant le foyer face au mur de la nuit.

Point de musique en moi, mon nom est une flèche
Hérissée de barbons, affûtée et farouche
Dans un trait qui vous dit « Que personne ne me touche »
Non pas fils d'une plume, mais d'une pointe sèche.

Il arrive pourtant que tu signes à ma place
La plume dans ta main change de caractère
Pour ton nom les courbures, la douceur de la mère
Et pour le mien les griffes d'un vieux loup qui chasse.

Nous ne sommes rien de plus que nos deux signatures
La plume peut ignorer qui tracera les lettres
Le papier seulement connaîtra l'aventure
De ton âme qui écrit jusqu'au fond de mon être.



********
Je ne suis pas vraiment satisfait de tout ça, c'est un essai, ça me paraît bien pompier...

vendredi 9 novembre 2007

Dali shi

Elle me demande :
- qu'y a-t-il entre elle et toi ?
Je réponds :
- Deux océans.

mercredi 12 septembre 2007

Let's put a new coat of paint on this lonesome old town (Tom Waits)

Ce matin, j'ai l'oeil attiré par des taches de couleur le long des voies de chemin de fer : les tagueurs ont repeint leurs tags en couleurs plus pimpantes. Il est vrai que les anciens tags dataient un peu. J'admire cette conscience professionnelle des tagueurs à la rentrée.

vendredi 22 juin 2007

Touillage de sac

Dans le métro, il y a les préhistoriques, ceux qui sortent un petit morceau de carton coloré, qui l'insèrent dans la fente, qui récupèrent (ou vitupèrent en cas de petite lumière rouge) et qui passent. Et puis il y a les immatériels, les évanescents, qui laissent flotter leur Pass Navigo d'un air dégagé (ou préoccupé, du genre "je pense à autre chose, je suis multi-tâche"). Dans les immatériels, il y a les femmes. Et là, je vais te dire, ça le fait pas du tout. C'est une des rares fois où les hommes sont fluides et grâcieux (dans les limites de leurs limites) et les femmes sont à la traîne. Le problème vient de la technologie "sans contact", qui facilite la vie, mais aux dépens de l'esthétique cinétique :
  1. La femme typique (j'allais dire moyenne, c'est montrer d'où je viens, et le chemin qui me reste à parcourir) ne sort pas le Pass Navigo de son sac à main, elle entend bien profiter de la technologie sans contact ;
  2. Elle pose donc son sac à main sur la zone de détection, et ça fait Pof-bling ;
  3. Le plus souvent, ça ne marche pas. Alors vient le touillage : la femme, tenant son sac à (deux) main(s), lui fait opérer un mouvement circulaire sur le détecteur, elle voudrait lustrer le métal poli qu'elle ne s'y prendrait pas autrement et ça fait Ziouip ;
  4. Le plus souvent, ça marche, mais il y a quand même les cas où il faut renverser latéralement le sac, comme une peluche qu'on martyriserait, parce qu'à l'intérieur, le flacon de Chanel était entre le Pass Navigo et le détecteur, et les ondes fluchtrales ne passent pas au travers du Chanel (ce serait une chose à améliorer pour la version 2.0 de la technologie sans contact). Et ça fait Bling-clonk ;
  5. Et puis à un moment, ça fait Tilou ! et le monde se remet en place, les jambes des femmes redeviennent des compas qui arpentent le globe terrestre en tout sens, lui donnant son équilibre et son harmonie.
Au final, les femmes ont l'air de caissières de supermarché devant leur code-barre, et même Ariane Ascaride dans "Marie-Jo et ses deux amours" a du mal à garder son charme dans cette posture (et dieu sait si elle a du charme).

lundi 4 juin 2007

L'attitude au restaurant

Tant qu'on est seul à la table, dans l'attente du deuxième convive, on est entièrement tourné vers l'extérieur. Même si l'on a le nez dans les pages d'un livre, c'est de manière butinante : un bruit vers la porte d'entrée, un mouvement dans le coin de l'oeil, et on lève la tête, pour voir. On en profite pour observer, discrètement. Tiens, le jeune-vieux cadre a commandé un whisky sec d'entrée de jeu. Le couple de retraités-touristes ne se parle pas (enfin, elle, elle parle un peu, lui marmonne des monosyllabes). Et puis elle arrive. Dès qu'elle arrive, nous sommes dans la conversation, tournés complètement vers l'intérieur, dans ses yeux. Un monde se réinvente, et des boules quiès impalpables se posent dans mes oreilles, nous sommes dans une bulle. Mais s'il arrive qu'elle disparaisse un moment au cours du repas pour aller se repoudrer le nez, j'en profite pour replonger un moment dans l'extérieur (tiens, le cadre jeune-vieux déjeune seul, avec une demi-bouteille de blanc, le couple retraité-touriste a filé, il faut dire, ils ont déjeuné tôt...).
Je flirte un moment, un peu infidèle, avec le monde extérieur. Je réajuste mes niveaux.
Ah, elle revient. Replongée dans la bulle.

mardi 13 mars 2007

Tic Tac Toe

Quand on a un RV dans Paris, on sait qu'on peut avoir 5-10 mn de retard : de toute façon, l'autre pense ça aussi, se dit-on pour se rassurer.
Mais il arrive - rarement, c'est vrai - que l'autre soit à l'heure, l'heure pile sans une seule minute de retard. Prendre ces 5-10 minutes de battement, c'est flirter avec les probabilités, en espérant ne pas faire une infidélité à l'exactitude.

vendredi 9 février 2007

Lapsus clavieri

De temps en temps, je commets des lapsus au clavier (je préfère penser qu'il y a un processus inconscient, plutôt que de parler de fautes de frappe). En voici un florilège :
  • Une nouvelle que tu me balkances (... d’Estonie ?)
  • Réponse typiquement félinine
  • On ne peut guère léviter
  • Induboitablement
  • Tu m’enfance dans ma médiorité
  • La performance est expérimée
  • L’ovule parfait de ton visage
  • Epinardos (au lieu de peinardos)
  • Il singifie
  • Chacun suivait de lion la vie de l'autre
  • Cela ne vaut pas la pine
  • je suis d'une ignorance grasse
  • merdi beaucoup pour ton cadeau
  • écopute les paroles
  • Je décachète les mails à la vitesse de la pesée
  • La date milite
  • J’ai cru que j’allais être électroctué

jeudi 11 janvier 2007

Squelette

J'avais été invité à dîner chez lui. Nous passâmes à table : il y avait six squelettes assis à table, plus nous deux, soit huit convives. Il m'expliqua que les Romains dînaient toujours avec un squelette à table, pour se rappeler la présence de la mort.
Pour lui, c'était l'inverse : il invitait de temps en temps un convive pour essayer de se convaincre qu'au milieu de toute cette mort qui nous entourait, il existait peut-être encore un peu de vie.

lundi 11 décembre 2006

Essayage

Etonnant comme les femmes, qui savent pourtant ce qu'elles veulent, peuvent être crédules devant une vendeuse. Une bonne vendeuse ne manquant jamais d'imagination quand il s'agit d'argumenter, disant tout et son contraire, le principal étant d'être d'accord avec la cliente. "Il peut se laver à 180° ce body ?" "Oui oui sans problème, il ne rétrécit pas, il s'agrandit même un peu".
Et une question abyssale : quand, en sortant de la cabine d'essayage, une femme vient se regarder dans une glace, elle a souvent un regard... un peu lointain... ou au contraire en dedans. Que voit-elle exactement ?

mardi 28 novembre 2006

Café de la Gare

D’habitude, un café est un lieu de temps suspendu. On s’y retrouve pour prendre un pot, pour un rendez-vous, pour découper le temps. Dans un café, on est rarement, voire jamais, pris par le temps. Sauf dans le café de la gare. Ce n’est plus un lieu de rencontre, une parenthèse dans la vie, c’est juste un endroit, un peu froid, sans grande humanité, où l’on vient passer le temps en attendant le départ du train. Dans un café de la gare, les percolateurs ont des airs de métronomes.

vendredi 20 octobre 2006

Désir d'être admiré

Avant de répondre à un test dans un magazine, il allait toujours voir les résultats, puis il faisait le test à l'encre en marquant les réponses correspondant au profil "idéal", le profil dont le commentaire commence toujours par « bravo, vous êtes tout à fait … ». Puis il laissait le magazine en évidence...