Blogthib, ou thibierge.flou

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A propos

Ce blog est le pendant flou et libre de thibierge.net. L'auteur vit essentiellement dans le monde cyber et nocturne. Il surgit parfois dans le monde réel pour donner des cours et boire des expressos. Il passe aussi une partie de son temps à collecter les batanas et ubuntus. Ah oui, il met aussi progressivement en ligne un roman.

mardi 30 mars 2010

Mon opinion sur les marchés financiers actuels...


Create your own video slideshow at animoto.com.



vendredi 2 octobre 2009

Andy Warhol reloaded

L'idée originale était de Mehdi Famibelle, Exec MBA 2006 (ESCP-EAP à l'époque, ESCP Europe aujourd'hui) : réaliser un blog de sa promo de MBA et y poster notamment des vidéos (vidcasts, par analogie avec podcasts) de professeurs du MBA dissertant sur des sujets comme la chance ou la diffusion des technologies.
L'école a repris l'idée, et lance aujourd'hui des smartcasts sur le même format, mais avec un fond bleu uni plutôt que des bureaux de profs, ça en jette plus. Voilà donc la nouvelle livraison, tout frais sortie de la monteuse numérique :



(et mes collègues ici)

Hélas, il est des choses que même Martin Scorcese ne pourrait gommer au montage :
  • Ce zozotement de canard siffleur mexicain ;
  • Quelques approximations de langage, mots avalés, correspondance des temps hasardeuse ;
  • Une propension à dire "non négligeable" un nombre de fois non négligeable.
Tout ça pour dépasser les 15 mn d'Andy Warhol, pfff.

jeudi 22 janvier 2009

Bain moussant



Avec des collègues, nous regardions ce graphe, qui est tombé sur les téléscripteurs hier.

La question hyper importante, une vraie question de recherche qui nous taraudait, c'était : "comment appeler ça ?". Les propositions étaient les suivantes :
  • Les bulles financières (ou comment se faire passer un savon)
  • Les banques ont les grosses boules
  • La famille Barbapapa
Toute autre contribution, pour peu qu'elle soit frappée (et bien frappée) du sceau de la rigueur académique (et mouse) est la bienvenue.

mardi 18 novembre 2008

Le sage de Euro Pacific

Vu aujourd'hui sur FinanceProfessor : un homme (Peter Schiff) avait prédit la crise des subprimes, et quand celle-ci s'est déclenchée, il a prédit que ça allait être pire.
La vidéo totale (plusieurs interviews sur plusieurs mois) est là, chez FinanceProfessor. Et mes deux sous d'analyse :
  • La plupart des interviews sont faites sur FoxNews. Il peut y avoir plusieurs raisons : (1) seule FoxNews pouvait inviter Peter Schiff, par volonté délibérée d'attirer de l'audience en provoquant des polémiques juteuses (2) Seule FoxNews offrait un historique des journaux télévisés sous forme de vidéos en ligne, facilement téléchargeables et montables par quelqu'un qui voulait montrer que Peter Schiff avait raison ;
  • Ce n'est pas tant la posture de Peter Schiff qui est intéressante : nous savons maintenant qu'il avait raison. Ce qui est très intéressant, c'est le discours de ses contradicteurs : à des chiffres fondamentaux, ils répondent "je ne vois rien d'inquiétant" ou "vous êtes paumé" (off-base). C'est bizarre, ça me rappelle quantité de gens qui disaient, pendant la bulle des dot com "les méthodes d'évaluation des entreprises de la vieille économie (sic) ne sont plus applicables aujourd'hui" (et je traduis "les fondamentaux ne signifient plus rien").
  • J'aimerais bien que, après avoir été ridiculisé en public (et sur FoxNews, de surcroît), Peter Schiff se soit enrichi dans cette affaire. Parce qu'il faut du courage, et parce qu'il parle bien.
Même si c'est toujours (et uniquement) de la finance, c'est-à-dire que ça n'est pas si important que ça.

jeudi 13 novembre 2008

Meuh

J'en parlais il y a quelques semaines, il est sorti hier : dans Les Echos, je disserte sur les méthodes d'évaluation des entreprises en prenant l'exemple d'une vache (article - payant - ici, sinon, il vous faut trouver un exemplaire du cahier pédagogique d'hier). Je voulais appeler mes vaches Sarah-Pauline, Monica et Hillary, mais Les Echos m'ont convaincu que La Noiraude, Blanchette et Marguerite, ça fleurait moins l'Arkansas. J'espère que le fond de l'article n'y a pas perdu.
Et comme d'habitude, j'ai eu dix fois plus de retours que si j'avais publié un article de recherche dans une revue académique en finance.

vendredi 17 octobre 2008

J'écris un article sur les vaches

Depuis deux jours, je me documente sur les vaches, leur poids, leur prix, leur alimentation... C'est pour un article dans un quotidien de référence en échonomie, la vache étant un prétexte. C'est donc très amusant. Je sens vraiment qu'il y a un créneau dans "la finance pour les nuls" (Non, je ne fais pas références à certains banquiers).
Edit : ayé, je l'ai envoyé. Bon sang, j'avais oublié comme la contrainte du nombre de caractères était une vraie contrainte. Du coup, je n'ai pas réussi à faire passer le fait que le gaz émis par les vaches vient beaucoup plus des rots que des pets. Les lecteurs ne seront pas totalement informés, c'est dommage.

jeudi 9 octobre 2008

Crash aérien ou Krach boursier ? C'est du n'importe quoi...

Merci à mon collègue Philippe Thomas, que vous pouvez admirer ici, pour l'idée séminale de ce thibillet.

Résumé des derniers jours :
Les banques US ont fait plouf. Alors la Bourse US fait badaboum.
Et puis certaines banques européennes font Klonk. Alors les Bourses européennes font shibam pow blop wizz...

Il y a 3 types de mensonges : les mensonges, les foutus mensonges, et les statistiques (Benjamin Disraeli)
"Le CAC a fait -9%, ce qui est la pire baisse depuis la pire baisse précédente"
"Et encore -8% c'est la panique"

Un pourcentage n'est qu'une grandeur symbolique. Certains commentateurs, ou boursicoteurs, oublient qu'il y a des sociétés derrière tout cela. Si, si, des vraies sociétés avec des produits et des clients.

Prenons un exemple pour montrer que les valorisations actuelles sont du n'importe quoi.

Air France (coté sur Euronext Paris) et Easy Jet (coté à Londres).
  1. Les ventes annuelles d'Air France-KLM sont de l'ordre de 24 milliards d'euros. Celles d'EasyJet, 2,26 milliards. Donc Air France KLM a des ventes qui représentent plus de 10 fois celles d'EasyJet.
  2. Mais les deux sociétés n'ont pas les mêmes tarifs, ni les mêmes coûts. Prenons alors leurs Résultats opérationnels (Ventes - coûts d'exploitation). Air France-KLM : 1,27 milliards d'euros. Easy Jet : 28 millions d'euros (0,028 milliards). Donc Air France KLM a un résultat opérationnel qui représente plus de 45 fois celui d'EasyJet.
  3. Ne comparons pas les Bénéfices (résultats nets), car EasyJet fait des pertes.
  4. Passons aux valorisations boursières. Air France - KLM vaut aujourd'hui 4,13 milliards d'euros ; EasyJet vaut 1,65 milliards d'euros. Donc Air France KLM (qui dégage 45 fois plus de résultat opérationnel qu'EasyJet) est juste valorisé 2,5 fois plus qu'EasyJet.
Petit tableau récapitulatif


Air France Easy Jet Multiple
Capitalisation boursière 4,13 Milliards € 1,65 Milliards € 2,5
CA 24,00 Milliards € 2,26 Milliards € 10,6
Résultat Opérationnel 1,27 Milliards € 0,03 Milliards € 45,7
Résultat net 0,77 Milliards € Négatif
Avions 12,30 Milliards € 1,18 Milliards € 10,4


Ce qui est amusant, pour qui a l'esprit joueur (et si je ne l'avais pas, je n'aurais pas un PEA), c'est que
  • Non seulement Air France KLM a une valeur représentant 1/6ème de ses ventes, soit 2 mois de ventes, tandis qu'Easy Jet est valorisé à presque une année de ventes. C'est normal, coco, c'est la valeur de la marque Easy Jet, ben voyons...
  • Mais surtout, Easy Jet a une valeur boursière représentant plus que la valeur de ses avions au bilan. C'est rassurant. Tandis qu'Air France - KLM a une valeur boursière qui représente... euh... 1/3 de la valeur de ses avions. Y sont où les autres avions ? Y valent plus rien ? Faut-il arrêter de voler sur Air France - KLM ? (parce qu'ils ont quand même les 2/3 de leur flotte qui ne sont pas comptés dans leur cours boursier, alors, existent-ils vraiment ?)
À de tels niveaux de dévalorisation, je sens qu'il va y avoir des méchantes OPA dans l'air. Pendant que certains paniquent et continuent à vendre à tout va, je pense que beaucoup de prédateurs mobilisent leur cash. Car il y a quand même beaucoup de sociétés qui n'ont pas de problèmes de liquidité...

jeudi 2 octobre 2008

A propos de cette légère baisse de la Bourse...

La plupart d'entre vous n'auront rien remarqué, mais les plus accros aux infos, ou à Boursorama, auront noté comme un léger frémissement sur les marchés financiers, ces derniers jours.
Des commentateurs compétents (George W. Bush, Nicolas Sarkozy) ont donné une analyse pleine de sens, qui allait plutôt dans le sens normatif (voilà ce qu'il faudrait faire) plutôt que positif (voilà ce qui s'est passé). Autant dire que cette situation est entre de bonnes mains.
J'ai un collègue et ami (oui, la conjonction des deux peut arriver) qui a été interviewé pour une émission télévisée. Sujet : une certaine inquiétude sur quelques fluctuations de marché récentes. Voilà ce à quoi il s'attendait, par ordre décroissant de probabilité :
  • Devoir expliquer, pédagogue, les fondements de cette crise.
  • Formuler un oracle sur les développements futurs (a-t-on touché le fond ?)
  • Rassurer les petits épargnants sur le risque systémique (le Franc va-t-il être dévalué ?!)
Ce qu'il a eu, ça a été :
- OK, c'est qui les coupables ?
- Ecoutez, ce n'est pas facile d'être tranché, c'est un ensemble de causes
- Oui, mais nous, on veut un nom, alors, c'est qui les coupables ?
- Je peux vous proposer une analyse détaillée, qui montre la répartition des responsabilités...
- Non, on n'a pas le temps, et le spectateur va zapper, alors, en un mot, c'est qui les coupables ?

Mon collègue s'est bien gardé de répondre, mais la pression était forte, il fallait faire de l'audience avec une déclaration percutante. D'autant plus que les téléspectateurs sont des cons, il ne comprennent pas les mots de plus de 3 syllabes, ou les raisonnements qui durent plus d'une minute.

Donc moi j'ai une réponse rapide, à l'aune de la demande : les coupables, ce sont les médias.
  1. Trop grande rapidité. informations, rumeurs et démentis se succèdent. On a l'impression que c'est à celui qui tirera le plus vite le scoop ravageur, la nouvelle qui fait peur.
  2. Aucune mise en perspective. On parle de 700 milliards de dollars pour renforcer le système financier américain. En lisant, on apprend qu'il s'agit d'une crise de liquidité, il faut trouver de l'argent liquide pour les banques. Alors on peut réfléchir : et si ces banques émettaient des titres, à court terme, pour se refinancer ? Oh, c'est dingue, ça existe déjà, on appelle ça des certificates of deposit (CDs). Et le marché des CDs représente... 16 000 milliards de dollars. Ah OK, donc les 700 milliards de dollars nécessaires pour renflouer les banques, c'est moins de 5% des montants qu'elles collectent sur les marchés à court terme. C'est sûr, la situation est dramatique...
  3. Aucune analyse. Je ne défends aucunement le système financier, l'idéologie libérale ou les rémunérations des dirigeants. Mais je souhaiterais bien que le débat s'élève au-dessus d'idées populistes, voire poujadistes. Parce qu'il y a deux types de personnes : les moutons qui s'angoissent, et veulent trouver un bouc émissaire pour les exonérer de leur responsabilité, un bon bouc porteur d'étiquette ; et puis il y a les béliers, qui sont plus posés, qui aimeraient vraiment comprendre... et qui ne trouvent pas matière à nourrir leur réflexion.
Merci de penser à ces derniers...

jeudi 25 octobre 2007

E-mail market

Je reviens à mon sujet monomaniaque des dernières semaines. Non pas pour vous asséner une not-to-do list (qui est presque prête), mais pour mentionner une avancée économique fort intéressante. Monsieur Jean, infatigable découvreur de ressources intellectuelles et néanmoins blogesques, m'en a donné la primeur : une société propose une monnaie virtuelle pour marquer la priorité d'un e-mail.
Comme c'est en anglais, que certain(e)s d'entre vous ne lisent pas ce dialecte (déjà que le français, ils ont du mal), je vous la fais Nelson Monfort : devant l'afflux des mails, cette société propose de pouvoir allouer plus ou moins d'argent (des Serios, monnaie virtuelle) pour signaler la priorité de son mail. Evidemment, chaque employé a un budget limité, la question posée dans l'article étant : comment alloue-t-on le budget ? Le même budget pour tout le monde ? Les chefs ont plus ? Moins ?

Voici mes deux Serios de réflexion sur le sujet :
  • C'est un peu analogue à la Poste : on paie plus cher pour un traitement prioritaire. Mais la différence majeure est que la Poste fait payer plus cher un transport plus rapide et/ou plus sécurisé. Ici, ça équivaut plutôt à payer la Poste pour qu'elle mette une guirlande lumineuse autour du message, un truc qui dit "Ouvrez-moi Ouvrez-moi Ouvrez-moi" (comme dans la chanson hallucinogène de Billy Ze Kick).
  • La gestion se déplace : ce n'est plus le destinataire qui décide quels messages il va lire / traiter, c'est l'expéditeur qui choisit pour lui.
  • La question du prix, et de l'allocation de Serios, devrait évidemment faire jubiler quantité d'économistes : je suppose que ce marché s'apparentera à une procédure d'enchères, ou à une branche de la théorie des jeux. Si Zlomard a mis 5 Serios sur son message, j'ai intérêt à mettre 6 Serios sur le mien. C'est donc E-bayl (l'Ebay de l'e-mail). Mais encore faut-il que les prix soient publiés, donc qu'il y aie une cotation.
  • Je ne vois pas l'intérêt pour le récepteur. Touche-t-il les Serios ? Peut-il les épargner, les placer, et puis, après une certaine accumulation, se payer une secrétaire pour gérer ses mails ?
En tout cas, merci Monsieur Jean, ce blog d'économiste m'a l'air fort intéressant (quoiqu'en rosbif), car il part du point de vue de la vie quotidienne. Lisez par exemple le fait que les clients paient plus cher quand on met une étiquette "commerce équitable", c'est redoutable...

mardi 4 septembre 2007

C'est la rentrée des classes

Les nouvelles se bousculent dans la boite aux lettres. Je reçois des épreuves relues de mon "monument" (je ne m'en lasse pas, c'est surtout impressionnant quand c'est vu dans une perspective cosmique), une nouvelle édition de Analyse financière va sortir d'ici quelques jours (mon premier vrai livre rien qu'à moi), mais c'est surtout un troisième livre qui m'amuse. En janvier dernier, un de mes éditeurs m'a demandé de participer à un ouvrage collectif. Je n'étais pas chaud. Il s'agissait d'expliquer la gestion à des lycéens qui n'y connaissent rien. Et il y avait un chapitre sur la finance. Et ça, j'ai adoré le faire. Cela m'a pris pas mal de temps (faire simple, c'est long), mais j'ai réussi à y condenser beaucoup de choses. Alors, certes, oui, il y a des "monuments" de 1 200 pages, et puis il y a des petits chapitres de 20 pages, péniblement terminés dans un train Turin-Oulx (heureusement, le train avait du retard), et là ça y est, le livre est enfin sorti. Ne l'achetez pas, vous n'êtes plus lycéens depuis longtemps (et ça se voit), c'était juste histoire de dire que pendant qu'il y en a qui dorment sur les plages...

mercredi 29 août 2007

Liberté

Je suis en train de travailler à la relecture de mon "monument" (je ne le qualifie pas comme tel, c'est ce qu'un collègue m'a écrit dans une dédicace reçue ce matin), et je tombe sur un passage que j'avais traduit de manière un peu enlevée :
Vous apprenez que les ingénieurs ont pris du retard dans la mise au point du projet. Ils pensent que "ça va marcher du tonnerre" mais admettent qu'il y a "oune petite risque" que cela ne marche pas.

Brealey, Myers, Allen, Principes de gestion financière, 8ème édition, Pearson Education France, p. 239.
Je suis amusé, et reconnaissant, de la liberté que l'éditeur m'a laissé (ou alors le correcteur n'a rien vu, comme ici).

mercredi 2 mai 2007

Futilité

Cela n'est pas seulement parce que je suis devant le débat télévisé de nos deux candides candidats, peut-être est-ce à cause de l'heure tardive, et de ma fatigue accumulée, mais j'ai encore une preuve de la futilité relative des oeuvres humaines. Voilà, j'ai passé une dizaine de mois cumulés à traduire, deux fois de suite, la majorité des chapitres du Brealey-Myers, et je devrais en être content, car cela a changé la face de l'industrie du bâtiment français :


mercredi 18 avril 2007

Proxy for Love Revisited

Vous n'êtes pas des amoureux. Asservis par vos ordinateurs tentaculaires, frénétiquement rivés à vos écrans CAC40, vous n'avez qu'un dieu, Boursorama, qu'un idéal, l'ISF.
Vous me décevez tous cruellement, avec une constance qui frise un R² de 100%.
J'aurais mieux fait de me faire moine (sans rien sous ma robe) ou ascète pour m'en faire de 5 à Sète.

Tels des étudiants névrotiques, vous avez mal lu le sujet d'examen. Il ne s'agissait pas de trouver des proxies du mariage d'intérêt, mais des proxies du mariage d'amour. Donc de réduire l'amour à une dimension statistique, froide et calculée. Je repose la question : quels paramètres observables permettraient de dire "non, ce mariage n'a pas l'air d'un mariage arrangé comme tous les autres, mais plutôt d'un mariage par amour" ? (chose rare, j'en conviens, mais bon, on est dans un monde théorique).
Vous avez quelques heures, tous documents autorisés.

mardi 17 avril 2007

Proxy for Love

J'avais une discussion intéressante avec un collègue, à midi, sur un de ses papiers de recherche. Je ne peux pas en parler ici, des fois que des espions du KGB (comment, ça existe plus ?) voudraient piquer ses idées de recherche à mon collègue, et publier avant lui dans International Journal of Big Ideas and Small Salaries.
En revanche, cela m'a ouvert des horizons vertigineux. Vous savez ce que c'est qu'une variable proxy ? Non ? Oulala, la honte, c'est pas possible d'avoir un tel ramassis de bras cassés !
Prenez vos cahiers, vos crayons, et notez scrupuleusement, c'est âchement utile (enfin, uniquement quand on fait de la Recherche).
J'apprends avec les profs : une proxy, virgule, c'est une variable observable d'un phénomène non observable directement. Par exemple, on pourrait dire que les vaguelettes concentriques qui s'élargissent à la surface d'un lac sont une proxy de ce qu'on a pas vu, à savoir que Raoul a balancé sa belle-mère à l'eau il y a 2 minutes. Bon, mais là, le balancement à l'eau aurait pu être observé, et quantifié, c'est juste qu'il fallait pas tourner la tête à ce moment précis pour regarder les faucons, triple buse !
Dans ma thèse de doctorat (téléchargeable ici, je suis comme ça, moi), je prenais un autre exemple : pour mesurer le niveau d'éthique d'un dirigeant ou d'un homme politique (variable difficile, ou impossible, à mesurer), on peut prendre comme proxy son nombre de mises en examen, parce que ça, c'est de l'information bien publique, bien connue.
Bref, le papier de recherche de mon collègue porte sur le mariage, et notamment le mariage par intérêt.
Moi qui suis fleur bleue et candide, je lui dis "mais enfin, est-ce que tu contrôles par l'amour ?"
Pouf, pouf, j'explique.
J'apprends avec les profs : une variable de contrôle, c'est une variable "grain de sel", qu'on rajoute pour vérifier qu'on ne se trompe pas dans ses hypothèses. Par exemple, Vadoncq & Min Abl ont montré que quand la température baisse, le nombre de suicides augmente. Mais en fait, il n'y a pas de corrélation directe entre les deux phénomènes : c'est juste que l'origine des deux phénomènes est la même. En effet, en hiver, il fait froid, et il fait gris, donc les gens dépriment, donc on a plus de suicides. Si, dans le modèle "Froid = suicide", on avait introduit la variable de contrôle "Saison", on aurait vu que ce n'est pas le froid qui explique les suicides, mais l'hiver. Bref, le pouvoir explicatif du froid disparaît quand on contrôle par la saison. Fin de la séance.
Quand je demandais à mon collègue "est-ce que tu contrôles par l'amour ?", je voulais dire deux choses :
  1. Le mariage ne se réalise pas que par intérêt, il peut aussi être un mariage d'amour. Alors comment identifier les mariages d'intérêt ? (ce qui représente ce que mon collègue recherche)
  2. En fait, je voulais souligner qu'il n'existe pas une variable mesurable de l'amour, et c'est tant mieux, ça veut dire que l'odieuse recherche dissectrice et formolée n'arrivera jamais à profaner le sanctuaire de l'amour vrai.
"Eh ben si", m'a répondu en substance mon collègue. Et il m'a cité à l'appui quelques variables proxy qui permettent, raisonnablement, de dissocier les mariages d'intérêt des mariages d'amour.
Effrayant.

vendredi 30 mars 2007

Frugalité

J'ai un abonnement de téléphone mobile. 2h par mois, et c'est tout. La société de téléphonie mobile, dont j'ai déjà parlé, pousse la délicatesse jusqu'à m'envoyer un SMS pour me dire quand j'ai consommé tout mon forfait, et que je commence donc à flirter avec la délinquance de la sur-consommation.
Ce SMS arrive invariablement le 29 ou le 30 du mois. Sentiment d'ajustement parfait. Il suffit de peu pour éclairer ma fin de journée (et de semaine)(et de mois).