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A propos

Ce blog est le pendant flou et libre de thibierge.net. L'auteur vit essentiellement dans le monde cyber et nocturne. Il surgit parfois dans le monde réel pour donner des cours et boire des expressos. Il passe aussi une partie de son temps à collecter les batanas et ubuntus. Ah oui, il met aussi progressivement en ligne un roman.

mercredi 16 avril 2008

On refait la course : le negative split négatif, et le RDS positif

Au sujet du Marathon de Turin, vous avez été nombreux (au moins deux) à me demander : "Mais enfin donc, peste boufre, qu'est-ce qui explique cette contre-performance manifeste avec une telle préparation d'athlète surdimensionné ?!"
Je me suis posé la même question, car de temps en temps, je pense.
Et j'ai consulté les oracles : quelques coureurs aguerris, et Google, qui ne court pas beaucoup, mais qui bouffe de l'info sans discernement (donc méfiance).
Voici les résultats de mes investigations :
  • Le negative split, que j'ai pourtant essayé d'atteindre plusieurs fois, n'est pas recommandé en marathon. Les avis sont assez unanimes : "si tu essaies de courir à 6'20" au kilomètre pendant 20 bornes, puis que tu passes brutalement à 5'40" au kilomètre, ton corps il va pas aimer". Car le corps aime la régularité, surtout sur 42 km (et 195 mètres, ne les oublions pas).
  • Le conseil est de courir à la même allure pendant toute la durée de l'épreuve, tout en écoutant son corps. Qui ça ? Mon corps ? Ah oui, cette machine électrique à laquelle j'envoie des signaux codés ? Non, coco, le siège de ton âme, la porte ouverte sur l'extérieur, le rideau qui se gonfle sous la respiration du Tao.
  • L'erreur, fatale à plus d'un coureur de ce marathon très particulier, a été de maintenir la vitesse de course dans la côte. Nous avons été plusieurs à avaler la côte sans difficulté, avec un grand sentiment de puissance. Nous sommes tous arrivés en haut en étant extrêmement contents... alors même que, sans le savoir, nous avions brûlé notre précieuse énergie (le glycogène) dans cette montée. Le conseil est donc : en côte, ralentir son allure. De combien, mon général ? Deux réponses :
    • En ajoutant 15-20 secondes au kilomètre. Donc pour moi, il aurait fallu monter la côte à 5'40" + 20" =  6'00" au km, au lieu de faire le cacou devant Joce, Arnaud et Mathieu.
    • En maintenant la fréquence cardiaque au même rythme que sur du plat, c'est-à-dire raccourcir la foulée, respirer, et tant pis pour la vitesse.
  • Le but est finalement de repousser "le mur", ce moment où on n'a plus rien dans les jambes. Pour quantité de coureurs, ce mur apparaît au km 30, ce qui fait dire à Pierre, gourou au 40 marathons : "la course commence au km 30". Or, ce qui fait que le mur apparaît, plus ou moins tôt (pour votre serviteur, km 26 à Paris, km 23 à Madrid, km 29 à Turin), c'est l'épuisement du glycogène. Donc, petit cours, merci à Housni pour ces bons conseils :
    • Le glycogène, c'est le carburant des muscles. Il est constitué de sucres stockés dans les muscles et le foie. Pour un être humain normal, il y a 400 grammes de glycogène stockés.
    • Mais avec une préparation particulière (le RDS, Régime Dissocié Scandinave) uniquement réservée aux marathoniens, et pas plus de deux fois par an, on peut faire passer ce stock de 400 grammes à 1 kg. Et donc, on peut repousser "le mur". 
    • Le principe est d'affamer le corps en glycogène, de telle sorte que le foie cherche à stocker de manière surcompensée après coup. Les étapes sont les suivantes (pour un marathon à courir le dimanche matin) :
      • Le dimanche précédent, dernier repas normal.
      • A partir du lundi, 3 jours de régime sans sucres : pas de sucres lents, mais uniquement des aliments sans sucres : protéines, fromages (génial : zéro glucides). Donc on proscrit : pain, riz, pâtes, pommes de terre.
      • Jeudi matin, il faut vider les dernière réserves de glycogène, donc 40 mn de footing pour vider le réservoir. Et après, petit déjeuner normal : pain, confiture, sans se gaver.
      • Le foie est total sevré, et il cherche sa dope comme un malade. Pendant 8 heures, il va chercher à surcompenser. Donc le jeudi midi : grosse bouffe de pâtes, pain complet, un truc à se faire péter la sous-ventrière. Le foie est gavé, et on se sent comme une oie dans le Périgord. Normalement, on a 1kg de glycogène qui a été stocké par ce trouillard de foie.
      • Les autres repas doivent être normaux (pas de gavage), mais uniquement orientés en sucres lents. Pas de viandes grasses, juste 100-150g de protéines par repas, pour maintenir la qualité des muscles : jambon blanc, poitrine de dinde, carton bouilli, polystyrène.
      • Plus de footing, de l'eau toujours, et des pensées positives.
Voilà, il ne reste plus qu'à appliquer ces conseils.
C'est un état d'esprit étonnant. Ce marathon a réellement été très dur, et pourtant, j'en sors très détendu parce que j'ai compris mes erreurs. Laurent me dit qu'il aimerait courir un marathon à l'automne, avant Londres dans un an, et je suis prêt à le suivre.
Ce projet, c'est un peu plus que des courses. C'est un groupe, une vraie équipe, ce sont des fonds qui sont levés pour une bonne cause, ce sont des heures de bénévolat. Ce sont des grands moments.

lundi 14 avril 2008

Tout ce qui ne tue pas rend plus fort

Voici donc le compte-rendu de mon Marathon de Turin.

Avant la course 

Dimanche matin, réveil 6h15, Laurent (mon coturne à l'hôtel) fait son yoga pendant que je lis quelques poèmes de Bashô et que je respire. Petit déjeuner vers 6h45, du jambon, des céréales, un thé, puis on remonte se préparer. Crème pour les pieds et les jambes, pansements sur les tétons, piles de rechange (pour walkman et podomètre), gels de glucose.

Nous arrivons au rendez-vous sur la Piazza San Carlo avec 10 minutes d'avance. Nos camarades arrivent un peu plus tard, nous en avons profité pour nous mettre au soleil, il fait super beau, ciel bleu, mais encore frais : +8°C. On nous promet que ça va taper plus tard dans la matinée. Nous prenons une photo tous ensemble puis direction la ligne de départ. C'est un tout petit marathon, en nombre de coureurs : 2 200 dans le peloton de départ, ce n'est rien à côté des 40 000 du Marathon de Paris. Du coup, c'est une ambiance plus détendue, il fait beau, une jeune fille qui chante faux nous assène l'hymne italien, et c'est parti, il est 9h20.

Km 0 à 10 - confiance et beauté

C'est d'abord une avenue, puis une longue place pavée avec de longues pierres plates, nous courons au milieu des rails de tramway, la ville est à nous. Virage à droite, et nous continuons le long du Pô, là où je m'entraînais il y a un an pour préparer le Marathon de Madrid. La route devient une 4 voies dans une banlieue urbaine, des immeubles glacés, très peu de public, nous sommes seuls. Et c'est là un des premiers plaisirs de ce marathon : à 2 200 répartis sur plusieurs kilomètres, nous ne sommes pas dans le coude-à-coude d'un peloton, chacun a beaucoup d'espace devant lui et sur les côtés, chacun court pour soi. Du soleil, une route presque vide, quelques passants. Je maintiens parfaitement mon rythme de 6'10" au kilomètre, rythme que je dois tenir sur les 21 premiers kilomètres avant d'accélérer dans la seconde moitié du marathon. Jocelyne, avec qui je cours, me distance progressivement, je reste en arrière, à mon rythme. Et puis, vers le km 10, nous passons en pleine campagne. Des champs de blé en herbe, des parcelles labourées, la tache jaune d'un champ de colza au loin. Nous sommes sur la route vers Orbassano, et rien n'indique que nous venons de quitter une ville.

Au-dessus d'une parcelle de blé en herbe, une hirondelle fait des volutes en rase-mottes, en rase-brins, et c'est superbe de voir tant de grâce dans le soleil.

Les kilomètres se déroulent, j'ai un peu mal au jambes, une fatigue qui me plombe un peu, je ne m'en inquiète pas plus que ça, c'est après que c'est censé devenir dur. Et puis ce grand moment de beauté : après une petite montée sur une bretelle d'accès, un superbe panorama sur les Alpes enneigées. Ciel bleu, montagnes blanches et grises qui nous bouchent l'horizon, donnant un sentiment de leur puissance, mon Kilimandjaro à moi.

Je continue au milieu des champs. Nous passons au milieu de petits villages, avec leurs rues pavées et leur rigole centrale, il y a des fanfares, des passants, des enfants dont je tape la main en passant.

J'avais pris la peine de m'arrêter pour desserrer mes chaussures, mais je passe le km 20 à 2h04, c'est-à-dire pile-poil 6'10" au km. A ce rythme, je peux faire 4h15 ou moins. Je prends mon premier gel de glucose, j'avale deux verres d'eau.

Km 21 à 27 - la côte vaincue

J'arrive au semi (21,1 km), le moment où je dois accélerer. Je mets le walkman en marche, et je tombe sur "Why Aye Man" de Mark Knopfler : le tempo idéal pour monter à ma seconde vitesse, 5'40" au km (negative plit, cf. mes mésaventures et réflexions passées). J'accélère donc, et c'est parti à ce nouveau rythme, la route est un long ruban de bitume entre maisons de banlieue avec des champs derrière.

Le faux-plat imperceptible depuis le km 17 se transforme en côte, c'était prévu sur le relief, et je l'attaque sans réduire ma vitesse, comme c'était prévu : après tout, après le km 27, ça descendra, et tout sera plus facile. Je repère Joce avec les ballons du meneur d'allure pour 4h15, je grignote insensiblement la distance, et je la passe, je lui souhaite bon courage, puis je continue à mon rythme. Il fait chaud, le soleil tape, je n'ai plus froid et je sens que je vais avoir des coups de soleil. La pente est longue, je m'accroche, je perds souvent le rythme mais je remonte toujours pour me maintenir à une vitesse de 5'40".

Vers le haut de la côte, avant d'entrer dans le village de Rivoli, je rattrape Matthieu et Arnaud. On s'échange une poignée de main, je les passe, tandis que résone dans mon casque la musique de « Legend of Zenda ». Grand moment d'exaltation et de puissance, j'aime ma foulée, j'aime ma vitesse, et je sais que le haut de la côte n'est plus loin. Au km 27, je vois en effet la fin de la côte, un virage à gauche, désormais c'est censé descendre jusqu'à l'arrivée, je pense que rien ne peut m'arriver.

Km 29 - les ennuis commencent...

Au km 29, je sens des douleurs dans le ventre, j'ai le torse et le ventre glacés, j'ai peur d'avoir une colique. Je décide de ne rien forcer, j'ai mal, donc je m'arrête à un café et demande la permission d'utiliser les toilettes. Ils acceptent, mais Argh ! Ce sont des chiottes à la turque ! De fait, je me contente de pisser, fausse alerte, et j'ai dû perdre à peine quelques minutes. Retour sur la route, cela va mieux... pour 200 mètres. Je sens que je suis fatigué, je ralentis insensiblement, j'essaie de maintenir le rythme, mais cela devient de plus en plus dur : je passe à 5'50", puis 6'00"... J'arrive au ravitaillement du km 30, je prends mon deuxième gel de glucose, deux verres d'eau, et je repars. Nous sommes revenus dans la ville, ce sont des longues avenues très larges, avec personne sur les côtés, il y a quelques badauds aux carrefours, mais on a l'impression de courir sans en voir la fin. J'essaie de balancer les bras pour pistonner ma course, je me focalise sur la musique (« Violet » de Seal m'apaise et me relance), mais je sens le coup de pompe qui m'attaque de plus en plus. À tel point que je ne vois pas passer le km 32, celui où j'étais censé passer de 5'40" à 5'20" pour une nouvelle accélération dans les 10 derniers km. Là, il ne s'agit plus d'accélérer, mais uniquement d'essayer de me maintenir en-dessous des 6'10" de ma première moitié de parcours. Très vite, je ne regarde plus ma montre : ça ne sert à rien de voir ma performance se dégrader, autant m'accrocher, essayer de faire avec, et on verra bien au final.

Ravitaillement du km 35, je bois, je repars péniblement. Dès le km 36, j'ai soif, et je sais que j'ai encore 4 bornes sans ravitaillement. Joce me dépasse, je la félicite et lui souhaite bonne chance, je suis content pour elle, c'est moi qui ai merdé dans mon parcours. Je compte péniblement les km, le temps entre chaque panneau kilométrique est de plus en plus long, je me traîne, je trottine à peine, des chaussures de plomb à chaque pied. À un moment, je pose mal mon pied, je me rattrape, et me retrouve à marcher : j'avançais tellement lentement que la marche s'est enclenchée automatiquement. Je repars immédiatement en trot, c'est douloureux, j'ai mal partout, aux pieds, aux mollets, aux genoux, aux cuisses, aux fesses et surtout dans le dos. La chaleur est élevée, je zappe toutes les chansons trop dynamiques, je ne dépasse plus que des gens qui marchent, et encore, je les dépasse très lentement. Certains se remettent à courir, me dépassent, puis se remettent à marcher, je les redépasse lentement en trottinant, et ainsi de suite.

Les policiers continuent à arrêter les voitures aux carrefours pour nous laisser passer, parfois très lentement, j'entends des klaxons rageurs.

Km 39 - La longue marche

Un peu après le km 39, dans une petite rue vide, à côté de rails de tramway déserts, je me mets à marcher, contrairement à toutes mes promesses. Je n'en peux plus, je prends mon dernier gel au glucose. Au bout de cette rue, je suis dépassé par un petit groupe qui trotte. Un des leurs donne une petite claque d'encouragement sur l'épaule d'un marcheur devant moi, je prends cet encouragement pour moi et me remet à trotter en douleur. J'arrive sur une grande avenue, au loin je vois le ravitaillement du km 40. Je bois deux verres de boissons énergétiques, je mange un morceau de banane, j'arrive à courir encore quelques centaines de mètres, mais je commence à boiter.

Je continue en marchant, même comme ça j'ai mal. Arnaud me dépasse, il m'encourage, me dit quelque chose sur Matthieu que je ne comprends pas. J'alterne la marche et le trot, à ma montre cela fait 4h14 que je suis parti. À un moment, Matthieu me rejoint, il a une tache de sang au niveau du téton droit, mais il a l'air à peu près bien. Il me propose de recommencer à courir avec lui, je lui dis que je n'ai plus de jus, je le laisse partir. Quand il est à 100 mètres devant, je le rappelle, et je le rejoins en trottinant, et nous partons tous deux. Au bout de quelques centaines de mètres, je suis obligé de m'arrêter à nouveau, j'ai trop mal aux muscles intérieurs des cuisses, je lui dis de continuer, il me promet qu'il m'attendra à l'arrivée. 

Km 41 - espoir suprême, suprême pensée

Je passe le km 41, et je me dis que je dois quand même arriver en courant. Je repars pour une ultime fois. Les avenues sont vides, à part nous, pantins ivres de fatigue et de soleil. Quelques encouragements me font craquer émotionnellement plusieurs fois, je suis hypersensible, un sourire m'amène des larmes aux yeux, je me cache le visage plusieurs fois.

Soudain, un panneau bénéfique : « Dernier kilomètre ». Je le passe, puis je vois un tournant à droite. Je débouche dans une avenue à l'ombre, il y a des passants qui traversent, qui font leurs courses, qui se promènent en ayant à peine un regard de curiosité pour ces coureurs échevelés.

Au loin, très loin, une arche gonflable, une deuxième plus loin, et à l'autre bout du monde, l'arche de la ligne d'arrivée. Au-delà, des collines de forêt. J'ai cet effet que tous les marathoniens connaissent : quelle que soit la fatigue ou la douleur, on fait la dernière ligne droite avec nos restes d'élégance désespérée.

Quelques rangées de spectateurs m'applaudissent, m'acclament, je leur souris et leur adresse des signes de la main. Et je vois Jocelyne qui m'attend, derrière la ligne, et Matthieu, Arnaud, Christian...

Je tombe dans les bras de Jocelyne, ça y est j'ai fini, en 4h 44 minutes.

dimanche 13 avril 2008

SMS Turin

Pour calmer les impatients, s'il y en a : 4h44 au Marathon de Turin, mauvaise performance mais belle expérience, plus de 2000 euros levés (et c'est pas fini). Debrief plus détaillé plus tard (je rentre de Turin lundi soir).

jeudi 10 avril 2008

Visualisation mentale

Voilà donc le parcours (en fait le relief) du Marathon de Turin, récupéré par un ami sur openrunner.



Une longue côte (heureusement, pas forte, mais quand même...) entre le km 10 et le km 27, et après, poh poh poh, rien du tout, 15 km en descente, ça ne fait rien, à part taper dans les cuisses (qui n'auront avalé que 27 km, dont 17 de faux-plat) :-(



Bon, le climat devrait être ensoleillé mais frais, touchons du bois.

Qu'est-ce que j'en ai marre, de boire de l'eau, de la tisane, du thé vert...

Dimanche soir, méga-dîner gastronomique à Turin, lundi, journée off à essayer de descendre les escaliers turinois sans grimacer, lundi soir tard, retour France...

lundi 7 avril 2008

Marathon de Turin - 3ème étape des 5 marathons

C'est avril, la période des marathons, et je vais à nouveau m'aligner sur la ligne de départ d'un marathon pour collecter des fonds pour la recherche génétique.
Comme vous le savez, je me suis lancé dans le défi de courir 5 marathons sur les 5 campus de mon école (Madrid, Berlin, Turin, Londres, Paris), entre 2007 et 2010, accompagné par une quinzaine de coureurs sympathiques. Le but est de collecter des fonds pour financer la recherche sur le syndrome de Williams-Beuren, une maladie génétique causant des retards physiques et mentaux. Un des marathoniens, mon ami Laurent, a sa nièce qui est atteinte de ce syndrome, qui touche une naissance sur 15 000.
Dimanche 13 avril, je vais donc courir le Marathon de Turin aux couleurs de l'ESCP-EAP, l'école qui m'emploie, avec le logo de l'association Autour des Williams bien en vue. Ce sera le 3ème marathon que je cours pour cette cause, après Madrid (avril 2007) et Berlin (septembre 2007). Je souhaiterais que vous considériez de verser une somme, fut-elle modique, pour cette noble cause, et pour m'encourager tout au long de ces 42km195, pour lesquels je me suis entraîné tout l'hiver.

Voilà un certain nombre de raisons pour lesquelles vous pourriez envisager de donner :
  • les dons vont à 100% à l'association humanitaire Autour des Williams, pour favoriser la recherche sur ce syndrome génétique
  • 60% des dons sont déductibles de votre impôt sur le revenu
  • vous nous encouragez, mes camarades coureurs et moi-même, pour ce défi
  • vous soutenez mon (éventuellement votre) école, qui s'est engagée généreusement dans ce défi sportif, collectif et humanitaire
  • vous avez la chance, comme moi, d'être né sans syndrome génétique
  • vous voulez agir
  • vous souhaitez encourager notre partenaire Spira, sympathique PME européenne qui a doté gratuitement tous les coureurs de chaussures de compétition haut de gamme
Pour faire un don, vous pouvez soit vous connecter sur le site Internet http://www.5marathons.com/ et aller à la page des coureurs, et me choisir (oui, moi, tout en bas de la page) pour faire un don en ligne (connexion sécurisée par Paypal), ou bien vous pouvez envoyer un chèque, libellé à l'ordre de "Autour des Williams", envoyé par la Poste à
Anne-Laure THOMAS
Association Autour des Williams
"5 marathons sur 5 campus"
2ème étage
10 rue de la Jonquiere
75017 PARIS
Dans les deux cas, l'association vous contactera pour le justificatif fiscal.

Dans la page des coureurs, vous constaterez que nous nous sommes tous fixé des défis, avec des paris à la clé. Ce système de pari n'est pas une obligation (vous pouvez verser un don libre), mais il est destiné à motiver les coureurs à faire un bon temps. Pour ma part, je ne suis pas sûr d'égaler mon meilleur temps au Marathon, soit 4h18, car Berlin était un marathon très plat. Mais je ferai au mieux !
Je vous remercie d'avance, et je posterai ici un compte-rendu détaillé de cette épreuve... après l'avoir courue :-)













mercredi 30 janvier 2008

Objectif subjectif

Super, hier, motivé, je me fixe un objectif, allez, courir 4h30 par semaine. Il faut dire qu'avec mes 20kms de lundi en 2h10, j'avais un peu d'avance...
Ben oui, tellement d'avance qu'hier, en sortant de cours, je ne pouvais plus avaler ma salive sans crisper les poings de douleur. Grippe, angine, peste bubonique, phylloxera ? Le docteur y va dire, et va prescrire les petites pilules bleues qui requinquent (non, pas Viagra)...
Autant dire que le jogg de midi est passé à l'as, et que je sens mal le fait d'enquiller 2h20 d'entraînement avant dimanche. Plus que 11 semaines, rah, ça démarre mal !
(enfin, j'en connais d'autres : la page en français du Marathon de Turin invite encore à s'inscrire à l'épreuve du 15 mai 2007...)

mardi 29 janvier 2008

Objectif : 4h30

En préparation du Marathon de Turin, l'entraînement reprend. Objectif : caser 4h30 de course (soit à peu près mon temps au marathon) chaque semaine.
Hier, 2h10.
Aujourd'hui, courbatures.
Demain midi, 1h et quelques.
Il me reste donc 1h20 à caler avant la fin de semaine. C'est jouable...
(mais c'est juste la première semaine)

mercredi 3 octobre 2007

Marathon de Berlin - Hailé Gebrselassie et moi

Dimanche matin, réveil dans un Berlin grisâtre (notre hôtel était du côté Est de Berlin) vers 6h45. Laurent fait son yoga, j'enfile vite un jean et je descends prendre un petit déjeuner. Un thé, des céréales au lait, quelques tranches de jambon, une pomme que je ne peux pas avaler. Dans les néons bleus et verts de la salle aux murs métalliques, je vois beaucoup de convives en collant de course, les chaussures de running aux pieds, chacun est dans son silence.
Retour à la chambre, préparation sans état d'âme (tout était prêt depuis la veille), installation de toute l'électronique : puce du marathon sur la chaussure droire, accéléromètre sur la gauche, walkman au côté, casque ultra-léger autour du cou, montre cardio-fréquencemètre avec batterie neuve (merci Cécile), brassard contenant 6 gels au glucose.
7h30, RV dans le hall de l'hôtel, départ en métro à 8 coureurs. Matin grisâtre, des pans de ciel clair commencent à apparaître, les nuages sont poudrés de rayons de soleil. Il va faire beau, il fait froid.
A la station d'arrivée, il n'y a qu'à suivre les gens déguisés - comme nous - en préservatifs jaunes ("Adidas, c'est la classe !"), ça n'est pas dur, quand 40 000 personnes convergent à pied vers un lieu, ça se remarque. Répartition dans les sas, je suis dans le dernier sas avec Joce, ce qui nous vaudra de franchir la ligne avec 24 minutes de décalage par rapport aux premiers. Il fait froid, je garde le sac jusqu'au dernier moment. Superbe moment quand le lâcher de ballons peuple le ciel de Berlin de milliers de ballons orange, sous le ballet des hélicoptères.
Et c'est le départ. Même si je cours à côté de Joce, cette fois, c'est décidé : ce sera à mon rythme, j'arrête les conneries, je vais courir lentement, avec une stratégie de course prudente, pour en garder sous le pied pour la seconde partie du parcours. Malgré la foule (c'est l'inconvénient des départs, surtout dans le dernier sas, qui mélange ceux qui veulent faire 4h15, 4h30, 5h, 5h30 ou plus...), je garde l'oeil sur la montre, je déroule la foulée sans accélérer (ce n'est pas l'envie qui m'en manque). Il fait 13°.
Km 10, je prends mon premier gel un peu avant le ravitaillement en eau, tout est sous contrôle, Joce me rejoint quelques centaines de mètres plus tard. Un gars reconnaît mon T shirt, il est ESCP, 54 ans, DG d'une boite d'informatique. Il nous montre quelques bâtiments, mais le rythme est un peu trop rapide, ça se joue à une poignée de secondes, mais je préfère décrocher. Seul dans la course, je suis en moi-même, toujours attentif à maintenir un rythme serein. Je m'étais fixé de courir à 6'20" au kilomètre, j'ai du mal à ne pas descendre en dessous des 6', mais je me freine. Je me souviens de toutes ces compétitions où j'ai explosé en vol à la moitié de la distance, pas question de me cramer à nouveau.
Km 20, deuxième gel au glucose. Encore 1 km et quelques, et ce sera le semi. Je prends soin d'éviter les jets d'eau rafraichissants, à 14-15°, le plus souvent à l'ombre, c'est la caillante assurée.
Semi-marathon. Je voulais le passer à 2h13, je le passe à 2h15, tout va bien, j'ai bien géré cette partie. A Madrid, j'avais passé le semi à 2h03, tout content de ma rapidité, et j'avais explosé dès le 23ème kilomètre (il en restait donc 19 à courir...).
Conformément à ce que j'avais décidé, je chausse le casque du walkman à partir du semi : la première partie a été concentrée et silencieuse, la deuxième partie va être rythmée et en musique. J'accélère pour passer à 5'40" au kilomètre, et commence donc mon negative split. Dans ma stratégie de course, je dois maintenir cette allure jusqu'au km 31 : à ce moment-là, je verrai si je peux encore accélérer (5'30" ou moins) ou bien s'il vaut mieux rester à cette allure. Un morceau de Graham Nash et David Crosby, un instrumental tiré de Rocky, la musique est agréable, et puis cette chanson faite pour la course, Men In Black, par Will Smith. Dopé par le rythme, je double des coureurs sans effort, sans à-coup, je suis dans la course.

Km 25, gel anti-crampes. Les ravitaillements sont de grandes flaques d'eau, des amoncellements de gobelets en plastiques que l'on écrase, on se fait souvent pousser dans le dos, chacun est énervé par sa contrainte de temps. Je saute un ravitaillement sur deux, il y en a trop.

Km 30, je pense que je ne pourrai pas accélerer. Je suis tombé sur l'intro de Rocky II, superbe morceau bien rythmé, ça m'a redonné la pêche. Je suis bien content d'avoir acheté ce disque, plus quelques morceaux en ligne, voilà de l'argent bien investi.

Km 31, ça devient dur, je ralentis insensiblement, je dois me motiver pour maintenir l'allure de croisière. Je monte souvent à 5'50" au km, il faut être vigilant. Pas question d'accélérer comme prévu initialement, il faut se maintenir. Mais en même temps, je n'ai pas eu "le mur" (que j'avais eu à Paris 2002, puis Paris 2006 au 26è km, et à Madrid 2007 au 23ème), je ne l'aurai pas de tout le parcours. Km 35, dernier gel "coup de fouet". Mon t-shirt est trempé, je suis glacé. J'ai eu Eddy Mitchell et Johnny "on veut des légendes", tout ça c'est du bon. Je passe tous ceux que je peux, je ne suis plus doublé depuis des kilomètres. En revanche, de plus en plus de personnes se mettent à marcher (c'est leur droit) au milieu de la route (c'est pas sympa). Depuis le début, c'est une gestion des doublements, des trottoirs, des encombrements de personnes.
Dès que je le sens, dès que je le peux, je tape dans les mains des petits gosses sur les côtés, ça me booste.
Km 40, celui-là je l'ai attendu longtemps, ça fait depuis le km 28 que je guette le panneau kilométrique suivant. Un thé chaud au ravitaillement, c'est la dernière fois que je m'arrête. OK, encore 2 km, je fais ce que j'avais prévu : j'accélère. Il s'agit tout de même de tenir 2 bornes, avec les 40 que j'ai déjà dans les pattes, mais je le sens bien. De toute façon, je vois vite mes limites : oui, j'ai pu accélérer, mais pas énormément, et maintenant, il s'agit de tenir. Je convoque mon loup intérieur, je grogne à chaque foulée, les autres coureurs tournent la tête, je m'en fous, ça m'aide, et je les dépasse un à un, inexorablement. Longue avenue d'Unter den Linden, je vois la Porte de Brandebourg au bout, je sais qu'il ne faut pas se démobiliser, l'arrivée sera quelques 200 m après. Je passe la porte dans la bousculade, il ne s'agit plus de trébucher. Longue avenue, dernière course tendue, la foule des deux côtés sur des gradins, des hauts-parleurs annoncent qu'Hailé Gebrselassie a battu le record du monde du marathon, je passe la ligne, top chrono, j'ai fait 4h18'25", mon meilleur temps à ce jour, 22 minutes de mieux que mon premier marathon (2002), 34 mn de mieux qu'en 2006, 29 mn de mieux qu'à Madrid.

Depuis dimanche, je suis sur mon nuage.

Prochaine étape : le 13 avril, quelques jours avant mes 40 ans, Marathon de Londres.
Mais pour l'instant, baguette, fromage au lait cru, vin rouge, viandes rouges, expressos : ça fait du bien...

mardi 2 octobre 2007

4h 18' 25" (-22 minutes par rapport à mon record)

Marathon historique, qui a vu Gebrselassie battre le record du monde, et votre serviteur battre son propre record. Cela fait énormément de bien. J'ai enfin couru en negative split (moins vite d'abord, plus vite après). Plus d'infos dans les jours qui viennent, là j'ai une journée de cours.

vendredi 28 septembre 2007

Plus possible de reculer



J-2.

Taxi à 4h45 demain matin, retour lundi soir.

jeudi 27 septembre 2007

Il pleut, il mouille, c'est la fête à la grenouille...


Allez, encore un effort... J-4.


mardi 25 septembre 2007

La compétition à XV à ne pas rater ce dimanche...

Ils seront XV, portés par des milliers de personnes.
Cela fait des mois qu'ils s'entraînent, se soutiennent, apprennent à se connaître.
Il y a les petits jeunes, et les anciens qui distillent la sagesse et les conseils.
Ils représentent la France, mais ne sont pas tous français.
La tension est montée, au fil de quelques échauffourées passées, mais c'est vraiment dimanche que ça va passer ou casser.
Non, ce n'est pas du rugby, c'est la suite du projet Mercure.

Et pour ceux qui ont la flemme de cliquer sur le lien :

Dimanche 30 septembre, je vais courir le Marathon de Berlin aux couleurs de l'ESCP-EAP, l'école qui m'emploie, pour une cause humanitaire : le financement de la recherche sur un syndrome génétique affectant les jeunes enfants, le syndrome de Williams et Beuren.

Je souhaiterais que vous considériez de verser une somme, fut-elle modique, pour cette noble cause, et pour m'encourager tout au long de ces 42km195, pour lesquels je me suis entraîné tout l'été.
En effet, un de mes amis, qui est aussi marathonien, a une nièce atteinte de ce syndrome. Nous avons donc réuni une équipe de 15 coureurs, qui a déjà couru le Marathon de Madrid en avril, collectant déjà, grâce à vos dons, plus de 1400 euros.

Nous courrons ensuite le Marathon de Londres, Turin, puis Paris, soit 5 marathons en 4 ans. (Tous les détails sont sur 5marathons.com).

Voilà un certain nombre de raisons pour lesquelles vous pourriez envisager de donner :
  • les dons vont à 100% à l'association humanitaire Autour des Williams, pour favoriser la recherche sur ce syndrome génétique
  • 60% des dons sont déductibles de votre impôt sur le revenu
  • vous nous encouragez, mes camarades coureurs et moi-même, pour ce défi
  • vous soutenez mon (éventuellement votre) école, qui s'est engagée généreusement dans ce défi sportif, collectif et humanitaire
  • vous voulez agir
  • vous souhaitez encourager notre partenaire Spira, sympathique PME européenne, qui a doté gratuitement tous les coureurs de chaussures de compétition haut de gamme
Pour faire un don, vous pouvez soit vous connecter sur le site Internet http://www.5marathons.com/ et aller à la page des coureurs, et me choisir (oui, moi, tout en bas de la page) pour faire un don en ligne (connexion sécurisée par Paypal), ou bien vous pouvez envoyer un chèque, libellé à l'ordre de "Autour des Williams", envoyé par la Poste à
Anne-Laure THOMAS
Association Autour des Williams
"5 marathons sur 5 campus"
2ème étage
10 rue de la Jonquiere
75017 PARIS
Dans les deux cas, l'association vous contactera pour le justificatif fiscal.
Dans la page des coureurs, vous constaterez que nous nous sommes tous fixé des défis, avec des paris à la clé. Ce système de pari n'est pas une obligation (vous pouvez verser un don libre), mais il est destiné à motiver les coureurs à faire un bon temps. Pour ma part, je vais essayer de battre mon meilleur temps au Marathon, soit 4h40.
Je vous remercie d'avance, et je donnerai à ceux/celles qui le souhaiteront un compte-rendu détaillé de cette épreuve... après l'avoir courue :-)
Sportivement,
Votre serviteur, dit "The rooster of the macadam"

lundi 10 septembre 2007

Semi - satisfait

Tous les blogs importants en ont parlé : nous nous sommes retrouvés hier matin pour un run un peu particulier. Dans le cadre de la préparation du Marathon de Berlin (30 septembre, c'est demain), il est intéressant de se tester un mois avant sur une distance de semi-marathon. C'est pour ça que les organisateurs, dans leur grande sagesse, programment le semi-marathon de Paris en mars, un mois avant le Marathon de Paris.
Mais étant donné que les semi-marathons ne sont pas légion en septembre, nous avons décidé de nous faire notre propre semi-marathon, au Bois de Boulogne. Grâce aux technologies de l'information (wiki et Google maps), c'était lancé.
Bilan très positif. Malgré un cafouillage au départ (je me suis retrouvé avec des gros bruns poilus qui couraient à 4'30" au km, moi qui visais plutôt 6'00" / km) et la batterie de mon lecteur MP3 qui était en rade, j'ai couru mon semi-marathon dans mon meilleur temps depuis... que je suis né.

1h 53' 52", c'est-à-dire mieux que mes performances historiques (il faut que je mette ma page à jour) ou récentes d'il y a un an ou 6 mois.
Certes, il y a des quelques points à améliorer, mais le moral est plutôt bon. Pour les points à améliorer :
  • Parti trop vite, à un rythme inférieur à 5' au km, pendant 35 mn, avant que je ne décide de ralentir. Cela a dû consommer de l'énergie qui m'a fait défaut sur la fin.
  • Néanmoins, beau maintien sur la deuxième moitié (13 km) : du 5'30" au km, régulier, même si c'était de plus en plus dur.
  • Une douleur dans le pied droit sur les derniers 10 km. Ce n'est pas la première fois, et c'est embêtant.
Donc : satisfait, vigilant, et affûté. On verra bien dans les semaines qui vont venir.

mercredi 5 septembre 2007

Burn-Out

Hier, 21,8 km en course + longueurs de piscine en nocturne. Aujourd'hui, totalement cramé. Dimanche prochain, un semi marathon pour tester ma forme.
Je suis en burn-out, un point de grande fatigue physique. Le point positif est : je pense que je n'ai jamais été aussi bien entraîné. Le point négatif : peut-être un peu trop entraîné.
D'ici dimanche : calme et décontraction, de toute façon, les journées sont remplies de travail et de soucis.
Impression de porter tout le monde sur mon dos. On me sollicite par mail, par téléphone, mais, c'est marrant, quand j'ai répondu, j'ai rarement un "merci" en retour.
Burn-Out.

vendredi 31 août 2007

Plaisir de courir 1 - Cap Corse

Voir la trace de ma semelle Spira* dans la poussière du chemin,
trace orientée vers la montagne alors que j'en revenais,
58 minutes et 3 côtes plus tard,
tandis que la brume se levait sur le Cap Corse.

* Spira (les chaussures à ressort !) est, à ce jour, l'unique sponsor de notre projet 5 marathons sur 5 campus (le site va être mis à jour dans les prochains jours), déjà évoqué sur ce blog, et pour lequel nous remettons le couvert le 30 septembre, pour le Marathon de Berlin.