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A propos

Ce blog est le pendant flou et libre de thibierge.net. L'auteur vit essentiellement dans le monde cyber et nocturne. Il surgit parfois dans le monde réel pour donner des cours et boire des expressos. Il passe aussi une partie de son temps à collecter les batanas et ubuntus. Ah oui, il met aussi progressivement en ligne un roman.

lundi 12 avril 2010

Mon Marathon de Paris 2010 (et la fin de 5marathons.com)

Voici mon compte-rendu du Marathon de Paris 2010, le dernier marathon que nous courions pour 5marathons.com.

"C'était dans l'horreur d'une profonde nuit"

Tout a commencé par une mauvaise nuit. Toute personne qui a déjà couru ce genre d'épreuve sait qu'il ne faut pas compter sur le sommeil de la dernière nuit, et qu'il faut donc faire des provisions de repos auparavant. Mais là, imminence de l'épreuve ou anticipation angoissée, nous sommes nombreux à n'avoir dormi que 2 ou 3 heures dans la nuit. Réveil 6h15, je mange mon gâteau WeightExplosers en le faisant passer avec du thé déthéiné, et je passe une bonne 1/2h à me préparer (le nombre de choses à prévoir, la crème anti-frottements, la puce électronique, la ceinture de gels au glucose, les piles de rechange, cf. check-list).
Départ 7h du matin. Nous avons RV pour une photo de groupe, et deux interviews. Paris est désert, mais plus j'approche de l'Etoile, plus je vois des silhouettes imprécises, jambes nues sous leur poncho en plastique : les coureurs commencent à se rassembler. Je rejoins le lieu de rendez-vous avec mes deux bouteilles de solution HyperGlucidoSpatialBooster (affectueusement surnommé SpermBull par mes amis, ils sont poètes). Il fait 4°, et ça se sent, nous tremblons tous de froid. Les coureurs arrivent par petits groupes, je vois notamment Christophe N, qui a eu une gastro-entérite terrible la veille, et qui va essayer de faire ce qu'il peut ce matin, sans grand espoir. Nous enchaînons une interview pour BFM TV (d'ailleurs, si quelqu'un a une capture vidéo...), la photo de groupe, puis une interview France 3 (nous sommes visibles aux alentours de la minute 12 (2 séquences), ici (édition du dimanche 11 avril)).
Puis nous rejoignons les sas de départ.
L'attente dans le peloton se passe bien, nous nous sommes bien placés, Alex (dit Barbe Bleue), P-A (dit La Chose) et moi. Les toilettes sont pris d'assaut, alors j'utilise la tactique de notre gourou, Pierre C (25 ans de Marathons...) et je fais pipi dans ma bouteille, je l'ai dit, nous sommes tous des poètes.



Des kilomètres et des erreurs d'appréciation

Et c'est le départ. De tous les marathons, c'est probablement le plus beau, et le meilleur départ : toute la largeur des Champs-Elysées se retrouve couverte de coureurs, cela descend légèrement vers la Concorde, dans le soleil qui apparaît en face. C'est parti, nous sommes doublés de part et d'autre, mais un maître-mot : ne pas partir trop vite. Un coup d'oeil à la montre : 5'15" au kilomètre, c'est parfait, il faut maintenir cela sur toute l'épreuve pour éviter d'exploser en vol.
La Concorde, puis la rue de Rivoli, à l'ombre. J'ai des soucis avec ma montre : je suis perturbé par les fréquences des autres coureurs, et j'alterne entre des vitesses affichées de 2'50" au km (21 km/h !!) et 5'30" (11 km/h). Les deux autres me disent que je suis en train d'aller trop vite, pourtant je me maintiens à 5'15" au km, c'est bizarre. Et puis je comprends en passant les bornes kilométriques : ma montre me donne une vitesse affichée qui est inférieure à ma vitesse réelle. Alors que je crois courir à 5'15" / km (affiché par ma montre), je suis en fait à 5' au km (12 km/h) quand je regarde mes passages aux bornes kilométriques. D'où vient la différence, alors que je croyais que mon cardio-fréquencemètre était parfaitement étalonné ? En fait, étant donné que ma vitesse d'entraînement a augmenté au fil des mois, il est probable que mes foulées sont plus longues... et donc qu'il aurait fallu ré-étalonner mon cardio-fréquencemètre. Maintenant, c'est trop tard, mais il faut choisir : ralentir ou pas ?
Je me suis entraîné ces derniers mois sur la foi d'une montre pessimiste. Donc j'ai couru plus vite que prévu à l'entraînement. Eh bien c'est parfait, on va continuer à se baser sur la montre. Donc je maintiens 5'15" sur ma montre, soit 5' (12 km/h) dans le monde réel.
On commence à apercevoir la tour de la Bastille. Pour ma part, j'avais le nez dans la montre, mais P-A me prévient : "regarde comme c'est beau". Il a raison, c'est aussi l'intérêt de courir à Paris, je lève le nez et profite. On approche du KM 5, j'avale mon premier gel. Petit couac au premier ravitaillement : il arrive trop tôt et il est trop court, je suis obligé de faire 1/2 tour (un comble) pour aller chercher une bouteille d'eau. Las ! Nous débouchons Place de la Bastille où se trouve... un deuxième stand de ravitaillement. Je continue vaillamment en essayant de rejoindre mes deux cénobites. Je rejoins finalement P-A, Alex étant à 30 mètres devant. Quelques faux-plats, je ne renouvelle plus l'erreur du Marathon de Turin, et je ralentis, l'oeil sur ma montre : ne pas dépasser une fréquence cardiaque de 82-83%. Quand je pense que je courais mes premiers marathons à 85-90% ! Pas étonnant que j'aie tant explosé, tant souffert !
Avenue Daumesnil, longue, longue avenue. Entrée dans le Bois de Vincennes, on voit au loin la tour du Château de Vincennes, et puis ma foi, on y passe et on le laisse derrière nous. Je commence à ressentir une fatigue dans les genoux, bon sang, on n'en est qu'au KM 12, mauvais signe !

La solitude du coureur de fond

Au KM 14, en plein Bois, P-A me dit de continuer à mon rythme, lui va ralentir. On s'échange des derniers encouragements, et c'est parti, je suis seul au milieu de la foule. Alex est 50 à 100 mètres devant.
 Il y a du soleil, des familles sur les bords du chemin, mais on est loin des ambiances déchaînées de Londres ou New York. Il y a si peu de coureurs qui courent pour une cause, c'en est triste.
Soleil sur les frondaisons. Et allez, encore quelques faux-plats (82%, pas plus !!) avant de rentrer à nouveau dans Paris.
Rue de Charenton, encore des faux-plats, je bois régulièrement (une bouche pleine d'eau toutes les 5-10 mn) et je prends mes gels tous les 5 km. Le rythme est bon, mais je me freine. 5'15", toujours, au moins jusqu'au semi, voire jusqu'au KM 30.
Passage du semi à 1h47 (contre 1h43 lors du Semi d'Elbeuf, il y a 1 mois, mais j'avais fini cramé, et je n'avais pas 21 km restant à courir derrière). Contrairement aux autres marathons depuis Berlin, je ne mets pas ma musique à partir du semi : je veux rester dans l'ambiance tant que je ne ressentirai pas le besoin d'un supplément de motivation.
KM 23, voilà les berges de la Seine. Un point difficile, démotivant : c'est là où je m'étais effondré aux marathons de Paris 2002 et 2006, c'est une longue bande de tunnels qui semble interminable. Toujours seul (façon de parler...), je passe sous les tunnels, notamment un long souterrain étouffant qui me rappelle le pont de Queensboro avec son côté claustrophobe.
La foule est présente au-dessus de nos têtes, mais je ne sais pas, cette longue étendue de quais grisâtres donne vraiment un sentiment de paysage encaissé, façon Défilé des Thermopyles. Et cela s'enchaîne avec les souterrains, c'est-à-dire remonter depuis les quais, redescendre dans un tunnel, remonter au bout, plusieurs fois en quelques kilomètres. J'entends une fille qui crie "Allez, plus vite !". Non, Mademoiselle, vous avez le droit de crier Bravo, de nous encourager, de dire Courage, il reste X km, mais ce "Plus vite", c'est se moquer du monde. (Le marathonien commence à manquer d'humour vers le km 25 ; quant aux personnes qui traversent la rue au milieu d'un peloton, elles ne se rendent pas compte de la souffrance accumulée dans ces jambes, de l'épuisement nerveux qui nous mine, et du fait que ces choses-là, non, vraiment, ça ne se fait pas).
Une petite angoisse : mes pieds chauffent, j'espère que mes nouvelles semelles ne sont pas en train de me déclencher des ampoules, hélas ça en a tout l'air. (en fait, je n'aurai eu aucune ampoule, mais je ne le découvrirai qu'après coup).
KM 28, on a passé la Maison de la Radio, allez, je n'attends pas le KM 30, je mets ma musique.

Hasard de la lecture, je tombe sur une musiques de Rocky et cela me fouette les sangs. Bon sang, on va y aller !
J'attaque, donc. (En relisant le graphique de ma course, je découvre que "attaquer" a consisté surtout à"me maintenir" dans les mêmes vitesses. Même si cela va nécessiter une analyse plus approfondie, puisque mes vitesses "montre" ne sont pas les mêmes que les vitesses "réelles").
Je rejoins Alex, qui continue toujours de la même foulée ample. Il s'accroche, on passe les kilomètres ensemble. 30ème kilomètre. "C'est là que la course commence vraiment", d'après Pierre C.
Ce sont des lieux que je connais (Roland Garros, Porte d'Auteuil, allées de Longchamp) et que je ne reconnais pas, ou à peine, tant la course se vit à un rythme intérieur, oublieux des réalités du monde extérieur. Dans mes oreilles, l'intro de "Hold the Line" (Toto) me poursuit et me relance.

Band of brothers

Et on rentre dans le Bois de Boulogne. Cet asile de verdure est en fait un passage noir du Marathon de Paris : beaucoup moins de monde, beaucoup moins d'encouragements, une solitude ensoleillée au milieu du cloc-cloc rythmé de centaines de semelles autour de moi. J'enchaîne les musiques sympa, Bruce Springsteen, Sting, Paul Personne, plusieurs B.O.s,  et je zappe impitoyablement les morceaux un peu mous.
KM 35. Dans deux bornes, notre lieu de rendez-vous avez les 70 supporters d'Autour des Williams. Courage, plus que 2 petits kms avant de pouvoir taper dans les mains, faire des coucous à tous. Alex peste à côté de moi, nous avons les cuisses tétanisées, en bois, en carton. Mais nous avançons toujours, têtus, rigoureux, et la vitesse se maintient tant bien que mal.
Et les voilà, je les vois au loin dans leurs T shirts bleu ciel, dans un virage. Nous nous détachons du peloton et faisons la jonction, Alex joue les stars américaines tandis que je pratique le bain de foule, j'embrasse mes ami(e)s, ma famille, les collègues... Ce sont toujours des moments remplis d'émotion, si intenses, et en même temps, extrêmement brefs.
Et c'est reparti, déjà !
Dans mes oreilles, Daft Punk me relance tandis que nous empruntons un petit chemin forestier.
Courage, à partir de là, plus que 5 km.
 Je rejoins Alex, il se cale dans ma roue.
KM 39, avec le Palais des Congrès dans le lointain.
Le ravitaillement du KM 40, auquel je ne m'arrête pas : à ce stade-là, l'eau n'a plus le temps d'être assimilée, elle est tout juste bonne à chasser le goût du dernier gel "coup de fouet" (imaginez un gel très sucré, au goût mélangé de menthe poivrée et de caféine...).
Et toujours ce train d'enfer, nous sommes montés à 13 km/h ou pas loin, tout le corps est douloureux, les cuisses, les pieds, le dos, les bras.
KM 41, dans un virage. Je dis à Alex : "Voilà maintenant le km le plus dur". Et pour cause : il fait 1 km et 195 mètres.
Nous dépassons des marcheurs, des épuisés, des éclopés. Sans me retourner, je sais qu'Alex est juste derrière moi, ou à mes côtés. La foule commence à se densifier, le bruit aussi. Je devine la Porte Dauphine avant de la voir, nous ne voyons même pas le panneau KM 42 car nous avons repéré, là-haut, au milieu de l'avenue Foch, l'arceau de la ligne d'arrivée.
Et c'est notre dernier faux-plat, que nous avalons (presque) sans nous en rendre compte, pour passer, les bras levés en l'air, la ligne d'arrivée à la même seconde.
Temps officiel : 3 h 36 minutes 01 seconde.
Mon meilleur temps à ce jour. Mes records de New York et de Londres battu de presque 19 minutes.
Et malgré la grande fatigue et la tétanie des muscles (personne ne peut imaginer ce que c'est sans l'avoir fait), je me sens mieux que lors de mes précédents marathons.
Une course que j'ai gérée de bout en bout.

Crispin's Day (*)

Nous nous retrouvons dans l'après-midi pour un pot, et les coureurs égrènent leurs arrivées en fonction de leurs chronos respectifs. Il y a les bénévoles d'Autour des Williams, les familles, le Directeur Général d'ESCP Europe.
Dans un petit discours où j'essaie de remercier tout le monde, je mentionne le discours de la bataille d'Azincourt, dans Henry V, parce qu'un petit groupe fraternel peut changer - un peu - le cours de nos vies.

D'où ma petite tristesse.

Nous avons vécu, et nous sommes battus, au rythme de ce projet, durant 5 ans (le premier tour de chauffe date du semi-marathon de Paris de mars 2005). Les résultats, non encore arrêtés, établissent que nous avons collecté au moins 50 000 euros de dons pour la recherche sur le syndrome de Williams-Beuren. Mais ce n'est qu'une partie des résultats : l'expérience humaine, les relations que nous avons nouées, l'intensité des engagements personnels, sont notre meilleure récompense.
De toutes les choses que j'ai faites dans ma vie, c'est une des réalisations dont je suis le plus fier.

Merci à tous et à toutes pour vos encouragements, vos dons, votre temps.

Et, bien sûr, il n'est pas trop tard pour arrondir les sommes versées ;-)
http://marathon-de-paris.aiderdonner.com/christophethibierge2010

dimanche 11 avril 2010

Jour J. Pour les impatients.

3:36:06 au Marathon de Paris, temps non officiel, récupéré sur ma montre.[edit] temps officiel 03:36:01 [/edit]
Mes records des marathons de Londres (avril 09) et New York (novembre 09) sont donc battus de presque 20 minutes.
Beaucoup de bonnes choses, un peu de tristesse, debrief à venir... plus tard.

samedi 10 avril 2010

J-1 - Check-list du Marathon de Paris, fin de 5marathons.com

Pour préparer le Marathon de Paris, je reprends ma check-list du Marathon de New-York et je l'améliore. Je vais modifier ce thibillet en live jusqu'à mon départ (dimanche matin, vers 7h AM, à vérifier)

Samedi :
  • Playlist pour le lecteur MP3 - check
  • Imprimer les différents rendez-vous et préparer la logistique voitures - check
  • Envoyer un mail aux 70 coureurs sur le RV avant marathon - check
  • Prévenir journalistes - check
  • Sieste - check
  • Téléphone rechargé - check
  • Appareil photo rechargé - check
  • huile de massage à l'arnica - check
  • Aller aider Chou pour préparer la Pasta Party - check
  • Prévoir quelques mots inspirants pour les 30 convives et la fin de 5 marathons.com
  • Relancer des donateurs potentiels ? - Non
  • Citrate de bétaïne pour digérer la Pasta Party chez Chou - check
  • Préparer gâteau Bourre-la-gueule - check
  • recommander mon âme à Dieu - Nan
  • Somnifère léger, genre Euphytose ?
Nécessaire pour le jour de la course :
  • Mouchoirs en papier
  • Réveil matin (montre à vibreur) - check
  • Short moule-à-gaufres - check
  • T-shirt respirant 5marathons.com - check
  • Chaussures, chaussettes (propres), semelles orthopédiques, slip sans coutures (propre), Boosters - check
  • Brassard / ceinture pour mettre les gels pendant la course - check
  • Sparadrap pour mettre sur les tétons !! - check
  • Crème pour les pieds et les parties délicates (Nok) - check
  • 8 doses de gel au glucose pour les kilomètres 5, 10, 15, 20, 25, 30, 35 et 40 - check
  • 4 épingles de sureté pour le dossard - check
  • Cardio-fréquencemètre et accéléromètre - check
  • Lecteur MP3 + écouteurs Sennheiser qui vont bien ! - check
  • piles chargées - check
  • Bandana (car il va faire beau) - pas trouvé :-(
  • Tenue pour l'attente dans le froid - check
Conseils pour avant la course :
  • Boire beaucoup (de l'eau), 2-3 litres par jour avant (Si pipi pas transparent, Toi boire encore des torrents) - Rooibos, Chicorée (pas de caféine), eau, pastis sans alcool - check
  • Manger des pâtes, des pâtes, des pâtes (et d'autres sucres lents) - check
  • Faire le régime dissocié scandinave - check
  • Ne pas boire d'alcool - check
  • Prendre la température des copains qui courent, échanger conseils et insultes - check
  • Jeter un oeil au relief de la course, et réfléchir
  • Calculer mon temps moyen au kilomètre, en fonction du chrono - pas encore totalement fixé
  • Livre inspirant - Non, livre agréable mais soporifique
  • Aller se coucher - oui, à 00h20, il est temps !
  • Me repasser le discours d'Apollo Creed à Rocky sur l'oeil du tigre - check
  • Bien dormir - pas réussi :-(
  • Ecouter la B.O. de Rocky Le dernier Samouraï en me préparant - check
  • Départ à 7h07 - aglagla

jeudi 8 avril 2010

Ce soir sur M6, 18h50...

Ce soir sur M6, à partir de 18h50, l'émission "100% Mag" traitera de différents sujets, dont... les testeurs de chaussures de running. Et devinez quelle équipe sera filmée ? Celle des coureurs des 5marathons.com, dont votre serviteur.
Et en attendant le Marathon de Paris, dimanche, il n'est pas trop tard pour donner pour la recherche génétique.

mercredi 31 mars 2010

Dernière ligne droite

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Vous pouvez aussi accéder directement à la page de collecte



Voilà 5 ans que nous nous sommes lancés dans ce projet.

En 5 ans,
J'ai envoyé des milliers d'e-mails
J'ai co-créé deux sites web (le site actuel est là)
J'ai rencontré des centaines des coureurs, des familles dont les enfants sont atteints de cette maladie génétique, des bénévoles, des êtres humains, quoi.
J'ai argumenté avec sponsors, partenaires, fournisseurs, tout cela pour "la plus grande gloire de Dieu" comme disent les jésuites.
Et j'ai couru, mazette. (Comme en atteste la rubrique Courir de ce blog).
Et voilà la dernière ligne droite. Dimanche 11 avril, je courrai le Marathon de Paris en essayant de battre mes deux records : record de temps (mes 3h 54' 43" du Marathon de New York), et record de dons.

Alors si vous avez quelques euros, laissez-vous attirer par le bon Karma que représente le fait de donner (le bouton en haut à gauche...)
Et si vous avez du temps, venez donc dimanche matin 11 avril au KM 37,2, vous devriez trouver quelques dizaines (centaines ?) de T shirts bleu ciel avec nos supporters dedans.
Y a plus qu'à...

vendredi 19 février 2010

Track record

Mardi : 8,6 km
Mercredi : 10,9 km
Vendredi : 7,6 km
Dimanche : 19,8 km
Total semaine 1 = 46.9 km

Mardi : 9,5 km
Mercredi : 8,6 km
Vendredi : 7,9 km
Dimanche : 17,7 km
Total semaine 2 = 43.7 km

Mardi : 9,3 km
Mercredi : 10,8 km
Vendredi : 7,9 km
Dimanche : 18 km ?
Total semaine 3 = 46 km ?

"essayez d'aller jusqu'à 60 km par semaine", qu'il me disait, mon médecin du sport. Déjà que là, j'ai l'impression que mes rotules s'effritent...
Allez, on va essayer de passer tous les mercredis à 10 km (3 tours des Buttes-Chaumont) et le vendredi à 10 aussi.

mardi 9 février 2010

Cracher ses poumons

06h15 ce matin. Il fait froid, mais pas encore en dessous de 0°C.

Le planning d'entraînement dit : 10 fois 1mn30 à 95% de la FCMax ( = à fond les ballons) suivis de 1mn de retour au calme. 10 fois.

L'horreur.

En regardant le graphique ci-contre, je constate que :
  • censément "à fond les ballons", je n'atteins même pas 14 km/h
  • plus le temps passe, plus les "retour au calme" deviennent des "je me traîne pour mourir"
  • 1mn30 de course, c'est très long ; 1mn de retour au calme, c'est très court
Retour à 07h15.
Restait à enchaîner sur une journée de travail.



Sinon, je trouve que ça fait très Nazca, ce type de graphique...

samedi 30 janvier 2010

Run à 1800 m

Fin de journée de ski, je n'aspirais qu'à me liquéfier sur le canapé.
Et puis là, mon archange tentateur, mon alter ego (en mieux) lâche juste comme ça "pour ma part je vais courir".
Deux secondes de réflexion, un peu plus de temps pour oublier ma fatigue et mon manque de motivation, et nous voilà partis sur la route enneigée.

Le soleil nappe encore les montagnes de quelques milliards de Lux, mais la nuit tombe sur les sapins, les voitures ont allumé leurs phares. On se range au passage des navettes, l'air est glacé.
Après la descente, une remontée qui assèche les poumons, on commence à entendre les respirations laborieuses.
On fait un tour par le village. Petites boutiques illuminées qui envoient de la lumière sur la neige bleue, zig-zags entre groupes familiaux et groupes de copains. J'entends plusieurs fois "ils sont fous", mais aussi, une fois "Si ça c'est pas de la motivation..."
Sourire intérieur.
Et puis le baroud : un chemin dans la neige qui descend dans la nuit. Le bruit des foulées qui crisse dans la neige. C'est d'abord la descente, où il faut faire attention à ses chevilles. Et puis c'est le retour, la montée. Au bruit froufroutant de la neige se superpose le bruit des respirations qui souffrent, soufflets de forge dans la nuit silencieuse.
Retour sur la route, pour la dernière partie. Jorge m'encourage, au moment où je commençais à lâcher. Je remonte à son niveau. Quelques centaines de mètres plus loin, il me dit qu'il va marcher : je le relance à mon tour. Nous finissons dans la souffrance, mais aussi dans le plaisir : allez, encore un entraînement accompli, une petite victoire pour le mental et la motivation.
50 minutes, 7 km (mais avec des dénivelées), -15° C.
Et après, 20 mn de Hammam, repos des guerriers.
La vie est dure.

lundi 25 janvier 2010

Et c'est reparti pour l'entraînement...

Depuis la semaine dernière, le projet 5 campus 5 marathons est reparti :
  • réunion de présentation + préparation
  • contact avec les coureurs (une équipe de 65 coureurs, ça se coordonne...)
  • contact et papotage avec Stéphane Diagana, notre parrain historique
  • quelques entraînements pour re-démarrer le cycle : 1h vendredi, 1h30 dimanche, 1h ce matin dans la nuit...
... avec comme objectif, si possible, d'améliorer encore mon temps. Vaste sujet, grandes incertitudes. Histoire de ne pas se sentir vieux ou ramollo :-)


jeudi 5 novembre 2009

Marathon de New York - un autre compte-rendu


Mon ami Laurent avait lui aussi rédigé un compte-rendu. C'est différent, dans la mesure où lui court plutôt en 3h15 (mais il ne prend pas de photos, voilà, ça explique la différence).
Son récit est ici.

mercredi 4 novembre 2009

New York, New York... (Part Two)

Nous nous sommes quittés au début du marathon de New York, juste après le Pont du Verrazzano, sur cette phrase :

"J'essaie de maintenir un rythme à 5:15 au km (11,5 km/h), ce qui, si je le tiens toute la course, me mènera vers un nouveau record."

La course commence à peine, mais je suis chaud. Le ciel est gris, l'air est frais et humide, mais en quelques miles, je suis en T shirt et short. Le rythme est bon, le moral aussi, on arrive au premier ravitaillement (Mile 3, presque 5 km). Enfer, ce sont des gobelets en carton. Jeune impétueux que je suis, j'essaie de boire le gobelet en courant. Après m'être aspergé d'eau glacée, vieil imbécile que je suis, je décide de m'arrêter pour boire. C'est mieux. J'en profite pour prendre une photo de situation.

Nous sommes dans Brooklyn, direction Park Slope. Il y a déjà du monde dans les rues, mais il est encore tôt, il fait frais, donc l'ambiance est sympa, sans être hystérique.

Les petits immeubles, associés au ciel gris, ne font pas ressentir l'effet "New York", mais plutôt l'effet "banlieue de ville américaine".  Cela pourrait être assez déprimant, mais j'ai d'autres choses sur lesquelles me concentrer, et même si je ne vais pas très vite, les bords de rue défilent régulièrement.

Mile 5 (km 8), premier gel, avec un gobelet d'eau. J'ai vu que certains coureurs pincent le haut du gobelet pour boire tout en courant. Je teste. OK, aspergé à nouveau, moi je dis, quand on a deux mains gauches, on ne joue pas au cacou et on s'arrête au bord du trottoir pour boire.

Et c'est reparti. Nous sommes sur Bedford Avenue, qui va durer pendant des kilomètres. Brooklyn commence à devenir plus attachant : des arbres, des petites boutiques, on sent que le quartier chic de Park Slope se rapproche.
Un rétrécissement de chaussée nous ralentit un peu, rien de grave, de toute façon il y a une côte, alors on ralentit. C'est très agréable de monter sous les arbres, même si ça monte...

Comme pour le Marathon de Londres, et contrairement aux marathons méditerranéens (Italie, Espagne, France), les coureurs affichent une cause pour laquelle ils courent. Leucémie, cancer, enfants handicapés, un parent malade : rares sont les T shirts qui ne portent pas de mention humanitaire. Quant à nous, nous courons pour la même cause que sur les 5 marathons : le syndrome de Williams-Beuren, dans sa version américaine (Williams Syndrom Association, WSA).

Dans le cadre de cette course, je verrai plusieurs handicapés. D'abord des "coureurs" handisport dans leur fauteuil roulant qui ont dû avoir un problème. En effet, les handisport partent toujours 20 à 30 mn avant les coureurs 'sur jambes", et ils ont une vitesse qui assure habituellement qu'ils ne seront pas rattrapés. Sauf problème.
On passe ainsi des fauteuils roulants escortés par des bénévoles qui leur facilitent le passage. Et puis il y a une association de sportifs handicapés, Achiles. Ces coureurs sont escortés par des guides en T shirt rouge qui flanquent le coureur et le protègent. Je verrai ainsi un aveugle, et surtout, un homme amputé des deux jambes. Il a - j'apprendrai le nom dans le New York Times -  des Cheetah feet, c'est-à-dire des pilons se terminant par une lame flexible, comme un patin de ski, et il sautille pour courir, dans un geste assez gracieux, mais qui doit être véritablement épuisant. L'homme est baraqué, il a JESUS marqué dans le dos, et quand je le dépasse, vers le Mile 8, il a l'air en pleine forme. Je n'ose pas l'encourager, c'est idiot.

Il y a aussi des déguisements, mais de manière très exceptionnelle, beaucoup moins qu'à Londres, où les super-héros se comptent par dizaines. Je croise néanmoins un Flash et un Marquis de Lafayette. Quand je le prends en photo en me retournant, un coureur voit les drapeaux français sur mon visage et me lance un "allez les bleus !" avec un bon accent américain, c'est sympa.

L'ambiance est donc bonne, on entend toutes les langues, on voit des prénoms de toutes les nationalités, et la foule est désormais bien compacte, bien chauffée. Les encouragements fusent, les orchestres poussent la sono à fond, on est dedans.

Mile 10 (km 16), deuxième gel. Le rythme est bon, j'oscille entre 5mn et 5mn30 au km, mais je tiens la moyenne. Mon bracelet "3h45 au marathon" m'indique que j'ai 1 minute d'avance sur l'horaire prévu, je continue en espérant pouvoir maintenir la même cadence.

Bedford Avenue. On a pris un virage à l'ouest, Manhattan se voit au fond, ça fait du bien de voir des gratte-ciels au loin. Je continue, et j'arrive ainsi au semi marathon, 13,1 miles soit 21,1 km en 1h51 minutes. C'est plutôt bon signe, car - je m'en rendrai compte après - c'est mon meilleur temps sur cette distance. Mon record au semi-marathon de Paris était de 1h56, et je n'avais eu "que" 21,1 km. Là, j'ai été plus rapide, mais j'ai encore la même distance à couvrir...

C'est le moment où traditionnellement, je commence à écouter de la musique, pour m'encourager sur la deuxième partie du parcours. Je place mes écouteurs, j'allume le baladeur. Et là, par hasard, je tombe sur la BO de Rocky, la musique du thème (gonna fly now). L'intro à la trompette, le rythme qui monte, génial, je suis dans mon élément, la vie est belle !

Et puis un truc étonnant : la clameur de la foule est telle que, même en montant le volume de mon baladeur à fond, le plus souvent, je n'entends pas bien ma musique, tant l'ambiance est assourdissante. Tout Brooklyn est dans la rue.

Hasard de la lecture aléatoire, j'entends plusieurs morceaux de Rocky, et cela me fait toujours un bel effet. On quitte enfin Brooklyn, et on passe dans le Queens par un petit pont quelconque. C'est plus calme, car on est dans la partie juive traditionnelle, et la plupart des passants ignorent délibérement les coureurs. J'arrive au Mile 15, 3ème gel que j'essaie d'avaler en même temps que je tiens mon gobelet, bref, jamais deux sans trois, je m'asperge copieusement le torse, c'est glacé, bravo, là je dis bravo...
 
J'ai pourtant intérêt à rester frais. On arrive au Pont de Queensboro, un des points chauds du parcours. Faisant plusieurs miles, reliant le Queens à Manhattan, c'est un énorme pont couvert, favorable à la claustrophobie.

3 miles de pont, avec au moins 2 miles de montée, c'est long. Chacun s'accroche comme il peut, on essaie de gérer correctement ce paradoxe : ne pas ralentir trop, mais ne pas trop brûler d'énergie non plus, car il y aura encore 10 miles à s'avaler après.

Je sens des courbatures, mes abdos et mes épaules me tirent, le corps commence à souffrir. Je n'ai jamais été très bon en côte, ça se confirme, il faut s'accrocher et attendre que ça passe.

Cet endroit, c'est paradoxal, parce que Queensboro Bridge aboutit la 59ème rue, à Manhattan, c'est donc "le pont de la 59ème rue" de la chanson de Simon et Garfunkel (The 59th street bridge song, que beaucoup connaissent sous le titre Feelin' groovy). Et cette chanson, elle est charmante, sautillante, fraiche. Et le pont est très beau, vu de l'extérieur. Mais là, j'en aurai désormais une autre vision : celle d'un oesophage en côte, des vertèbres d'acier qui nous entourent, nous surplombent, nous étouffent, et nous, fourmis trottinantes, crampies, moulues, qui nous accrochons dans la pénombre.

Nous surplombons enfin l'Hudson River, Manhattan est superbe sur le côté gauche, la côte est enfin terminée, le pont commence à descendre vers Manhattan, nous allons entrer dans le coeur de l'action. Nous avions été prévenus : il paraît que la clameur de la foule, massée à la sortie du pont, est assourdissante. Et je l'entends avant de la voir : un grand tumulte de cris, d'encouragements, une vague sonore impressionnante. On y arrive, on les voit : des flots de personnes massées sur les côtés, qui crient, applaudissent, claquent leurs ballons ou criquettent leurs crécelles. C'est énorme. Je n'ai vu ça nulle part, jamais entendu ça, c'est une vague d'énergie qui nous pousse tous vers l'avant. (La vidéo ici aide à peine à se rendre compte).

Le trajet fait un virage complet, retourne sur ses pas ce qui permet d'admirer le pont qui nous a tant fait souffrir. Et là, pendant quelques centaines de mètres, grosse angoisse. Tout à coup, ma cheville droite (celle qui a eu une entorse il y a un an) se met à me lâcher. Elle me fait mal, et je la sens fragile, prête à craquer. Je boitille, je déporte tout mon poids sur l'autre jambe, j'en suis presque réduit à sautiller à cloche-pied.
Grosse angoisse : ça me fait mal, je suis en train de me déséquilibrer, et je ne vais pas pouvoir continuer à cloche-pied pendant 10 miles !
Je continue ainsi pendant plusieurs dizaines de mètres, et puis je décide d'inverser le propos, un peu à la manière de l'école de Palo Alto : au lieu de protéger la cheville en réduisant mon effort sur elle, au lieu de m'angoisser, je décide de la mettre à contribution. Je me rééquilibre, je la sollicite à nouveau, mais cette fois complètement, en déroulant bien le pied et la jambe. Je continue pendant quelque temps en respirant... jusqu'à ce que je me rende compte, quelques centaines de mètres plus loin, que je m'étais mis à penser à autre chose et que ma cheville ne me fait plus mal... 

On aborde la 1ère avenue. La 1ère avenue. Une étendue mythique, parce que presque aussi large que les Champs-Elysées, alors imaginez ce que ça donne sans une seule voiture, une gigantesque largeur d'asphalte, des coureurs au milieu, et une foule déchaînée sur les côtés.

L'ambiance est folle. Un exemple parmi des milliers : je vois une grosse fille qui brandit deux pancartes avec énergie. La première dit "Keeping on running is your only fucking option !" et la seconde dit "It's OK to cry". Tous les types d'encouragements possibles sont à New York.
Des drapeaux français, norvégiens, péruviens, texans, chinois.
Des pancartes, des slogans, des bannières, des mots d'amour.
Des gars qui encouragent gentiment ceux qui marchent ("allez, recommence à courir, vas-y !").
Un gars qui s'est détaché de la foule, il n'a pas l'air content, et il engueule copieusement un marcheur (j'espère qu'il le connaît), du genre "Mais bouge-toi, pauvre tache, bon sang, allez, redémarre, et vite !!"
C'est de la folie, c'est New York.

Je sais que les amis de WSA nous attendent à la 96ème rue. C'est tout l'avantage des quadrillages des cités américaines : je compte les rues une à une, 62ème, 63ème, c'est plus rythmé et plus fréquent que d'attendre le prochain mile, ça permet de maintenir sa motivation.

J'arrive à la 80. Puis à la 90.
La 95. La 96.
Je cherche, et vite, je repère le groupe WSA, des T shirts verts pour les adultes, dorés pour les enfants. Stephanie et Mary me voient et piaillent des Oh My God !!! (j'apprendrai plus tard qu'elles brandissaient une pancarte "Vivre Christophe !!!" constellée de marques de rouge à lèvres...). Je vais vers le groupe WSA, je voudrais m'arrêter un peu, ou leur dire quelques mots, mais un gars robuste en T shirt vert me met d'autorité une bouteille d'eau dans la main, me pousse en me disant "go, go, go !!" et je repars dans la course.

Je passe le Mile 19 (km 30). Je l'ai déjà mentionné pour Londres, "la course commence au km 30". C'est là où on est fatigué, où le corps commence à refuser, où c'est difficile de maintenir le même rythme. Et il reste encore 7 miles, 12 bornes, c'est-à-dire une distance risible quand on est frais du matin, mais difficile quand on a déjà 30 bornes et trois ponts dans les pattes.
D'autant plus qu'on passe East Harlem et qu'on arrive dans le Bronx.
Moins de personnes, beaucoup, beaucoup moins d'ambiance, des paysages plus gris. On nous avait prévenus, c'est la partie moralement difficile, celle où l'on aurait besoin du support de la foule, mais hélas, hasard du parcours, cela va être le tronçon le moins vivant. Et  pour couronner le tout, un méchant petit pont tapissé de moquette détrempée, et allez donc, encore une petite côte. Rien de grave, certes, mais désormais, chaque sollicitation nouvelle, chaque variation du relief, fut-elle faible, se paye cher.
D'ailleurs, pendant un bon moment, je ne vais plus prendre de photo, je n'y pense plus, ou je n'ai plus envie.

Je n'ai plus trop de souvenir du Bronx. J'essayais de maintenir mon rythme de 5mn15 au km, je m'abreuvais à un ravitaillement sur 2, j'ai pris mon gel du 20ème mile, et pour le reste, c'était mettre un pied devant l'autre et recommencer.

La boucle, le grand virage, on comprend qu'on est en train de retourner, de redescendre à Manhattan. Sentiment de libération. Mile 21, Harlem, on commence à retrouver de la foule, de l'ambiance.

Et la 5ème avenue. L'avenue chic, celle qui descend vers Central Park, là où se terminera le marathon.
L'avenue traître. Celle qu'on descend sur la carte, car elle orientée nord-sud. Mais en fait, la 5th, c'est un grand, méchant, persistant, vicieux faux-plat. Des miles et des miles de montée. Pas une côte, non, plus démoralisant encore : un dénivelé constant qui grignote les genoux, l'énergie et le moral.
Le coup de grâce, quoi. Le truc inattendu. Comme le dit Georges Arnaud à la fin du Salaire de la peur "tu as fait ce que tu devais, mais là, c'est le croupier qui a triché".
L'avenue s'étend sur une distance infinie. Ma vitesse baisse à 5mn30, 6mn, je donne des coups d'accélérateur, mais ça ne sent plus la jeunesse, je repasse péniblement à 5mn40, parfois 5mn30, il faut se battre pour ces poignées de secondes.
Heureusement, la foule est là, plus présente, plus bruyante, mais c'est comme pour la musique que j'écoute : j'ai la sensation d'être émoussé, plus rien ne me motive, je cherche l'énergie d'accélérer, mais en fait, je n'ai qu'une envie. Que ça s'arrête. Que je m'allonge pour dormir et oublier tout.

Mais je n'ai pas attendu 4 ans, je n'ai pas bâti ce rêve pour en rester là. Ce n'est pas un sursaut d'orgueil, parce que je ne suis plus dans l'état d'avoir un sursaut. On ne peut pas parler de flambée, d'énervement, ou de feu aux poudres, j'en suis bien loin. C'est juste un entêtement tenace. "Keeping on running is your only fucking option".
Alors je ne vais pas m'arrêter, et personne ne va m'empêcher de terminer. À ma vitesse, à ma manière, je grignote péniblement cette côte avec mes genoux émoussés, mes mollets durs, mes cuisses crispées et douloureuses.

La suite se raconte en peu de mots. L'avenue est très longue, nous nous mettons à longer Central Park, la foule est de plus en plus dense, de plus en plus excitée et proche. Même si je n'ai plus la même vitesse, j'arrive à limiter les dégâts : je ne dégringole pas à des 8 ou 9mn au km comme dans d'autres marathons, j'arrive à me maintenir à un rythme de 6 mn au km (10 km/h) malgré tout ce que je ressens dans les pattes. 
Et puis je vois soudain deux tours au loin, la foule nous crie que ça y est, on va y arriver.
Tout au bout de cette avenue, la foule est excitée, il y a un virage un peu sec, se pourrait-il que ce soit l'arrivée ? Je décide de couper ma musique et de me laisser porter par l'ambiance.
Un panneau que je vois, mais que je n'enregistre pas bien : Mile 23 (km 37).
Il reste 3 miles, 5 km, mais je n'arrive plus à visualiser, je crois que c'est tout proche, que c'est réglé. Alors que ce sont 3 longs miles, les plus longs du parcours.

Je mets ce qui me paraît être un temps infini à atteindre la banderole Mile 24. À tel point qu'il vient un moment où je me dis que ce n'est pas possible, que je l'ai ratée, que la prochaine banderole sera une bonne surprise, ce sera déjà le Mile 25.
Et au bout d'un temps très long, je vois une banderole au loin. Mile 24. Je soupire. Je ne suis pas prêt de voir le Mile 25. La foule nous encourage tous, j'entends des dizaines de fois "Allez la France !", nous sommes tous à souffrir, les coureurs devant, derrière, à mes côtés, nous sommes tous cuits, mais la foule ne se lasse pas de nous encourager, nous pousser, nous soutenir. Des côtes. Des descentes. Des montées.

Mile 25, enfin.
Plus qu'un mile.
Enfin, c'est ce que je crois.
Des familles, des enfants, des buissons, des arbres, des plans d'eau, et mes talons qui rentrent dans mes genoux, mes genoux qui rentrent dans mes hanches.
Descente. Montée. Virage. Descente.

Mile 26.
Almost there.
Plus que 0,2 à parcourir, ça y est, on y croît.
Mais 0,2 ne signifient pas 200 mètres.
C'est 0,2 miles.
320 mètres.

Là, enfin, je consulte à nouveau ma montre. Je la consultais régulièrement pour mon allure, mais je n'avais pas regardé mon chrono depuis le semi-marathon. Elle m'indique 3h52.
Et là, ultime coup de fouet : mon record, pour l'instant, c'est 3h54 à Londres. Je suis à 2 mn en dessous, à 300 mètres de l'arrivée.
J'accélère.
Je voudrais passer la ligne avant le temps que j'avais fait à Londres.
C'est super dur d'accélerer, c'est tout sauf un sprint. Comme le dit le cow-boy à Buzz l'éclair, "je n'appelle pas ça voler, j'appelle ça tomber avec grâce".
Bref, je mets dans la balance les quelques réserves que je ne croyais plus avoir, et j'envoie le tout.
300 mètres, c'est très long.
Je regarde ma montre régulièrement.
3h53.
Je respire, je souffle, j'allonge la foulée en essayant d'éviter de tomber.
3h54.
Un dernier coup d'énergie.
Je passe la ligne, j'arrête mon chrono.
Cela ne sert à rien de le regarder, je ne sais pas 3h54 et combien de secondes j'avais fait à Londres.
Ce ne sera que le soir-même que je découvrirai que j'ai réalisé un nouveau record, battant de 3 secondes seulement mon temps de Londres.
Ça me fait sourire, ce petit grignotage.

"If I can make it there, I'll make it anywhere"

Après la ligne d'arrivée, je me suis senti bien mal pendant plusieurs dizaines de minutes. Vidé, titubant, n'ayant qu'une envie, m'allonger. Et puis j'ai bu. J'ai marché. J'ai mangé. Et peu à peu, très lentement, je suis revenu à la vie.

Et je peux maintenant commenter et conclure ce long récit (j'ai pris les 7h de vol retour pour le rédiger).
  • La comparaison entre Londres et New York ne tient pas. Mon temps à New York est bien meilleur que mon temps à Londres, pour les raisons suivantes :
    • New York a des variations de relief bien supérieures (Pont du Verrazzano, Pont de Queensboro, 5th avenue, Central Park).
    • Le gagnant de New York met 2h09. Celui de Londres met 2h05. Cette différence, rapportée à mon allure, ce n'est plus un différentiel de 4 mn, mais probablement de 10 mn, peut-être plus.
    • Je me suis arrêté pour prendre des photos.
  • New York est un marathon génial pour
    • l'ambiance, exceptionnelle
    • les vues de tous les quartiers et la découverte de cette superbe cité
  • New York est un marathon assez contraignant car, même en regardant à l'avance le relief du parcours, on ne se rend absolument pas compte des difficultés à venir. C'est vraiment une course où le terme gérer sa course prend tout son sens. Et c'est difficile à faire quand on fait le parcours pour la première fois.
En conclusion : 5mn15 au km, sur 42 km, est un objectif ambitieux, mais probablement tenable sur un marathon plus plat.

Par exemple, au hasard, Paris en avril 2010...
:-)

lundi 2 novembre 2009

New York, New York... (Part One)

Première partie de mon compte rendu du Marathon de New York

C'est un projet depuis plus de 4 ans. Et hier, j'ai réalisé mon rêve. Voici mon récit du Marathon de New York (qui fêtait son 40ème anniversaire, un peu plus jeune que moi, le marathon...)

(Toutes les photos en haute définition ici).

"Start spreading the news, I’m leaving today"


1er novembre 2009. Réveil à 4:49, Laurent déjà parti depuis 3/4h, j'ai tout mon temps, je me suis réveillé avant mon réveil (5:30). Thé, céréales, préparation de l'équipement de cosmonaute (2-3 couches de vêtements, gels de glucose, électronique de jogging, walkman, appareil photo, piles, clés, ...)

Je sors dans la rue vers 6:00, et je trouve tout de suite un taxi sur 1st avenue. Il prend la Highway vers le terminal des ferrys, New York est encore dans la nuit. Il pluviote un peu.

Le terminal ressemble à Ellis Island à l'époque des immigrations massives vers les US, il y a une foule assise,
debout,
qui déambule,
qui dort,
va aux toilettes,
mange,
boit du café au gobelet,
se déshabille,
s'habille,
s'interpelle,
ça parle anglais français italien allemand suédois swahili...

Je prends le ferry de 6:30, 1/2h à traverser ce petit bras de mer et à faire un coucou à la Statue de la Liberté, avant d'aborder à Staten Island.
Puis la queue pour prendre un bus,
encore 1/2h de trajet,
à nouveau la queue pour entrer dans Wadsworth Fort, 
en tout, il m'aura fallu plus d'1h30 pour rejoindre la zone de départ.
Et là, c'est un peu Woodstock sous la pluie :
des tentes,
des coureurs étalés partout sur l'herbe dans le froid,
des enfilades de cabines de chiottes avec des gens qui font la queue,
des camions UPS,
des annonces en 5 langues,
des pancartes, des panneaux
des drapeaux de toutes les nationalités...

Je me trouve un coin un peu tranquille et je m'installe, tel un mini-bouddha moderne, emmitouflé dans ma couverture de survie.
Je lis quelques pages de Steinbeck sur ce gène de l'espèce humaine qui la pousse périodiquement à (se) détruire, puis sur le début de son expédition dans la Mer de Cortès.
La couverture de survie est une bénédiction, car il y a du vent et le sol est mouillé. Je vois des coureurs qui sont en short et en T shirt, bon sang, on est 2h avant le départ et il doit faire 11° C... Gros contraste entre certains coureurs vêtus d'une simple couche de tissu, et mon empilement de couches de polaire. Je suis à 37°, juste bien :-)

"These vagabond shoes are longing to stray"

Je vais me placer à l'entrée de mon corral, il y a comme d'habitude l'énervement positif, les échanges de plaisanteries avec les bénévoles, l'attente impatiente.
Les gars qui négocient pour passer, qui expliquent, qui se fâchent.
Ceux qui essaient de franchir la clôture grillagée (2 m) en sont quittes pour quelques contusions + une engueulade. Tout ça pour franchir la ligne 30 secondes plus tôt, c'est attendrissant. Pour ma part, j'attends, centré sur ma respiration, mon temps viendra.

On attend, on attend, on attend, d'abord à l'entrée du corral, puis dans le sas.

9h40, j'ai une pensée pour Laurent, qui doit être en train de prendre le départ sur le Pont du Verrazzano.
Ultime pipi, j'abandonne mon pantalon en polaire, mais je garde toutes mes autres couches, y compris la couverture de survie.

Nous avançons vers la ligne, beaucoup de personnes courent, comme si elles ne savaient pas qu'elles vont en prendre pour plusieurs heures de course, et que CHAQUE molécule de glycogène économisée peut faire une différence.
Tassement du peloton immobile avant le départ. La modestie américaine des commentaires au micro : "Welcome to the most important event in the universe !" (véridique)
Je quitte ma fidèle couverture de survie, j'abandonne aussi les gants (trop difficile de manipuler l'appareil photo avec).
Une chanson qui glorifie l'Amérique, et c'est parti !

"Right through the very heart of it, New York, New York"

Et c'est la montée du Pont du Verrazzano. 
Ça grimpe honnêtement, l'asphalte est humide, l'air est frais, chacun mouline des gambettes à son rythme.
Des hélicoptères tournoient dans le ciel, ou restent en stationnaire pour filmer, il y a des énormes Sikorsky qui passent, on se croirait dans Apocalypse Now.
À gauche, les gratte-ciels de Manhattan, superbe vue pour démarrer... mais à une distance si lointaine ! On y croit, on y va...

Le pont dure longtemps, plus d'un mile, on a le temps d'ajuster sa vitesse. Je commence à avoir bien chaud, je me débarrasse peu à peu de mes couches, mais avec parcimonie, je ne veux pas brûler des calories juste pour me réchauffer, elles seront mieux employées ailleurs.

Le pont se termine et on rentre dans l'énorme Borrow de Brooklyn, où nous allons passer la première moitié du marathon. Des maisons qui ne font pas plus d'un étage, des rues déjà bien remplies, et toujours un ciel gris au-dessus de nos têtes.

J'essaie de maintenir un rythme à 5:15 au km (11,5 km/h), ce qui, si je le tiens toute la course, me mènera vers un nouveau record.

La suite ici

dimanche 1 novembre 2009

Record battu

3h54mn43s.

Soit 3 secondes de mieux qu'à Londres, mon précédent record.

Ouais, Ok, peut-être, mais c'est un record BATTU quand même ! Et puis si t'es pas content, je t'attends sur la prochaine ligne de départ ;-)

Comme d'hab, analyse détaillée et récit larmoyant dans les prochains jours, mais là, je vais à l'After Party...

samedi 31 octobre 2009

From London to New-York

Il est temps de revenir sur ces instants riants où je courais, insouciant, le Marathon de Londres avec ma nouvelle femme, Gudrun.

Demain, c'est New York. Ce sont toujours 26,2 miles, mais chaque course est un recommencement, et la ville n'est pas la même. La question n'est plus de terminer le marathon : sauf accident, je franchirai la ligne d'arrivée. Cette question, elle est simple pour un marathon classique ; mais pour New York, la réflexion sera pimentée d'un biais supplémentaire.

Pour un marathon classique, question simple :

Quel compromis adopter entre la vitesse et l'endurance ? C'est comme en photographie : soit on prend vite en sacrifiant la lumière, mais on perd en détails à l'arrière-plan ; soit on veut une photo précise, ce qui signifie de fermer le diaphragme, et donc de prendre à une vitesse plus lente, quitte à ce que le sujet bouge.

En marathon (et pour toute autre course), la question se pose dans ces termes :
- soit je cours lentement, ce qui économise mes forces, et me garantit d'avoir de l'endurance jusqu'au bout. Mais cela signifie courir plus longtemps...
- soit je cours vite, pour abréger mon temps de souffrance. Mais cela signifie brûler plus d'énergie... au risque de ne pas pouvoir terminer.

Il n'y a pas, à ma connaissance, de modèle d'optimisation. En effet, en photo, il y a un compromis vitesse-ouverture qui permet de choisir toujours la combinaison optimale. C'est la base du mode "programme". Mais en course à pied, c'est plus compliqué, parce que les paramètres changent au fil du temps : type d'entraînement avant la course, météo du jour, mental, playlist de musique... C'est un peu comme l'optimum d'endettement pour les sociétés : on sait qu'il existe, mais on ne peut pas tout arrêter, "toutes choses égales par ailleurs", pour tester diférents niveaux d'endettement et finalement choisir l'optimum.

Je me fonde par exemple sur mon Marathon de Londres (avril 2009). Comme le montre le graphe ci-contre, j'ai fait une course idéale : le même rythme maintenu pendant 42 km (et 195 mètres...) Certes, on voit un léger ralentissement sur la seconde partie de la course, mais il est dépassé, le temps où je croyais aux bienfaits du negative split.

Sur Londres, j'ai réussi à maintenir une vitesse de 5min33 au km, soit approximativement 11 km/h. Alors que faire demain ?

Je vais viser 5mn15 au km (11,5 km/h), en espérant maintenir la régularité tout du long. Il y a deux ponts un peu difficiles à passer (le Verrazzano au début, et le pont de la 59ème rue), et sutout, la fin dans Central Park, qui se termine par 3 miles avec des montées...

Le biais de New York

Le parcours est plus difficile que Londres ou Paris, à cause de ces ponts et ce relief dans Central Park.
Certes, quand on a vécu les marathons difficiles de Madrid, Turin ou Athènes, c'est gérable. Mais voilà le biais : je veux profiter de la course. Tout le monde me l'a dit : c'est un marathon exceptionnel, avec une ambiance à nulle autre pareille. Alors je ne vais probablement pas essayer de battre mon record à tout prix. J'emporte un appareil photo, et je vais essayer de fixer quelques scènes et paysages, soit sur papier argentique numérique, soit dans "l'ordinateur neurophile qui me tient lieu de cerveau".
Demain, j'aurai - j'espère - la récompense de nombreuses semaines d'entraînement, de gestion de mon temps et de mes efforts.
Nous verrons si le résultat est à la hauteur de mes espérances.


jeudi 29 octobre 2009

New York, New York...

Pour préparer le Marathon de New York, je reprends ma check-list du Marathon de Londres et je l'améliore. Je vais modifier ce thibillet en live jusqu'à mon départ (vers 7h30 AM)

Avant de partir pour New York :
  • Billets d'avion - check
  • coordonnées sur place - check
  • Passeport - check
  • Mouchoirs en papiers - check
  • Playlist pour le lecteur MP3 - à faire dans l'avion
  • Téléphone rechargé + chargeur - check
  • MacBook + chargeur (sauvegardes faites) - check
  • adaptateur prise US - check
  • Boules quiès + masque - check
  • Ibuprofène + huile de massage à l'arnica - oublié
  • Citrate de bétaïne pour digérer les onion rings - check
  • Mon carnet de notes et de croquis - nan
  • Mon carnet de pouèmes - check
  • Mon journal - check
  • recommander mon âme à Dieu - nan
  • Mélatonine + somnifère léger - check
Nécessaire pour le jour de la course :
  • Réveil matin (en fait, c'est ma montre cardio-fréquencemètre) - check
  • Faire des courses (alimentaires) à NY pour petit-déjeuner
  • Short moule-à-gaufres - check
  • T-shirt respirant du Williams Syndrom Association - check
  • Imprimer le portrait des deux petites filles à la mémoire desquelles nous courons - check
  • Chaussures, chaussettes (propres), semelles orthopédiques, slip sans coutures (propre) - check
  • Brassard pour mettre les gels pendant la course - check
  • Sparadrap pour mettre sur les tétons !! - check
  • Crème pour les pieds et les parties délicates (Nok) - check
  • 8 doses de gel au glucose pour les kilomètres 20, 30 et 40 miles 3 ; 5,6 ; 7,43 ; 8,931 ; ah merde avec ce système à la con !!!
  • 4 épingles de sureté pour le dossard - check
  • Cardio-fréquencemètre et accéléromètre - check
  • Lecteur MP3 + écouteurs Sennheiser qui vont bien ! + casque intra-auriculaire - check
  • piles chargées - check
  • Tenue pour l'attente dans le froid et la traversée du Pont du Verrazzano : polaire, coupe-vent, bonnet, gants, pantalon en polaire, couverture de survie - check
  • Petit sac à laisser au vestiaire - check
Conseils pour avant la course :
  • Boire beaucoup (de l'eau), 2-3 litres par jour avant (Si pipi pas transparent, Toi boire encore des torrents) - thé vert, thé rouge Rooibos, eau, pastis sans alcool - check
  • Manger des pâtes, des pâtes, des pâtes (et d'autres sucres lents) - check
  • Faire le régime dissocié scandinave - check
  • Ne pas boire d'alcool (quelques semaines avant ?) - 6 semaines, check
  • Prendre la température des copains qui courent, échanger conseils et insultes - check permanent
  • Jeter un oeil au relief de la course, et réfléchir - à suivre
  • Calculer mon temps moyen au kilomètre, en fonction du chrono - pas encore totalement fixé
  • Livre inspirant - Steinbeck
  • Bien dormir - check (minuit 23, quand même)
  • Ecouter la B.O. de Rocky en me préparant
Retour mercredi matin. Pas sûr d'avoir de la connexion pendant ces quelques jours.