lundi 12 avril 2010
Mon Marathon de Paris 2010 (et la fin de 5marathons.com)
Par Docthib, lundi 12 avril 2010 à 14:54 :: Courir Mots-clés :
"C'était dans l'horreur d'une profonde nuit"
Tout a commencé par une mauvaise nuit. Toute personne qui a déjà couru ce genre d'épreuve sait qu'il ne faut pas compter sur le sommeil de la dernière nuit, et qu'il faut donc faire des provisions de repos auparavant. Mais là , imminence de l'épreuve ou anticipation angoissée, nous sommes nombreux à n'avoir dormi que 2 ou 3 heures dans la nuit. Réveil 6h15, je mange mon gâteau WeightExplosers en le faisant passer avec du thé déthéiné, et je passe une bonne 1/2h à me préparer (le nombre de choses à prévoir, la crème anti-frottements, la puce électronique, la ceinture de gels au glucose, les piles de rechange, cf. check-list).
Départ 7h du matin. Nous avons RV
pour une photo de groupe, et deux
interviews. Paris est désert, mais plus j'approche de l'Etoile, plus je
vois des silhouettes imprécises, jambes nues sous leur poncho en
plastique : les coureurs commencent à se rassembler. Je rejoins le lieu
de rendez-vous avec mes deux bouteilles de solution
HyperGlucidoSpatialBooster (affectueusement surnommé SpermBull par mes
amis, ils sont poètes). Il fait 4°, et ça se sent, nous tremblons tous
de froid. Les coureurs arrivent par petits groupes, je vois notamment
Christophe N, qui a eu une gastro-entérite terrible la veille, et qui
va essayer de faire ce qu'il peut ce matin, sans grand espoir. Nous
enchaînons une interview pour BFM TV (d'ailleurs, si
quelqu'un a une capture vidéo...), la photo de groupe, puis une
interview France 3 (nous sommes visibles aux alentours de la minute 12
(2 séquences),
ici (édition du dimanche 11 avril)).
Puis nous rejoignons les sas de départ.
L'attente dans le peloton se passe bien, nous nous sommes bien placés, Alex (dit Barbe Bleue), P-A (dit La Chose) et moi. Les toilettes sont pris d'assaut, alors j'utilise la tactique de notre gourou, Pierre C (25 ans de Marathons...) et je fais pipi dans ma bouteille, je l'ai dit, nous sommes tous des poètes.
Des kilomètres et des erreurs d'appréciation
Et c'est le départ. De tous les marathons, c'est probablement le plus beau, et le meilleur départ : toute la largeur des Champs-Elysées se retrouve couverte de coureurs, cela descend légèrement vers la Concorde, dans le soleil qui apparaît en face. C'est parti, nous sommes doublés de part et d'autre, mais un maître-mot : ne pas partir trop vite. Un coup d'oeil à la montre : 5'15" au kilomètre, c'est parfait, il faut maintenir cela sur toute l'épreuve pour éviter d'exploser en vol.
La Concorde, puis la rue de Rivoli, à l'ombre. J'ai des soucis avec ma montre : je suis perturbé par les fréquences des autres coureurs, et j'alterne entre des vitesses affichées de 2'50" au km (21 km/h !!) et 5'30" (11 km/h). Les deux autres me disent que je suis en train d'aller trop vite, pourtant je me maintiens à 5'15" au km, c'est bizarre. Et puis je comprends en passant les bornes kilométriques : ma montre me donne une vitesse affichée qui est inférieure à ma vitesse réelle. Alors que je crois courir à 5'15" / km (affiché par ma montre), je suis en fait à 5' au km (12 km/h) quand je regarde mes passages aux bornes kilométriques. D'où vient la différence, alors que je croyais que mon cardio-fréquencemètre était parfaitement étalonné ? En fait, étant donné que ma vitesse d'entraînement a augmenté au fil des mois, il est probable que mes foulées sont plus longues... et donc qu'il aurait fallu ré-étalonner mon cardio-fréquencemètre. Maintenant, c'est trop tard, mais il faut choisir : ralentir ou pas ?
Je me suis entraîné ces derniers mois sur la foi d'une montre pessimiste. Donc j'ai couru plus vite que prévu à l'entraînement. Eh bien c'est parfait, on va continuer à se baser sur la montre. Donc je maintiens 5'15" sur ma montre, soit 5' (12 km/h) dans le monde réel.
On commence à apercevoir la tour de la Bastille. Pour ma part, j'avais le nez dans la montre, mais P-A me prévient : "regarde comme c'est beau". Il a raison, c'est aussi l'intérêt de courir à Paris, je lève le nez et profite. On approche du KM 5, j'avale mon premier gel. Petit couac au premier ravitaillement : il arrive trop tôt et il est trop court, je suis obligé de faire 1/2 tour (un comble) pour aller chercher une bouteille d'eau. Las ! Nous débouchons Place de la Bastille où se trouve... un deuxième stand de ravitaillement. Je continue vaillamment en essayant de rejoindre mes deux cénobites. Je rejoins finalement P-A, Alex étant à 30 mètres devant. Quelques faux-plats, je ne renouvelle plus l'erreur du Marathon de Turin, et je ralentis, l'oeil sur ma montre : ne pas dépasser une fréquence cardiaque de 82-83%. Quand je pense que je courais mes premiers marathons à 85-90% ! Pas étonnant que j'aie tant explosé, tant souffert !
Avenue Daumesnil, longue, longue avenue. Entrée dans le Bois de Vincennes, on voit au loin la tour du Château de Vincennes, et puis ma foi, on y passe et on le laisse derrière nous. Je commence à ressentir une fatigue dans les genoux, bon sang, on n'en est qu'au KM 12, mauvais signe !
La solitude du coureur de fond
Au KM 14, en plein Bois, P-A me
dit de continuer à mon rythme, lui va ralentir. On s'échange des
derniers encouragements, et c'est parti, je suis seul au milieu de la
foule. Alex est 50 à 100 mètres devant.Il y a du soleil, des familles sur les bords du chemin, mais on est loin des ambiances déchaînées de Londres ou New York. Il y a si peu de coureurs qui courent pour une cause, c'en est triste.
Soleil sur les frondaisons. Et allez, encore quelques faux-plats (82%, pas plus !!) avant de rentrer à nouveau dans Paris.
Rue de Charenton, encore des faux-plats, je bois régulièrement (une bouche pleine d'eau toutes les 5-10 mn) et je prends mes gels tous les 5 km. Le rythme est bon, mais je me freine. 5'15", toujours, au moins jusqu'au semi, voire jusqu'au KM 30.
Passage du semi à 1h47 (contre 1h43 lors du Semi d'Elbeuf, il y a 1 mois, mais j'avais fini cramé, et je n'avais pas 21 km restant à courir derrière). Contrairement aux autres marathons depuis Berlin, je ne mets pas ma musique à partir du semi : je veux rester dans l'ambiance tant que je ne ressentirai pas le besoin d'un supplément de motivation.
KM 23, voilà les berges de la Seine. Un point difficile, démotivant : c'est là où je m'étais effondré aux marathons de Paris 2002 et 2006, c'est une longue bande de tunnels qui semble interminable. Toujours seul (façon de parler...), je passe sous les tunnels, notamment un long souterrain étouffant qui me rappelle le pont de Queensboro avec son côté claustrophobe.
La foule est présente au-dessus de nos têtes, mais je ne sais pas, cette longue étendue de quais grisâtres donne vraiment un sentiment de paysage encaissé, façon Défilé des Thermopyles. Et cela s'enchaîne avec les souterrains, c'est-à -dire remonter depuis les quais, redescendre dans un tunnel, remonter au bout, plusieurs fois en quelques kilomètres. J'entends une fille qui crie "Allez, plus vite !". Non, Mademoiselle, vous avez le droit de crier Bravo, de nous encourager, de dire Courage, il reste X km, mais ce "Plus vite", c'est se moquer du monde. (Le marathonien commence à manquer d'humour vers le km 25 ; quant aux personnes qui traversent la rue au milieu d'un peloton, elles ne se rendent pas compte de la souffrance accumulée dans ces jambes, de l'épuisement nerveux qui nous mine, et du fait que ces choses-là , non, vraiment, ça ne se fait pas).
Une petite angoisse : mes pieds chauffent, j'espère que mes nouvelles semelles ne sont pas en train de me déclencher des ampoules, hélas ça en a tout l'air. (en fait, je n'aurai eu aucune ampoule, mais je ne le découvrirai qu'après coup).
KM 28, on a passé la Maison de la Radio, allez, je n'attends pas le KM 30, je mets ma musique.
Hasard de la lecture, je tombe sur une musiques de Rocky et cela me fouette les sangs. Bon sang, on va y aller !
J'attaque, donc. (En relisant le graphique de ma course, je découvre que "attaquer" a consisté surtout à "me maintenir" dans les mêmes vitesses. Même si cela va nécessiter une analyse plus approfondie, puisque mes vitesses "montre" ne sont pas les mêmes que les vitesses "réelles").
Je rejoins Alex, qui continue toujours de la même foulée ample. Il s'accroche, on passe les kilomètres ensemble. 30ème kilomètre. "C'est là que la course commence vraiment", d'après Pierre C.
Ce sont des lieux que je connais (Roland Garros, Porte d'Auteuil, allées de Longchamp) et que je ne reconnais pas, ou à peine, tant la course se vit à un rythme intérieur, oublieux des réalités du monde extérieur. Dans mes oreilles, l'intro de "Hold the Line" (Toto) me poursuit et me relance.
Band of brothers
Et on rentre dans le Bois de
Boulogne. Cet asile de verdure est en fait un passage noir du Marathon
de Paris : beaucoup moins de monde, beaucoup moins d'encouragements,
une solitude ensoleillée au milieu du cloc-cloc rythmé de centaines de
semelles autour de moi. J'enchaîne les musiques sympa, Bruce
Springsteen, Sting, Paul Personne, plusieurs B.O.s, et je zappe
impitoyablement les morceaux un peu mous. KM 35. Dans deux bornes, notre lieu de rendez-vous avez les 70 supporters d'Autour des Williams. Courage, plus que 2 petits kms avant de pouvoir taper dans les mains, faire des coucous à tous. Alex peste à côté de moi, nous avons les cuisses tétanisées, en bois, en carton. Mais nous avançons toujours, têtus, rigoureux, et la vitesse se maintient tant bien que mal.
Et les voilà , je les vois au loin dans leurs T shirts bleu ciel, dans un virage. Nous nous détachons du peloton et faisons la jonction, Alex joue les stars américaines tandis que je pratique le bain de foule, j'embrasse mes ami(e)s, ma famille, les collègues... Ce sont toujours des moments remplis d'émotion, si intenses, et en même temps, extrêmement brefs.
Et c'est reparti, déjà !
Dans mes oreilles, Daft Punk me relance tandis que nous empruntons un petit chemin forestier.
Courage, à partir de là , plus que 5 km.
Je rejoins Alex, il se cale dans ma roue.
KM 39, avec le Palais des Congrès dans le lointain.
Le ravitaillement du KM 40, auquel je ne m'arrête pas : à ce stade-là , l'eau n'a plus le temps d'être assimilée, elle est tout juste bonne à chasser le goût du dernier gel "coup de fouet" (imaginez un gel très sucré, au goût mélangé de menthe poivrée et de caféine...).
Et toujours ce train d'enfer, nous sommes montés à 13 km/h ou pas loin, tout le corps est douloureux, les cuisses, les pieds, le dos, les bras.
KM 41, dans un virage. Je dis à Alex : "Voilà maintenant le km le plus dur". Et pour cause : il fait 1 km et 195 mètres.
Nous dépassons des marcheurs, des épuisés, des éclopés. Sans me retourner, je sais qu'Alex est juste derrière moi, ou à mes côtés. La foule commence à se densifier, le bruit aussi. Je devine la Porte Dauphine avant de la voir, nous ne voyons même pas le panneau KM 42 car nous avons repéré, là -haut, au milieu de l'avenue Foch, l'arceau de la ligne d'arrivée.
Et c'est notre dernier faux-plat, que nous avalons (presque) sans nous en rendre compte, pour passer, les bras levés en l'air, la ligne d'arrivée à la même seconde.
Temps officiel : 3 h 36 minutes 01 seconde.
Mon meilleur temps à ce jour. Mes records de New York et de Londres battu de presque 19 minutes.
Et malgré la grande fatigue et la tétanie des muscles (personne ne peut imaginer ce que c'est sans l'avoir fait), je me sens mieux que lors de mes précédents marathons.
Une course que j'ai gérée de bout en bout.
Crispin's Day (*)
Nous nous retrouvons dans
l'après-midi pour un pot, et les coureurs égrènent leurs arrivées en
fonction de leurs chronos respectifs. Il y a les bénévoles d'Autour des
Williams, les familles, le Directeur Général d'ESCP Europe. Dans un petit discours où j'essaie de remercier tout le monde, je mentionne le discours de la bataille d'Azincourt, dans Henry V, parce qu'un petit groupe fraternel peut changer - un peu - le cours de nos vies.
D'où ma petite tristesse.
Nous avons vécu, et nous sommes battus, au rythme de ce projet, durant 5 ans (le premier tour de chauffe date du semi-marathon de Paris de mars 2005). Les résultats, non encore arrêtés, établissent que nous avons collecté au moins 50 000 euros de dons pour la recherche sur le syndrome de Williams-Beuren. Mais ce n'est qu'une partie des résultats : l'expérience humaine, les relations que nous avons nouées, l'intensité des engagements personnels, sont notre meilleure récompense.
De toutes les choses que j'ai faites dans ma vie, c'est une des réalisations dont je suis le plus fier.
Merci à tous et à toutes pour vos encouragements, vos dons, votre temps.
Et, bien sûr, il n'est pas trop tard pour arrondir les sommes versées ;-)
http://marathon-de-paris.aiderdonner.com/christophethibierge2010

06h15 ce matin. Il fait froid, mais pas encore
en dessous de 0°C.
Depuis la semaine dernière, le projet
La
course commence à peine, mais je suis chaud. Le ciel est gris, l'air
est frais et humide, mais en quelques miles, je suis en T shirt et
short. Le rythme est bon, le moral aussi, on arrive au premier
ravitaillement (Mile 3, presque 5 km). Enfer, ce sont des gobelets en
carton. Jeune impétueux que je suis, j'essaie de boire le gobelet en
courant. Après m'être aspergé d'eau glacée, vieil imbécile que je suis,
je décide de m'arrêter pour boire. C'est mieux. J'en profite pour
prendre une photo de situation.
Nous
sommes dans Brooklyn, direction Park Slope. Il y a déjà du monde dans
les rues, mais il est encore tôt, il fait frais, donc l'ambiance est
sympa, sans être hystérique.
Dans
le cadre de cette course, je verrai plusieurs handicapés. D'abord des
"coureurs" handisport dans leur fauteuil roulant qui ont dû avoir un
problème. En effet, les handisport partent toujours 20 à 30 mn
avant les coureurs 'sur jambes", et ils ont une vitesse qui assure
habituellement qu'ils ne seront pas rattrapés. Sauf problème.
Il
y a aussi des déguisements, mais de manière très exceptionnelle,
beaucoup moins qu'à Londres, où les super-héros se comptent par
dizaines. Je croise néanmoins un Flash et un Marquis de Lafayette.
Quand je le prends en photo en me retournant, un coureur voit les
drapeaux français sur mon visage et me lance un "allez les
bleus !" avec un bon accent américain, c'est sympa.
Je
continue, et j'arrive ainsi au semi marathon, 13,1 miles soit 21,1 km
en 1h51 minutes. C'est plutôt bon signe, car - je m'en rendrai compte
après - c'est mon meilleur temps sur cette distance. Mon record au
semi-marathon de Paris était de 1h56, et je n'avais eu "que" 21,1 km.
Là , j'ai été plus rapide, mais j'ai encore la même distance à couvrir...
J'ai
pourtant intérêt à rester frais. On arrive au Pont de Queensboro, un
des points chauds du parcours. Faisant plusieurs miles, reliant le
Queens à Manhattan, c'est un énorme pont couvert, favorable à la
claustrophobie.
Nous
surplombons enfin l'Hudson River, Manhattan est superbe sur le côté
gauche, la côte est enfin terminée, le pont commence à descendre vers
Manhattan, nous allons entrer dans le coeur de l'action. Nous avions
été prévenus : il paraît que la clameur de la foule, massée à la sortie
du pont, est assourdissante. Et je l'entends avant de la voir : un
grand tumulte de cris, d'encouragements, une vague sonore
impressionnante. On y arrive, on les voit : des flots de personnes
massées sur les côtés, qui crient, applaudissent, claquent leurs
ballons ou criquettent leurs crécelles. C'est énorme. Je n'ai vu ça
nulle part, jamais entendu ça, c'est une vague d'énergie qui nous
pousse tous vers l'avant. (
On
aborde la 1ère avenue. La 1ère avenue. Une étendue mythique, parce que
presque aussi large que les Champs-Elysées, alors imaginez ce que ça
donne sans une seule voiture, une gigantesque largeur d'asphalte, des
coureurs au milieu, et une foule déchaînée sur les côtés.
La
suite se raconte en peu de mots. L'avenue est très longue, nous nous
mettons à longer Central Park, la foule est de plus en plus dense, de
plus en plus excitée et proche. Même si je n'ai plus la même vitesse,
j'arrive à limiter les dégâts : je ne dégringole pas à des 8 ou 9mn au
km comme dans d'autres marathons, j'arrive à me maintenir à un rythme
de 6 mn au km (10 km/h) malgré tout ce que je ressens dans les
pattes.
Mile 26. 
1er novembre 2009. Réveil
à 4:49, Laurent déjà parti depuis 3/4h, j'ai tout mon temps, je
me suis réveillé avant mon réveil (5:30). Thé, céréales, préparation de
l'équipement de cosmonaute (2-3 couches de vêtements, gels de glucose,
électronique de jogging, walkman, appareil photo, piles, clés, ...)
Je sors dans la rue vers 6:00, et je trouve tout
de suite un taxi sur
1st avenue. Il prend la Highway vers le terminal des ferrys, New York
est encore dans la nuit. Il pluviote un peu.
mange,

Je me trouve un coin un peu tranquille et je
m'installe, tel un
mini-bouddha moderne, emmitouflé dans ma couverture de survie. 
Et c'est la montée du Pont du
Verrazzano.
Il
est temps de revenir sur ces instants riants où je courais, insouciant,
le
Je
me fonde par exemple sur mon Marathon de Londres (avril 2009). Comme le
montre le graphe ci-contre, j'ai fait une course idéale : le même
rythme maintenu pendant 42 km (et 195 mètres...) Certes, on voit un
léger ralentissement sur la seconde partie de la course, mais il est
dépassé,