Faisant un feu, j'écoutais un ami qui m'expliquait que c'était bizarre, ce sentiment d'apaisement qu'on avait devant les flammes. Je lui répondais que 450 000 ans passés à regarder le feu, ça marque. Pendant ces centaines de milliers d'années, le feu était le symbole du repos, de la chaleur, de la sécurité, de bonnes bouffes aussi. Je pense que cela laisse des traces. Il y a ce parallèle dans une nouvelle de Jack London. Pour lui, le fait de rêver que l'on tombe, et se réveiller en sursaut, vient de l'époque où nous vivions dans les arbres : seuls ceux qui se sont réveillés en sursaut (et qui se sont raccrochés aux branches) ont pu survivre, léguant à leurs descendants un rêve inachevé. La preuve : dans ces rêves, on n'atteint jamais le sol, on se réveille avant.
La fascination du feu, je la retrouve dans l'hypnose (fixez un point brillant et détendez-vous...) ou dans la télévision ou les jeux vidéos. Entrer en transe devant des images lumineuses qui bougent, c'est retrouver une sensation vécue pendant des dizaines de milliers de générations d'être humains.
Pas facile de faire abstraction de cet héritage, qui fait de nous, encore, des animaux très instinctifs - malgré nos iPhones et nos dépressions.