Blogthib, ou thibierge.flou

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A propos

Ce blog est le pendant flou et libre de thibierge.net. L'auteur vit essentiellement dans le monde cyber et nocturne. Il surgit parfois dans le monde réel pour donner des cours et boire des expressos. Il passe aussi une partie de son temps à collecter les batanas et ubuntus. Ah oui, il met aussi progressivement en ligne un roman.

dimanche 31 janvier 2010

Caillou - Sur les sommets


Cristaux de neige dans le soleil
Poussières cosmiques tourbillonnantes
Champs d'étoiles en mouvement
Surimpression sur ma rétine

samedi 30 janvier 2010

Run à 1800 m

Fin de journée de ski, je n'aspirais qu'à me liquéfier sur le canapé.
Et puis là, mon archange tentateur, mon alter ego (en mieux) lâche juste comme ça "pour ma part je vais courir".
Deux secondes de réflexion, un peu plus de temps pour oublier ma fatigue et mon manque de motivation, et nous voilà partis sur la route enneigée.

Le soleil nappe encore les montagnes de quelques milliards de Lux, mais la nuit tombe sur les sapins, les voitures ont allumé leurs phares. On se range au passage des navettes, l'air est glacé.
Après la descente, une remontée qui assèche les poumons, on commence à entendre les respirations laborieuses.
On fait un tour par le village. Petites boutiques illuminées qui envoient de la lumière sur la neige bleue, zig-zags entre groupes familiaux et groupes de copains. J'entends plusieurs fois "ils sont fous", mais aussi, une fois "Si ça c'est pas de la motivation..."
Sourire intérieur.
Et puis le baroud : un chemin dans la neige qui descend dans la nuit. Le bruit des foulées qui crisse dans la neige. C'est d'abord la descente, où il faut faire attention à ses chevilles. Et puis c'est le retour, la montée. Au bruit froufroutant de la neige se superpose le bruit des respirations qui souffrent, soufflets de forge dans la nuit silencieuse.
Retour sur la route, pour la dernière partie. Jorge m'encourage, au moment où je commençais à lâcher. Je remonte à son niveau. Quelques centaines de mètres plus loin, il me dit qu'il va marcher : je le relance à mon tour. Nous finissons dans la souffrance, mais aussi dans le plaisir : allez, encore un entraînement accompli, une petite victoire pour le mental et la motivation.
50 minutes, 7 km (mais avec des dénivelées), -15° C.
Et après, 20 mn de Hammam, repos des guerriers.
La vie est dure.

lundi 25 janvier 2010

Luxmanie

Faisant un feu, j'écoutais un ami qui m'expliquait que c'était bizarre, ce sentiment d'apaisement qu'on avait devant les flammes. Je lui répondais que 450 000 ans passés à regarder le feu, ça marque. Pendant ces centaines de milliers d'années, le feu était le symbole du repos, de la chaleur, de la sécurité, de bonnes bouffes aussi. Je pense que cela laisse des traces. Il y a ce parallèle dans une nouvelle de Jack London. Pour lui, le fait de rêver que l'on tombe, et se réveiller en sursaut, vient de l'époque où nous vivions dans les arbres : seuls ceux qui se sont réveillés en sursaut (et qui se sont raccrochés aux branches) ont pu survivre, léguant à leurs descendants un rêve inachevé. La preuve : dans ces rêves, on n'atteint jamais le sol, on se réveille avant.
La fascination du feu, je la retrouve dans l'hypnose (fixez un point brillant et détendez-vous...) ou dans la télévision ou les jeux vidéos. Entrer en transe devant des images lumineuses qui bougent, c'est retrouver une sensation vécue pendant des dizaines de milliers de générations d'être humains.
Pas facile de faire abstraction de cet héritage, qui fait de nous, encore, des animaux très instinctifs - malgré nos iPhones et nos dépressions.

Et c'est reparti pour l'entraînement...

Depuis la semaine dernière, le projet 5 campus 5 marathons est reparti :
  • réunion de présentation + préparation
  • contact avec les coureurs (une équipe de 65 coureurs, ça se coordonne...)
  • contact et papotage avec Stéphane Diagana, notre parrain historique
  • quelques entraînements pour re-démarrer le cycle : 1h vendredi, 1h30 dimanche, 1h ce matin dans la nuit...
... avec comme objectif, si possible, d'améliorer encore mon temps. Vaste sujet, grandes incertitudes. Histoire de ne pas se sentir vieux ou ramollo :-)


dimanche 24 janvier 2010

Livre lu - Delphine de Vigan, Les heures souterraines

J'avais arrêté cette rubrique, ce n'était pas parce que j'avais arrêté de lire. Je la reprends, nous verrons ce que ça donne.
Je viens de lire Les heures souterraines, de Delphine de Vigan (JC Lattès, 2009). C'est effroyable.
C'est un roman, OK, mais qui a de vrais accents de vérité contemporaine. Ses deux personnages principaux nous côtoient probablement chaque jour, démultipliés, dans nos trajets.

Il y a peu de livres sur le monde du travail en entreprise. Dans les romans, l'environnement de travail sert souvent de prétexte à l'histoire, on place deux réunions, trois collègues, et cela permet de se focaliser sur l'histoire. Là, il s'agit d'une histoire qui, pour un des deux protagonistes, est ancrée dans ce monde, ses rites, ses exclusions. On vit ce que c'est que la souffrance au travail, comme si on y était. C'est terrible et déprimant, parce que c'est bien écrit, en même temps sèchement et humainement, on est littéralement dans le bureau de cette femme qui va vivre cette journée de bout en bout.
C'est un type d'écriture très violent, parce que beaucoup de choses ne sont que suggérées, et cela renforce leur puissance maléfique. Cela me rappelle ce que Paul Morand avait fait avec "Hécate et ses chiens", où l'indicible du sexe était... non dit, mais suggéré, et cela pouvait être sulfureux.
Là, on vit la violence des villes, la violence des entreprises, non pas avec des gros faits divers racoleurs et percutants, mais au contraire, avec des petites touches apparemment sans importance, mais qui contiennent une violence froide et désespérée.

Delphine de Vigan a aussi écrit sur la cinétique du pékin, mais à sa manière, et dans son sujet :

Sous terre, on trouve deux catégories de voyageurs. Les premiers suivent leur ligne comme si elle était tendue au-dessus du vide, leur trajectoire obéit à des règles précises auxquelles ils ne dérogent jamais. En vertu d'une savante économie de temps et de moyens, leurs déplacements sont définis au mètre près. On les reconnaît à la vitesse de leur pas, leur façon d'aborder les tournants, et leur regard que rien ne peut accrocher. Les autres traînent, s'arrêtent net, se laissent porter, prennent la tangente sans préavis. L'incohérence de leur trajectoire menace l'ensemble. Ils interrompent le flot, déséquilibrent la masse. Ce sont des touristes, des handicapés, des faibles. S'ils ne se mettent pas d'eux-mêmes sur le côté, le troupeau se charge de les exclure.

Delphine de Vigan, Les heures souterraines, JC Lattès, 2009, p. 288-289.


J'ai terminé ce livre, et, fait rare pour être cité, j'ai passé mon week-end à essayer d'imaginer ce que serait le samedi de Mathilde, ce que serait son lundi suivant. C'est rare, qu'un personnage de roman continue à vivre après qu'on aie terminé la dernière page, que l'on aie envie de connaître la suite, de l'écrire, voire de réécrire certaines pages pour changer le cours du temps. Sans trop d'espoir, c'est juste pour éviter de se désespérer tout à fait.

samedi 9 janvier 2010

Gilles Cluzel et Wanadoo - spam et incompétence

Les fidèles de ce blog auront noté que j'essaie de faire en sorte que Gilles Cluzel, manager de transition, ne m'envoie plus de spams.
J'ai d'ailleurs été aidé par une poignée de sympathiques internautes, eux-mêmes victimes des spams de Gilles Cluzel, directeur de projet. Cet effort n'a pas été vain : quand on tape "Gilles Cluzel" sous Google, mon thibillet apparaît en 7ème position. Et évidemment, si on tape "Gilles Cluzel spam", mon thibillet est le premier résultat. Mais, nos amis québecois m'en voudront, je n'ai jamais utilisé le terme "pourriel", ce qui fait que "Gilles Cluzel pourriel" ne donne aucun résultat satisfaisant.

Là n'est pas le propos du jour. J'avais dit avoir été chagriné par le fait que, malgré 4 plaintes auprès de Wanadoo / Orange, je n'avais reçu aucune réponse.
Je me dois désormais de rétablir la vérité.

Il y a deux jours, j'ai reçu un message d'erreur. Je vous fais grâce de la prose détaillée, car ce n'est qu'un robot qui me l'envoie (ce qui ne nous change guère de Gilles Cluzel, DG délégué et spammeur). Ce robot me dit (en anglais, ça doit être la langue chez Orange) : nous sommes désolés de vous informer que votre message n'a pas pu être transmis. Votre message du 9 novembre 2009. Il me dit ça, le 9 janvier 2010. 2 mois après. Il a fallu 61 jours au serveur de mail d'Orange / Wanadoo pour m'informer d'un problème sur un de mes mails.
Je trouve Gilles Cluzel, directeur de projet, bien plus efficace dans ses spams.

Les quelques conclusions que cela m'inspire :
  • Certaines sociétés, quand elles changent de nom, maintiennent quand même leurs anciens liens actifs. Par exemple, l'école pour laquelle je travaille a eu 3 noms différents en 10 ans : toutes mes adresses mail sont néanmoins toujours valides. Et je suis sûr que des adresses comme "abuse", encore plus stratégiques, sont maintenues. Mais pas chez France Telecom, chez qui on fait table rase, hop, abuse@wanadoo n'existe plus (alors que je suis sûr qu'une recherche sur Internet en trouverait, des pages avec cette adresse...)
  • Je vais évidemment écrire aux nouvelles adresses d'abus de FT / O
  • Mais le pompon, c'est ce message d'erreur 61 jours après. Même un facteur à pied aurait mis moins de temps.

En vrac - Réflexions et résolutions

La période des fêtes et sa fin programmée m'ont inspiré quelques réflexions en vrac, comme la rubrique du même nom :
  • Les gens qui ne parlent pas. Certaines personnes ne parlent que très peu en privé, en réunion de famille par exemple. La plupart du temps, ce n'est pas parce qu'elles n'ont rien à dire, c'est parce qu'elle souhaitent garder le silence. L'erreur que je vois, c'est quand les autres se mettent à combler ce vide, ce silence, en parlant encore plus. Une personne qui ne parle pas, très souvent, c'est parce qu'elle apprécie la saveur du silence, et qu'elle n'aime pas le bruit. Rien ne sert à rien d'essayer de combler à tout prix ce silence.
  • "Untel ne changera pas, on ne vas pas le changer". J'en ai marre de ce discours défaitiste. Tout le monde peut changer un minimum, pour peu qu'il soit ouvert sur le monde et les autres. Dire qu'untel ne changera pas, c'est conforter untel dans sa position privilégiée. Demander à tous les autres de s'adapter, c'est staflonner, c'est-à-dire emmerder 90% des personnes pour 10% de privilégiés, puisque soit disant, ces 10 %, "on ne va pas les changer". Je ne suis pas d'accord.
  • Les fêtes, avec leur débauche de consommation, auront eu l'avantage de me faire évoluer. Alors que je possédais déjà un iPod depuis 3 ans (acheté d'occasion, faut pas pousser), je me suis mis enfin à utiliser l'iTunes store, avec quelques remarques :
    • la démarche d'achat est tellement simplifiée que je prends enfin plaisir à découvrir de nouvelles choses... et à payer pour les morceaux pour lesquels je n'avais pas encore payé, hum hum ;
    • mais la démarche d'achat est tellement simplifiée que cette dématérialisation (j'en parlais ici et ) a des effets pervers : on ne se rend plus compte qu'on est en train d'acheter, puisque l'on a donné son numéro de carte bancaire lors de l'installation, une seule fois. Un peu comme les achats sur Amazon : cliquer une fois ne donne pas l'impression d'avoir déboursé de l'argent, ou comment réduire les résistances à l'achat compulsif. J'en parlais aussi avec les factures téléphoniques.
    • cela dit, la richesse de l'offre en podcasts me laisse admiratif. Lors d'un jogging, je me suis écouté "le blog de Jean-François Zygel" sur Léon-Noël, et "2 000 ans d'histoire" sur Zola/Dreyfus d'un côté, et la fin du monde de l'autre, tout cela est passionnant comme ressource gratuite mise à la disposition du plus grand nombre.
  • Joggings de rentrée. Je commence l'entraînement pour le Marathon de Paris, le dernier des 5 marathons sur 5 campus (on en reparlera). Même si c'est dur de courir 1h / 1h30 par -2° C, magie des chemins enneigés et des bassins pris par le gel. Il suffit d'un rayon de soleil pour mettre tout cela en état de grâce.
  • Résolutions de début d'année et voeux. Je n'aime pas les voeux, dans leur répétition et leur manque d'originalité (air connu). Et je trouve les bonnes résolutions de début d'année, hypocrites et simplistes. Dans les "bonnes résolutions pour la nouvelle année", j'entends trop "je vais prendre le contre-pied de tout ce qui m'a frustré l'année précédente, tout ce que j'ai fait mal". Et c'est souvent (invontairement) hypocrite, parce que c'est tellement facile de s'engager, juste pour quelques semaines de début d'année, sur un discours qu'on ne tiendra pas au-delà du mois de janvier... ce qui nous donnera la justification de nouvelles résolutions l'année suivante. Mes résolutions, je les prends tous les mois, tous les jours, et j'essaie de n'en pas dévier, en tout cas, j'en fais le point régulièrement au fil des mois, et pas uniquement au 1er janvier. Mais si je devais nommer une choses que j'ai mal faite ces dernières années, et que je vais transformer en résolution de béni oui-oui pour les mois prochains : je vais essayer de faire moins de choses, et mieux pour chaque chose. Idem pour les personnes. Voir moins de personnes, mais les voir mieux.

vendredi 8 janvier 2010

Caillou - Soleil blanc

Sur les étangs gelés
Des blocs de glace cassés
Rêvent.

"Quand je serai grand
Je serai un iceberg !"

jeudi 7 janvier 2010

Caillou - Jack Paris

Tel le trappeur du Yukon
Qui voit la zibeline
Dans des crottes enneigées,
J'avance dans des couloirs blancs
Et aveugles ,
J'entends à distance
L'arrivée d'un métro
Et je sais deviner
S'il sera sur mon quai
Ou en face.

Petite victoire :-)

samedi 2 janvier 2010

Veuheux - stats

  • 5 SMS reçus, dont un sans texte (mais avec correspondant identifié) et deux sans correspondant identifié (mais avec texte, sans signature)
  • 10 mails reçus, dont un de 8 mégas (une diapo PowerPoint avec photo de famille)
  • 1 mail général LinkedIn
  • 1 mail général sur Facebook
  • 12 voeux généraux sur Facebook
Analyse

La tendance s'accentue vers des messages généraux, envoyés à tous, avec un format générique genre "bonne année à tous". Désormais, ils sont à part égale entre push et pull : soit ils sont envoyés en mode push (mail, SMS), soit ils sont postés en mode pull (Facebook).
Les photos de famille tendent à disparaître (2 reçues).
Le format papier a disparu (ou il arrivera plus tard).
Sur 29 messages reçus / consultés, j'en identifierais 25-26 comme "classiques", et 3-4 comme "originaux". Les originaux disant nettement autre chose que "bonne année bonne santé". Sans jugement de valeur.

Allez, bonne année bonne santé.