Voici donc le compte-rendu de mon Marathon de Londres, couru hier.
L'histoire a commencé par de la peur et de l'appréhension. Je le
rappelle pour ceux qui ne sont pas familiers de ces pages, notamment
la
rubrique Courir : sur les 6 marathons que j'ai courus, 4 se sont
terminés dans une grande souffrance. Pour des récits détaillés, voyez
par exemple
ici ou
là .
Depuis que je cours 2 marathons par an, je vois la différence. Mes
marathons d'automne (
Berlin,
Athènes 1 et
2) sont arrivés après un
entraînement d'été, au soleil, et ce sont les deux marathons où je n'ai
pas eu trop de difficultés. Par opposition, mes marathons de printemps
arrivaient après un entraînement de janvier à mars. Imaginez début
janvier, la nuit, le froid, et la nécessité de se motiver pour caler
des entraînements. Ajoutez à cela le travail et son stress. J'arrive
souvent aux marathons de printemps en ayant eu un entraînement allégé.
C'était donc ma perception vendredi : les mois d'hiver avaient été
durs, j'avais sauté des entraînements. Mais à l'opposé, j'étais
aiguillonné par une certitude : plus jamais la souffrance des marathons
où je finissais détruit, en trottinant péniblement au gré de mes
douleurs.
C'est assez comme intro, passons à la course de dimanche.
L'aube

Réveil dimanche matin avant que le réveil ne sonne, Laurent et moi
avons préparé toutes nos affaire la veille, mais nous descendons
d'abord petit déjeuner. Surprise très agréable : le ciel est bleu, il y
a un rayon de soleil. Pour une météo qui annonçait du gris et de la
pluie, nous y voyons un signe : Ã part Berlin, tous les marathons que
nous avons courus ont été baignés de soleil. Du thé, du pain complet,
du jambon. Retour à la chambre, douche, préparation. La préparation
vestimentaire s'apparente à celle du toréador ou du samouraï :
plusieurs rituels correspondant au torse, aux pieds, aux parties
sensibles, le souci de tous les détails (piles de rechange dans la
poche du short, gels au glucose sur l'avant bras, pommade sur les pieds, bracelet avec les
temps de passage au poignet, pansements et crème là où ça frotte, casque de baladeur autour du cou...).
Nous nous retrouvons tous dans le hall, départ en métro, il suffit de
montrer notre dossard pour que les préposés nous ouvrent les portillons.
Trajet ensemble, Ã plaisanter en riant un peu jaune, je respire
profondément, le stress est là mais je le maintiens à distance à grands
coups d'inspirations.
Le départ
Nous arrivons et marchons au soleil avec les milliers d'autres
coureurs. Nous débouchons sur une énorme étendue de pelouse, allons
déposer nos affaires au vestiaire, puis c'est l'ultime pipi pour ceux
qui en avaient besoin, et on se retrouve dans le peloton. 36 000
coureurs qui attendent, ça parle, ça se tait, ça visualise, ça écoute
les hélicoptères qui tournent, les haut-parleurs qui crachent leurs
encouragements. Le départ a été donné devant, le temps que le mouvement
arrive jusqu'Ã nous, je prends mon premier gel au glucose. Nous
marchons, un dernier coup d'oeil, un encouragement, et ça commence Ã
trottiner. Je vois la ligne de départ qui se rapproche, j'ai
l'impression de flotter dans une chaussure : je m'arrête sur le
bas-côté, je relace la chaussure posément, mieux vaut le faire avant de
passer la ligne de départ qui déclenchera mon chrono officiel.
Départ. La foule est très dense, on n'arrive pas à prendre son rythme.

Plusieurs fois de suite, le peloton s'arrête et on est obligés de
marcher. Frustration : comment se mettre dans le rythme de la course,
si on en est réduits à marcher. Mais après quelques arrêts, ça démarre
doucement. La voie est étroite, il faut faire attention à ne pas se
faire bousculer, le rythme de course n'est pas du tout idéal, tout le
monde est ralenti. Un ou deux miles s'écoulent comme ça, on regarde le
dos du gars devant, on s'essaie aux zig-zags. Pour ma part, je respire
profondément, j'attends le bon moment sans stress.
Peu à peu, le peloton s'étire, et même si la foule de coureurs reste
dense, on commence à pouvoir courir. Au bout de 2-3 miles, je suis Ã
mon allure fixée, 5'30" au kilomètre. Je sais que c'est ambitieux, j'ai
vraiment la trouille que ça me fasse exploser en vol vers le km 25 ou
30, mais j'ai décidé ça vendredi soir, je vais tenter cette allure.
Le déroulé
Nous sommes dans une banlieue de petits cottages, le soleil brille, et
la foule est déjà amassée sur les côtés, c'est très différent des
autres marathons que j'ai courus, où l'on démarrait dans une
indifférence totale.
Je découvre l'intérêt de courir en miles : il y en a moins, on n'est
pas dans l'impatience de voir le prochain panneau. Nous arrivons
bientôt au Mile 3, c'est le moment de prendre mon deuxième gel. Le stand
de boissons n'est pas loin derrière, je dilue tout ce sucre sans
m'arrêter, tout va bien. Il y a beaucoup de foule, il faut signaler
quand on double, c'est dense. Je jette de temps en temps un oeil sur ma
montre, histoire de corriger l'allure. Rien de grave : de temps en
temps une petite pointe de vitesse, par moments un ralentissement,
allez, on n'est pas des machines, je peux tolérer un certain flou
autour de l'objectif. On passe les miles 4, puis 5. Je consulte
régulièrement mon bracelet de temps de passage : je suis en avance sur
l'objectif de 4h (rappel : mon record date de Berlin 2007, 4h18 sur un
marathon réputé très plat) mais je sais par expérience que
l'enthousiasme du début peut se transformer en souffrance à la fin. Je
me cantonne à mes 5'30" au km, ça durera ce que ça durera. Il y a des
ravitaillements en eau tous les miles, c'est trop, je décide de ne
boire que tous les 2 miles. Le tout sans m'arrêter.
Il y a des orchestres, des coureurs déguisés, ou des vrais
professionnels. Je passe un pompier qui court, un vrai pompier, avec
son manteau de cuir épais, son casque d'intervention, sa bouteille
d'oxygène attachée dans le dos et - détail qui tue - ses grosses
chaussures en cuir, on dirait des chaussures de chantier, pas vraiment
ce qui est recommandé pour courir 42 km. Un coureur l'interpelle
"You're not serious ?!" Il répond sans douter "Oh yes I am !"
Grande ambiance populaire.
La foule
Nous ne sommes jamais seuls. Quel que soit le moment, il y a des
vingtaines de personnes de chaque côté, pressées sur plusieurs rangs,
pour nous voir passer et nous encourager. Et tout ça à 10h du matin, un
dimanche, dans un quartier éloigné de Londres. Que sera le centre ?
L'ambiance est en même temps bon enfant et passionnée : la foule
interpelle ceux qui avaient leur prénom imprimé sur le T shirt, les
spectateurs brandissent leur bière (à 10h du matin...), les orchestres
jouent à plein volume. J'arrive au Mile 9, je prends mon troisième gel.
Les petites rues sont tortueuses, je lis les dos des T shirts devant
moi : quasiment tous courent pour une cause, une
charity. Du coup,
je me sens à l'aise : avec nos 18 300 € de dons levés uniquement sur ce
marathon, nous faisons partie intégrante de ce mouvement. Le soleil
tape, l'asphalte est dur, mais pour l'instant, tout cela fonctionne
bien. Je suis toujours en avance sur le programme de 4h, je décide de
ne plus regarder mon bracelet, je connais trop bien les effets de
l'enthousiasme, et la somme qu'il faudra payer cash après coup, au
moment où les forces m'abandonneront.
La moitié
Nous subissons quelques petites côtes, où, conforme à ma stratégie
d'Athènes apprise après l'échec cuisant de Turin, je ralentis l'allure.
Je me fais doubler sans angoisse, cela m'aide à conserver cette énergie
qui me sera indispensable à partir du Km 30. Aux ravitaillements, il
faut vraiment être attentif. Certains coureurs passent en force en
bousculant. D'autres laissent tomber leur bouteille derrière eux, juste
dans les pieds des suivants. Tout est une question de vigilance. Et je
sais que la vigilance baissera avec la fatigue.
Je continue à mouliner des gambettes, à l'économie, les pieds rasant le
sol, le torse qui ne bouge quasiment pas. Régulièrement, je convoque le
Regard Qui Tue, le regard qui fixe l'horizon, et surtout, au-delà de
l'horizon, le regard qui dit : bientôt, je serai Là -Bas, et rien ne
m'arrêtera. Gel au Mile 12 + eau.
Tower Bridge. Cette vue me remplit de joie, c'est superbe, ce pont
suspendu qui nous attend. Certes, ça monte, mais la foule vibrionnante
des deux côtés, la Tamise et tous les monuments que l'on aperçoit, font
que cette traversée du pont est un grand moment. Il y aurait eu 5 000
spectateurs sur ce pont que cela ne m'étonnerait pas.
Sortie du pont, retour à la vie, retour à la course.
J'approche du Mile 13, presque la moitié du parcours. Je vois un T-shirt "5marathons" devant, je me rapproche progressivement, c'est
Marcin, le copain de Maciej. Je le rejoins, on échange quelques
encouragements, puis je continue à avancer. J'arrive au 13, j'attends
encore quelques centaines de mètres, jusqu'à être sûr d'avoir passé le
semi-marathon, puis je mets mon casque : c'est la seconde partie de la
course, ça va se faire en musique. J'ai une inquiétude : je
me sens fatigué des jambes. Au semi-marathon, c'est préoccupant. Le
premier morceau que j'entends est
Sting, "Brand new day".
You can turn the clock
to zero, honey
I'll sell the stock,
we'll spend all the money
We're starting up a
brand new day
Face aux champions
À partir du Mile 13, le parcours fait une boucle. Cela signifie que
l'on voit, de l'autre côté de l'avenue, ceux qui reviennent de la
boucle. Ce sont les rapides, ceux qui vont courir en 2h30. Ils sont peu
nombreux, très distants les uns des autres, et - mirage oculaire - ils
ne me semblent pas courir plus vite que nous (alors qu'il courent à 20
km/h. Eux.)
Là , on rentre dans le trou noir. Pendant 2 miles (c'est-à -dire très
longtemps), je ne vois plus les panneaux de miles, et je ne sais plus
où j'en suis. J'attends le prochain panneau pour faire le point, en
attendant, je prends les tournants, je surveille mes vis-Ã -vis, je
double ou je ralentis quand il le faut. C'est dingue, on en est au Mile
15, plus de la moitié de la course, et on ne peut toujours pas courir
librement, il faut zig-zaguer, éviter, ralentir, passer de côté...
Le poteau arrive enfin : Mile 16, ouf.
Je me rends compte que c'est le moment de prendre mon gel du Mile 16,
j'attends le prochain ravitaillement, et hop, c'est fait.
Je zappe toutes les musiques qui me gonflent, ou qui ne sont pas
adaptées (Paul Personne,
Me
laisse pas tout seul, c'est super, mais qu'est-ce que ça
fout sur ma playlist de marathon ?), ma vitesse tombe souvent à 5'40"
au km, je respire, je consulte ma fréquence cardiaque : comme je l'ai
souvent observé, il suffit que je me focalise sur ma respiration pour
faire redescendre mes battements de coeur. Émotif que je suis.
"La course commence au Km
30"
On arrive au Mile 19. Celui-là , je l'attendais plus que le
semi-marathon. Car comme dit Pierre Couvreur, notre gourou, l'homme aux
40 marathons, le record à 2h42, "La course commence au 30ème km". Par
là , il ne veut pas dire qu'avant le 30ème, on n'a rien fait. Il veut
juste souligner que c'est là que ça va devenir sérieux, et difficile.
Je prends mon gel du Mile 19, je respire, je reviens à 5'30", j'écoute
Eric Clapton, je fixe un regard au laser sur l'horizon, putain, va pas
falloir me faire chier, je suis là pour aller jusqu'au bout, et sans
mollir.
La foule est partout. J'écoute ma musique à fort volume, mais j'entends
bien les acclamations : la foule est une vraie foule de supporters,
c'est un vrai plaisir de courir au milieu de ces personnes qui rendent
vraiment hommage à notre effort. Plusieurs fois, je me détache du
milieu de la route et je cours le long des barrières en tendant la main
: tous les enfants tendent la main pour je tape dedans, ça me booste,
je finis régulièrement à 5'00 au km, jusqu'à ce que je me calme en me
disant que je ne vais pas arriver à tenir ce rythme jusqu'au bout, et
je ralentis.
Et puis arrive le morceau de musique.
À Berlin, je me souviens, ça avait été
Men in black,
j'avais commencé à doubler tout le monde en zig-zaguant.
LÃ c'est
Why Aye Man
(Mark Knopfler). Le morceau démarre avec son intro et ses premiers
couplets un peu soft, on sent bien qu'on attend l'implosion. Et puis le
refrain. Bon sang, là je démarre au quart de tour, je me mets Ã
accélérer, mes semelles sont sur un coussin d'air, je pulse comme un
vent du Colorado.
Je crois que je reverrai toujours cette avenue du Mile 20, et la foule,
le soleil et les ombres, et
Why Aye Man dans les oreilles.
Mais tout à une fin, et un autre morceau passe (je le zappe) puis un
autre (je le zappe) et Clapton à nouveau.
La jonction
La boucle se termine, je repasse de l'autre côté, et comme tout Ã
l'heure je voyais les rapides qui couraient en 2h30, je suis désormais
à leur place et je vois en face tous ceux qui sont derrière moi (8
miles derrière...), il y a des vieux, des jeunes, des marcheurs, des
gros, des grands, des femmes, des déguisés, et je me dis "mais comment
vont-ils faire, quelle horreur" et je continue à courir, je repense
juste à Hemingway :
"Qu'est-ce que je raconte ?
pensa-t-il. Voilà que je déraille. Faut garder la tête froide. Garde la
tête froide et endure ton mal comme un homme. Ou comme un poisson."
(Le vieil homme et la mer, Ernest Hemingway, 1952).
La famille de Laurent et la mienne nous attendent "au Mile 24, mais
regardez à partir du Mile 22". Alors je regarde. Je passe des milliers
de visages, rivé sur le côté droit, en me disant "je vais les rater,
c'est pas possible, dans toute cette foule, c'est impossible de
reconnaître quelqu'un." Je prends l'avant-dernier gel, celui qui
contient des excréments d'abeille et de la poudre du Sahara, et je
continue à courir. C'est la première fois que je me suis arrêté pour
marcher, prendre mon gel et boire de l'eau. Nous traversons de longs
tunnels d'obscurité, la foule est éblouissante quand on ressort, et
toujours la musique dans mes oreilles.
Mile 23. Je n'arrête pas de regarder la foule du côté droit, il y a
trop de monde, trop de bruit.
Mile 24. Je n'ai vu personne. Je passe dans un long tunnel sombre. Je
me dis "S'ils sont devant, je ferais mieux d'arrêter la musique".
J'enlève mon casque et je me baigne dans les bruits de la foule. 300 m
plus loin, je sors du tunnel, un peu ivre, un peu ébloui. Je continue
vers la barrière devant moi. J'entends "Christophe !" Je me retourne et
là , à la perpendiculaire, dans un renfoncement que je n'avais pas vu,
ma famille, celle de Laurent, avec des drapeaux, des T shirts. On a
fait la jonction. Je vais tous les embrasser, et eux me disent "Mais
vas-y, continue à courir, vas-y". Alors j'y vais, j'y retourne, il
reste juste... 2 miles.
When we were Kings
Nous courons le long de la Tamise. En face, loin, Westminster. La
foule, toujours amassée contre les barrières, nous encourage avec un
enthousiasme que je n'ai vu qu'à Madrid. Mais là , il y a dix fois plus
de monde.
Cela fait longtemps que j'ai abandonné ma vitesse de croisière de
5'30". Je suis à 6'00, souvent 6'30" au km. Mais il suffit d'une
chanson, ou d'un détour par les barrière pour taper dans des mains,
pour que j'accélère à nouveau à 5'40", voire 5'30" au km. Ce n'est plus
très important : je me donne à fond dans cette course, mais je profite
aussi. Je sais, je sens, que je suis en dessous des 4h. Je veux juste
maintenir cet avantage, mais pas au point d'exploser et de ne plus
pouvoir finir.
Mile 25. Je passe devant Westminster, les arbres sont verdoyants, la
foule fait du bruit, la chaleur est omniprésente, il y a des portions
de parcours qui ne font pas plus de 3 mètres de large, et nous passons
tous, en sueur, épuisés, moulinant inlassablement le même rythme de nos
jambes fatiguées. Je prends mon dernier gel, celui qui est un coup de
fouet, qui contient de l'uranium enrichi, du venin de scorpion, de la
poussière d'étoiles. Plus besoin de ravitaillement en eau, ça ne sert
plus à rien à ce niveau de la course, je continue à travailler des
jambes, je pousse le volume de ma musique, zappant impitoyablement tous
les morceaux trop mous. Et puis arrive ce morceau, en même temps très classique et toujours plein de souffle.
Je monte le volume à nouveau, et j'accélère.
Mile 26. Je ne le vois pas, car il n'est pas indiqué. Mais je vois
d'abord un panneau qui dit "400 m". Je vais taper dans des mains, les
spectateurs ont l'air aussi fatigués que moi, j'ai du mal à obtenir des
mains qui se tendent, mais j'en ai besoin. Et puis je vois un panneau,
juste avant une arche d'acier. 385 yards. Ça veut dire que l'arche est
au Mile 26. Je passe sous l'arche, je tourne à droite, et là :
Au loin, très loin, trois arches jaunes, avec le chronomètre officiel.
Je vois 03h58'49" et je commence à accélérer. Je sais que j'ai passé la
ligne avec du retard sur le chrono officiel, donc mon temps réel est
en-dessous de ce qui est affiché. Mais 385 yards, c'est long, surtout
après 42 km. Je sens que je ne peux pas sprinter sur la distance. Je
régule. Je me déporte sur la gauche et je vais taper dans des mains .
Puis je me recentre, allez, encore quelques foulées, et je passe la
ligne. Pas du tout comme Athènes, et j'étais arrivé en criant mon cri
de guerre. Mais finalement, une fin de course à l'image de cette ville
: j'ai fini en tapant dans les mains de ceux qui m'avaient soutenu sur
toute la course.
3 heure 54 minutes 46 secondes.
23 minutes de mieux que mon meilleur temps (Berlin, septembre 2007,
4h18).
Mon 7ème marathon.
Mon 3ème marathon sans "mur", sans effondrement, sans souffrance
terribles. J'apprends, peu à peu.
Et surtout, la chose la plus importante : 19 000 euros de dons récoltés
pour la recherche génétique sur le syndrome de Williams-Beuren.
19 000 euros. Je sais pourquoi je cours.
Merci à tous.
PS : et que s'est-il passé dimanche soir ?
Tonight we'll drink the
old town dry
Keep our spirit levels
high
Mark Knopfler, Why Aye
Man
PPS : pour les vrais aficionados, il y a 3 versions différentes de Why aye man dans ce thibillet.