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A propos

Ce blog est le pendant flou et libre de thibierge.net. L'auteur vit essentiellement dans le monde cyber et nocturne. Il surgit parfois dans le monde réel pour donner des cours et boire des expressos. Il passe aussi une partie de son temps à collecter les batanas et ubuntus. Ah oui, il met aussi progressivement en ligne un roman.

lundi 29 septembre 2008

Magnolia Express - 14 poèmes pour Aline - IX

Un étourneau s'ébroue
Dans la brume
Elle me dit Allons au jardin.




Creative Commons License
Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l'ordre, est
là.

Livre (re) lu : John Steinbeck - The winter of my discontent

C'est vraiment le moment, dans ma vie, d'avoir terminé ce livre aujourd'hui.
Je ne vais pas vous parler de ma vie.
Parlons donc du livre.

Je tiens John Steinbeck pour le plus grand écrivain américain du 20ème siècle. J'ai du mal à élargir cette période, parce qu'il y a Joseph Conrad (mais était-il américain ? ;-) ) et Jack London (et Kérouac, et Brautigan, et peut-être Hemingway). Quant à Paul Auster, il est encore vivant, alors je ne le compte pas.
Je vais être terrible, mais ce soir, je suis terrible, je brûle tout ce que j'ai, littéralement.
On me dit Kérouac, je brûle ses Clochards célestes. On me dit Hemingway, je rigole, parce que c'est bien, mais j'ai compris son écriture, je le brûle sans hésiter. On me dit Brautigan, c'est comme Kérouac, je le brûle parce que je sais que je l'ai intégré, mais je les remercie tous les deux, ils m'ont littéralement guidé.

Il reste Conrad et Steinbeck. Je sais lequel je vais brûler, car je sais lequel je veux garder. Mais je sais que je regretterai Conrad.
Je me retrouve face à Steinbeck.
Je continue à brûler. La question n'est pas "qu'est-ce que j'aime" (sinon, je n'aurais rien brûlé), la question est "qu'est-ce qui m'est nécessaire".
Alors je brûle Tortilla Flat, mais je garde Tendre Jeudi. Je brûle Les raisins de la colère, mais je garde En un combat douteux.
Je garde probablement A l'est d'eden, ce qui veut dire que je brûle Au dieu inconnu et La coupe d'or.
C'est terrible, cet holocauste.

Il me reste Les naufragés de l'autocar, mais face au Winter, c'est comme le duel Conrad-Steinbeck, je le brûle. Travels with Charley disparaît aussi, de toute façon, qui connaissait ce récit ?
S'il faut n'en retenir qu'un seul, je brûle tout sauf The winter of my discontent. (je crois que ça a été traduit, selon les textes shakespeariens, par "En une saison froide et amère").
Si on me demandait de résumer The winter of my discontent, je citerais ce proverbe polonais (?) :
"en cas de problème, il t'est permis de faire un bout de chemin avec le diable. Mais pas au delà du passage difficile."
Ce roman est un récit. Je ne peux pas le résumer, je peux juste espérer que la traduction française (que je ne connais pas) est à la hauteur du texte original.
Ce roman est pour moi, actuellement, le roman d'une vie. Ou plutôt, d'un tournant de vie. Parce que, quoique nous fassions, ce sont les changements de direction qui nous parlent plus que les longues lignes droites.
Un homme, inséré dans la société, aspire à changer. Il a une femme, des enfants, un emploi. Mais il méritait mieux, et il a raté son tournant. Il est devenu un loser, un employé. Il vit cette situation avec fatalité, jusqu'au moment où se produit un petit changement. Et puis un autre. Il ne sait si c'est lui qui a impulsé les changements, ou si la roue du destin a commencé à le propulser. Ou le broyer.
Le lecteur vit avec lui cette évolution. Il est impossible de lui en vouloir, il est un observateur lucide de tous ceux qui prennent un profit rapide, sans morale.
Dans ce cas-là, évidemment, on lui pardonne certains manques de morale.
C'est un roman sur les désillusions. C'est aussi un roman sur la lumière qui peut briller, parfois, dans les actions que nous faisons.
C'est le livre que je relirai régulièrement, toute ma vie, avec Les Hommes de Bonne Volonté.

Je ne sais pas quand je posterai à nouveau.
Si je le fais, ce sera sans mention à ce message où j'ai essayé de faire passer quelques notions qui me sont importantes.
Il y a quelques thibillets que j'aimerais garder, parce que, dans des domaines divers, ils répondaient à la même quête.
Et je brûlerais tous les autres.
A vous de trouver lesquels.

dimanche 28 septembre 2008

Spéculation immobilière

mercredi 24 septembre 2008

Magnolia Express - 14 poèmes pour Aline - VIII

Ses joues hier
Un bol de thé sous la tonnelle.




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Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l'ordre, est
là.

Paul Nizan revisited

J'étais prof. Je ne laisserai personne dire que c'est un métier facile.

mardi 23 septembre 2008

Magnolia Express - 14 poèmes pour Aline - VII

Ses joues aujourd'hui
Fleurs de rosée dans la montagne.




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Le roman, dans l'ordre, est
là.

Caillou - Argonaute

Toutes ces nuits que j'aurai passées
Livide devant un écran bleuté
Pour quoi, ou plutôt, pour qui ?

Le Styx

Ce n'est pas un projet, c'est une contrainte. Cela m'a empoisonné plusieurs journées, et nuits, depuis plusieurs mois. C'est avant tout une date. Quand j'aurai franchi le Styx, ça ira bien mieux, mon année commencera vraiment. D'ici là, je compte les jours...

vendredi 19 septembre 2008

Magnolia Express - 14 poèmes pour Aline - VI

Tremble
la flamme de la lampe
chante autour d'elle
son ombre.




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Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l'ordre, est
là.

Caillou - Logoptères

Nous avons chacun nos mots colorés
Et nos filets de gaze
Pour attraper ces petits papillons
Que nous lançons sans prétention
Dans la conversation.
Il fait beau, il fait frais.
C'est une rentrée au goût de vacances.

mercredi 17 septembre 2008

Oculus

Au centre de ton iris blond
Puits noir aux bords de clarté
Abime d'oubli qui m'appelle.

Être au milieu de ton oeil
Invisible dans ton obscurité
Les yeux brûlés vers le ciel.

Magnolia Express - 14 poèmes pour Aline - V

Torrent dans la montagne froide
Ruisseau le long du pré
Larme sous sa paupière.




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Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l'ordre, est
là.

lundi 15 septembre 2008

Magnolia Express - 14 poèmes pour Aline - IV

Le matin frais
Sur la couette
Ses cheveux rêvent
au vent de la moisson.




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Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l'ordre, est
là.

dimanche 14 septembre 2008

Magnolia Express - 14 poèmes pour Aline - III

La fenêtre du soir
un éclat dans ses yeux
Elytres de grillon.




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Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l'ordre, est
là.

Voilà à quoi je passe mes week-ends (2)


ESCP-EAP running from Christophe Thibierge on Vimeo.


J'ai dû passer 2h sur le montage vidéo, et 3-4h à essayer d'obtenir une vidéo de bonne qualité sur Internet.

Google vidéo ne marche pas bien, dailymotion non plus, [edit] ni YouTube, tous étant de qualité discutable... Si quelqu'un a une idée pour transférer une vidéo de bonne qualité (3 à 4 gigas pour 2 mn de vidéo, en DV ou AVI...) et qu'elle ne se retrouve pas totalement floutée sur le site de diffusion après coup, je suis intéressé... Merci à Capi, qui m'a orienté vers Vimeo : la fenêtre donne enfin une vidéo de qualité satisfaisante, même en mode plein écran. [fin d'edit]

Voilà à quoi je passe mes week-ends (1)

Batana - Brock

Brock : n.m. Emballage / boite de conserve / sachet sur lequel il y a écrit "système d'ouverture facile", et qui n'est pas d'ouverture facile.
Par extension : jolie fille avec une voix de crécelle.

samedi 13 septembre 2008

Magnolia Express - 14 poèmes pour Aline - II

La fenêtre du matin
un éclat dans ses yeux
Grains de café.




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Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l'ordre, est
là.

vendredi 12 septembre 2008

Livre lu : Shan Sa - la joueuse de Go

Lors de ma seule incursion dans la lecture d'un livre d'un Chinois converti à la langue française (François Cheng, le dit de Tianyi), j'avais été déçu. Je m'attendais à la sagesse de l'orient transfigurée dans un français très épuré, et je tombais sur un récit certes très bien écrit, mais écrit comme un académicien écrit : belle langue, beaux effets.
Ma deuxième incursion est donc ce roman de Shan Sa. Et cela correspond beaucoup plus à ce que j'attendais, et dont je rêvais secrètement : lire en français, mais avoir l'impression d'entendre le musique de la langue, et surtout la poésie, chinoises. Il y a du Erri De Luca là-dedans, ou du Laurent Gaudé : des phrases courtes, des images poétiques, un langage très simple et très pur. Du haïku chinois.

(Mais aussi de la dureté terrible, miroir des périodes troublées de la Chine occupée en partie par le Japon dans les années 30).

Et puis cette analyse définitive du Jeu de Go (NB : pour apprécier la citation suivante, il faut rappeler quelques éléments du Jeu de Go : les pions, ou pierres, sont posés, et ne se déplacent pas. L'endroit où l'on pose les pierres, les liens entre elles, les espaces qu'elles circonscrivent, les pierres ennemies qu'elles encerclent, donnent sa dynamique au jeu, alors même que les pierres sont fixes).
La position d'un pion évolue au fur et à mesure qu'on déplace les autres. Leur relation, de plus en plus complexe, se transforme et ne correspond jamais tout à fait à ce qui fut médité. Le go se moque du calcul, fait affront à l'imagination. Imprévisible comme l'alchimie des nuages, chaque nouvelle formation est une trahison. Jamais de repos, toujours sur le qui-vive, toujours plus vite, vers ce qu'on a de plus habile, de plus libre, mais aussi de plus froid, précis, assassin. Le go est le jeu du mensonge. On encercle l'ennemi de chimères pour cette seule vérité qu'est la mort.
Shan Sa, La joueuse de go, Folio n° 3805, p. 294.

Ubuntu - Zargage

Zargage : n. f. distance où l'on sait qu'on est trop loin du métro / train, ça ne sert à rien de courir, les portes se refermeront avant.
Par extension : Sérénité qui en découle. "Je suis en plein zargage, donc pas de raison de stresser."

NB : je cours très très rarement sur un quai : je ne vois pas ce qui justifie qu'on n'aie pas le choix / la possibilité d'attendre 2 mn de plus (métro) ou 10 mn de plus(train). Mais tout système connaît des exceptions, sinon c'est pas drôle. De temps en temps, rarement, ça me fait plaisir de courir, non pas pour rattraper frénétiquement quelques secondes, mais juste parce que ça me plaît de pouvoir le faire quand JE le décide.

jeudi 11 septembre 2008

Thèse et Antithèse(s)

Il y a 7 ans, le 11 septembre 2001, un drame de grande ampleur a secoué les Etats-Unis. La thèse officielle, largement reprise dans les médias jusqu'à aujourd'hui, peut être résumée (par mes soins) ainsi :
Deux avions de ligne détournés ont percuté chacune des deux tours du World Trade Center, déclenchant des incendies dans ces tours. Sous l'effet des incendies, ces deux tours se sont écroulées, faisant plus de 3 000 morts. Un autre avion de ligne a été détourné et a percuté le Pentagone. Un quatrième avion s'est écrasé en Pennsylvanie. Une commission d'enquête a été formée fin 2002, et a rendu un rapport de 585 pages en juillet 2004, statuant sur ces événements.
Au fil des mois, puis des années qui ont suivi ce drame, plusieurs groupes se sont formés pour contester cette thèse officielle. Certes, il y avait comme toujours des illuminés et des fous, et plusieurs thèses fantaisistes ont pu voir le jour. Mais il y a aussi eu un grand nombre de militaires américains, de professeurs et chercheurs, d'architectes qui ont pris position pour contester la thèse officielle... Notamment, un collectif de chercheurs en physique, chimie, énergétique qui n'arrivaient pas à faire publier leurs articles de recherche dans les journaux académiques a décidé de créer un journal académique en ligne (avec comité scientifique, revue des articles avant publication, sélection par des spécialistes du domaine) et portant exclusivement sur les attentats du 11 septembre. Ce journal a rempli sa mission, puisqu'il a mis en ligne 48 articles de qualité scientifique. Certains de ces articles commencent maintenant à être admis dans des revues scientifiques de renom.

Ce qui est donc étonnant, c'est de voir le peu de cas médiatique qui a été fait de ces contributions. Que ces travaux soient ignorés dans la plus grande partie de la presse américaine, cela pourrait encore se comprendre. Mais qu'en Europe, aucune presse d'investigation n'aie fait surgir ces dissonances majeures, cela surprend. Soit il s'est agi d'un panurgisme à grande échelle, chaque journaliste relayant l'information de ses collègues sans réelle investigation personnelle ; soit des enjeux éditoriaux ont fait qu'une seule thèse a prévalu, et que la mention à d'autres explications est habilement noyée sous la dénomination "les thèses du complot".

Je résume quelques découvertes scientifiques, et renvoie les lecteurs curieux aux excellents articles de Wikipedia (notamment les théories du complot, les accusations de partialité de la commission d'enquête). Les sources que je cite ci-dessous sont hélas essentiellement en langue anglaise.
  • Les incendies déclenchés par les avions dans les tours jumelles ne peuvent aucunement expliquer, par leur température, l'effondrement des tours. (cf. cet article, p. 8 et 9) 
  • Les tours se sont effondrées parfaitement verticalement, à la vitesse d'un objet qui tombe, c'est-à-dire sans résistance des planchers des étages intermédiaires. Il n'y a qu'une seule manière pour une tour de tomber verticalement et à la vitesse de la gravité, c'est dans le cas d'une destruction contrôlée par explosifs (thermites).
  • Sur plusieurs vidéos et photos, des poutrelles exhumées des décombres des deux tours jumelles montrent des parties sectionnées en biseau, et des morceaux d'acier en fusion. Seuls des explosifs peuvent mettre de l'acier de cette qualité en fusion, les incendies étant d'une température bien trop inférieure pour fondre ce métal. Et des explosifs placés pour une destruction programmée laissent des marques en biseau. Un article fait le point là-dessus, hélas dans un français un peu approximatif. Une analyse des poussières relevées sur le site conclut aussi à des explosifs.
  • Plusieurs personnes (pompiers, gardien d'immeuble) mentionnent avoir entendu des explosions quelques secondes avant l'effondrement des tours. Ces témoignages ne sont pas repris dans le rapport de la commission d'enquête, mais ont fait l'objet d'une analyse par un chercheur.
  • Une troisième tour (WTC7) s'est effondrée à un bloc de là. Cette tour était "protégée" par une autre tour (qui n'est pas tombée), et elle n'avait pas été touchée par un avion. Le rapport officiel ne mentionne pas l'effondrement de cette tour, qui s'est pourtant fait à la verticale et à la vitesse de la gravité. Un article traite de l'effondrement de cet immeuble, sans une seule équation, en proposant juste d'observer une vidéo et des photos. Il démontre l'utilisation d'explosifs.
A ce stade, il est difficile de formuler des hypothèses rigoureuses. Mais une destruction programmée par explosifs ne s'improvise pas. Il faut avoir accès aux bâtiments et à toutes leurs installations intérieures. J'avais lu des articles sur les propriétaires des tours, les bénéficiaires des contrats d'assurance, les responsables des sociétés de vigiles et leurs liens avec des personnalités en vue. Je ne retrouve plus, pour l'instant, les références.
En tout état de cause, je constate qu'entre les faits scientifiques (avec toutes les questions que l'on peut imaginer, en termes de préméditation), et la version véhiculée dans la presse, il y a un hiatus. Je reviens à mon propos : peut-on encore penser être informé, quand des informations aussi détaillées et précises n'ont pas été reprises dans la presse pour donner une vision plus contrastée de cet événement ? Et pourtant, l'adhésion de masse à cette "thèse officielle" a conduit à des conséquences géopolitiques extrêmement graves.
Le paradoxe amusant, ou très triste, c'est que si les pages des journaux se mettent à consacrer un peu d'espace aux théories alternatives 7 ans après, ce sera peut-être grâce à la tirade de Jean-Marie Bigard. (Ah, j'oubliais, il s'est rétracté).

mercredi 10 septembre 2008

Magnolia Express - 14 poèmes pour Aline - I

La douceur du repos
Mes doigts sur sa nuque
Blé noir et argile tiède.




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Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l'ordre, est
là.

Manipulation II - Démo des mots : un parfum d'indicible

J'ai toujours adoré les mots. Mais c'est assez récemment, à l'échelle de ma vie, que je me suis rendu compte du pouvoir manipulatoire des mots. Je ne suis pas expert en linguistique, donc je me positionne comme le pékin lambda, qui perçoit des mots, croit en comprendre le sens, mais peut être manipulé à son insu. Oui oui, même avec mes beaux diplômes et ma pseudo-rationalité.
Les mouvements extrémistes ont régulièrement détourné des expressions, ce qui favorisait leur rhétorique. Dans un registre moins extrême, regardez l'actualité des dernières années : les termes Combattant, Terroriste, Indépendantiste, Milicien ou Résistant ont tous une connotation très forte, à tel point que notre sens critique s'efface devant l'étiquette.
Qu'on me comprenne. Je ne cherche pas dans cette série de thibillets à dénoncer des mouvements ou à défendre des causes. Je m'interroge beaucoup plus sur notre capacité à traiter correctement l'information qu'on nous donne, et encore plus, à critiquer l'information pré-mâchée qu'on ne demande instamment de ne pas remettre en cause.
Changeons de sujet, restons dans le thème.
Pour revenir à une réflexion plus prosaïque, j'ai toujours été étonné par le terme "Pur jus de fruits sans sucres ajoutés conformément à la législation en vigueur". Parce que je suis pragmatique, et que je connais la théorie de l'agence : quel est l'intérêt des industriels à mettre ce texte sur leurs étiquettes ?
Je me figurais (à tort) que la législation en vigueur était assez permissive, du genre "si vous ne rajoutez pas plus de 1kg de sucre par litre, on considèrera que c'est sans sucre ajouté". En fait, sans sucre ajouté signifie bien sans sucre ajouté. Mais encore une fois, voici le poids des mots :
  • Beaucoup de personnes (je vous l'accorde, pas très fut' fut'), en déduisent que c'est "sans sucres". Cela paraît exagéré, mais en même temps, dans les méandres de mon cerveau, si ça se trouve, le "sans sucre ajouté" devient très vite "bon pour maigrir, puisque sans sucre" (ajouté).
  • Sans sucre ajouté, cela signifie qu'il y a le sucre des fruits, et c'est tout. Mais ce sucre peut représenter beaucoup. Un verre de jus de fruit (250 ml) représente l'équivalent, en sucre, de 2 à 3 fruits, ou 5 morceaux de sucre... Donc il n'y a pas de sucre ajouté, parce qu'il y en a déjà pas mal...
  • Il peut y avoir, dans des cas exceptionnels, ajout de sucres pour réduire l'acidité, mais c'est exceptionnel (colonne de droite)...

Je me méfie des mots. Dans Le Parfum, Patrick Süskind disait en substance "De tous les sens, l'odorat est le plus ouvert, car nous sommes obligés de respirer pour vivre, et donc les odeurs entrent en nous sans que nous puissions les refuser". J'en viens à penser que les mots, et le sens qu'ils véhiculent, entrent aussi en nous, et font aussi leur travail manipulatoire sans que nous en soyions conscients. Tiens, le terme Guerre froide vient de refaire surface, après des dizaines d'années de disparition. Approprié ? Contextuel ? Manipulatoire ?
Allez, je finis par de la détente, oublions tout cela.
Grâce à monsieur Google, dont l'image avait changé aujourd'hui, j'ai découvert (je suis bien le dernier) que le CERN a lancé aujourdhui le Grand Collisionneur de Hadrons.
Alors déjà ça, Grand Collisionneur de Hadrons, ça rappelle Jarry ou le Collège de 'Pataphysique avec ses Transcendants Satrapes. Sans parler de la Guilde des Honnête Ober Marchands. Bref, on est dans la fantasmagorie. Mais ça continue, et la mission du Grand Collisionneur de Hadrons englobe notamment :
  • détecter le Boson de Higgs. (Qui a dû se perdre, je suppose. Si quelqu'un trouve un boson, qu'il le rapporte à Higgs).
  • valider l'existence de la supersymétrie, et des superpartenaires. Je ne veux pas me mettre en avant, mais Meetic n'est pas loin.
  • identifier la matière noire.
  • créer des trous noirs microscopiques pour mettre en évidence d'autres dimensions que les trois que nous connaissons. J'aimerais bien une dimension qui suive la loi de l'emmerdement maximal, ça permettrait de savoir dans quelle direction il ne faut surtout pas aller.
  • travailler sur le plasma quark-gluon. C'est sûr, c'était nécessaire, ça expliquera pourquoi mes soufflés retombent toujours.
Enfin, cette phrase, que j'adore : "Les détecteurs observeront des collisions quark-quark, quark-gluon ou gluon-gluon."
Quack quack quack, says the duck.

mardi 9 septembre 2008

Magnolia Express - Epilogue 2

Ceci est une citation à des fins d'illustration musicale (détails ici). Il s'agit d'un extrait, en mono, de River Boat Song, par JJ Cale, sur le CD Travel Log, Jive, 1990. Le disque est en vente ici.
La chanson du bateau de rivière
 
Le matin quand je me réveille, sa place est vide à côté de moi. Je descends à la cuisine, la brume se lève à peine, la rivière est encore tranquille, glacée comme un miroir et transpercée ça et là par quelques roseaux pointus. Quand je descends vers la berge, j'entends un petit tchik tchik tchik, elle doit taper à la machine au grenier, écrivant son livre avec la fenêtre ouverte. L'herbe me chatouille les pieds, et que le ciel soit gris ou bleu, j'entends arriver le bateau du vieil homme, comme une horloge qui ferait Touk Touk Touk Touk. Quelquefois je me suis fait un café, et je descends avec ma grande tasse serrée dans les mains, d'autres fois j'ai juste les poings au fond des poches, les yeux plissés à attendre l'apparition de son vieux bateau au tournant de la rivière.
Il passe chaque matin, pour aller pêcher plus bas, vers la mer, on se fait juste un signe, ça nous suffit pour la journée. J'aime bien le voir glisser doucement vers la mer. Il ne pourra rien m'arriver tant que le vieil homme passera chaque matin devant ma maison.










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Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l'ordre, est
là.

Batana - Staflon

Staflon : n.m. réforme qui vise à simplifier la vie de 10% des personnes, et qui complique l'existence des 90% restants. Procédure interne qui a été pensée sans se préoccuper des utilisateurs finaux.
Par extension : staflonner : faire une réponse longue et circonstanciée (ou très enflammée) puis se rendre compte que ce n'était pas la question posée.

lundi 8 septembre 2008

Magnolia Express - Epilogue 1

Ceci est une citation à des fins d'illustration musicale (détails ici). Il s'agit d'un extrait, en mono, de Aspen Colorado, par Tony Joe White, sur le CD Polk Salad Annie, Intermusic, 1993 (album original : Black and White, 1969). Le disque est en vente ici.


 

 

 

 

Epilogue

 

 

 

 

But there comes a time in everybody's life

When you have to search for peace of mind

 

Tony Joe White

 











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Le roman, dans l'ordre, est
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Faceload Overbook (et réciproquement)

Ce soir, je constate que j'ai été poké sur Plaxo, il faut que j'accepte l'invitation de ce sympathique inconnu qui dit me connaître.
Je n'utilise pas ces sites à titre personnel, je ne cherche pas vraiment à changer de métier, celui que j'ai me va bien, je m'éclate, et à part prix Nobel de la paix ou saxophoniste au Birdland, je ne vois pas ce que je pourrais souhaiter de mieux. Mais il semble que je puisse aider mes prochains en servant de relais : j'accepte toutes les connexions raisonnables, ainsi, je mets des gens en relation, c'est ma Mission In Life.
De Plaxo, j'allais passer à mon compte LinkedIn, mais un scrupule me retient :  je ne vais pas passer à un concurrent le même soir, préservons les sentiments de ces sites qui croient m'avoir pour eux tous seuls.
Je me rabats donc sur FesseBouc. Et là, grand moment d'ubiquité. Moi, là, tel que tu me vois (à 23h23, je te tutoie, profites-en, mais j'embrasse pas), moi qui avait décrété qu'on ne me verrait plus sur Fesse Bouc, non seulement on m'y voit, mais deux fois. J'ai deux identités, deux photos, avec deux réseaux d' "amis", c'est dingue.
Rien n'était prémédité, évidemment, c'est quand je me suis ré-inscrit pour avoir des news des happenings en course à pied que j'ai dû utiliser une autre adresse e-mail, résultat : j'ai deux identités.
Alors Monsieur Seguin de Fesse Bouc, je te fais une remarque : quand un gars il donne le même nom, le même prénom, le même rhésus sanguin, le même numéro de compte bancaire (ils sont comme ça chez Fesse Bouc désormais) et une adresse e-mail différente, peut-être que tu pourrais avoir un algorithme écrit en Basic qui essaierait d'émettre un message du genre
INPUT "Ne seriez-vous pas le même Christophe Thibierge que Christophe Thibierge ?" TO REP ;
IF REP = OUI, THEN MERGE BOTH ACCOUNTS
ELSE PRINT "Ah, dingue, cette coïncidence, je me disais bien, tu avais plus de cheveux !"

Question aux spécialistes : est-ce que je garde mes deux comptes qui vivent leur vie en parallèle ?

vendredi 5 septembre 2008

Magnolia Express - 4ème partie - #19

Pas plus qu'un autre
 
Je ne sais pas comment tourne le monde, je ne sais rien, j'ai souvent l'impression d'être né à la mauvaise époque, ou sur la mauvaise planète. Je ne sais pas prévoir les réactions de mes semblables et je m'en réjouis, cette part d'imprévisible me remplit de joie, pas plus qu'un autre je ne peux y faire.
Je ne sais pas grand chose du monde, je vois des ambitions et des misères en chacun, et pas plus qu'un autre je n'ai trouvé le chemin.
Je ne suis qu'un arbre charrié sur un fleuve boueux, je m'en remets à ce flot qui m'emporte toute ma vie, je ne désire rien et j'accueille tout, chaque être humain m'apporte un nouveau bonheur, un nouvel enrichissement, une nouvelle incertitude.
Je ne suis sûr de rien, ni de mes actes, ni de mes renoncements.
 
Mais toujours,
de plus en plus,
pour des motifs futiles et grands,
sous le givre d'hiver et dans la touffeur de l'été,
sous le vent, les embruns et la brise,
sous ce ciel bleu et éternel,
éternellement changeant,
je sens, je pressens, je devine,
je vois dans les herbes sauvages,
ou sur les ailes des hérons,
ou dans les yeux des chats
que j'aime Aline.
Que j'aimerai toujours Aline.




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Le roman, dans l'ordre, est
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Alive and kicking

Suite à mon entorse, à mes inscriptions à des compétitions, et à la déprime subséquente, je suis allé voir un podologue et un rebouteux (en attendant le médecin du sport, mon 3ème rendez-vous).
Le podologue m'a rassuré intellectuellement, mais le rebouteux m'a remis sur pied physiquement.
La question ne serait pas "pourquoi ai-je pris des rendez-vous chez un podologue, un rebouteux et un médecin tout à la fois?", parce que la réponse est simple : diversification et paiement de primes de risque pour me couvrir.
La question est : quand un diplômé me rassure sur la théorie, tandis qu'un autodidacte non-reconnu officiellement me guérit en pratique, puis-je continuer à former des élites intellectuelles, et à les diplômer ? ;-)
(en fait, le podologue a fait un bon diagnostic, et sa prescription aura des effets à plus long terme, mais indéniablement efficaces)(mais le rebouteux fumeur de Gauloises m'a clairement remis d'aplomb)

jeudi 4 septembre 2008

Magnolia Express - 4ème Partie - # 18

Grande Pensée ?
 
Je fis demi-tour, me sentant tout seul, j'entendais encore les mêmes cris, les mêmes rires, la vie continuait autour de moi, je me demandais si je l'avais perdue, si elle n'avait pas tout simplement disparu après m'avoir donné un peu de lumière.
Je marchais dans l'allée, tout gris tout triste, et repassai devant le court où j'avais vu cette jeune fille (jeune femme ?) qui rayonnait de vie et d'assurance. Je m'arrêtai, appuyai mon front sur le grillage, essayant de grappiller un peu de cette clarté avant de repartir. Elle me tournait toujours le dos, superbe et libre, et je l'enviai douloureusement. Puis elle se retourna vers moi, me vit, et me fit signe en souriant. C'était Aline.
Et je me suis dit ...




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Manipulation

Quand on demande : "qui est le champion de la vie moins chère ?", on répond "Leclerc, ou Intermarché, ou Carrefour".
Et pourtant, une enquête de Que Choisir (n° 462, septembre 2008, achetez le magazine) montre qu'en 8 mois, Leclerc a augmenté ses prix de +5,8%, Intermarché +5,4%, Carrefour +7,6%. Ce qui fait, si je sais calculer, un équivalent annuel de respectivement +8,7% annuel, +8,1% annuel, +11,4% annuel. Contre 2,2% d'inflation.
(et encore, j'ai calculé les hausses de prix en proportionnel, pas en intérêt capitalisé).
Ce qui m'intéresse, ce n'est pas la hausse (quoique...), c'est le fait que dans l'imaginaire populaire (y compris le mien), ces groupes soient considérés comme ceux qui oeuvrent pour améliorer notre pouvoir d'achat. Il n'en est rien.

Autre exemple :
Quand on demande : "Les désodorisants d'intérieur industriels sont-ils efficaces ?", on pourra entendre des réponses contrastées.
Si maintenant on demande "les produits naturels (encens, huiles essentielles) employés en désodorisants d'intérieur sont bons pour la santé ?", je suppose qu'on aura un 100% de oui.
Article tiré de la même revue (Que Choisir n° 462, septembre 2008, achetez le magazine) : "les désodorisants d'intérieur [industriels] : oubliez-les !" (car véhiculant des allergènes, cancérigènes et composés organiques volatils).
Les produits naturels : la plupart du temps, ils sont encore plus nocifs, car le chauffage altère leurs propriétés et leurs molécules.
En résumé : n'allumez pas de bougie parfumée, ou d'encens, ou ne vaporisez pas d'aérosol désodorisant, chez vous. Si vous avez un doute, lisez l'étiquette. Vous trouvez ça sérieux, un désodorisant qui recommande d'aérer dans des zones bien ventilées ?

Dernier exemple :
Le pouvoir de l'image est terrible. Pas de texte sous-jacent, pas de commentaire audio : une image bien construite est plus terrible que 10 pages de discours.
Mais savons-nous rester critiques ? Je pense que non.
Dans Télérama cette semaine (télérama n° 3059, p. 22 à 26, achetez ce magazine), un professeur / docteur décrypte des images d'actualité, selon l'angle du sens qui est véhiculé. Passionnant. Et inquiétant.

Nous sommes donc plus souvent manipulés que nous ne le pensons.

Ce thibillet connaîtra une suite, au plus tard dans une semaine...

mercredi 3 septembre 2008

Magnolia Express - 4ème partie - #17

Haïku du vide
 
Aline n'était ni ..., ni ..., encore moins ...
Aline n'était rien du tout, le court était vide, et je restais avec mon sourire figé, la main sur la poignée de porte grillagée, le court était vide vide vide, silencieux, le filet pendait au milieu, immobile.
 
Feuilles mortes sur le gravier,
froissement dans la haie.
Je marche dans mes pas.




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Roman, publié progressivement, sous un contrat Creative Commons. Et aussi sous licence Touchatougiciel.

Le roman, dans l'ordre, est
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Chrome Crom

Quand le gars petit demande à Conan quel dieu il prie, celui-ci répond "Crom, car il est puissant".
(ou un truc dans ce genre).
Donc, j'ai téléchargé hier Google Chrome, parce que je suis un geek en jupette. Et j'ai testé comme un geek en jupette, c'est-à-dire que j'ai vu qu'il récupérait mes infos de Firefox (ouaaaaah !) (il nous en faut peu à nous, geeks en jupette) et je me suis arrêté là.
Ce soir, ultimate titanium test for Chrome.
  1. Au démarrage de windows XP SP2 (soupir), j'ai fait comme d'habitude : au bout de 2 minutes d'attente que l'os se charge, j'ai cliqué successivement sur mozilla firefox, mozilla thunderbird et... sur google chrome.
  2. Surprise marrante : c'est Google Chrome, qui, de très loin, a été chargé en premier. Et dieu sait que je suis fervent adepte de Firefox...
  3. Après cela, j'ai testé la fonctionnalité marrante de Chrome : on tape ce qu'on veut dans la barre d'adresse. Eh bien ça marche : 5 mn après, je dégainais ma carte bleue et je payais en ligne (non, c'est pas du Viagra). Donc : rapide, inspirant confiance, amusant.
  4. Je ne vais certainement pas quitter Firefox pour autant, non, non, je reste fidèle aux femmes qui m'ont beaucoup donné. Mais Chrome est une alternative pimentée dans ma vie cyber.
Thibillet publié sous Chrome, évidemment ;-)

Sun Tzu tchou tchou

J'en avais parlé comme un besoin ponctuel, épidermique mais néanmoins nécessaire.
Depuis la rentrée (mi-août ?), je suis Coordinateur de mon département. Cela implique beaucoup de discussions, de confrontations, voire de conflits. C'est très intéressant. Donc là, vraiment, j'ai besoin des Treize articles de l'art de la guerre, de Sun Tzu.

Des logiques comme le placement dans l'espace, la préparation, comment se confronter face à un ennemi puissant alors qu'on est faible, comment entretenir le moral des troupes... Je n'entretiens pas la métaphore guerrière, je cherche juste une base solide à mes actions.
Hop, c'est commandé, ce sera vendredi dans ma boite aux lettres, pour mon bien-être, et probablement celui de mes administrés ;-)

mardi 2 septembre 2008

Magnolia Express - 4ème partie - #16

Expectative
 
En poursuivant mon chemin, réduisant la distance qui me séparait de mon Aline, je méditais légèrement, les pensées s'écoulaient sous mon crâne avec un glissement sage, je pensais qu'Aline n'était pas comme ça, nous nous connaissions depuis quelques jours mais elle était douceur et apaisement, elle propageait une aura autour d'elle, on avait envie d'être gentil avec elle, ça faisait plaisir de lui faire plaisir. J'étais sûr qu'elle devait jouer au tennis différemment, tout en nuances, et puis elle n'aurait certainement pas un vidangeur pour partenaire, ça non. Plus j'y pensais, plus je me disais qu'Aline n'était pas du tout comme ça, mais que, néanmoins, elle semblait avoir une force intérieure qui ...
Je pensais souvent à Aline.
 
J'arrivai au court n°3, j'allais enfin avoir confirmation de mes pensées légères, j'allais voir comment elle jouait, j'étais sûr qu'elle était ... et peut être un peu ...
Parfois, elle devait aussi ...
J'arrivai devant la porte grillagée du court, ouvris en souriant.




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Le roman, dans l'ordre, est
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Les androïdes composent-ils des poèmes électriques ?

j'ai toujours en tête l'idée de ressusciter mon générateur aléatoire de poèmes, mais à quoi ça servirait, alors que dans les spams que je reçois, il y a d'authentiques perles poétiques ? Ce matin : "Populaire doux pour PC et Mac", c'est pas beau comme traduction littérale ?

lundi 1 septembre 2008

Espèce de tâche

Je continue à réfléchir à la productivité sur mon autre blog public. Rien de transcendant, je suppose, mais indéniablement une quête personnelle.

Magnolia Express - 4ème partie - #15

Sautillons sautillons
 
Il y a longtemps, quelques jours après que j'aie rencontré Aline, alors que je la connaissais encore peu, je devais la retrouver non loin de chez moi, il y avait un club de tennis à côté de la forêt et elle y jouait de temps en temps. Je laissai Libellule à l'entrée du petit chemin et me dirigeai vers le court n°3. J'avançais dans un couloir de verdure entre les courts et de temps en temps je jetais un coup d’œil dans la haie à droite, un coup d’œil à gauche, à travers le feuillage grillage on voyait des joueurs blancs sortis de la machine à laver et on entendait "OUT !", "HAN !", "Tiens mieux ton revers !" ou bien simplement des rires.
Je m'acheminai donc benoîtement vers le court n°3, il était à une cinquantaine de mètres devant, quand soudain, jetant un coup d’œil distrait à droite, je ralentis, m'arrêtai, regardai franchement. L'homme se préparait à servir, il me faisait face tout au bout du court, faisant soigneusement rebondir la balle sur le terrain, se préparant à l'assaut. La jeune fille (jeune femme ?) me tournait le dos, attendait, bien campée sur ses jambettes qui dépassaient de sa jupette. Dans cette attitude, légèrement penchée en avant, immobile, elle semblait ne rien voir, ne rien entendre que le toc toc toc de la balle de tennis là-bas.
 
L'homme servit comme une brute, comme un vidangeur, il asséna son coup comme s'il avait voulu assommer un taureau avec sa raquette. Un éclair de jupette, un choc sourd et je vis la balle qui retournait à l'envoyeur avec autant de force tandis que la jeune fille (jeune femme ?) sautillait en attendant le coup suivant, elle était passée d'une immobilité totale à ce sautillement comme si elle était chargée à craquer d'énergie lumineuse, pleine d'impatience de chaleur de puissance de volonté, prête à se battre et à y prendre du plaisir. Pendant l'échange qui suivit, elle sautillait entre les coups, se replaçait rapidement, et puis elle partait d'un coup, plantait ses pieds fermement dans le sol et là, bien campée, le bras étendu, préparait son coup, dans lequel elle mettait toute cette énergie, ça faisait POW ! et on voyait des étincelles dans ses cheveux qui flottaient librement. L'échange s'est terminé quand le vidangeur du fond du court a raté la balle d'un bon mètre, il avait la figure rouge et transpirait, et elle, pendant qu'il ramassait deux balles, elle attendait, immobile à nouveau, et puis tout a coup elle a sautillé sur place, comme ça, pour rien, pour évacuer le trop-plein, et je me suis dit "Dieu tout puissant, mais quelle vitalité ! Quelle vitalité !" Elle piaffait sur place comme un jeune fauve entre deux combats et j'étais admiratif, j'aime voir ce genre de choses, il existe encore des gens vivants, ceux qui ont faim, soif, qui ont envie que tout arrive, qui poussent des "Oh!" des "Ah!" devant la beauté toujours renouvelée de la vie et qui débordent d'énergie vitale, qui la communiquent aux autres comme un brasier qui s'étend dans les âmes et les consume d'une jubilation sans fin. On ne peut pas être mortel quand on éprouve ça.

Je repris mon chemin après un dernier coup d’œil, elle me tournait toujours le dos, sérieuse, concentrée, sans avoir vu son visage je sentais qu'elle devait avoir une vraie beauté naturelle. Mais je balayai vite ce bouillonnement de pensées, là-bas, au bout, m'attendait Aline, et rien d'autre n'était important.



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Talon d'Achille

Une petite entorse, c'est...
  1. une petite douleur, régulière, qui rappelle qu'on n'est plus si jeune
  2. une attention de tous les mouvements. Ma jambe gauche se muscle, car je l'habitue à porter tout le poids du corps, le pied gauche est toujours le premier que j'avance pour sortir d'un canapé moelleux ou d'un lit luxurieux
  3. des courbatures en pagaille, parce que le fait de ne pas poser le pied correctement, ça fait travailler quantité de muscles qui n'ont pas l'habitude de travailler
  4. un mal de dos, pour la raison ci-dessus évoquée
  5. une déprime due au fait que le bénéfice de tous ces entraînements d'été est en train de se diluer sous les pluies de fin août.
  6. sans parler des compétitions à annuler, des RV (médecin, podologue, rebouteux) à prendre
Petit coup de Calgon, là.