Lait et crème fouettée

- Dis-moi, déjà ... Pourquoi allons-nous là-bas ? me demanda paisiblement Eileen.

Je respirai un coup, elle conduisait ce taxi comme un vaisseau sur coussin d'air et la route était rectiligne jusqu'à l'infini.

- Ben, nous ne sommes pas des religieux, ou des intellectuels, non Madame, ça pour sûr nous ne le sommes pas... Nous allons là-bas... parce que c'est à l'ouest, parce que c'est au sud... parce qu'un livre existe peut-être là-bas, et que ce livre est notre quête. Parce que nos vies peuvent se résumer à quelques livres... et beaucoup de contemplation.
 
Elle me jeta un coup d’œil, avec cet air si particulier que je vois quelquefois apparaître sur certains visages. Un air étonné-dubitatif, c'est-y-du-lard-ou-du-cochon, un air qui finit souvent par tourner, comme le mauvais lait, et quand l'étonnement a disparu, il ne reste plus que le doute. La question se résume alors à "Est-il réel ?".
Je ne sais pas moi, est-ce que je vous en pose des questions ?

Donc Eileen m'observait et me regardait et m'auscultait, tandis que je faisais semblant de méditer sereinement, alors que je ne faisais qu'écouter la discussion d'Aline et Conrad, derrière.

(Aline) - ... Et les ailes de l'avion, c'étaient des tranches de pain d'épice avec des haubans en sucre filé, elles étaient en forme de pelle à gâteau ...
(Conrad) - ça n'est point bon pour l'aérodynamisme.
(Aline) - Non, mais comme ça, quand on passait à côté des nuages, elles recueillaient plein de crème fouettée.
(Conrad) - Bon sang de bois. J'aurais dû y penser.





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Le roman, dans l'ordre, est
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