Le matin, quand le train arrive à quai dans ma ville de banlieue avant de partir vers Saint Lazare, il ralentit progressivement, c'est normal. Mais souvent, il continue à avancer à petite vitesse, et la plupart des gens s'étaient déjà mis en mouvement vers la porte, alors ils continuent à marcher, parfois sur 5, 10 ou 20 mètres, avant que le train ne s'arrête définitivement et qu'ils n'atteignent enfin "leur" porte. J'appelle ça la Glissade Pouilleuse, une sorte de métaphore de la vie, tu as bougé trop vite, ça continue à défiler, et tu marches en troupeau, placidement, résigné, en attendant que ça s'arrête pour que tu puisses monter (alors que si tu étais resté sur place, tu serais probablement au niveau de la prochaine porte).
Je dis tu, parce que je crois beaucoup à l'économie des gestes, et à la patience. Si train encore bouger, moi pas bouger.