Blogthib, ou thibierge.flou

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A propos

Ce blog est le pendant flou et libre de thibierge.net. L'auteur vit essentiellement dans le monde cyber et nocturne. Il surgit parfois dans le monde réel pour donner des cours et boire des expressos. Il passe aussi une partie de son temps à collecter les batanas et ubuntus. Ah oui, il met aussi progressivement en ligne un roman.

mercredi 31 octobre 2007

GTD - le pitch

Cela fait plusieurs mois que je parle de ma recherche de productivité, notamment cristallisée par le bouc émissaire du mail, mais pas seulement. Et puis, il y a deux semaines, j'ai eu une illumination, apportée par un étudiant. Depuis cette date, j'ai travaillé, pas mal, sur les méthodes, les outils, les programmes informatiques. Aujourd'hui, je suis un peu plus avancé, mais encore très méfiant : je me souviens très bien de mon enthousiasme pour certains livres, quand j'en étais au premier chapitre, j'en parlais beaucoup... et je ne finissais jamais le livre.
Je n'ai pas fini le livre Getting Things Done, mais je le lis. Et surtout : aujourd'hui, j'ai rangé mon bureau, accomplissant un travail de dé-stratification qui datait d'au moins 5 ans. Et je ne l'aurais pas fait sans les quelques petits trucs, simples, de bon sens, mais bien pensés, de Getting Things Done.
La suite des thibillets sur le sujet, si je les publie, sera :
  • Ma première rencontre - l'illumination
  • La quête de sens - les outils (et l'escroquerie du web 2.0)
  • La quête de sens - le livre (et l'escroquerie de l'auteur ;-) )
  • Retour à la simplicité pour un technologue - découpage coloriage
  • Les cartes mentales, encore et toujours
  • Reprendre sa vie en main.
Et je laisse à part les thibillets sur le mail, qui méritera sa saga personnelle.

mardi 30 octobre 2007

Je fais ce que je veux

... et ce sont les vacances. Donc rythme de publication de thibillets suivant l'humeur et le temps disponible. Je vous quitte, ça mord sur la ligne la plus importante, celle que j'ai appâtée avec de l'escargot mélangé à du foie gras.

Ta mère est une catin

Dans les docs informatiques, il y a quantité de blabla. Notamment, l'accord de license, la fameuse fenêtre qu'on voit apparaître à l'installation d'un logiciel, on passe allègrement, allez, j'accepte, c'est fait. Mais de temps en temps, dans une documentation vaste et fournie, il y a un petit truc qu'on aurait dû lire. C'est souvent dans le Guide de Démarrage Rapide, mais quand on est un impatient comme moi (et comme vous, n'ergotez pas), on se lance dans l'installation comme un conquistador avide de sang frais.
Donc, il faudrait un rappel, un truc sauvage, qui frappe les esprits. Je propose un texte en rouge, sur la première page : "ta mère est une catin" ou "tu vas mourir dans d'atroces souffrances"... "si tu ne lis pas le texte qui suit".
Et juste après se trouverait le nécessaire de survie, du genre "il faut installer les pilotes du lecteur AVANT de le brancher à l'ordinateur, sinon, tout sera caca (et ta mère sera une catin)".
Je préconise que dans chaque société d'informatique, on embauche un ergonome comme moi, exactement comme moi, un utilisateur lambda avec idées géniales (et peu coûteuses).
Sinon, ta mère sera une catin.

vendredi 26 octobre 2007

Caillou - Pierre de rêve

Nous regardons dans la même direction
Tu vois des montagnes, je vois des nuages
La forêt nous entoure, et je suis proche de toi
Dans le brouillard.
Tu sais des choses que je ne sais pas.
Je ne suis qu'un compagnon, parfois plus,
Souvent moins.
Ton regard est ma boussole.

J'ai plus de souvenirs que si j'avais 1 000 ans

Un de mes amis a eu un crash de disque dur. Il m'a demandé si je pouvais retrouver dans mes archives les fichiers des nouvelles qu'on avait rédigées ensemble. Je me suis donc attelé à la tâche (car pour ma part, j'ai beaucoup sauvegardé, souvent, ce qui limite l'impact des crashs que j'ai pu subir). J'ai notamment commencé à exhumer mes mails depuis... 1998 (avant cela, je n'ai que des impressions papier, pas de fichiers). J'ai retrouvé quelques fichiers de cet ami, c'est toujours ça de récupéré. Mais j'ai aussi ouvert la boite de Pandore. Certaines correspondances que je savais exister, mais que je n'avais pas regardées depuis des années ; certains messages que j'avais oubliés ; certaines relations, et leurs souvenirs, et leurs douleurs. Je m'en suis pris plein la tronche. Désormais, j'y retourne un peu plus doucement, dosette par dosette, un peu comme le démineur qui dégage très précautionneusement la bombe prête à exploser.
Désormais tu n'es plus, ô matière vivante
Qu'un granit entouré d'une vague épouvante
Assoupi dans le fond d'un Sahara brumeux
Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux
Oublié sur la carte et dont l'humeur farouche
Ne chante qu'aux rayons du soleil qui se couche.

Charles Baudelaire, Spleen, Les Fleurs du Mal.

jeudi 25 octobre 2007

Caillou - Titanic

Bien sûr
Que j'ai vu le problème
Bien sûr
Que j'ai donné un coup de barre
Mais ma vie
N'est plus une hirondelle
Qui vire au quart de tour
Et j'ai été englouti
Dans les glaces.

E-mail market

Je reviens à mon sujet monomaniaque des dernières semaines. Non pas pour vous asséner une not-to-do list (qui est presque prête), mais pour mentionner une avancée économique fort intéressante. Monsieur Jean, infatigable découvreur de ressources intellectuelles et néanmoins blogesques, m'en a donné la primeur : une société propose une monnaie virtuelle pour marquer la priorité d'un e-mail.
Comme c'est en anglais, que certain(e)s d'entre vous ne lisent pas ce dialecte (déjà que le français, ils ont du mal), je vous la fais Nelson Monfort : devant l'afflux des mails, cette société propose de pouvoir allouer plus ou moins d'argent (des Serios, monnaie virtuelle) pour signaler la priorité de son mail. Evidemment, chaque employé a un budget limité, la question posée dans l'article étant : comment alloue-t-on le budget ? Le même budget pour tout le monde ? Les chefs ont plus ? Moins ?

Voici mes deux Serios de réflexion sur le sujet :
  • C'est un peu analogue à la Poste : on paie plus cher pour un traitement prioritaire. Mais la différence majeure est que la Poste fait payer plus cher un transport plus rapide et/ou plus sécurisé. Ici, ça équivaut plutôt à payer la Poste pour qu'elle mette une guirlande lumineuse autour du message, un truc qui dit "Ouvrez-moi Ouvrez-moi Ouvrez-moi" (comme dans la chanson hallucinogène de Billy Ze Kick).
  • La gestion se déplace : ce n'est plus le destinataire qui décide quels messages il va lire / traiter, c'est l'expéditeur qui choisit pour lui.
  • La question du prix, et de l'allocation de Serios, devrait évidemment faire jubiler quantité d'économistes : je suppose que ce marché s'apparentera à une procédure d'enchères, ou à une branche de la théorie des jeux. Si Zlomard a mis 5 Serios sur son message, j'ai intérêt à mettre 6 Serios sur le mien. C'est donc E-bayl (l'Ebay de l'e-mail). Mais encore faut-il que les prix soient publiés, donc qu'il y aie une cotation.
  • Je ne vois pas l'intérêt pour le récepteur. Touche-t-il les Serios ? Peut-il les épargner, les placer, et puis, après une certaine accumulation, se payer une secrétaire pour gérer ses mails ?
En tout cas, merci Monsieur Jean, ce blog d'économiste m'a l'air fort intéressant (quoiqu'en rosbif), car il part du point de vue de la vie quotidienne. Lisez par exemple le fait que les clients paient plus cher quand on met une étiquette "commerce équitable", c'est redoutable...

mercredi 24 octobre 2007

Odessa

Depuis que mon magasin a brûlé,
Je peux voir la lune.
(je cite de mémoire, je crois que c'est un haïku de Bashô).

dimanche 21 octobre 2007

Ma pensée sur cette finale de la coupe du monde de rugby

J'aime bien le prénom "Os".
Je suis sûr qu'il y a des prénoms (ou des alliances prénom-nom) dans certaines langues qui sonnent vraiment bien. Il doit y avoir des trucs comme Boore Peaf, Marloo, Grobö, Anpapa Hooter, Tate De Nyon...

vendredi 19 octobre 2007

Une petite fin

Voilà, c'est fait, le silence s'est à nouveau abattu dans les rues françaises.
Avec peut-être une petite différence.
Samedi dernier, il y avait un vrai espoir, une vague populaire, on était tous dedans, même ceux qui n'y connaissaient pas grand chose. Et le match de samedi dernier a laissé beaucoup d'amertume. Je résume : ce n'était pas un très beau match, les Français auraient pu gagner, on avait un goût de ratage à peu de choses près.
Ce soir, c'est un peu autre chose. Il y a eu une première mi-temps très virile, où l'on sentait que les deux équipes avaient la rage d'en découdre. Il y a eu des gestes très déplacés, des deux côtés (non, franchement, Elissalde... Et toi, Ibanez, rhhooo...), mais le rugby élégant, c'est une pensée d'homme sans désir.
Et puis cette fin de première mi-temps, qui durait, durait. Une attaque française, rageuse, contre un mur tout aussi désireux d'en découdre. Et les coups de sifflet de l'arbitre.

Et la deuxième mi-temps, avec tous ces essais (hélas, peu équitablement répartis).
Plus le temps passait, plus j'étais silencieux, probablement comme beaucoup de compatriotes. Et puis ça s'est terminé, au bout du temps règlementaire.
J'ai fait comme tout le monde, j'ai regardé les images jusqu'à la lie.
Je suis content de ce match. Il a été vivant, acharné. Les gagnants méritaient clairement de gagner, ils se sont très bien battus, et même si j'aurais aimé que la victoire soit française, je ne peux que reconnaître la supériorité de cette équipe argentine.
Tout est toujours bon pour apprendre de nouvelles choses.
La leçon du jour ? Remets-toi toujours en cause. Regarde souvent derrière toi, s'il n'y en a pas un qui est en train de gagner du terrain. Prépare-toi toujours comme si tu étais le dernier. Pense à tous ceux qui voudraient avoir ta place. Si tu perds ta place, c'est qu'un autre la méritait plus que toi. Trouve ta place, et quand tu l'as trouvée, défends-la bec et ongles.
Et comme disait Sir Winston : n'abandonne jamais.

Livres lus dont je ne ferai pas la critique

J'ai arrêté la rubrique "Livres lus", d'abord à cause du retard pris, et ensuite parce que plusieurs lecteurs que j'avais rencontrés dans le monde réel m'avaient dit ne pas lire ces thibillets, trop longs.

Néanmoins, pour la mémoire (c'est un des objectifs de ce blog pour moi), voilà la liste des livres lus les derniers mois, avec commentaire, ou pas.

Livres lus
  • Sébastien Japrisot - Le passager de la pluie
  • Erri De Luca - Acide, Arc-en-Ciel. Difficile.
  • Stanislas Lem - l'invincible. Auteur de science-fiction très stimulant, très imaginatif. Il faut que j'achète son Solaris.
  • Simenon - la boule noire. J'aime bien Simenon quand il quitte Maigret pour inventer d'autres histoires. J'avais beaucoup aimé Ceux de la soif. Là, c'est sa période américaine (il y a aussi Le fond de la bouteille dans la même veine).
  • Simenon - Strip-tease. J'ai été moins convaincu. Mais c'est toujours du Simenon.
  • Simenon - L'homme de Londres. Superbe, ça donne aussi envie de lire La mauvaise étoile, l'histoire pitoyable de tous ces personnes à qui il suffisait de peu pour réussir. Mais inéluctablement...
  • Simenon - Les gens d'en face. Presque étouffante, ou frustrante, cette histoire où le personnage principal est perdu dans une ville et un régime communiste qu'il ne comprend pas.
  • Robert Silverberg - Les masques du temps. Silverberg était un souvenir de jeunesse, c'est distrayant, mais c'est de la science-fiction un peu molle, ça me distrait, sans plus.
  • Jack London - La piste des soleils. Le grand écrivain américain, l'homme qui s'est fait tout seul. Plusieurs nouvelles. Toujours un très bon moment, même quand l'intrigue a lieu dans la campagne anglaise.
  • Andrea Camilleri - La première enquête de Montalbano. J'aime bien Camilleri quand il écrit des nouvelles, avec toujours ce style, cette langue qu'on déguste. (et l'on ne dira jamais assez le travail excellent du traducteur, Serge Quadruppani)
  • Aarto Paasilinna - Le lièvre de Vatanen. Beau roman écolo et philosophique.
  • Aarto Paasilinna - Le fils du Dieu de l'Orage. Plus amusant, moins profond, mais quelques idées à mettre en perspective de mes (futurs) articles sur le bonheur.
  • Philip K. Dick (et Ray Nelson) - Les machines à illusion. Dick, c'est souvent à plusieurs niveaux, et je ne comprends pas tout. Là, j'ai pas compris grand chose, c'est frustrant.
  • Andrea Camilleri - L'opéra de Vigata. Dans le genre de La concession du téléphone, roman historique, avec histoire mélangée, c'est du Waltenberg, mais en plus compréhensible... et méditerranéen. Un côté "je saisis le prétexte d'une histoire pour brosser le panorama d'une époque".
  • Jean-Philippe Toussaint - Fuir. Avec les années qui passent, il garde sa distance, mais ses écrits perdent de l'humour des premiers livres (La salle de bains, La télévision, L'appareil-photo). Cela donne des textes plus angoissés, ou angoissants. Mais bien travaillés, très bien écrits, bien sûr. Cela ne correspond plus trop à mon envie de légèreté.
  • Dennis Lehane - Coronado. Des nouvelles noires, une d'entre elles (En observation) ressemblant à du Paul Auster, les autres ressemblant à du Dennis Lehane, et aussi, ah oui, James Crumley dans Un pour marquer la cadence.
  • Hermann Hesse - Siddhartha. Très beau livre, à multiples interprétations. J'ai enfin compris la réincarnation, et le mécanisme qu'il y a derrière, en lisant ce livre. A relier avec Mathieu Ricard et le bouddhisme, bien sûr.
  • René Girard - Celui par qui le scandale arrive. Essais très intelligents, un peu trop pour moi. Le bouc émissaire et sa sacralisation. Cela m'a inspiré une idée de thibillet, non encore pondu : René Girard et Rocky. Tout un programme :-) Michael Connelly - Le cadavre dans la Rolls. Intéressant, bien écrit, mais loin derrière Le Poète ou Créance de sang, je trouve. J'attends Les égoûts de Los Angeles. Henri Queffelec - Un recteur de l'île de Sein. Très beau roman écrit par le Giono de la Bretagne, c'est âpre et poétique. Vladimir Nabokov - Chambre obscure. Encore une nymphette, une passion hors mariage, de la manipulation, tout cela écrit de manière très classique. Bref, une répétition (au sens, un première préparation) sur le thème de Lolita.
Livres relus
  • Dennis Lehane - Mystic River (et film re-regardé quelques semaines après)
  • Fred Vargas - Coule la Seine
  • Fred Bargas et Baudoin - Les quatre fleuves. (et toujours l'envie de dessiner Danglard...)
  • Manuel Vasquez Montalbàn - Le petit frère.

Ha ha, je suis impayable !

Hier, gros thibillet enflammé sur ma gestion de la grève, et que je suis un Homme, un vrai.
Aujourd'hui, j'ai les genoux comme des melons et tous mes niveaux d'énergie au point bas. Heureusement que le travail sur ordinateur ne demande que peu de mouvements, je rêverais d'un utilitaire qui ferait tout, juste avec des mouvements oculaires.
Il faut que je me requinque : ce soir, petite finale, la boucle sera bouclée, un France-Argentine pour terminer ce qui a été commencé.

jeudi 18 octobre 2007

Journée très positive

Il fallait que je tienne mes engagements. Je l'ai fait, et sans souci majeur. Tout est une question d'état d'esprit.
14 km aller, une heure. Il y avait du soleil, le temps était frais, j'ai commencé à pédaler avec des douleurs dans les genoux, mais je suis habitué. En revanche, j'ai une chambre à air qui commence à lâcher : malgré le gonflage de la veille, gros bringueballement sur toute la journée. Mal au cul.
15 mn pour atteindre la Porte d'Asnières, restait 45 mn. Pause pour retirer mon coupe-vent, j'observe la circulation : beaucoup de voitures, beaucoup de deux-roues, beaucoup de vélos. Les automobilistes ont l'air assez attentifs aux mouvements des vélos (effet Vélib' ?). Re-démarrage. Des feux rouges, donc des arrêts. Une autre pause pour retirer mon pull, me voilà tout beau en manches de chemise.
Gestion des vitesses (je n'en utilise que deux, la vitesse "démarrage feu rouge et/ou faux plat" et la vitesse "je suis lancé et ça roule, poussez-vous les piétons"). Enchaînement de rues, de feux, de passages piétons. Je ne parle à personne, mais je sens une connivence, un bon esprit (oui, oui).
Arrivée enfin, je pose mon sac à dos, je suspends mon coupe-vent et mon pull à une grille, c'est la Famille Fenouillard en vacances, puis je pose l'antivol arrière, et bataille avec l'antivol sur la roue avant. ça y est, je respire, il est temps d'aller me sécher.
Dans les couloirs, confraternité et échanges de points de vue de ceux qui sont passés.
Je bois une bouteille d'un litre et demi en 10 minutes, ça va mieux.
La journée se déroule après comme une journée ordinaire. Au déjeuner, quelques faits d'armes évoqués, sans insister.
Ce soir, autre son de cloche. 14 km, 1 heure et 30 minutes... Des rues compactes de voitures emboîtées, des files ininterrompues de boites de sardines métallisées, sur lesquelles se reflètent les feux de circulation, toujours rouges. Axiome n° 1 : dans un embouteillage, un vélo va beaucoup plus vite qu'une voiture. Axiome n° 2 : pour aller vite dans un embouteillage, un vélo doit anticiper, se faufiler, zig-zaguer au milieu de voitures qui jouent à touche-touche. Combat urbain.
La nuit tombe, les cuisses se raidissent, les voitures s'énervent. Je n'en suis plus à doser mes efforts du matin ("éviter de transpirer !"), je lâche toute l'énergie. Comme le genou droit est le plus faible, c'est la jambe gauche qui donne les impulsions, je vais vite, quitte à freiner vite, je suis pressé.
Arrivée dans la nuit, essouflé, mais entier.

Synthèse :
  • Cette journée était pour moi l'occasion de montrer (essentiellement à moi-même) que j'étais un homme, et que ce n'était pas une grève générale qui allait entraver Ma Liberté.
  • J'en ai retiré une grande exaltation, et je la conserve.
  • "les agressifs et les puissants ont pris la voiture, les humbles ont essayé les transports en commun ou les vélos." Je me revendique comme humble, mais humble debout. Certains ont pris des RTT ou des jours de congé, d'autres ont pris leur voiture, d'autres enfin ne pouvaient pas prendre autre chose qu'un RER ou un train. Et les chanceux, comme moi, avaient le choix.
  • A un carrefour, j'attendais au feu rouge en éventant ma chemise, quand j'ai vu passer une quadragénaire. Elle était, littéralement, cassée en deux. Une béquille soutenant avec peine un corps à angle droit, en déséquilibre régulier, elle avançait avec la tête à l'horizontale, ne voyant que la surface grise du pavé. Au même moment, un djeun passait là-bas, trottinant de manière décontractée en jogging, du genre "j'ai de la réserve sous le pied, je montre ma félinité sauvage". Et moi, qui avais mon vélo. A ce moment-là, je me suis senti privilégié.
  • Et comme j'essaie toujours de mettre les choses en perspective, j'ai donné 30 euros ce soir au collectif urgence Darfour : c'est tout simple, il suffit de cliquer sur bouton Paypal et de suivre la procédure, et en quelques secondes, vos bons euros vont vers une bonne cause. Et vous oubliez les grèves, les divorces présidentiels, les e-mails accumulés et toutes ces choses qui ne sont que des futilités.

mercredi 17 octobre 2007

Catégorie Projets (et projets)

Je viens de créer une nouvelle catégorie, "Projets". Si j'étais organisé, je reprendrais tous les thibillets passés qui parlaient de mes projets (une liste foutraque est , une synthèse incomplète ici), et je les assignerais à cette nouvelle catégorie.
Comme d'habitude, ça se fera (ou pas) (je devrais faire de cette phrase un leitmotiv existentiel et zen).

Voici donc la moisson des nouveaux projets, ou en cours :
  • Projet Herbie Hancock : créer un nouveau produit informatique / une plate-forme web pour (1) bosser avec des amis, et/ou (2) m'enrichir, le tout fondé sur une idée hypra-originale et totalement révolutionnaire que j'ai eue il y a quelques jours. A suivre...
  • Projet Augias : lié à la rubrique Productivité, pas terminé, mais désormais dévoilable : atteindre zéro mails dans ma boite de réception. On n'y est pas, 40 au compteur à cette minute.
  • Dans la rubrique Productivité, il y a plusieurs choses qui bougent pas mal actuellement, je viens de commander Getting Things Done et je teste Action Outline pour savoir si je vais l'acheter.
  • Projet Hélium : A réaliser ce soir, impérativement : vérifier que les pneus de mon vélo sont bien gonflés...

mardi 16 octobre 2007

En prévision de la grève générale

Dans la rue du matin où se bousculaient en grappes les employés de tout poil qu'éjectait Saint Lazare avec une régularité de fusil mitrailleur, Georges regretta vite maussade, l'absence de tout printemps.

René Fallet, Les pas perdus, Livre de poche n° 3230, 1971, p. 91-92.

Beaucoup plus fort que de publier dans "Journal of Finance"

J'avais déjà eu le cas il y a quelques années. A l'occasion d'un article publié dans Les Echos (puis d'un deuxième), j'avais eu des retours impressionnants : plusieurs coups de fils, des mails, des courriers. Alors que si j'avais publié dans International Stochastic Journal of Obscure Research, personne n'aurait salué ces trois ans de travail.
Là pareil. Un journaliste a pris l'annuaire (les pages blanches) et m'a interviewé au hasard, pour une chronique. Super. Mais le plus marrant, c'est que depuis ce matin, j'ai reçu un SMS, un mail, et l'honneur d'être cité dans un blog de référence mondiale.
Andy Warhol is alive.

lundi 15 octobre 2007

Le Bonheur (I) et quelques réflexions sur les actifs immatériels

Cet été, j'ai lu avec délectation le supplément du Courrier International n° 874-875-876 (2 au 22 août). En une trentaine de pages, il traitait de ce sujet central : "Alors, heureux ? Pourquoi nous sommes obsédés par le bonheur".
Il s'agit d'une collection d'articles, très souvent passionnants, sur lesquels j'aurais énormément de choses à dire.
Mais une chose à la fois, une idée par thibillet, et que cela soit argumenté et réfléchi, ma crédibilité est en jeu.
Ce soir, c'est Mathieu Ricard qui s'y colle, à tout seigneur tout honneur, je me devais de citer en premier L'homme le plus heureux du monde. Son interview est un modèle de luminosité intelligente, le genre de lecture que l'on devrait se prescrire plusieurs fois par an.
Ce soir, une idée parmi d'autres :
"Dans une société composée à parts égales d'égoïstes et d'altruistes, ces derniers devraient théoriquement être balayés. Mais les altruistes savent coopérer, ce qui leur donne un grand avantage."
Mathieu Ricard, interviewé par Robert Chalmers, The Independent, repris dans Courrier International, supplément au n° 874-875-876, p. 11.
Ainsi, si l'on se cantone à une mesure factuelle (productivité, gains individuels), on oublie une composante importante. Ou comment la somme de comportements individuellement optimaux ne conduit pas à un optimum global. La confiance, la bonté, la coopération, ne se mesurent pas facilement, en conséquence de quoi ces valeurs sont le plus souvent exclues des mesures statistiques. Cela conduit évidemment à une sous-estimation, et à une incomplétude, de la mesure de la performance et des risques.
Pour paraphraser certaine proposition célèbre en finance, je dirais :
Valeur d'une entreprise = Valeur d'une entreprise sans coopération + valeur actuelle de tous les gains issus de la coopération.
Ce que j'aimerais bien, c'est une mesure raisonnée de la valeur des gains issus de la coopération. Et si ça représentait 50% de la valeur de certaines entreprises ?..
On revient encore une fois à l'opposition "gain à court terme / amélioration à long terme" ou "gains publics / coûts cachés", mais cette fois, vu du côté de la mesure. Cela permet aussi de mieux comprendre l'engouement des chercheurs, depuis des années, pour les théories des jeux (négociation et coopération) ou la mesure des prétendues synergies lors des fusions. Et, pour sonner plus moderne, l'intérêt des réseaux sociaux de type LinkedIn ou Facebook - même si à mon avis, beaucoup reste à faire.
Le prochain thibillet sur le sujet concernera probablement la carte du bonheur dans le monde, dans Mamz'elle nous donne un avant-goût.

C'est du n'importe quoi

Vendredi, j'avais une réunion de travail avec mon éditeuse. Vers la fin de la réunion, quand on avait déjà traité les dossiers "Côte Rotie", "Tourte à poils et à plumes", et "Comment écrire un best-seller, par exemple un roman de finance porno", elle m'apostropha. "Non mais oh, c'est quoi ce billet sur les mails, t'as que ça à faire, de compter tes mails ?!"
J'en ai avalé de travers ma gorgée de calva (c'est un médicament, j'ai la voix fatiguée à force de faire cours).
J'ai donc décidé de revenir à des thibillets beaucoup plus graves, pondérés, argumentés.
Et ça commence dès le prochain. Je ne vous parlerai donc pas des 20 km de Paris, qui ne méritent pas qu'on s'y attarde : il faisait beau, et ça faisait 20 km, voilà. Je ne vous parlerai pas non plus d'Elissalde ou de Chabal, tout le monde en a parlé. J'attends vendredi soir, et d'ici là, je fais comme tout le monde, je reviens à mon petit quotidien, loin des rêves fédérateurs.

jeudi 11 octobre 2007

Gestion des mails - phase 2, l'analyse

Après un peu plus d'une semaine de mesure de mes flux de mails entrants et sortants (genèse ici), j'ai quelques chiffres. Ceci est mesuré sur une semaine calendaire, soit 5 jours de travail (le week-end, je reçois peu de mails, et j'en envoie encore moins), et cela exclut :
  • les spams qui n'avaient pas été stoppés auparavant (4-5 spams arrivent à passer chaque jour, mais j'ai éduqué Thunderbird, et ils vont directement dans la corbeille) ;
  • les listes de diffusion auxquelles je suis abonné (les différentes listes OpenOffice, la liste du MBA Exec 2005), qui sont autoamtiquement filtrées vers des sous-dossiers.
  • Mes autres adresses e-mail.
  • les chiffres suivants sont donc "propres".
Sur 5 jours de travail :
  • J'ai commencé avec un Stock* de 31 mails (*rappel de la taxonomie dans le thibillet sus-cité)
  • J'ai envoyé 97 mails, soit un Flux Sortant* de 20 par jour
  • J'ai reçu 175 mails extérieurs, soit 35 par jour, auxquels je rajoute les 97 mails que j'ai envoyés - et dont je suis automatiquement en copie - ça fait 272 mails, soit un Flux Entrant* de 54 mails par jour.
  • Je n'ai pas répondu à tous les mails, tout simplement car certains étaient pour info, ou étaient la fin d'une conversation.
  • J'ai terminé la période d'observation avec 19 mails dans le Stock.
Analyse et commentaires :
  • Sur 175 mails, 97 ont nécessité une réponse, soit un mail sur deux. La mesure n'est pas tout à fait exacte, car je ne suis pas qu'en mode réactif : il y a de nombreuses fois où j'ai lancé moi-même un sujet.
  • En 5 jours, j'ai gagné 12 mails de stock, c'est dire la lenteur de ce travail quand 90% du temps consiste à répondre à des mails entrants.
  • Je suis donc rassuré : sur une semaine-type, ma Vélocité* est supérieure au Flux entrant*, et j'entame le Stock*
Etape suivante : la not-to-do list de l'e-mail.

mercredi 10 octobre 2007

Les mots oubliés II

J'avais parlé des mots oubliés. Il y a une autre catégorie, ce sont les expressions qui signifient (signifiaient) quelque chose, mais qui sont passées dans le langage courant alors même que l'on ne vit plus ces situations.
  • Aller au charbon.
Je me dis qu'il faudrait remplacer ces expressions par des idées plus récentes, plus appropriées. Genre "aller vendre son business model". J'en ai une autre :
  • Change de disque.
Qu'est-ce qu'on peut dire, maintenant que la musique est grandement dématérialisée ?
"Skippe en shuffle" ?

lundi 8 octobre 2007

Not to do list

Presse-citron avait évoqué ce terme, en citant sa source, mais c'était dans le sens "liste des choses que je m'interdis de faire". Je pense à autre chose.

C'est parti d'une discussion à Berlin, la veille du marathon. On listait les conseils, les recommandations, avant une telle course. Mais nous avons pris très vite le contre-pied, et je me suis rendu compte que souvent, une manière beaucoup plus illustrative, percutante et, lâchons le mot, pédagogique, de faire des recommandations, consiste à citer ce qu'il ne faut pas faire.
Exemple pour le marathon : Not to do List :
  • Se coucher tard plusieurs soirs de suite
  • Boire de l'alcool dans les jours qui précèdent
  • Manger des épinards, du melon glacé ou un steak tartare la veille
  • Se taper un cassoulet au petit déjeuner
  • Boire des expressos au petit déjeuner
  • Arriver à la bourre
  • Partir vite en se disant "c'est toujours ça de gagné"
  • Courir avec un équipement neuf jamais essayé
  • Sauter les premiers ravitaillements
  • Maintenir sa vitesse dans les côtes
  • Abandonner "quand on le sent plus"
Pour certains, cela peut apparaître comme le négatif inversé d'une liste de recommandations, mais moi je trouve ça beaucoup plus percutant. En cours, j'ai une liste que j'appelle "Comment se planter en appliquant aveuglément les modèles". Je pense qu'une nouvelle approche de la pédagogie - elle existe déjà, j'en suis sûr - consisterait à enseigner ce qu'il ne faut pas faire.
  • Dix conseils pour planter sa création d'entreprise
  • Comment transformer un produit génial en ruine commerciale
  • Les stratégies qui nous envoient dans le mur à coup sûr
  • Comment ruiner la motivation de ses collègues
  • Comment faire perdre du temps en réunion
Je sens une possibilité infinie de sujets, pour quantité d'aspects de la vie. Et puis ça nous changera des dix commandements gnangnan, des listes vertueuses de ce qu'il faut faire. Tiens :
  • Comment obtenir un redressement fiscal
Intéressant, non ? Je vois enfin d'autres possibilités pédagogiques : les démonstrations par l'absurde.
  • Comment gagner en Bourse.

samedi 6 octobre 2007

All Blue


:-)

Deux remarques :
- toujours en garder sous le pied pour la deuxième partie (oui, ça me rappelle quelque chose)
- c'est souvent la rage qui nous fait avancer. L'amour aussi, oui, bien sûr, mais quand Elissalde attrape le All Black par le maillot, puis par la cheville, à un moment crucial, c'est de la rage pure et c'est bon... :-)





L'informatique est mon Prozac

Quand je branche un appareil informatique, c'est toujours la roulette russe : marchera, marchera pas ? Ce que, à la grande époque de Windows 95, on appelait le Plug and Pray. Ce qui est plus inquiétant, c'est le résultat de cette quête. Quand ça ne marche pas, ça me déprime profondément, j'ai envie de tout foutre en l'air. Mais encore pire : quand ça marche, je reprends un coup d'optimisme, ma journée s'éclaire. Là par exemple, je viens de brancher une imprimante multifonctions (Canon MP 160, 70 €), et après 1h (quand même...) d'installation laborieuse (et encore, je n'ai utilisé que le manuel "quick start"), j'ai essayé de faire une photocopie en noir et blanc : ça marche ! En couleur : ça marche !
L'extase, je plane. Bien meilleur qu'un shoot de St Estèphe 1996. (quoique, étant donné que je suis en train d'en boire, je ne reconnais plus les effets spécifiques de chaque drogue, c'est ça de mélanger les médicaments).
Si ça n'avait pas marché, j'aurais été déprimé, et j'aurais pondu un thibillet du genre "Quelle misère, nous avons besoin qu'un truc marche - ce qui est la moindre des choses - pour notre sécurité affective !". Comme ça a marché (mais angoisse : je n'ai pas testé le scanner...), je me contente d'un thibillet amusé "je ne pensais pas qu'un jour, ma journée s'illuminerait parce qu'un truc que j'ai payé a fonctionné comme il était censé fonctionner".
C'est peut-être parce qu'il a 2 Gode mémoire.

(ce billet est le 512ème, comme les 512K de RAM qu'on avait autrefois pour faire tourner toutes nos petites applis, nostalgie (?) de cet âge d'or où tout marchait, et où l'on savait que la seule source d'erreur était entre le clavier et la chaise...)

vendredi 5 octobre 2007

Les informaticiens sont des bourrins libidineux

jeudi 4 octobre 2007

Serait-il impossible de vivre debout ?

Ce marathon m'a remis les pendules à l'heure. Je suis un homme, et j'entends revendiquer ma liberté. Je viens de démissionner d'un cours, probablement sur un coup de tête, mais essentiellement à cause d'une lassitude. Je suis un homme, je peux dépasser mes propres limites, et je n'attends pas que chacun soit marathonien, mais j'entends recevoir un minimum de reconnaissance (que j'ai eue pour le marathon, je vous remercie tous, ça va de ce côté-là). Je me sens dans la situation du gars qui vient de dire "je ne m'alignerai pas pour les prochaines compétitions. Je vous conseille untel, il est bien."

Caillou - Sans sommeil

Les chiffres rouges du réveil
grignotent consciencieusement
les minutes d'obscurité.

mercredi 3 octobre 2007

Marathon de Berlin - Hailé Gebrselassie et moi

Dimanche matin, réveil dans un Berlin grisâtre (notre hôtel était du côté Est de Berlin) vers 6h45. Laurent fait son yoga, j'enfile vite un jean et je descends prendre un petit déjeuner. Un thé, des céréales au lait, quelques tranches de jambon, une pomme que je ne peux pas avaler. Dans les néons bleus et verts de la salle aux murs métalliques, je vois beaucoup de convives en collant de course, les chaussures de running aux pieds, chacun est dans son silence.
Retour à la chambre, préparation sans état d'âme (tout était prêt depuis la veille), installation de toute l'électronique : puce du marathon sur la chaussure droire, accéléromètre sur la gauche, walkman au côté, casque ultra-léger autour du cou, montre cardio-fréquencemètre avec batterie neuve (merci Cécile), brassard contenant 6 gels au glucose.
7h30, RV dans le hall de l'hôtel, départ en métro à 8 coureurs. Matin grisâtre, des pans de ciel clair commencent à apparaître, les nuages sont poudrés de rayons de soleil. Il va faire beau, il fait froid.
A la station d'arrivée, il n'y a qu'à suivre les gens déguisés - comme nous - en préservatifs jaunes ("Adidas, c'est la classe !"), ça n'est pas dur, quand 40 000 personnes convergent à pied vers un lieu, ça se remarque. Répartition dans les sas, je suis dans le dernier sas avec Joce, ce qui nous vaudra de franchir la ligne avec 24 minutes de décalage par rapport aux premiers. Il fait froid, je garde le sac jusqu'au dernier moment. Superbe moment quand le lâcher de ballons peuple le ciel de Berlin de milliers de ballons orange, sous le ballet des hélicoptères.
Et c'est le départ. Même si je cours à côté de Joce, cette fois, c'est décidé : ce sera à mon rythme, j'arrête les conneries, je vais courir lentement, avec une stratégie de course prudente, pour en garder sous le pied pour la seconde partie du parcours. Malgré la foule (c'est l'inconvénient des départs, surtout dans le dernier sas, qui mélange ceux qui veulent faire 4h15, 4h30, 5h, 5h30 ou plus...), je garde l'oeil sur la montre, je déroule la foulée sans accélérer (ce n'est pas l'envie qui m'en manque). Il fait 13°.
Km 10, je prends mon premier gel un peu avant le ravitaillement en eau, tout est sous contrôle, Joce me rejoint quelques centaines de mètres plus tard. Un gars reconnaît mon T shirt, il est ESCP, 54 ans, DG d'une boite d'informatique. Il nous montre quelques bâtiments, mais le rythme est un peu trop rapide, ça se joue à une poignée de secondes, mais je préfère décrocher. Seul dans la course, je suis en moi-même, toujours attentif à maintenir un rythme serein. Je m'étais fixé de courir à 6'20" au kilomètre, j'ai du mal à ne pas descendre en dessous des 6', mais je me freine. Je me souviens de toutes ces compétitions où j'ai explosé en vol à la moitié de la distance, pas question de me cramer à nouveau.
Km 20, deuxième gel au glucose. Encore 1 km et quelques, et ce sera le semi. Je prends soin d'éviter les jets d'eau rafraichissants, à 14-15°, le plus souvent à l'ombre, c'est la caillante assurée.
Semi-marathon. Je voulais le passer à 2h13, je le passe à 2h15, tout va bien, j'ai bien géré cette partie. A Madrid, j'avais passé le semi à 2h03, tout content de ma rapidité, et j'avais explosé dès le 23ème kilomètre (il en restait donc 19 à courir...).
Conformément à ce que j'avais décidé, je chausse le casque du walkman à partir du semi : la première partie a été concentrée et silencieuse, la deuxième partie va être rythmée et en musique. J'accélère pour passer à 5'40" au kilomètre, et commence donc mon negative split. Dans ma stratégie de course, je dois maintenir cette allure jusqu'au km 31 : à ce moment-là, je verrai si je peux encore accélérer (5'30" ou moins) ou bien s'il vaut mieux rester à cette allure. Un morceau de Graham Nash et David Crosby, un instrumental tiré de Rocky, la musique est agréable, et puis cette chanson faite pour la course, Men In Black, par Will Smith. Dopé par le rythme, je double des coureurs sans effort, sans à-coup, je suis dans la course.

Km 25, gel anti-crampes. Les ravitaillements sont de grandes flaques d'eau, des amoncellements de gobelets en plastiques que l'on écrase, on se fait souvent pousser dans le dos, chacun est énervé par sa contrainte de temps. Je saute un ravitaillement sur deux, il y en a trop.

Km 30, je pense que je ne pourrai pas accélerer. Je suis tombé sur l'intro de Rocky II, superbe morceau bien rythmé, ça m'a redonné la pêche. Je suis bien content d'avoir acheté ce disque, plus quelques morceaux en ligne, voilà de l'argent bien investi.

Km 31, ça devient dur, je ralentis insensiblement, je dois me motiver pour maintenir l'allure de croisière. Je monte souvent à 5'50" au km, il faut être vigilant. Pas question d'accélérer comme prévu initialement, il faut se maintenir. Mais en même temps, je n'ai pas eu "le mur" (que j'avais eu à Paris 2002, puis Paris 2006 au 26è km, et à Madrid 2007 au 23ème), je ne l'aurai pas de tout le parcours. Km 35, dernier gel "coup de fouet". Mon t-shirt est trempé, je suis glacé. J'ai eu Eddy Mitchell et Johnny "on veut des légendes", tout ça c'est du bon. Je passe tous ceux que je peux, je ne suis plus doublé depuis des kilomètres. En revanche, de plus en plus de personnes se mettent à marcher (c'est leur droit) au milieu de la route (c'est pas sympa). Depuis le début, c'est une gestion des doublements, des trottoirs, des encombrements de personnes.
Dès que je le sens, dès que je le peux, je tape dans les mains des petits gosses sur les côtés, ça me booste.
Km 40, celui-là je l'ai attendu longtemps, ça fait depuis le km 28 que je guette le panneau kilométrique suivant. Un thé chaud au ravitaillement, c'est la dernière fois que je m'arrête. OK, encore 2 km, je fais ce que j'avais prévu : j'accélère. Il s'agit tout de même de tenir 2 bornes, avec les 40 que j'ai déjà dans les pattes, mais je le sens bien. De toute façon, je vois vite mes limites : oui, j'ai pu accélérer, mais pas énormément, et maintenant, il s'agit de tenir. Je convoque mon loup intérieur, je grogne à chaque foulée, les autres coureurs tournent la tête, je m'en fous, ça m'aide, et je les dépasse un à un, inexorablement. Longue avenue d'Unter den Linden, je vois la Porte de Brandebourg au bout, je sais qu'il ne faut pas se démobiliser, l'arrivée sera quelques 200 m après. Je passe la porte dans la bousculade, il ne s'agit plus de trébucher. Longue avenue, dernière course tendue, la foule des deux côtés sur des gradins, des hauts-parleurs annoncent qu'Hailé Gebrselassie a battu le record du monde du marathon, je passe la ligne, top chrono, j'ai fait 4h18'25", mon meilleur temps à ce jour, 22 minutes de mieux que mon premier marathon (2002), 34 mn de mieux qu'en 2006, 29 mn de mieux qu'à Madrid.

Depuis dimanche, je suis sur mon nuage.

Prochaine étape : le 13 avril, quelques jours avant mes 40 ans, Marathon de Londres.
Mais pour l'instant, baguette, fromage au lait cru, vin rouge, viandes rouges, expressos : ça fait du bien...

mardi 2 octobre 2007

4h 18' 25" (-22 minutes par rapport à mon record)

Marathon historique, qui a vu Gebrselassie battre le record du monde, et votre serviteur battre son propre record. Cela fait énormément de bien. J'ai enfin couru en negative split (moins vite d'abord, plus vite après). Plus d'infos dans les jours qui viennent, là j'ai une journée de cours.