vendredi 28 juillet 2006
Par Docthib,
vendredi 28 juillet 2006 à 19:20 :: Réflexions
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La thermocline est la ligne de séparation des températures, sous l'eau, en plongée. Quand on la passe en descente, brrrou, on glaglate, quand on la passe en remontée, on se dit "royal, un bain chaud".
Je cherche un terme équivalent, pour un antonyme de
batana, dont voici la définition :
xxxx, n. f. En été, il fait frais le matin. Alors on ferme vite les fenêtres et les volets et là , dans cette pénombre fraiche, tel le hanneton derrière ses élytres, on attend le soir. Mais la journée passe, et l'intérieur se réchauffe. Dehors c'est la fournaise, dedans c'est tiède. Puis vient l'heure où, en entrouvrant une fenêtre, on se dit "tiens, il fait plus frais dehors". Alors on crée un courant salutaire, pour remplacer le tiède air fétide du dedans par la brise douce du dehors. Cette heure où tout bascule, cette thermocline aérienne, s'appelle xxxx.
Je propose mérifraiche, endoxone, invertitude. J'aime bien mérifraiche. Qu'en pensez-vous, les rares survivants ? (que je ne lirai que dans deux semaines, sauf couverture wifi de mon camping des flots bleus, ce dont je doute).
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mercredi 26 juillet 2006
Par Docthib,
mercredi 26 juillet 2006 à 10:57 :: Perso
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Quand on sort les deux dernières bières du frigo,
Réapprovisionner immédiatement.
(comme dit l'Oncle Jules dans La gloire de mon père, "Malheureux, dès qu'on a tiré, il faut recharrrger !")
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jeudi 20 juillet 2006
Par Docthib,
jeudi 20 juillet 2006 à 14:47 :: Blog
Mots-clés : Blog
Fin de nos émissions. Vous pouvez rester à l'antenne, au cas – improbable, mais pas impossible – où un signal intermittent serait émis. Ou vous pouvez vous repasser les extraits passés, ou encore changer de fréquence. Mais revenez, par pitié...
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Par Docthib,
jeudi 20 juillet 2006 à 14:46 :: Perso
Mots-clés : Perso
Et dire que je n'ai toujours pas vu OSS 117, ni X-Men 3. Il ne doit plus y avoir aucun cinéma qui passe encore ces pellicules antédiluviennes d'il y a quelques mois...
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Par Docthib,
jeudi 20 juillet 2006 à 14:44 :: Réflexions
Mots-clés : Perso, Réflexions
Je déteste ces tongs que portent les filles l'été, en pleine ville,
démarche en pattes de canard,
clac-clac dans les escaliers
schlip-schlip sur l'asphalte.
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Par Docthib,
jeudi 20 juillet 2006 à 14:42 :: Photo
Mots-clés : Photo, Réflexions
Lundi, pour la première fois, j'ai emporté
mon appareil numérique pour aller au boulot. Cela change la vie. On a l'oeil graphique : on regarde mieux, tout, à l'affût de toute géométrie, construction, idée, mise en scène que l'on pourrait capturer, figer sur le capteur numérique. Il y a quelques années, j'avais formulé – et mis en pratique – un aphorisme qui était
On regarde souvent ses pieds, on ne regarde jamais en l'air. Depuis, je regarde souvent vers le ciel, on découvre toutes sortes de choses qui nous surplombent, des trucs sur des toits, des fenêtres ouvertes, sans parler des nuages. Il y a un dicton aux échecs qui dit
si tu ne sais pas quoi jouer, joue tes cavaliers. Mon diction serait
Si tu ne sais pas quoi regarder, regarde les nuages.
Avoir l'oeil graphique, c'est regarder mieux, ne plus se contenter de voir passivement, mais rechercher activement ce qui pourrait mériter une (bonne) photo. Évidemment, j'en ai déjà parlé avec plusieurs ami(e)s, on peut facilement tomber dans la compulsion :
- tout regarder à travers un cadrage mental
- trafiquer la réalité, déranger la nature
- ne plus regarder vraiment, et ne découvrir ce qu'on a « vu » qu'au moment où l'on visualise les photos
Bref, trop d'oeil graphique tue l'oeil graphique. Je n'en suis pas encore là , heureusement.
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Par Docthib,
jeudi 20 juillet 2006 à 14:37 :: Livres
Mots-clés : Livres
Rien à signaler.
J'ai déjà dit le bien que je pensais de cet écrivain et de son héros. J'aime bien, dans
La démission de Montalbano (Pocket, n° 12 473, 2005, 340 p.) le fait que ce soit une succession de nouvelles (comme cet autre recueil,
La peur de Montalbano), j'apprécie toujours autant les sicilianismes très subtilement traduits par Serge Quadruppani, les états d'humeur (souvent noire) du commissaire, ou les délires verbaux de Catarella. Mais j'aimerais bien qu'Andrea Camilleri nous mette un peu plus de bonne nourriture, des plats, des descriptions, je sens que ça s'essouffle un peu par rapport à la grande époque. Cela dit, il se rattrape avec
Les arancini de Montalbano, intrigue où Montalbano a 24h pour jouer les Jack Bauer, sinon un plat d'
arancini va lui passer sous le nez.
Pas de citation.
Correspondances : déjà faites. Mais depuis que Camilleri m'en parle, je vais peut-être tester un jour les écrits de Sciascia.
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Par Docthib,
jeudi 20 juillet 2006 à 14:24 :: Livres
Mots-clés : Citation, Livres
D'Herman Melville, j'ai lu deux ou trois fois
Moby Dick, superbe roman et quête furieuse du Capitaine Achab, et deux ou trois fois
Bartleby, qui est probablement pour moi LA nouvelle. J'avais cité « une intrigue à la
Paul Auster », car il me semble que
La chambre dérobée, dudit Paul Auster (dans
Trilogie New Yorkaise) reprend un peu le même thème.
Bref, cette fois-ci, il s'agit de
Moi et ma cheminée (Seuil, R140 hors commerce, 1984, 160 p.). Ces trois courts récits sont intialement parus entre 1854 et 1856 dans des revues, et n'ont été traduits en français qu'en 1984.
Pourquoi ai-je acheté ce livre ? Parce que Philippe Delerm en parlait dans
Mr. Mouse ou la métaphysique du terrier, en citant les premiers mots de
Moi et ma cheminée, que je vous cite à nouveau :
Moi et ma cheminée, tête grise et vieux fumeurs, nous habitons à la campagne. J'ose même dire que nous y devenons d'authentiques autochtones ; et particulièrement ma cheminée qui s'y enfonce un peu plus chaque jour.
Herman Melville, Moi et ma cheminée, Seuil, R140 hors commerce, 1984, p. 21.
Ce livre m'a énormément plu, par ce que j'y ai retrouvé de style Melvillien, mélange difficilement imitable d'humour flegmatique, d'observations humaines et de maîtrise parfaite de la langue et des constructions de phrases. Lire du Melville, c'est presque comme lire du Jules Romains : on a l'impression d'être intelligent, et l'humour est toujours sous-jacent.
...je commençai par mener Monsieur Scribe à la cave, à la racine de toute l'affaire. Lampe en main, je l'y précédai : car si, en haut de l'escalier, il était midi, en bas c'était la nuit.
On se serait cru dans les pyramides ; et moi, levant haut ma lampe d'une main et désignant de l'autre, dans l'obscurité, la masse de la cheminée blanchie par la vieillesse, je ressemblais à un guide arabe montrant les vétustes poussières du mausolée du grand dieu Apis.
Herman Melville, Moi et ma cheminée, Seuil, R140 hors commerce, 1984, p. 63-64.
Et puis on y trouve une sagesse que j'aurai peut-être un jour, sur le tard, quand je me serai débarrassé de ma pharmacodépendance aux fils RSS, e-mails et autres nouveautés papillonnantes qui découpent certaines de mes journées en zapping permanent.
Vieux moi-même, je suis sensible à l'ancienneté des choses ; et c'est pourquoi principalement j'aime le vieux Montaigne, le vieux fromage et le vin vieux ; pourquoi j'évite la jeunesse, les petits pains chauds, les livres à la mode et les pommes de terre nouvelles.
Herman Melville, Moi et ma cheminée, Seuil, R140 hors commerce, 1984, p. 51.
Correspondances : Je pense que, qui aime Herman Melville aime
John Steinbeck, et réciproquement. Les deux auteurs sont américains, ils ont oscillé entre des oeuvres profondes, mystiques ou métaphysiques, et des amusettes, des textes courts, qui ne sont pas inférieurs en qualité pour moi. Ces textes servent au contraire à souligner l'exceptionnel travail humain d'observation de leurs semblables, qu'ils appliquent leurs observations à écrire des pavés comme
Moby Dick ou
Les raisins de la colère, ou des récits plus courts et plus légers comme
Moi et ma cheminée ou
Rue de la sardine.
[Jimmy Rose] était par nature un homme à femmes. Et comme la plupart des profonds adorateurs du beau sexe, il n'avait jamais aliéné sa liberté de s'adonner au culte général, en accomplissant le sacrifice volontaire de sa personne sur l'autel.
Herman Melville, Jimmy Rose, in Moi et ma cheminée, Seuil, R140 hors commerce, 1984, p. 108.
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Par Docthib,
jeudi 20 juillet 2006 à 14:19 :: Livres
Mots-clés : Livres
Dans son écriture fluide, Philippe Labro est facile à lire. J'ai lu
Franz & Clara (Albin Michel, juin 2006, 190 p.) en deux heures, ou moins. C'était un cadeau, et je pense que je ne l'aurais pas lu (encore moins acheté) s'il ne m'avait pas été offert.
Cela dit, une fois cette descente en flammes faite, Philippe Labro écrit bien, et tant qu'à écrire fluide, il évite au moins les rodomontades d'un Alexandre Jardin. L'histoire qu'il décrit, vue essentiellement par les yeux d'une violoniste de 20, puis 30 ans, parle d'amour et de coeur brisé, d'enfance et de philosophie de la vie. Sa rencontre avec Franz (un enfant de 12 ans) agit en même temps comme un calmant, et comme un catalyseur d'une nouvelle existence. J'aime bien ce thème du phénix, dont il faudra que je vous reparle. Leurs dialogues tiennent de la philosophie de la vie. C'est, finalement, un livre qui a peut-être autant de profondeur, sinon plus, que
L'Alchimiste, de Paulo Coelho. Mais ça ne veut pas dire grand chose : je n'avais pas tellement aimé ce livre. Mes amis me disaient « ce livre a changé ma perception de la vie » et je répondais « oui, m'enfin, c'est juste un gars qui a réécrit
Le Petit Prince pour des adultes... »
Pas de citation.
Pas de correspondance, sinon une
correspondance générale : tous ces auteurs grisonnants, parfois académiciens, qui publient sous de belles couvertures des histoires d'enfance, de femmes, de bonheur de vivre et de menus incidents. On est loin de Jack London...
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Par Docthib,
jeudi 20 juillet 2006 à 14:11 :: Blog
Mots-clés : Blog
Je profite d'un trajet en train pour mettre à jour mes pensées, et comme je pense à vous, mes lecteurs chéris, je vous livre dans les billets qui vont suivre une mise à jour, ainsi que du stock de victuailles, avant de vous la souhaiter bien belle, et de me taire pendant plusieurs semaines (probablement à partir de la dernière semaine de juillet, assurément les 3 premières semaines d'août, et peut-être aussi la 4ème). Vous voilà prévenus.
Si vous avez des fringales de lectures, allez sur les blogs des commentateurs, regardez les blogs qu'ils lisent, et back-lisez les messages (vous pouvez aussi tester les produits délirants, comme la
broche à guimauve rotative). On trouve des merveilles, par exemple je viens de découvrir
Bon pour ton poil (grâce au
blog de Mitternacht), qui est un joyeux délire très bien écrit. Je pourrais presque écrire ça, si j'étais plus doué. C'est dire...
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mercredi 19 juillet 2006
Par Docthib,
mercredi 19 juillet 2006 à 06:02 :: Caillou
Mots-clés : Cailloux, Photo
Après la douche,
Tout était en épis,
indisciplinés, tout fouillis.
Bourdonnement de la tondeuse,
Qui crée des coupes claires,
Abeille à mandibules
Qui rumine des follicules.
Nouvelle liberté désormais.
Après le rosé du soir,
C'est la rosée du petit matin.
Mes pensées s'évaporent sans effort
Comme des brouillards champêtres.
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mardi 18 juillet 2006
Par Docthib,
mardi 18 juillet 2006 à 09:11 :: Photo
Mots-clés : Photo, Réflexions
On se dit d'abord :
- Ah ouais, c'est intelligent, il est en train de peindre la porte par laquelle il pourra sortir...

Et puis on se demande :
- Mais où se tenait-il, quand il peignait le balcon ?
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lundi 17 juillet 2006
Par Docthib,
lundi 17 juillet 2006 à 14:18 :: Batana
Mots-clés : Batana, Maux
Dans la rubrique
batana, je veux celle qui arrive quand il fait beau, chaud, et qu'on n'aime pas tuer les araignées.
S'emmorfiler : V. t. En marchant, se prendre une toile d'araignée sur le visage.
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Par Docthib,
lundi 17 juillet 2006 à 10:31 :: Livres
Mots-clés : Citation, Livres
J'ai mis du temps à lire ce livre, dense et poétique, mystique et romanesque.
Le Golem, de Gustav Meyrink (Stock, collection Bibliothèque cosmopolite, 330 p.) se situe dans le ghetto de Prague, et joue avec les personnages, les identités, et la mystique. C'est un roman très agréable à lire, parce que mystérieux : dans les différentes intrigues (drame, roman d'amour, quête spirituelle...) il y a toujours une intrigue « terre à terre » qui nous maintient en éveil, tandis que, par bribes, les autres intrigues surgissent ou se dénouent.
Correspondances : elles sont multiples. Le héros me fait penser au
Robert Pirsig du
Traité du zen et de l'entretien des motocyclettes, un homme sans passé, sans souvenirs, qui essaie prudemment de retrouver celui qu'il était... sans redevenir fou.
En même temps, il y a une grande poésie dans ce roman :
Dans la neige bleuie par la nuit, je descendis en ville. Les réverbères me dévisageaient avec des yeux clignotant de surprise et des sapins entassés en monceaux sortaient mille petites voix qui parlaient de clinquants, de noix argentées et de Noël proche.
Gustav Meyrink, Le Golem, Stock, 2005, p. 101.
Et cette poésie, ainsi que cette ambiance de ghetto juif, me font penser à Erri de Luca, dans
Montedidio :
"Lui avec les pensées, il fait comme avec les chaussures, il les retourne sur sa caisse et les répare."
Erri De Luca, Montedidio, Gallimard, 2002, p. 151.
Et quand le narrateur a passé une après-midi avec une femme dont il est devenu amoureux :
L'éclat d'un court après-midi avait fait de moi et pour toujours un étranger dans mon propre logis.
Quelques semaines, peut-être même quelques jours seulement et le bonheur sera passé – sans rien laisser derrière lui qu'un beau souvenir douloureux.
Et alors ?
Alors j'étais sans asile ici et là , sur l'un et l'autre bord de la rivière.
Gustav Meyrink, Le Golem, Stock, 2005, p. 208.
Enfin, quand ils parlent de kabbale, j'y retrouve des accents d'Albert Cohen (
Les Valeureux,
Mangeclous,
Solal) du côté éclairé, et de Lawrence Durrell (
Le Quatuor d'Alexandrie) pour le côté plus obscur, ou mystique (qui sait encore ce qu'est un boustrophédon ?)
Et pour finir :
Le passeur me fait traverser la Moldau sur son bachot [...]
« Je vous dois combien, Monsieur Tschamrda ?
- Un kreutzer. Si vous m'aviez aidé à ramer, ça vous aurait coûté deux kreutzers ».
Gustav Meyrink, Le Golem, Stock, 2005, p. 323.
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dimanche 16 juillet 2006
Par Docthib,
dimanche 16 juillet 2006 à 23:32 :: Photo
Mots-clés : Photo
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mercredi 12 juillet 2006
Par Docthib,
mercredi 12 juillet 2006 à 17:27 :: Perso
Mots-clés : Courir, Maux, Perso
Il y avait la
Mésopotamie,
l'Exopotamie explorée par
Boris Vian, on a désormais la
Mésothérapie. Ça fait bratata dans les lombaires, à coups de petites aiguilles piquantes, et c'est censé faire passer le lumbago.
Rencontre avec un médecin sympathique, parce que débonnaire et catégorique dans son côté non catégorique.
- L'acupuncture ? Ça marche, mais on ne sait pas comment ça marche. Tenez, un exemple, le lumbago, c'est inexpliqué. Des chercheurs découpent des petits bouts, de plus en plus fins, pour leur recherche, mais le lumbago, c'est du global, de la tête, du corps, on ne sait pas.
Et dans une veine différente (je dis veine, c'est une image, la mésothérapie est intradermique) :
- Courir ? Ça ne fait pas maigrir...
- Ah.
- Bon, cela dit, c'est bon pour la santé, hein, mais pour maigrir, c'est pas ça...
- Ah.
- Il faut pas manger de pain.
- Ah.
- Pas de fromage.
- Ah.
- Pas boire d'alcool.
- Ah.
Tiens, et un malheur n'arrivant jamais seul, je prends quelques jours, là . C'est Madrid, avec sa cuisine à l'huile d'olive, ses cañas fraiches et ses Riojas fruités. Et pour le jogging, y fait trop chaud, pas possible. D'autant plus qu'après un lumbago, le repos à l'ombre est primordial.
Hasta la vista, muchachos.
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Par Docthib,
mercredi 12 juillet 2006 à 13:05 :: Perso
Mots-clés : Livres, Perso, Plaisir, Polar
Cela entre en double contradiction (au moins) avec mon thibillet précédent, mais je suis en train de travailler sur mon petit portable, celui que j'adore, il commence à être lent, mais je l'avais surnommé
Rolls-Mops, et il l'est toujours dans mon esprit.
Mais ce n'est pas un portable que j'utilise souvent. Uniquement quand je veux me mettre au soleil, quand je ne peux pas utiliser un des deux autres ordinateurs que j'ai achetés (
Lulabelle et
Bombinette), ou que j'ai un lumbago.
Bref, je n'utilise pas souvent
Rolls-Mops, et j'utilise encore moins souvent la barre de recherche de
Yahoo! France. Mais j'utilise quotidiennement
Mozilla Firefox, ce petit chéri de renard-panda rouge (j'en ai vu un en vrai) qui se faufile dans les pages web avec l'éclair ultraluminique de sa queue incandescente.
Or Firefox, le goupil susdit, garde en mémoire mes recherches passées.
Donc je retrouve là , tout de suite, en attendant que mon riz basmati soit cuit, une liste de mes précédentes requêtes sous la barre de recherche de Yahoo! France (Rappel : outil que j'utilise très rarement, sur un ordinateur que j'utilise rarement). Le résultat est là :
- Bodie Merton
- Thibierge
- aubenas
- cinéma Asnières
- cinéma Colombes
- foie de lotte
- minneapolis
- minnéapolis
- neige
- obligations
C'est pas du psychédélique, ça ?
Syd Barrett, dans son
paradis artificiel, doit en faire des loopings...
Et une autre liste, celle de ma dernière commande de livres sur
PriceMinister :
- Le Hameau, Jean Giono
- Ennemonde et autres caractères, Jean Giono
- Fragments d'un Paradis, Jean Giono (dans la délectable collection de L'imaginaire, Gallimard)
- Bouddhisme, Taoïsme et Zen, écrit par un gars
- Ma cheminée et moi, Herman Melville (auteur admirable, pour Moby Dick et Bartleby – une intrigue à la Paul Auster – et redécouvert avec Philippe Delerm, et le tragique Pour saluer Melville de Giono)
Sans parler de la dizaine de livres qui m'attend sur l'étagère « Flâneries et autres appétits » d'une de
mes bibliothèques. Allez, je les vois de loin (je suis couché sur le canapé, et je ne sais pas qui je dois remercier, le Diantalvic génériqué ou le Côte du Rhône propriétaire, pour l'oubli temporaire de mon lumbago), je peux citer :
- deux Dennis Lehane, dont Mystic River
- un Anna Gavalda (Ensemble c'est tout)
- un livre intitulé Désintégration sur la volonté d'un jeune beur (3ème génération ?) de ne plus s'intégrer
- Un Philippe Delerm (Garonne)
- Une pièce de théâtre de Marcel Pagnol (Judas)
- un livre sur La grenouille qui ne voulait pas cuire ou un titre approchant
- Un Stanislas Lem (L'invincible), en attendant de trouver Solaris
Les vacances sont là , le cerveau est en roue livre...
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Par Docthib,
mercredi 12 juillet 2006 à 10:02 :: Perso
Mots-clés : Blog, Informatique, Maux, Perso, Phenix, Prométhée, Techno
J'ai un méchant lumbago, mais c'est mon 1er jour de vacances. Je ne vais pas le passer à écrire des thibillets, non msieur mzelle, mais comme je fourmille de projets (air connu) et nécessite de les ordonner (le même, en version remix), je tombe en baguenaudant sur un
commentaire suite à un
billet sur le
blog de Christie qui m'amène à ces plans d'un jour (
mapday), dont voici un exemple
ici.
J'avais déjà parlé de
Freemind, mais jamais en détail des
cartes heuristiques / cartes mentales et de leur utilité (au moins pour moi). Là , c'est encore plus génial, puisque l'on déborde du concept pour aborder - mais pas seulement - les sensations, et on joue sur le temporel.
Reste plus qu'Ã ...
- voir si je peux m'exprimer comme ça
- voir si je peux m'y tenir
Projets, projets... (deux sont en phase de naissance avancée, mais non publique : Projet Phenix et Projet Prométhée. Tous deux mêlent du professionnel à du personnel.)
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mardi 11 juillet 2006
Par Docthib,
mardi 11 juillet 2006 à 16:40 :: Hahaha
Mots-clés : Blog, Houmor
Un
blog de fondu (c'est la chaleur) propose des gadgets plus délirants les uns que les autres. J'avoue que j'apprécie le
parasol à bière...
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Par Docthib,
mardi 11 juillet 2006 à 16:37 :: Livres
Mots-clés : Citation, Finance, Livres, Réflexions
Je lisais
Hollywood, de
Charles Bukowski (Livre de poche n° 9597) en parallèle du
Golem de Gustav Meyrinck, et au-delà de la satyre - vécue - du milieu hollywoodien (on croise Jean-Luc Godard, Sean Penn, Werner Herzog, Mickey Rourke, Faye Dunaway "le dernière des grandes stars"), j'en ai glâné quelques citations qui m'amusent, ou entrent en résonance avec des thèmes de finance :
A un fiscaliste, qui lui explique comment défiscaliser ses revenus (acheter une voiture, se transformer en société, nommer un conseil d'administration, etc.)
Quelle horreur ! Ecoutez, j'ai l'impression que c'est des conneries. Je ferais peut-être mieux de continuer à payer mes impôts. Je ne tiens pas à ce qu'on m'emmerde. Je ne veux pas qu'un inspecteur des impôts vienne frapper à ma porte en pleine nuit. je suis même prêt à payer plus pour être sûr qu'on me foute la paix.
Charles Bukowski, Hollywood, Livre de poche n° 9597, p. 55.
J'adore ce travers humain bien compréhensible qui dit "je suis prêt à payer un supplément pour obtenir ma tranquilité d'esprit".
A propos des courses de chevaux (mais les marchés boursiers ne sont pas loin)
A être trop gourmand, on commet des erreurs dans la mesure où sont en jeu des sommes importantes qui risquent d'affecter le processus de pensée. [...] Vous comprenez, on est assis et on entend tous ces gens raconter qui va gagner et pourquoi. C'est à vous rendre malade. Des fois, vous avez l'impression d'être dans une maison de fous. Et d'une certaine manière, vous y êtes. Chacun de ces frappés s'imagine en savoir plus que les autres frappés, et ils se trouvent tous réunis dans le même endroit. Et moi j'étais là , avec eux.
Charles Bukowski, Hollywood, Livre de poche n° 9597, p. 237.
À propos de la Bourse,
un chroniqueur sur Yahoo Finance (info glânée sur
FinanceProfessor) rappelle ce que tous les chercheurs et les profs de finance savent déjà depuis longtemps :
- Passer du temps à choisir ses actions (stock picking) est une stratégie perdante, comparée à l'achat d'un portefeuille indexé sur l'indice boursier (indexing) ;
- Confier ses fonds à un gestionnaire, un fonds d'investissement, une Sicav ou un FCP est une stratégie perdante, pour la raison 1., et parce que la performance de ce fonds est amputée des frais salaires et commissions que le fonds doit payer ;
- Acheter un portefeuille automatiquement indexé, par exemple par le biais d'un tracker (thibillet ici), permet de réaliser exactement la performance du marché boursier. Pas plus, mais pas moins...
Mais ce que ce chroniqueur ajoute, c'est une quantification de la sous-performance. Sur les 35 années de 1971 à 1994, les fonds gérés ont sous-performé le marché de 0,87% à 1,05% par an. Ce qui donne -26% à -31% sur 35 ans, ou -8% à -10% sur 10 ans. Ceux qui m'ont suivi jusqu'ici diront : "oui, mais c'est une sous-performance
en moyenne, il y a certains fonds qui ont sur-performé le marché".
Réponse : oui, mais il n'y a pas de persistance historique (le meilleur de 1994-1996 n'est pas le meilleur de 1997-1999) et on ne peut connaître "les bons" qu'après coup.
Bref, achetez des trackers et allez dormir, vous gagnerez plus d'argent. Vous pourrez alors me payer une bonne bouteille de Margaux.
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Par Docthib,
mardi 11 juillet 2006 à 00:25 :: Caillou
Mots-clés : Cailloux
Tes lèvres
forment un double pic
un col rose, une vallée douce
où mes lèvres voudraient skier
à peine fartées.
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lundi 10 juillet 2006
Par Docthib,
lundi 10 juillet 2006 à 15:06 :: Perso
Mots-clés : Perso, Réflexions
J'y vais de mon petit commentaire sur le match d'hier soir, sans grand espoir d'originalité, plutôt, comme d'habitude, pour poser mon cerveau sur la table et en recopier les circonvolutions sur le papier.
Au sujet du match
J'ai bien apprécié ce match, tout en actions et en stress. Les Italiens sont des très bons joueurs, avec une défense nombreuse et des contres rapides. La deuxième mi-temps était française, et je retiens les deux presque buts que l'équipe de France aurait pu marquer : le tir de Ribéry qui a manqué le but de peu, et la tête de Zidane qui ressemblait presque geste pour geste au premier but de Zidane dans ce France-Brésil de 1998.
Au sujet du geste de Zidane
J'ai beaucoup d'indulgence pour ce geste. Bien sûr, ça ne se fait pas, et le carton rouge n'est que la sanction logique et évidente d'un tel geste. Ce qui m'intéresse – et ce qui, à mon avis permet de comprendre ce qui a pu passer dans la tête de Zidane avant qu'elle ne se retrouve sur le sternum de Materazzi – c'est le contexte. J'ai trois éléments de réflexion, qui entrent en résonance avec ma propre vie, ce qui explique mon indulgence pour ce geste brutal.
- La pression. On oublie vite que ces footballeurs sont totalement sous pression. Le niveau de stress, le mental qui vacille, le corps qui fatigue, ne peuvent être que vaguement imaginés par les observateurs extérieurs que nous sommes. Pendant les derniers matchs, et spécialement celui d'hier soir, je répétais souvent « qu'est-ce que c'est dur ! » J'étais littéralement dans les chaussettes des joueurs, et par empathie, je souffrais (un peu) avec eux. La pression de l'auditoire, le stress de la performance, le trottinement inexorable des aiguilles, doivent être une épreuve épuisante. Dans cette situation, on n'est plus vraiment soi-même.
- Le symbole et l'être humain. Je n'ai pas spécialement apprécié le commentaire « Oh non ! Pas maintenant ! Pas après tout le bonheur qu'il nous a donné ! » Je pense, comme beaucoup, que l'on a chargé Zidane d'un fardeau bien trop lourd à porter pour une seule personne. Et ce n'est pas en évoquant son salaire que l'on pourra justifier cela. Oui, Zidane est un exemple de réussite et de travail, mais ce n'est pas un être parfait, c'est un humain. Lui dénier le droit de s'emporter, c'est lui dénier sa liberté, et son côté humain. Dans un livre, j'avais lu « il ne faut pas aller toucher les idoles, la dorure reste sur les mains ». Je revendique au contraire le droit de dire : si la dorure reste sur les mains, c'est que c'était un être humain. Et tant mieux.
J'en viens même à me demander si ce coup de tête n'a pas été une ultime ruade, une manifestation de liberté. C'est probablement du domaine de l'inconscient, mais j'aime bien penser que Zidane s'est libéré par ce geste, comme un verre qu'on a voulu trop cristallin, et qui se brise.
- Le comportement des joueurs. Si je devais dire toute ma rage et mon énervement, il me faudrait plusieurs pages. Je suis choqué, outré, j'ai physiquement mal, quand je vois ces comportements de déstabilisation sur le terrain. Les insultes, le harcèlement, les tapes sur la tête des joueurs sont inadmissibles. C'est une grande hypocrisie : le joueur fait semblant de tapoter la tête d'un concurrent malchanceux, mais ce geste est en fait extrêmement méprisant, il vise à énerver, et à faire sortir les adversaires de leurs gonds. Qu'on ne vienne pas me dire que cela fait partie de l'équation psychologique, et que toute politique est bonne pour saper le moral de l'adversaire : ces gestes, ces mots, sont à vomir. Je ne sais pas ce que Materazzi a pu dire à Zidane, mais pour récolter une telle réaction, il n'a pu dire que les choses les plus basses, les plus insultantes et blessantes. Ce n'est pas comme cela que ce jeu devrait se passer. Imaginerait-on des joueurs de tennis qui s'insultent à mots couverts ? Des golfeurs qui s'asticotent mutuellement ?
Cette rage que je ressens, c'est aussi celle de celui qui s'est trouvé plusieurs fois dans des situations de conflits (automobilistes, passagers de train) et qui s'est fait insulter copieusement, en prenant le plus souvent le parti d'encaisser avec calme et de tourner l'autre en dérision. Parce que je le pense sincèrement : la violence ne résout rien, et elle défoule à peine. Mais avec tous ces encaissements, j'ai une rage qui ne sort pas, et qui est susceptible de péter un jour. Ce que je pense partager avec Zidane, c'est ce sentiment d'une grande injustice : devoir tolérer sans broncher les piqûres infâmantes, sans réagir, c'est parfois au-dessus des forces d'un homme normal. Et Zidane n'est rien d'autre qu'un homme normal, c'est pour cela que je l'apprécie, et continuerai à l'apprécier.
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vendredi 7 juillet 2006
Par Docthib,
vendredi 7 juillet 2006 à 07:26 :: Caillou
Mots-clés : Cailloux
Ce nuage a concentré
tout son bleu dans sa lisière,
comme des pigments rassemblés
dans la tache humide de l'aquarelle,
à la frange du papier sec.
Le ciel est une grande feuille de Canson
mouillée de nuages.
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jeudi 6 juillet 2006
Par Docthib,
jeudi 6 juillet 2006 à 09:42 :: Réflexions
Mots-clés : Citation, Perso, Plaisir, Réflexions
Bénédiction de la douche du matin. Certes, la douche du soir, prélude à une nuit fraiche, est agréable, il fait nuit dans la salle de bain, comme dit Philippe Djian "une de ces nuits où on n'a plus qu'à boire frais, en espérant une petite brise sur le coup de trois heures du matin".
Mais le matin... Englué, ensuqué, au radar, la tête dans le pâté et les neurones en coquillettes trop cuites. Hop, salle de bains, geste automatique vers la radio (un petit jouet que je viens de m'acheter, une radio qui marche à l'énergie solaire ou musculaire. On tourne la manivelle ici, pendant 30 secondes, et ça donne 45 mn de radio... ou bien on laisse reposer sur l'étagère pendant toute la journée, face à la fenêtre, et Phébus fait tout le boulot de recharger la batterie), et la voix sirupeuse de l'animatrice de FIP me dégouline dans les pavillons auditifs.
Puis vient l'immersion, le baptême d'eau lustrale, la renaissance. Avant : un chromosome Y pas rasé, plantigradesque, monosyllabique. Après : une lame bien affûtée, reflétant le soleil par éclats, une envie de faire des choses importantes (écrire un livre, faire avancer le Projet Phenix, embrasser les vies). Personne ne l'a jamais mieux dit que Charlélie Couture :
Enfin bref
on se réinvente une pluie
mais à la bonne température
comme des sorciers civilisés
Charlélie Couture, Envie de l'eau, in Poèmes Rock, 1975.
Et après, mon autre douche du matin, celle-là à usage interne : un expresso. Puis un deuxième. C'est bon, il y a quelqu'un dans mon cerveau, on peut commencer.
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mercredi 5 juillet 2006
Par Docthib,
mercredi 5 juillet 2006 à 10:58 :: Réflexions
Mots-clés : Citation, Perso, Réflexions, Spiritualité
J'entends parler ce matin du suicide d'une jeune fille de 23 ans, une connaissance de connaissance que je ne connaissais pas. Trois citations, ou trois pensées :
- En exergue de Pour qui sonne le glas d'Ernest Hemingway, se trouve un fragment d'un sermon de John Donne qui m'a frappé, il y a longtemps, comme une évidence trop souvent oubliée :
Any mans death diminishes me,
Because I am involved in Mankinde.
And therefore never send to know for whom the bell tolls,
It tolls for thee.
La mort de tout être humain me diminue,
Car je suis concerné par l'humanité tout entière ;
Aussi ne demande pas pour qui sonne le glas,
Il sonne pour toi.
Le sermon original de John Donne peut être trouvé ici.
- Dans Et au milieu coule une rivière (que ce soit le film réalisé par Robert Redford ou le livre d'où est issu le film, écrit par Norman MacLean), il y a cette pensée, que j'essaie de retranscrire de mémoire :
Les êtres qui nous sont proches peuvent aussi, paradoxalement, être les plus éloignés de nous. Nous les voyons prendre des chemins, sans pouvoir les aider, soit qu'ils ne souhaitent pas que nous les aidions, soit qu'ils ne sachent même pas comment ils pourraient s'aider eux-mêmes. Mais cela ne nous empêche pas de les aimer.
- Il existe un texte que j'avais découvert lors de l'enterrement d'une de mes étudiantes, il y a quelques années. Il semblerait que ce soit une prière de Saint Augustin à partir de laquelle Charles Péguy a écrit un poème. Il en existe plusieurs versions, sans que je souhaite en faire une recherche bibliographique précise. Cela fait juste partie des textes qui me conviennent.
Ne pleure pas si tu m'aimes.
Je suis seulement passé de l'autre côté.
Je suis moi. Tu es toi.
Ce que nous étions l'un pour l'autre, nous le sommes toujours.
Donne-moi le nom que tu m'as toujours donné.
Parle-moi comme tu l'as toujours fait, n'emploie pas un ton différent.
Ne prends pas un ton solennel ou triste.
Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble...
Prie, souris, pense à moi, prie avec moi.
Que ton nom soit prononcé à la maison comme il l'a toujours été, sans emphase d'aucune sorte, sans une trace d’ombre...
La vie signifie toujours ce qu'elle a toujours signifié.
Elle est ce qu'elle a toujours été : le fil n'est pas coupé.
Pourquoi serais je hors de ta pensée ? Parce que je suis hors de ta vue ?
Mais non, je ne suis pas loin, juste de l’autre côté du chemin...
Tu vois, tout est bien...
Tu retrouveras mon coeur, tu en retrouveras les tendresses épurées.
Essuie tes larmes et ne pleure pas si tu m'aimes...
Charles Péguy, d'après une prière de Saint Augustin.
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mardi 4 juillet 2006
Par Docthib,
mardi 4 juillet 2006 à 18:06 :: Citations
Mots-clés : Citation, Finance, Livres, Mots
J'avais mentionné dans
un précédent billet (2ème paragraphe) le fait que, nonobstant les sujets sérieux sur lesquels j'écris, je prends plaisir à émailler mes doctes ouvrages d'une pointe de poésie.
Allant déposer
un de mes ouvrages dans de blanches mains, j'ai pris à partie quelques auditeurs débonnaires et compatissants pour leur asséner le conseil de la page 235 :
Surtout n'essayez pas d'utiliser le CMPC à des fins pratiques avant le chapitre 17, sinon vous partirez dans le mur comme des poulpes survitaminés.
Moi ça me fait rire. N'est-ce pas la preuve de l'autarcie la plus complète ? Pour un peu, le bonheur ne serait pas loin...
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Par Docthib,
mardi 4 juillet 2006 à 12:27 :: Batana
Mots-clés : Batana, Maux, Mots
Voici la
Batana du jour.
Schraker (ou chraker) : v.t. Serrer une main en saisissant uniquement les doigts et en pressant fort.
Par extension : interrompre une conversation ou une histoire parce qu'on avait une idée et que ça ne pouvait attendre.
Substantif : une
schraka (ou chraka), comme dans "quel glaviot, il m'a encore servi sa schraka !"
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lundi 3 juillet 2006
Par Docthib,
lundi 3 juillet 2006 à 11:11 :: Citations
Mots-clés : Citation, Livres, Mots
Mon éditeuse favorite me proposait d'écrire un jour un billet sur les dictionnaires.
Je l'avais appelée donzelle, elle en avait retenu la connotation péjorative et de là , elle me conseilla de vérifier dans différents types de dictionnaires. Hélas, je n'ai qu'un type de dictionnaire à la maison, le Littré. Heureusement, il existe le
Trésor de la Langue Française Informatisé.
Le premier nous dit :
Donzelle :
- Fille ou femme de distinction (cet emploi est tombé en désuétude) ;
- Fille ou femme dont on parle très familièrement ;
- Fille ou femme dont on parle légèrement, d'un ton de mépris ;
- Nom vulgaire d'un poisson, l'ophidie barbue, dite aussi demoiselle.
Le second parle ainsi :
Donzelle :
- Rare et vieilli
- Sans nuance péj. Jeune fille.
- P. ext. Fille ou femme à l'allure ou à la tenue équivoque, de mœurs légères.
- Usuel, fam. et par dénigrement. Jeune fille ou femme prétentieuse et ridicule.
- En partic., souvent pour indiquer péjorativement un comportement naïf dans le domaine sentimental.
Les deux dictionnaires ne se contredisent pas, ils ont même des sens communs, mais on ne peut parler d'identité de sens. Certes, mon Littré date de 1873, et la langue évolue, mais la différence est notable.
Un autre domaine où l'ancien est battu par le neuf : les ouvrages de grands auteurs. En réaction Ã
un commentaire de l'Obèse ascète, je suis allé chercher dans
Les Pensées de
Pascal l'origine d'une pensée. Hélas, dans mes deux exemplaires (Firmin-Didot, 1873, et Garnier Frères, sans date, mais après 1844), impossible de la retrouver. Je fais confiance à mon obèse contradicteur, d'autant plus qu'une recherche gougueule me donne le numéro « moderne » de la pensée (593), tel qu'il me l'avait indiqué. J'ai beau me fonder sur différents sites web, indiquant différentes parties de l'ouvrage, je ne trouve pas. J'en déduis que mes deux éditions sont
- incomplètes, ou
- ordonnées différemment.
Ce n'est pas dramatique, c'est juste fastidieux. Par exemple, dans le Garnier Frères, la pensée qui commence par « César étoit trop vieux, ce me semble, pour s'aller amuser à conquérir le monde » est numérotée 29, au chapitre IX, tandis qu'elle porte le numéro 47, chapitre XXV, dans le Firmin-Didot. Vous me direz : qu'importe l'ordre des billes, du moment que le sac est plein. Certes, mais j'intuite grave qu'en sus d'un classement différent, chaque éditeur a aussi sombrement coupé dans son édition.
A qui faire confiance, donc, si des margoulins massicotent à tout-va dans les pensées des auteurs ?
Mise à jour : tous les éditeurs ne sont pas des margoulins. Mon éditeuse est érudite (enfin, elle sait se servir de Glougl...) et me signale que ce problème des éditions des
Pensées est récurrent, et connu, tout ça à cause de ce fichu Pascal qui savait pas utiliser une agrapheuse. Plus d'infos
ici.
Fin de Mise à jour.
Enfin, quelques consolations : cette recherche nocturne et opiniâtre m'a permis de découvrir quelques pensées, et l'envie de lire l'ouvrage entier pour y glâner des trucs que je mettrai en exergue de mes prochains livres (ça fait vendre à mort, le pékin se dit « wahou, il a trouvé sur Goog'l , c'est un techno-beauf »).
J'ai notamment trouvé l'origine d'une expression que j'attribuais – à tort – à Victorugo :
Condition de l'homme : inconstance, ennui, inquiétude. Qui voudra connaître à plein la vanité de l'homme, n'a qu'à considérer les causes et effets de l'amour. La cause en est un je ne sais quoi (Corneille) ; et les effets en sont effroyables. Ce je ne sais quoi, si peu de choses qu'on ne saurait le reconnaître, remue toute la terre, les princes, les armées, le monde entier. Si le nez de Cléopâtre eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé.
Pascal, Pensées, Première partie, article IX, XLVI, Firmin-Didot, 1873, p. 105.
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