Je rêve d'un pays nu,
avec des montagnes, des arbres, quelques prairies
et une petite maison de bois.
Une maison en rondins dont les murs seraient rugueux
et sentiraient la résine.
En automne, la forêt serait dorée
comme un instrument de culte
et le silence religieux ne serait rompu
que par le bond effaré d'un chevreuil.
Il y ferait frais, avec un air bleu et glacé
et quelques brouillards le matin.
Le soleil y serait vu comme une bénédiction.
Là-bas, j'irais chaque matin à la rivière et,
passant le tamis toute la matinée,
je chercherais des pépites dans mon âme.