mercredi 31 mai 2006
Par Docthib,
mercredi 31 mai 2006 à 17:12 :: Caillou
Mots-clés : Cailloux, Spiritualité
Dieu se fout de nous
il fait son cinéma sur les nuages
vient voir qui veut
mais Dieu n'attend personne pour ses projections.
PS : caillou rédigé il y a quelques années, un jour de perte, près de chez RZ. Caillou qui entre en résonance avec la
citation du jour de
Nerik.
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Par Docthib,
mercredi 31 mai 2006 à 16:03 :: Blog
Mots-clés : Blog, Finance, Maux, Réflexions
Tristan Nitot a ses "en vrac", je sens que je vais à mon tour inaugurer un nouveau type de thibillet, qui sera "tous les billets que j'ai en tête". La plupart des thèmes passeront à la trappe, comme la plupart de ceux que j'avais en tête sont passés à la trappe (temporaire). La vie est courte, et je connais bien la mort, raison de plus pour profiter de la vie.
- Billet sur "pourquoi un blog" (suite à ça et ça) pour Nerik. (MàJ : ayé)
- Billet sur "comment employer des ramasseurs de noix de coco sans les payer" (merci à Jean-Yves)
- Billet sur le dernier Fred Vargas (MàJ : le vlà)
- Caillou sur l'envers de la cuisine chinoise
- Billet sur la Malédiction de Brealey-Myers (MàJ : ça, c'est fait)
- Billet sur le Bukowski que je suis en train de relire (Hollywood)
- Billet sur "écrire pour des gens qui n'ont pas le temps de lire"
- Billet sur les singes, qui ont tout compris
- Billet sur l'efficience des marchés, épisode IV (le retour des padawans à la main coupée)
Docthib
qui est bien remonté face à la vie, je vous prends tous d'une seule main, et avec l'autre, je corrige des copies, j'écris des billets, je réponds aux mails, au téléphone, je reçois des étudiant(e)s, je prends des notes ineptes dans des réunions inuits, je gère les psychotiques du train, je rédige des appels d'offres pour de la formation dans des entreprises, j'évangélise les élèves de prépa, je gère 3 assistantes et 15 profs, et 21 654 projets.
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mardi 30 mai 2006
Par Docthib,
mardi 30 mai 2006 à 21:24 :: Perso
Mots-clés : Perso
Dans les transports en commun, on est en commun.
Ce soir, dans un train bien rempli, un gars passe en force (il décroche mon bras de la barre, passe en disant un "pardon" autoritaire), la guitare qu'il porte dans le dos me cogne la tête en passant, hop, ni une ni deux, je repousse la guitare. Il se retourne, et la scène commence. C'est ça l'inconvénient des transports en commun : quand on est serrés, la probabilité d'avoir un fondu dans la rame est assez forte. Ce soir, il était pour moi. En un sens, ça tombait bien (...) j'étais bien fatigué par ces dernières semaines, donc je n'ai pas eu trop de mal à rester stoïque sous l'avalanche des insultes. J'ai tout eu. Ses origines, le fait qu'il est un musicos, que sa guitare a coûté 1 500 euros (réponse : "ma tête vaut plus cher que ça", ambiance), et encore, c'est que la Stratocaster, si ç'avait été la LesPaul, il me démontait sur place, avec ses 25 ans et mes 45 ans (misère, 45 ans...), et que je suis encarté chez Le Pen (et voilà, j'ai le cheveu court - because début de calvitie - et j'aime la bière, hop, je suis catalogué skinhead, misère again...) et que lui, il a eu une sale journée (lui...)
Au bout d'un moment, dans ce compartiment bondé mais silencieux, je lui explique que c'est très intéressant, mais que j'aimerais retourner à mon livre. Nouvelle logorrhée, mais bon, il bat en retraite à l'étage, tout en m'expliquant mes origines (douteuses), mes tendances politiques (extrêmistes) et ma décrépitude (quadragénaire
y media).
Dans le silence revenu, j'échange quelques regards et quelques mots avec des passagers, et je me replonge dans ma lecture.
A la station suivante, alors que je m'efface pour laisser passer ceux qui descendent, hop, revoilà notre trublion. En substance "Mec, tu vas pas t'en tirer comme ça, j'ai réfléchi, eh ben là où tu descends, je descends aussi, on va s'expliquer sur le quai, avec tes 45 ans (
holà, ça va hein !) t'as pas un coup de poing qui va passer, on va se battre sur les rails" (misère, sur les rails, je suis tombé sur un gars qui a lu
La bête humaine...)
Un passager essaie de le raisonner, mais il s'accroche, il me dit "tu dis plus rien, hein" (ben non, de toute façon, je ne peux pas en placer une, il fait les questions et les réponses, ça me repose). Ma station arrive, je descends, je l'entends qui m'insulte dans mon dos, il me rappelle de loin, m'explique que la prochaine fois, il descendra vraiment et gare à ma gueule, "et tu pourrais te retourner quand je te parle !"
Je continue à marcher. Une voix à mes côtés : "Vous inquiétez pas, je le surveille, s'il arrive, je suis avec vous". Je le regarde, c'est un gars en survêt, à petites lunettes, un anonyme comme moi. Je le remercie, il me répond que c'est normal. On monte ensemble l'escalier vers la sortie, en parlant un peu. En haut, je le remercie à nouveau, il me répond à nouveau que c'est normal, il commence à s'en aller. Je le rappelle : "Avant que vous partiez, j'aimerais vous serrer la main".
Je marche dans la rue, fatigué. Une jeune femme me dépasse, le téléphone collé à l'oreille, elle se tourne vite vers moi "Mais la vie est belle quand même..." en me souriant.
Dans les transports en commun, on est en commun.
Je rentre, je me débouche une
Tsing Tao et je mets le CD de
Thomas Fersen,
Les ronds de carotte, en attendant la piste 5 :
Dans les transports.
Dans les transports en commun,
Les filles sont nerveuses.
Les hommes ont le pied marin
Et la main baladeuse.
Sur la banquette
Où je me jette,
Je tords, le temps est long,
Mon ticket de carton...
Thomas Fersen, Dans les transports, in Les ronds de carotte, Warner Music, 1995.
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lundi 29 mai 2006
Par Docthib,
lundi 29 mai 2006 à 14:45 :: Caillou
Mots-clés : Blog, Cailloux, Informatique, Maux
Vendredi, c'était mon
100ème billet sur ce blog. J'avais initialement prévu d'en faire un long billet, non pas récapitulatif et glorifiant du passé (c'est bon pour les comptables), mais prévisionnel, anticipatoire et futuriste (n'enseigné-je point la Phinance ?).
En voici une pseudo-trame squelettique :
- Liste des lectures que l'on m'a recommandées (cf. commentaires), et que j'ai achetées, ou pas encore, mais pas lues (aucune pour l'instant).
- Liste des améliorations cosmétiques prévues sur ce blog
- Liste des améliorations techniques prévues sur ce blog
- Etat des lieux de quelques réflexions à formaliser (les singes, les licences, et l'écriture)
Il appert néanmoins que vendredi, j'étais dans une déprime profonde. J'ai donc voulu inverser la vapeur, avec un
caillou lumineux. Aujourd'hui, je n'ai pas le peps pour faire la critique du dernier Fred Vargas, je constate que ma cure d'amaigrissement (j'étais arrivé à n'avoir plus que 65 mails dans ma boite de réception) a pris un grand coup de tartiflette : 113 mails à cette minute, et sans compter les mails des mailing listes genre OpenOffice.org ou MBA Exec, qui arrivent directement dans des sous-dossiers.
L'heure est donc au caillou déprimé (et non peaufiné), un caillou d'un genre particulier : un Calcul.
Calcul - 113 mails non lus
petites araignées grasses
empilées, emboitées dans des lignes d'électrons,
chiures de mouches sur néons.
113 sujets à exterminer,
à noyer sous mes mots-sauterelles
avant la tombée de la nuit.
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vendredi 26 mai 2006
Par Docthib,
vendredi 26 mai 2006 à 17:31 :: Caillou
Mots-clés : Cailloux
Je rêve d'un pays nu,
avec des montagnes, des arbres, quelques prairies
et une petite maison de bois.
Une maison en rondins dont les murs seraient rugueux
et sentiraient la résine.
En automne, la forêt serait dorée
comme un instrument de culte
et le silence religieux ne serait rompu
que par le bond effaré d'un chevreuil.
Il y ferait frais, avec un air bleu et glacé
et quelques brouillards le matin.
Le soleil y serait vu comme une bénédiction.
Là-bas, j'irais chaque matin à la rivière et,
passant le tamis toute la matinée,
je chercherais des pépites dans mon âme.
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Par Docthib,
vendredi 26 mai 2006 à 09:14 :: Finance
Mots-clés : Courir, Finance, Réflexions
Nous sommes
une bande de joyeux fondus à nous être inscrits à la loterie du
Marathon de New York. C'est une loterie, avec les règles suivantes :
35 000 places pour 121 759 845 622 postulants
- si toi membre d'une charity, d'un club
qui a payé des pots de vin respectable, si toi père d'une créature sculpturale et peu farouche, toi sélectionné, bravo
- si toi américain mais pas membre des happy few ci-dessus, toi tiré au sort. Une chance sur deux.
- Si toi pas américain, et pas happy few, toi tiré au sort. Une chance sur quatre.
Et c'est là où c'est beau,
the american dream, yes man, god bless you all :
- si toi pas tiré au sort 3 années de suite, toi automatiquement sélectionné la 4ème année. Yeah.
Avec les copains, on a tenu le même raisonnement que pour le
placement par capitalisation : plus tu pars tôt, plus que t'as
de pognon de chance à l'arrivée. Donc on s'est tous inscrits à la loterie. Les résultats viennent de tomber. La bonne nouvelle, c'est qu'aucun d'entre nous n'est cocu. La mauvaise, c'est qu'on a tous été recalés. Donc ça fait 1 au compteur de la loterie.
Voici maintenant le dilemme (2 M, coco) et sa formalisation financière.
- Nous être 5 à faire joujou avec la loterie
- objectif affiché : être tous recalés 3 fois, pour pouvoir courir le même marathon de New York, la même année (c'est-à-dire 2009, on est jeunes)
- Mais chaque année, chaque pékin a 1 chance sur 4 d'être sélectionné. Quid si un est tiré au sort ?
- Et c'est là qu'arrive le Joker : quand on est tiré au sort, on peut demander à reporter d'un an.
Donc la config est la suivante :
- 2007, personne tiré au sort : peinardos, si certains tirés au sort en 2008, reportent à 2009, et tout le monde court ensemble
- 2007, tous tirés au sort : peinardos, on se fait le Pont du Verrazzano ensemble en 2007, on est jeunes.
- 2007 : un ou deux sont tirés au sort, et les autres recalés. Si les tirés reportent, rien ne dit que les recalés seront tirés l'année suivante. La seule année sure, c'est 2009, mais les tirés ne peuvent reporter que jusqu'en 2008.
Bref, la possibilité de reporter, c'est une option financière, à l'américaine (à date fixe, contrairement à une option à l'européenne). Et là, on n'est même plus dans la finance, avec la formule de Black-Scholes pour évaluer les options : on est dans le psychologique, dans le comportemental, le non-dit, le mystique,
caché derrière comme dit le philosophe Laurent Voulzy, bref, dans le
Da Vinci Code.
Soupir désabusé. La grande pomme est encore loin...
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mercredi 24 mai 2006
Par Docthib,
mercredi 24 mai 2006 à 18:05 :: Caillou
Mots-clés : Cailloux
Paris, soleil et pluie.
Les gouttes font des explosions
dans les lacs des guéridons de marbre.
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mardi 23 mai 2006
Par Docthib,
mardi 23 mai 2006 à 16:21 :: Livres
Mots-clés : BD, Citation, Histoire, Houmor, Livres, Réflexions, Spiritualité
Je me suis appuyé la lecture des 7 tomes du
Triangle secret (
Le testament du fou,
Le jeune homme au suaire,
De cendre et d'or,
L'évangile oublié,
L'infâme mensonge,
La parole perdue,
L'imposteur), ouvrage fruit d'un unique scénariste (Convard) mais de multiples dessinateurs, à ne pas confondre avec sa "suite" (qui le précède),
Le triangle secret - INRI : tome 1 et suivants... Oui, je sais, c'est compliqué, c'est comme
Star Wars, la fin arrive avant le début, qui lui même a été tourné après la fin, mais l'important, c'est que moi je m'y retrouve (parfois).
Mes réactions :
- Sur le fond : l'intrigue est bien étayée, on se laisse entraîner, en se demandant quel peut être le dénouement de cette énigme qui a commencé il y a 2 000 ans, et dont le dénouement aura lieu de nos jours.
- Sur la forme : je n'ai pas aimé les dessins. C'est d'autant plus étonnant que je lis que plusieurs dessinateurs ont collaboré aux 7 tomes. Cela n'a pas le charme de la ligne claire de Tintin ou du Tueur, et c'est loin derrière - à mon avis - les superbes dessins de De cape et de crocs ou de Blacksad (je relisais ces derniers jours les deux premiers, c'est superbe).
Et surtout...
Je trouve que nos temps sont empreints de mysticisme à gogo, c'est la thèse du Grand Complot revisitée, et tous les scénarios tournent autour de la même recette. Donc, si demain je veux écrire un scénario ou un roman à succès (à Dieu ne plaise...), j'y mettrai :
- Un début qui commence, comme de bien entendu avec la secte des esseniens (contemporains du Christ) et un manuscrit/trésor caché. Variantes possibles, et déjà vues : Sumer et "le berceau de l'humanité", les manuscrits de la Mer Morte, voire la Kabbale.
- Des templiers, ou des rose-croix, des franc-maçons ou une secte occulte, gentille mais hermétique, bref, des "gardiens du secret". Un petit coup de croisade au passage, juste pour faire exotique.
- Des chercheurs en égyptologie, documentalistes ou journalistes, des gens comme vous et moi, avec leurs petites préoccupations et leur café au comptoir qui tout-à-coup basculent dans le Grand Mystère, "bon sang, on nous a menti, nous allons mettre au jour un terrible secret"
- Des militaires en quête de l'arme absolue, mais bornés et désespérément cartésiens ("ces choses-là ne peuvent exister, ça doit être un coup de paludisme")
- Des meurtres, forcément, avec énigme policière à la clé, et tout le monde qui met du temps à comprendre que Les Autres sont en route pour exterminer les audacieux chercheurs de vérité
- Une intrigue amoureuse, pour mettre du sexe. Idéalement, une intrigue à connotation d'interdit (voeu de chasteté, divorce, deuil, religion différente...)
- Le Vatican, l'Opus dei ou l'Inquisition
- Le dénouement serait, le plus souvent : "on enterre" (dans tous les sens du terme)
Exemples en vrac dans ce que j'ai pu voir / lire :
- Le pendule de Foucault, d'Umberto Eco
- Le troisième testament, BD (scénario de Dorison, dessins d'Alex Alice, pseudo qui cache un ancien de l'escp)
- Sanctuaire, BD (scénario de Dorison)
- et, pour autant que je sache, plusieurs autres BDs dont Dorison a fait le scénario
- Uruad, les américains ont-ils envahi l'Irak pour protéger un secret... de Jean-Christophe Issartier
- et l'omniprésent Da Vinci Code de Dan Brown / Ron Howard, qui a vraiment atteint la célébrité depuis que sa bande-annonce est parodiée (vu sur le blog de Tristan Nitot)
- (Mise à jour) ce matin, sous la douche, j'ai pensé aussi à ce merveilleux navet avec Nicolas Cage, Benjamin Gates et le trésor des templiers
Avec des variantes plus éloignées, qui peuvent n'avoir qu'un parfum lointain :
- La peau du tambour, d'Arturo Perez-Reverte (polar avec l'Inquisition version moderne)
- L'anneau du pêcheur, de Jean Raspail (superbe enquête documentaire sur les antipapes et leur survivance récente)
- Les aventuriers de l'arche perdue, de Steven Spielberg, avec ce dialogue halluciné : "l'Arche est un émetteur-récepteur pour parler avec Dieu !"
Ce n'est pas que je sois lassé, mais quand on a lu
Le pendule de Foucault, on a du mal à retrouver un équivalent en terme de recherche et de qualité. Comme le dit la citation attribuée à Paul Newman :
- le journaliste : "Vous avez été régulièrement nommé comme l'un des hommes les plus sexy du XXème siècle, comment se fait-il que vous soyiez marié depuis 25 ans à la même femme ?"
- Paul Newman : "Je ne vois pas pourquoi j'irais manger du paté ailleurs, quand j'ai du foie gras à la maison".
Et moi, je ne vois pas pourquoi je lirais ou j'irais voir le da Vinci code quand j'ai Blacksad à la maison.
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lundi 22 mai 2006
Par Docthib,
lundi 22 mai 2006 à 11:27 :: Finance
Mots-clés : Citation, Finance, Livres
Voilà, après quelques mois (presque 12) de travail, la nouvelle édition du Brealey, Myers, Allen,
Principles of corporate finance, sort en français, sous le titre éminemment original de
Principes de gestion financière. C'est la 8ème édition américaine, la 4ème francophone, la deuxième sur laquelle je travaille, et la première sur laquelle j'avais toute responsabilité (relecture et mise en forme, adaptation, suppressions/ajouts, jeux de mots foireux...)
De la même manière que, dans
mon ouvrage récent, j'ai réussi à caser "personne ne sait ce qu'il est advenu du petit pot de beurre" (p. 114), ici, j'avais 1 084 pages pour m'exprimer. Je suis assez content du slogan de l'entreprise Guano SA ("il jouait du guano debout"), ou de l'en-tête de l'exercice portant sur le renouvellement d'un bateau de pêche ("encore du bulot !") Comme vous le voyez, on s'amuse quand on n'a rien à faire. Pour les 117 852 jeux de mots restants, il faudra acheter le livre (
teasing,
teasing,
buzz,
buzz !).
Voici maintenant le petit calcul financier qui s'impose :
- sachant qu'on a dû vendre 2 000 exemplaires sur l'année 2005
- sachant que j'ai dû passer, en temps plein, quelque chose comme 3 mois de travail sur cette nouvelle édition
- sachant que je touche 55 centimes par exemplaire vendu
- En supposant un même chiffre de ventes pour cette édition, cela représente combien de droits d'auteurs ?
- En supposant que mon coût horaire est au SMIC (8,03 euros bruts de l'heure), et que les jours ouvrés comptent 7 heures de travail effectif (je suis prof, n'exagérons pas), cela fait quel coût pour 3 mois (20 jours travaillés par mois) ?
- En faisant 1. - 2. aboutit-on à un chiffre
- exagérément positif (il s'en met plein les fouilles, ce nanti !)
- raisonnablement positif (c'est toujours ça de pris...)
- nul (manquerait plus qu'il y gagne !)
- raisonnablement négatif (de toute façon, c'est pour la réputation)
- Abominablement négatif (arrête de nous faire pleurer)
- Combien d'exemplaires faudrait-il espérer vendre en 2006 pour arriver à un résultat nul ? Est-ce plausible ?
- Si on suppose qu'une séance de psychanalyse coûte 50 euros, à combien de séances de psychanalyse (thème : pourquoi est-ce que je fais ce genre de choses ?) ce déficit correspond-il ?
Je ramasse les copies dans 3 jours.
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vendredi 19 mai 2006
Par Docthib,
vendredi 19 mai 2006 à 11:59 :: Livres
Mots-clés : Citation, Finance, Livres
Attention, thibillet assez long, à la dimension de mon enthousiasme.
J'étais dans la lecture du dernier
Fred Vargas,
Les bois éternels, quand j'ai arrêté pour lire
Les actifs corporels, de Bernard Mourad (JC Lattès, 2006, 322 p.)
Cela devrait faire réagir ceux qui me connaissent un peu, ne fut-ce que par thibillets interposés : que j'arrête de lire du Fred Vargas, après tout le bien que j'en ai dit, signifie que j'ai rencontré un
Olni.
J'ai donc lu
Les actifs corporels, sur le conseil d'une collègue, en moins de 3 jours. Je n'ai à en dire que du bien, et Bernard Mourad est un sacré écrivain. Pour une fois, je vais déroger à ma règle, et livrer un tout petit fragment de l'intrigue, le fondement du roman : une loi passe en France, et des êtres humains (y compris le principal personnage) peuvent s'introduire en bourse et être cotés à titre personnel. Voici, en quelques idées égrenées ci-dessous, pourquoi j'ai énormément apprécié ce roman, et je le recommande chaudement :
- Bernard Mourad a un vrai style. Incisif, illustré, c'est un style qui manie les mots, tous les mots, avec une très grande précision, une force percutante. Ce gars-là est intelligent, et il sait fichtrement bien écrire. Je vous en donne deux exemples. S'ils ne sont pas à votre goût, le livre en contient des milliers d'autres...
« Un duplex immense décoré dans ce style épuré et polaire, qui fit d'abord fantasmer les yuppies new-yorkais, avant de s'épanouir dans toutes les cantines branchées du globe. »
Bernard Mourad, Les actifs corporels, p. 69.
« Et puis il y avait aussi, bien sûr, de grandes tablées de cadres – des cadres supérieurs. Mâles et femelles pour la plupart cotés. Des groupes de bavards instruits, souriants et bien sapés, ravis du bruissement de leur perspicacité. »
Bernard Mourad, Les actifs corporels, p. 209.
Pour cela, en terme d'analogie, cela me fait penser à certaines constructions de style de Jorge-Luis Borges (« des étudiants épuisaient les vastes gradins »), mais on retrouve cela chez beaucoup de bons écrivains contemporains.
- Bernard Mourad connaît bien la finance, les mécanismes d'évaluation et de fonctionnement des marchés financiers, la vie des institutions financières. Sa force ne tient pas dans la puissance documentaire, mais le côté « analyse d'un système » : la fiction qu'il décrit et développe au fil de ces 300 pages a la puissance évocatrice – et réaliste – d'une histoire qui pourrait parfaitement être réelle. Cela me rappelle le livre de Romain Gary qui s'appelait Charge d'âme, où le monde moderne apprenait à capter les âmes des mourants pour les transformer en une énergie nouvelle qui venait alimenter les lampes, les automobiles, la société. Le discours était en même temps métaphysique et cruellement humain, avec le style mordant de Romain Gary (mais qui lit encore Gary aujourd'hui ?).
- Enfin, Bernard Mourad a un côté vachard qui est particulièrement réjouissant. C'est le vilain petit canard qui est passé par un système, en a probablement (?) été l'un des pions, voire un cavalier ou un fou brillant, et là, c'est l'heure de l'addition, fort salée, qu'il présente. Cela me rappelle cet autre livre mordant, beaucoup plus court, moins abouti, mais qui a l'avantage d'être téléchargeable gratuitement : Devenez beau, riche et intelligent grâce à Word, PowerPoint et Excel, de Rafi Haladjian.
Vous le devinez, c'est un roman que j'aurais aimé écrire et signer, mais je sais – honnêtement – que je n'aurais pas « articulé le quart de la moitié du commencement » (Cyrano de Bergerac, tirade du nez) des idées de Bernard Mourad :
« Décidément, le marché n'appréciait ni les surprises ni les communiqués intempestifs... Le marché, au fond, était un petit être hypersensible ; vite perturbé par le plus infime des changements dans ses habitudes immuables, dans son petit train-train minuté, dans ses anticipations. On pouvait sans doute le rendre fou, ce marché, en changeant l'emplacement d'un vase, ou la place du pot de beurre dans la porte du frigo... »
Bernard Mourad, Les actifs corporels, p. 205.
Si je devais formuler quelques critiques, elles seraient de ce type :
- Le style est riche, mais peut créer un effet de lassitude vers la fin du roman, qui ne va toutefois pas jusqu'à l'overdose. Et je n'ai pas de solution.
- La fin ne m'a pas franchement déçu, contrairement à ce que disait ma collègue, mais il est vrai que j'aurais des idées d'autres fins, ou de raffinements d'intrigue. M'enfin, je ne suis que le critique de service, pas le scénariste.
- Le roman ne distille pas la joie de vivre. Mais Il faut sauver le soldat Ryan non plus, il n'empêche, c'est un superbe film.
Enfin, si je me suis permis de citer à outrance – ce qui n'est pas conforme au pur droit d'auteur, malgré mon adoption du style « citation » dans ma feuille de style – c'est pour vous donner envie de lire ce livre, et – idéalement – de l'acheter pour rendre sous forme de droits d'auteur à Bernard Mourad ce qui lui revient. Allez, pour me faire pardonner, une dernière citation ;-)
A propos d'une salle de réunion dans une banque d'affaires :
« Tout cela relevait largement du fantasme, Guyot en avait conscience. Cette pièce destinée à impressionner les visiteurs de prestige constituait surtout un espace de convivialité appréciable pour le petit personnel de Golley Dean. Une salle à manger luxueuse et austère où les salariés pouvaient, le soir venu, partager avec alacrité leurs repas remboursables. Alex se figurait l'attente fébrile qui devait sans doute précéder les livraisons de victuailles. Puis la liesse des jeunes analystes financiers, tapant des mains et des pieds à l'arrivée d'une kyrielle de sacs plastique, bourrés de sushis et de brochettes, de pizzas et de homos, de lasagnes et de viandes en barquettes dont le jus, rafraîchi par le trajet à l'arrière d'une mobylette, commençait à se mélanger aux molécules de polyéthylène. On était sans doute bien entre soi, à mastiquer mollement. À déglutir ensemble en comparant la noirceur des cernes, entassés dans un coin de cette table colossale, désertée par une famille fictive – indigne ou délaissée. »
Bernard Mourad, Les actifs corporels, p. 43-44.
En conclusion, et pour reprendre Cyrano, je ne connais pas personnellement Bernard Mourad « mais je lui serrerais bien volontiers la main ». (Je radote, j'ai déjà dit ça
à propos d'Ayroles et Masbou...)
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jeudi 18 mai 2006
Par Docthib,
jeudi 18 mai 2006 à 20:40 :: Caillou
Mots-clés : Cailloux, Techno
Elle avait tout pour me prendre et me garder,
Sur le quai d'en face, elle me fixait intensément, effrontément, sans ciller.
Je n'allais pas rater cette chance, je me suis dirigé vers la sortie pour aller la retrouver.
Mon oeil a été attiré par une tache de couleur, derrière moi.
Je me suis arrêté, le coeur vidé.
Elle, sans avoir rien remarqué,
continuait à fixer
l'affiche vantant la sortie d'un nouveau téléphone portable.
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mercredi 17 mai 2006
Par Docthib,
mercredi 17 mai 2006 à 14:35 :: Caillou
Mots-clés : Cailloux
Une qui monte l'escalier de la gare,
elle porte un sac lourd et on voit sa culotte.
Une autre qui sort du train avec son portable,
elle marche dans la nuit en parlant trop fort.
Une qui est dans une cabine téléphonique,
elle essuie les pleurs de ses yeux, tout en tenant le combiné,
et le fil de la conversation mourante.
J'y étais,
fatigué.
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mardi 16 mai 2006
Par Docthib,
mardi 16 mai 2006 à 13:01 :: Livres
Mots-clés : Citation, Livres
De
Haruki Murakami, j'avais lu
Après le tremblement de terre (de Kobé), une série de nouvelles que j'avais trouvées très bien écrites, mais j'avoue que je n'en avais pas gardé tellement de souvenirs, à part le fait que, selon mon libraire, l'auteur "était le futur prix Nobel de littérature".
Il y a quelques semaines, on m'a offert, pour mes 35 ans,
Kafka sur le rivage (Belfond, 2006, 619 p.), que j'ai lu depuis. C'est donc un long roman, qui a nécessité plusieurs semaines de trajets pour être consommé. J'en ressors avec des difficultés à classer, voire à décrire, l'ambiance. Les termes "fantasmagorique" ou
bildungsroman me viennent à l'esprit. Je vais expliciter bildungsroman, non pas pour les incultes, mais pour dire ce que j'entends par là : c'est un roman où l'on voit l'évolution d'un jeune, qui se construit à la faveur d'événements qui lui arrivent.
Bon, on raye et on recommence.
C'est un roman très poétique, qui mélange du fantastique et du réaliste, avec des personnages tour à tour énigmatiques et attachants. Le vieux Nakata est probablement le summum de la perfection bouddhiste. Oshima-san et Mademoiselle Saeki sont en même temps très humains, et désespérément lointains. Avec ses histoires imbriquées, ce roman m'a fait penser aux
Paul Auster que j'ai lus (quasiment tous), où plusieurs histoires sont imbriquées. Mais il y a ici une irruption du fantastique qu'il n'y a quasiment jamais chez Auster. Cela flirte avec la science-fiction, voire avec des écrits psychédéliques. Mais tout cela est extrêmement bien écrit, précisé, on est loin d'un flux de paroles sans ponctuation ni linéarité.
J'ai beaucoup aimé de pouvoir rentrer un peu dans "l'âme japonaise", même si j'ai cru comprendre que Murakami est à la littérature ce que Kurosawa est au cinéma : un artiste essentiellement apprécié en dehors de son pays.
Je laisse la parole à Oshima-san, qui est parfois un peu trop intellectuel à mon goût, mais toujours intéressant :
Ce qu'on nomme l'univers du surnaturel n'est autre que les ténèbres de notre propre esprit. Bien avant que Freud ou Jung fassent au XIXème siècle la lumière sur le fonctionnement de l'inconscient, les gens avaient déjà établi une corrélation entre l'inconscient et le surnaturel, ces deux mondes obscurs. Ce n'était pas une métaphore. D'ailleurs, si on remonte encore plus loin, ce n'était même pas une corrélation. Jusqu'à ce qu'Edison découvre la lumière électrique, la majeure partie de la planète était plongée dans un noir d'encre. Aucune frontière ne séparait l'obscurité physique, extérieure, de l'obscurité intérieure de l'âme. Elles étaient mêlées sans qu'il soit possible de les distinguer. [...] Aujourd'hui, il en va autrement. Les ténèbres extérieures se sont dissipées, mais les ténèbres intérieures demeurent. Ce que nous appelons ego ou conscience est la partie émergée de l'iceberg : la partie la plus importante reste plongée dans le royaume des ténèbres et c'est là que gît la source des contradictions et des confusions profondes qui nous tourmentent.
Haruki Murakami, Kafka sur le rivage, p. 299.
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lundi 15 mai 2006
Par Docthib,
lundi 15 mai 2006 à 13:43 :: Réflexions
Mots-clés : Clearstream, Réflexions
Je compte monter une startup (ça ne doit pas être bien français tout ça, monter et up, ça fait redite. Est-ce qu'on descendrait une startdown ?)
Il s'agirait d'un club d'exception, qui permettrait de se distinguer de son voisin, d'épater son patron et d'augmenter le volume de son CV. Voilà le business model : vous m'envoyez 1 000 € (pour créer l'exception, il faut créer des tarifs dissuasifs) et je vous transmets un listing réputé vrai qui établit que vous avez un compte chez
Clearstream. Vous cotoierez des gens connus, des qui disent qu'ils y sont pas, des qui aimeraient y être. Pour une prestation plus personnalisée, il y a plusieurs formules :
- La super VIP : c'est la formule de base. 1 000 €, votre nom, un listing.
- La Top of the Parveniou : formule enrichie. 2 500 €, un pseudo à consonance cryptée (PokerDAs, Albert2M, DSK-DST etc.), un listing sur parchemin du XVIIIème siècle.
- La Incredible List of Exception : 10 000 €. Garantie que dans les 3 lignes au-dessus ou en-dessous, il y a au moins un(e) présidentiable, un évêque papable, un président ou un ministre.
- La Total Package of Jet-Set : 50 000 €. Lancement commercial (lettres de dénonciation à amis et collègues, pigiste de La Voix du Nord qui fait un article), location d'un juge d'instruction pour une demi-journée.
- La President of The United States : réservée uniquement aux 100 000 premiers abonné(e)s. 100 000 €. Descente de police, enlèvement par un contre-commando "à l'accent étranger prononcé", fausse exécution avec balles à blanc et ketchup rouge, photo, enterrement, résurrection le troisième jour. Listing gravé sur une pierre tombale en sucre glace, pour la manger avec les amis à la fin de ce calvaire.
SA au capital intellectuel solide, Siret : inscription en cours, règlement par chèques accepté.
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Par Docthib,
lundi 15 mai 2006 à 13:25 :: Blog
Mots-clés :
Discussion avec le Président après mon cours de MBA. Le seul que j'appelle Président, parce qu'il est président d'une institution qui a instauré
la Romain Millet (à ne pas confondre avec
le Romain Millet, que j'ai connu, et qui est le créateur génial de
la Romain Millet).
J'avoue au Président que j'essaie de publier un thibillet chaque jour. Il me dit "wahou, il faut avoir des choses à dire". Non, ce n'est pas mon problème. Il faut plutôt le temps pour les dire. Mon problème - chronique, et historique - n'est pas d'avoir des idées déconnantes, mais de prendre le temps de les retranscrire. Mais c'est vital pour moi, et c'est un des
objectifs de ce blog, tel que je l'expliquais au Président hier soir :
- servir de soupape à idées : j'ai trop d'idées dans la tête, paf, un thibillet, ça va mieux, ça allège la pression (15 bars dans le cerveau, en période prolifique)
- servir de base de données : l'autre jour, en rentrant la poubelle, je voyais le gazon que j'ai planté, et je me souvenais d'une obscure phrase sur les chinois, le taoïsme, et le fait que les paysans entendent l'herbe pousser. Et tout à coup, souvenir : j'avais écris un thibillet là-dessus ! Voilà, c'est une base de données en ligne, que je peux consulter (cf. lien "recherche") et qui m'aide à ne pas réinventer la roue.
Si l'on m'en donne le temps...
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Par Docthib,
lundi 15 mai 2006 à 08:36 :: Hahaha
Mots-clés : Houmor, Informatique, Maux, Techno
Et comme il faudra bien que nous rechargions notre batteries,
rien de tel qu'une prise USB.
PS : et aucun risque de dégagement d'H
2S...
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dimanche 14 mai 2006
Par Docthib,
dimanche 14 mai 2006 à 22:38 :: Photo
Mots-clés : Cailloux, Maux, Photo
H5N1
A force de manger du E330 dans des emballages PVC
Des OGM enrichis en vitamines et regazéifiés au H2S
Nous développerons un exosquelette de couleur vive
et nous emprunterons les canaux de la Seine
pour rejoindre notre travail.
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vendredi 12 mai 2006
Par Docthib,
vendredi 12 mai 2006 à 19:54 :: Blog
Mots-clés : Blog, Houmor, Perso, Photo
C'est la guerre. The ultimate war, my friend. Nerik,
un jeune escroc, formé dans une
école d'escrocs, par un
escroc, a publié
un article diffamant.
Sachant que le ridicule ne tue pas, dans cette escalade de la violence (b)logique, je réponds :

Parmi les quatre personnes suivantes, qui ressemble le plus à Albert de Monaco ? Et je donne quelques indices. Sur ces 4 personnes :
- 3 vivent en couple
- 2 sont très riches
- 3 vivent en France
- 1 a joué dans l'armée des 12 singes
- 1 doit écrire un billet sur les singes
- 2 ont écrit des romans
- 2 sont mariés
- 1 est divorcé
- 2 enseignent la finance
- 4 sont adulés par les foules
Voila, Nerik et ses âmes damnées, ça c'est de l'étude scientifique...
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Par Docthib,
vendredi 12 mai 2006 à 12:03 :: Perso
Mots-clés : Citation, Perso, Questions, Réflexions
Quand je travaille chez moi, j'ai faim très tôt. Donc je fais bouillir de l'eau vers 11h30, et j'avise les bocaux à riz : y a pus de riz dedans. Rusé comme l'indien comanche francilien, j'ouvre en sifflotant le-grand-tiroir-coulissant-bordélique-du-bas et pêche dans ses profondeurs obscures un paquet de riz basmati équitable, du genre "comme on fait dans l'équitable, on va faire un emballage pourri". J'ouvre, j'extirpe le sachet, et je pare au plus pressé : verser le riz (équitable) en pluie fine dans mon eau (communale) bouillante. Et là, comme je suis débonnaire et de belle humeur, je me dis "allez, un bon geste, je vais remplir le bokalari (le bokalari basmati, car il y aussi un bokalari complet et un bokalari thaï. Tous trois sont vides).
Dévissage du petit couvercle, et surprise : une petite tache blanche qui bouge. Une araignée commune, mais blanche comme un navet, a son petit coeur qui bat la chamade, au fond de mon bokalari. Je m'en vais la colloquer dehors, avec son teint d'albinos, elle file sous une marche pour éviter le soleil, voilà ça c'est fait.
Maintenant, les deux questions cruciales, et la sous-question qui va avec :
- Comment a-t-elle fait pour rentrer dans le bokalari vide, et fermé ? Je sais qu'il était fermé, puisque je l'ai ouvert. Bon, je passe cette question, on va dire que l'araignée était un petit oeuf qui a éclos dans le bocal, et ne me demandez comment le petit oeuf est arrivé là, ça va devenir torride. Comme le dit Guy Bedos "quand Papa a mis la petite graine dans le ventre de maman, Papa était loin de se douter que quelques années plus tard, la petite graine chausserait du 46 et mangerait un bâtard pour son goûter".
- Combien de temps ça vit, une araignée ? Vous allez me dire, "va voir sur Wikipedia, toi qui n'as que ce mot à la bouche". Je répondrai "j'en ai d'autres en l'occurence, là, tout de suite, lecteur éméralope (repentir : on écrit héméralope, merci Nerik et Julien T)", mais je précise ma question avec une sous-question :
- Combien de temps ça peut vivre, une araignée, sans manger ?
Parce que le bokalari, ça doit bien faire 1 mois qu'il est vide, et fermé. (entendons-nous : ça fait un mois qu'il est fermé. Vide, non, puisque qu'il y avait l'araignée, ou l'oeuf. m'enfin, y avait pas de riz qu'elle aurait pu bâfrer).
Ou alors, il y avait aussi quelques oeufs de mouches, moustiques et autre provende dans le bocal, et l'oeuf éclos d'araignée s'est boulotté les oeufs éclos de mouche, moustique et autre provende.
Mais il n'y avait aucune coquille au fond du bocal. Si c'est pas une preuve...
Bon, donc voilà, au turbin. Je sais que la tique peut vivre des années sans manger, mais c'est-y possible qu'une araignée basique (
arachnea domestica albinosa) vive et croisse pendant un mois sans boulotter ?
M'étonne, quand même.
Repentir : autre hypothèse qui me traverse l'esprit, en attendant que la température du riz basmati baisse : peut-être qu'il a des oeufs d'araignée dans le liquide vaisselle qui m'a servi à nettoyer le bocal il y a... quelques années ? Ne riez, bande d'ineptes : si
une tarentule peut se loger dans une oreille (et c'est TF1 qui le dit, donc c'est forcément vrai), tout est possible. (lisez notamment les commentaires...)
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jeudi 11 mai 2006
Par Docthib,
jeudi 11 mai 2006 à 11:41 :: Livres
Mots-clés : BD
Je me suis lu d'une traite les 5 BD de la série
Le Tueur (
Long feu,
L'engrenage,
La dette,
Les liens du sang,
La mort dans l'âme), série qui hélas m'a l'air d'avoir été mise en sommeil (dernier tome paru en 2003).
J'ai beaucoup aimé, avec des points positifs et (quelques) points plus discutables :
Points positifs :
- C'est très bien dessiné, en tout cas, le type de dessin que j'aime : de la ligne claire, sans bavures ni à peu près pour se la jouer branchouille. Ce qui n'exclut pas de l'inventivité : il y a des effets très graphiques, des découpages d'images très cinématographiques. Et puis les couleurs, riches, et les surimpressions, les effets de transparence, donnent beaucoup de qualité à l'ensemble. Pour prendre une analogie cinématographique, je dirais que c'est le fruit d'un travail entre un metteur en scène, un directeur de la photographie, et un chef-op pour la lumière. Ce que j'aime par exemple dans les films de Steven Soderbergh.
- Le personnage central, le tueur, est très plausible, et malgré son amoralité (au sens littéral du terme, il choisit de ne pas avoir de jugement moral), il est... non pas attachant, mais plausible, compréhensible. Je trouve son itinéraire pas si délirant que cela, il aurait pu devenir cadre-sup, avocat, non, il est devenu tueur à gages, cela s'est joué - comme cela arrive plus souvent qu'on ne le pense dans la vie - à être dans un certain endroit, à un certain moment.
- La plupart des personnages sont bien esquissés, on n'en sait pas trop sur eux, mais le dessin de leurs visages, avant même les mots qu'ils disent, donnent le sentiment de bien les connaître. On n'est pas loin de la morphopsychologie (mais ça, c'est mon délire), je veux dire que quand Jacamon dessine un personage, on se dit par exemple "Tiens, voilà un vieux beau dangereux". Dans ce travail, cela n'égale probablement pas les animaux humanisés de Blacksad (superbe série), mais il y a une vraie recherche de "gueules".
Points plus discutables :
- Je n'apprécie pas forcément cette BD centrée sur un personnage amoral. Quoiqu'on en dise (oeuvre de fiction, distanciation) rappelons-le : tuer, c'est pas bien. Même si je peux entendre les circonstances vaguement atténuantes du "héros" (en gros, il nettoie la planète de quelques salauds), je suis mal à l'aise. D'abord parce qu'il y a une opposition entre deux leitmotivs du héros ("je ne cherche pas à savoir pourquoi je dois tuer telle personne" / "Je (ne) supprime (que) des salauds"). Ensuite, parce que son cynisme sur notre monde (que je partage, pour partie) est assorti d'un choix, qui est de se défendre seul et de se désintéresser du reste. Il y a un côté "je m'en lave les mains", que je ne condamne pas (après tout, chacun sa vie), mais que je trouve incompatible avec des discours du type "j'ai des valeurs (amitié, liens)". Enfin, parce que c'est trop facile, et idéologiquement dangereux, de faire un mélange des genres, du type "je suis payé, mais en même temps, j'ai une mission d'utilité publique, je suis un nettoyeur de la lie de l'humanité". Non, coco, tu es un tueur sans valeurs. Je peux comprendre tes motivations, mais ne me demande pas de t'admirer.
- Les BDs se lisent vite. Je pense que c'est parce qu'elles sont fluides, bien dessinées, mais il y a aussi, peut-être, une trame un poil trop simplifiée. C'est difficile à mesurer, parce que c'est un vrai travail graphique, et c'est toujours frustrant d'imaginer que le dessinateur a passé des mois à construire un volume que l'on s'est avalé en 20 minutes...
En conclusion, une bonne série, qui m'a bien plu. Mes bémols pourraient de toute façon être appliqués à d'autres séries, où ce que j'ai reproché ici est d'autant plus pernicieux, que dans ces autres BDs, il n'y a pas le discours assumé du héros comme ici.
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mercredi 10 mai 2006
Par Docthib,
mercredi 10 mai 2006 à 12:06 :: Caillou
Mots-clés : Cailloux
le matin dans la rame
Tous ces gens avec des walkmans
qui font des bruits de machines à coudre
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mardi 9 mai 2006
Par Docthib,
mardi 9 mai 2006 à 14:09 :: Perso
Mots-clés : Cocktail, Perso
La semaine dernière, discussion arrosée autour d'
Ernest Hemingway (c'est parti de la mention du
Hemingway Bar, un lieu que j'affectionne), et j'apprends à cette occasion que Papa Ernest aurait inventé plusieurs cocktails, dont le "Ernest" (ou
Daïquiri amer ?), qui se décrit comme suit : "c'est un daïquiri avec double dose de rhum". Pour qui ne sait pas ce qu'est un daïquiri, passez votre chemin, mon propos n'est pas là.
J'étais déçu qu'un grand écrivain, créateur de cocktails, donne son nom à
une variante. C'est comme si je disais "j'ai inventé le
Bloody Chris, c'est comme un
Bloody Mary, mais au lieu de mettre de la vodka, on met du gin..." Bonjour l'originalité.
Et donc, la semaine dernière, dans le feu de l'action, j'ai composé la recette (théorique, je n'ai pas encore testé) de mon premier cocktail, que j'appellerai
Magnolia.
- Pilez du gingembre confit
- Délayez du jus de citron vert
- Touillez avec élégance, ou furie barbare, suivant l'humeur et vos convives
- Ajoutez trois glaçons
- Versez doucement du Gin, jusqu'à recouvrir le glaçon le plus haut (ou arrêtez-vous 1 cm avant le haut du verre)
- ajoutez deux feuilles de menthe fraiche
Prévoyez un dip (ex : crudités à tremper dans un bol de fromage blanc aux fines herbes) pour rafraichir tout cela, ou bien un méchant vieux Chorizo pour attaquer les papilles. Et demandez à Firmin de mettre en marche le ventilateur au plafond.
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vendredi 5 mai 2006
Par Docthib,
vendredi 5 mai 2006 à 14:05 :: Finance
Mots-clés : Finance, Prof, Réflexions
Depuis quelque temps, j'ai l'impression de perdre du sens, et des auditeurs, dans mes cours. Un sentiment de redite - classique chez un prof - m'étreint. Ayant l'impression d'être moins intéressant, je suis moins motivé, donc moins intéressant, etc. Alors je me dis, tel le Phénix moyen : réinventons-nous. Si en 13 ans, je n'ai pas réussi à avoir le même support de cours pendant plus de 6 mois, ça veut dire qu'il y a
toujours quelque chose à améliorer, changer, supprimer. Surtout supprimer. Je me souviens d'un manuel américain qui, dans sa 2ème ou 3ème édition, se vantait
d'avoir réduit son nombre de pages. Il avait entièrement raison (et pas seulement parce que c'était un manuel de compta).
Je liste donc ici quelques points, quelques pistes de réflexion :
- plus le temps passe, plus je deviens adepte du learning by doing (l'apprentissage par le faisage, ou l'apprentissure par la facture. plus celle-ci est salée, plus on apprend). Maintenant, le teaching by doing (l'enseignance par faisance) est difficile à développer, car il présuppose une certaine liberté (celle de laisser l'étudiant se tromper, ou errer) tout en gardant à l'esprit un fil, non, pas bon, un ensemble de concepts qu'on veut faire passer. C'est ça, il n'y a pas de chemin absolu, mais clairement, des points de passage.
- mes séances d'intro à la finance, autrefois unanimement (c'est-à-dire, par ma seule voix) considérées comme des modèles de clarté et de synthèse, deviennent, à mes yeux au moins, une suite de sentences assénées et d'exemples desséchés usés jusqu'à la corde. De plus, et c'est là où le couteau virevolte dans la plaie, cela m'a l'air complètement déconnecté de la séance 2, où l'on se mange direct des Mathématiques Financières.
- Hier soir en live, j'ai été défié sur l'efficience des marchés, et - probablement parce que j'en ai beaucoup parlé, en cours et ailleurs - je n'ai pas été très bon à la réponse. Je veux dire, bien sûr que j'ai été incroyablement bon, excellent, et tout et tout, mais en me mettant à la place du questionneur, je me dis "ce n'était pas convaincant". Ce matin aux lieux d'aisance, j'ai mis le doigt sur le problème : plutôt que de partir bille en tête sur la création de valeur, on devrait commencer par l'être humain, la rationalité (supposée, et de toute façon limitée) et l'efficience. Si j'arrive à montrer que l'efficience des marchés est une conséquence logique de ce que l'on sait sur la manière de raisonner de l'être humain, je pense que je retrouverai mon état de Phénix aux ailes dorées.
Donc je commence à glaner des articles sur les singes (les vrais, pas certains de mes collègues) pour appuyer ma réflexion future.
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jeudi 4 mai 2006
Par Docthib,
jeudi 4 mai 2006 à 23:54 :: Caillou
Mots-clés : Cailloux, Perso
Mousse dorée sur un flot brun
Grains torréfiés, concassés, filtrés sous pression,
breuvage substrat, concentré, entier.
Remuer son café, pour le plaisir de casser le reflet en une multitude de miroirs
Un tissu de soie sous la pluie.
Café en bouche, liqueur de bois acidulé,
cigare doux humidifié.
J'aime boire du café, car cela me rappelle tous les cafés que j'ai bus.
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mercredi 3 mai 2006
Par Docthib,
mercredi 3 mai 2006 à 23:04 :: Citations
Mots-clés : Citation, Musique
... que je voulais citer
Nougaro, qui est - une fois de plus - d'actualité.
Les poumons du printemps exhalaient leur première haleine de peste paradisiaque.
Claude Nougaro, dans Plume d'ange, musique de J.-C. Vannier, 1977.
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Par Docthib,
mercredi 3 mai 2006 à 17:09 :: Blog
Mots-clés : Blog, Internet, Perso, Prof
Voilà, ça y est, ce blog a atteint sa vitesse de croisière. Je ne parle pas des quelques 80 thibillets déjà pondus, ou des 6-10 dans les tiroirs, ni des apports futurs si les petits piranhas ne me mangent pas (changer la cosmétique, publier mes nouvelles voire mon roman, passer sur une plate-forme dans l'espace et coloniser Callisto, satellite de Jupiter...).
Je parle de la reconnaissance absolue, éternelle, absolument pas éphémère, d'
un billet sur un autre blog. Voué, voué, y en a un qui m'a trouvé, comme ça, hop, par hasard.
Par delà 13 ans (?), un ancien élève - euh, comment dire - "pas spécialement intéressé par la finance, et peu regardant sur les horaires et les présences en cours" (ces deux points montrant la maturité qu'il possédait déjà, il était affranchi d'un système dans lequel nous courons tous comme des hamsters dans leurs petites roues en nous disant "cours, camarade, le vieux monde est derrière toi"), donc, bref, arrêtez de m'interrompre dans ces ouvertures de parenthèses, lui, là, il m'a trouvé et m'a croqué. Tel le grand méchant loup face au petit chaperon rouge que je suis, il m'a ramené 13 ans en arrière, quand je n'avais pas de doctorat, mais encore des cheveux, et quand on avait - ô grand luxe - une messagerie électronique interne à l'école, un truc complètement dingue, on pouvait envoyer un message
électronique (pas un fax, non,
un texte écrit sur ordinateur) à n'importe quelle personne de l'école, c'était fou, pour nous, le summum de la communication. Internet ? Euh, on aurait dit que c'était une marque de lessive, du genre : (musique pimpante, avec des trompettes)
Il passe entre les mailles, et rend les chemises proprettes,
en poudre ou bien liquide, je chéris Internet
Et maintenant, le petit Ari est devenu un
bloggueur, il a bossé pour des dot com (comme tout le monde) mais c'est fini (comme tout le monde), il aime bien
Brice de Nice, il a même son permis de conduire, c'est dire s'il a réussi dans la vie. Content de t'entendre par la voie cyber, amigo.
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mardi 2 mai 2006
Par Docthib,
mardi 2 mai 2006 à 16:37 :: Informatique et Internet
Mots-clés : Internet, Maux, Mots
L'heure est aux néologismes. Entre chien et loup, dans un lieu improbable, Vanessa m'a avoué que Robert prônait le terme "Fondamentaux" comme substantif ("cette maison a des bons fondamentaux", "les fondamentaux de cette société se sont dégradés"). J'ai déjà dit,
en évoquant ce couple maudit, pacsé contre nature, que tout cela c'est de la paresse : là où Vanessa défend la langue française, Robert, tel le Caterpillar moyen, va au plus simple. La vie humaine moderne est faite de telle manière que Robert, têtu et bas du front, gagnera toujours. Pourtant, au détour d'une pensée, me vient le terme "fondement". N'est-ce pas plus poétique de dire "cette maison à de beaux fondements" ? Cela me rappelle un inspecteur irlandais, dans un roman noir américain des années 50, qui rencontre une jeune créature comme on n'en fait plus (90-60-90, blonde et fraiche) et qui dit "Vingt dieux, la belle église !"
Comme quoi, entre architecture et harmonie voluptueuse, il y a des connivences. Sans parler de la quête spirituelle. Et cela a tout de même plus de gueule que "cette jeune fille a de bons fondamentaux", on aurait l'impression d'un expert-comptable qui drague.
Mon propos d'aujourd'hui n'est pas de résoudre la querelle sémiologique entre Vanessa et Robert, mais de souligner que l'on a le droit de créer de nouveaux mots, pour peu qu'ils sonnent bien. Il y a deux ouvrages qui me plaisent, et qui vont dans ce sens :
Le Mokimanké et
Le Baleinié (
tome 1 et
2).
Je m'y essaie donc aujourd'hui, car il y a urgence.
Je suis littéralement assailli. Ma boite mail reçoit 40 mails par jour. Je m'absente pour faire 7h de cours, paf, 40 mails. Je rentre chez moi le soir, et dans la boite aux lettres physique, paf, 10 lettres. A la fin de la semaine, il y a 50 lettres sur la table du salon, et 200 mails dans ma boite mail. Je recherche donc le terme approprié pour décrire cette situation, qui pourrait se décrire par "plus que tu en expédies, plus qu'y en a qui arrive". Un brainstorming rapide me donne comme images :
- l'hydre de Lerne, dont chacune des multiples têtes repousse dès qu'on la coupe
- le tonneau des Danaïdes, châtiment sysiphien
- Gaston Lagaffe qui, ayant mis en marche la photocopieuse moderne, se retrouve expulsé par un flot de feuilles, et qui crawle pour remonter le courant
- les cadres stressés qui sont en overburn, c'est-à-dire tellement fatigués qu'ils ne peuvent plus récupérer en une nuit de sommeil, il leur faut au moins une semaine de vacances. Le problème est qu'au retour des vacances, ils auront 5 445 mails et 741 post-its qui les attendent, sans parler du Blackberry qui leur grelotte dans la culotte et du portable qui joue à plein volume "La marche turque" toutes les 10 minutes.
Je propose donc le terme
over-danaïdes. Depuis plusieurs semaines, je suis en over-danaïdes, ça dégueule de partout, mon bureau ressemble à un mélange de Beyrouth Ouest en 1990 et de la Bibliothèque de Babel, façon
Borges.
Mais je m'attaque au problème, plutôt que de vagir. Là où le tâchon de bâse essaierait de réduire le flot ("je remplis plus vite le tonneau sans fond, on sait jamais, des fois qu'il se bouche"), moi j'attaque à la source : je cherche le substantif qui va bien. Car circonscrire le phénomène, c'est l'enfermer, voire l'annuler.
J'aime bien "je suis en over-danaïdes", mais si quelqu'un a mieux, je suis preneur... (ceci est un appel au peuple).
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lundi 1 mai 2006
Par Docthib,
lundi 1 mai 2006 à 23:59 :: Réflexions
Mots-clés : Citation, Musique, Prof
Je n'aime pas jardiner, et j'aime rarement bricoler. Cela ne veut pas dire que je suis un manche, mais c'est une question de motivation. Et puis de temps en temps, l'éclair, la force indomptable, ça peut arriver le dimanche midi alors que je suis encore en guêpière, hop, j'abats de l'ouvrage. Hier par exemple, des amis étaient encore là, on venait à peine de quitter la table (à 17h, ça vaut mieux) et le jardin (dieu sait si je m'en fous habituellement) m'a semblé être à point, la lumière de fin d'après-midi dorait des zones de terre grasse, avec quelques pousses qui osaient pointer leurs petites feuilles aventureuses, on est naïf à cet âge-là.
J'ai attrapé le scarificateur et ai retourné la terre puissamment, tel Auguste le Semeur. Hop, la boite de gazon pour faire pousser à l'ombre (une escroquerie du marketing, paraît-il) et en avant Auguste, vas-y comme je te pousse, comme le dit le grand philosophe Francis Cabrel "Moi je voudrais que l'on s'aime... des graînes de folie".
Il en va de même pour la correction de copies. Travail peu noble, fastidieux, ultime, celui qu'on repousse jusqu'à la dernière minute. Celui qu'on accouche dans la douleur, ou dans la sérénité. Tout est question de decorum et de préparation. Voici ma check-list :
- une sieste dans l'après-midi, avec cette arithmétique paradoxale, mais juste, que le temps perdu à dormir dans l'après-midi permettra de passer une partie de la nuit à corriger
- personne dans l'entourage, tout le monde est au dancing, ou couché
- de la musique, préférentiellement le coffret Tracks de Bruce Springsteen (avec 4 CDs, j'ai de quoi avaler des paquets de copies)
- quelque chose à boire, ou à manger, à portée de main
- un bon siège (ce soir, c'est par là que ma sérénité est entamée, en même temps que mon fondement)
Tout est dans l'harmonie : dans les bonnes conditions, c'est un plaisir de planter du gazon... ou des étudiants.
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