vendredi 28 avril 2006
Par Docthib,
vendredi 28 avril 2006 à 21:23 :: Réflexions
Mots-clés : Livres, Polar
Je me suis livré, il y a peu, à une
taxonomie foutraque sur le roman noir, dans laquelle je mettais dans la même case George Simenon et Sébastien Japrisot. Eh ben non. J'ai lu
La dame dans l'auto, du dit Japrisot (édition de 1966, celles d'après titrent "La dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil"), et ce n'est pas comparable à Simenon, mais c'est très bien. L'écriture est superbement angoissante, humaine, l'intrigue est vraiment prenante, avec son héroïne qui semble vivre dans un monde de rêves éveillés, qui ne sait plus qui elle est. Le dénouement est à la hauteur de l'attente, et la pirouette finale est bien sympathique. Au delà de l'histoire, très bien construite, j'ai (re)découvert un auteur très observateur, qui croque des attitudes, des situations, très bien observées. Alors oui, je persiste, Simenon et Japrisot marquent un tournant entre les romans noirs à la papa (argot, hommes, souris, casses) et la déliquescence des années 70 (sexe, zone, déprime). Même si je trouve que Simenon est l'installeur d'ambiances par excellence, celui qui fait sentir en quelques phrases un brouillard humide, une lumière dans la nuit, ou une atmosphère de bistrot, je reconnais à Japrisot de savoir s'installer dans les têtes, et trouver le ton de la musique mentale de chacun.
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jeudi 27 avril 2006
Par Docthib,
jeudi 27 avril 2006 à 07:40 :: Réflexions
Mots-clés : Réflexions
Hier matin, en pleine discussion en espagnol avec Magdalena, j'évoque tout-à-coup (en espagnol, excusez du peu) un de mes drames intellectuels : je n'ai jamais vu un stylo-bille arriver à bout de son encre. Cela fait plus de 30 ans que j'utilise des stylos-bille, je préfère de loin le stylo-plume, mais ce n'est pas facile d'être un raffiné dans un monde de brutes en plastique. Donc des stylos-bille, j'en ai vu des floppées me passer par les pognes, et de l'encre, ils en avaient, si toutes les taches remontaient à la surface de ma peau, tel un MacBeth inversé, je serais plus léopard qu'humain.
Mon drame : malgré cette utilisation effrénée de stylos-bille, je ne suis jamais arrivé à bout de leur encre. Une situation du genre "je suis en train d'écrire, tiens, ça n'écrit plus, je gratouille le papier, non, vraiment, y a pus d'enc', je regarde, bon sang, le petit tube en plastique est tout transparent, l'encre elle a parti". Jamais ça ne m'est arrivé.
Je sais ce que me diront certains lecteurs sagaces, certaines lecteuses ratiocinantes : "c'est parce qu'on te les pique, tes stylos, eh abruti !" Je réponds : d'abord, parle-moi meilleur, roulure, et ensuite mais moi aussi je pique les stylos des autres, les guichetiers, les collègues, les marchands de quatre saisons, les employés de l'Urssaf, dès que je peux, je chourave.
Je m'en ouvre (en espagnol, disculpe me) à Magdalena, et l'interroge sans forfanterie : dites, estimada Magdalena, ça vous est-y arrivé de voir un stylo-bille se vider de son encre ultime sous vos yeux ? Réponse de l'interrogée, après réflexion : "une fois". Une fois, c'est peu (Magdalena a à peu près mon âge, à quelques poussières près). Et de surcroît, si elle s'en souvient, c'est bien que la situation était exceptionnelle !
Où disparaissent donc les stylos-bille avant qu'on ne les voie agoniser ?
Ma réponse : il existe quelque part, dans un pays lointain, un cimetière des stylos-bille. Quand un stylo-bille se sent sur la réserve, qu'il n'en a plus pour longtemps, il s'achemine, furtivement, de nuit, par les sentiers désolés, bavant une encre qui s'éclaircit sous sa petite bille au carbure de tungstène, vers le Cimetière des Stylos-Bille. C'est un endroit mythique, que quantité d'explorateurs ont cherché sans jamais le trouver, ils ont terminé chez les réducteurs de têtes chercheuses, ou sous le coup d'un redressement fiscal. Il existe quelque part sous la lune une vallée primitive, où les ossements de plastique des stylos-bille brillent d'un éclat argenté.
Le recyclage n'est qu'une fable assénée par nos hommes politiques pour nous faire croire que nous vivons dans un monde rationnel, mais ils n'arrivent plus à masquer leur incompétence, eux non plus ne savent pas où se trouve le cimetière des stylos-bille...
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mercredi 26 avril 2006
Par Docthib,
mercredi 26 avril 2006 à 02:02 :: Caillou
Mots-clés : Cailloux
C'est le printemps.
Retour de virée.
La rue sent le pain d'épices.
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mardi 25 avril 2006
Par Docthib,
mardi 25 avril 2006 à 13:50 :: Réflexions
Mots-clés : Photo, Réflexions
Pendant ces vacances, j'ai rencontré Vanessa, qui est redoutable. Elle traduit des oeuvres de haute qualité culturelle, avec un souci des barbarismes, solécismes et autres impropriétés qui me laisse pantois (et pour tout dire, plutôt jaloux). Elle travaille aussi avec Robert, qui est un gars (je n'en sais pas plus). Robert est partisan de s'adapter aux nouveaux mots, voire, de les introduire dans le vocabulaire. Vanessa est plutôt contre, mais quand elle prend un dictionnaire pour soutenir son propos, il n'est pas rare qu'elle soit déçue : le mot, dans son acception actuelle, existe déjà.
Exemple : normalement, une alternative est composée de deux choix possibles, ou deux options (Non, on ne parle pas de finance). "J'ai deux alternatives", comme on l'entend parfois, signifie précisément "j'ai quatre choix". Hélas, dans le français parlé, "alternative" devient synonyme de "choix". Vanessa s'est battue, Vanessa a perdu (mais connaissant sa mauvaise foi patente, elle a dû refuser de l'admettre). Tous les dictionnaires qu'elle a consultés (Littré, Larousse, ... et Robert) proposaient notamment le sens "choix".
Je suis farouchement contre toute progression irraisonnée du vocabulaire, toute anglicisation à outrance, car dans la majorité des cas,
le mot français correct existe. Et puis je trouve plus gratifiant d'élargir son vocabulaire en puisant dans le Littré, plutôt que d'essayer de battre son record à
Total Doom Predator. Par exemple, hier, en formation permanente, j'ai un participant qui a parlé de "cafuter un stock". N'est-ce pas beau ? (j'espère que c'est dans mon Littré antédiluvien).
Repentir : arh, ce n'est pas dans le Littré en 5 volumes (1920 ?), ni dans le Larousse encyclopédique en 4 volumes (1908), je suis au désespoir ! Heureusement, le Wiktionaire sait tout...
J'en reviens à Vanessa, elle se délecterait d'apprendre ce qui suit. Comme vous le savez, lecteurs assidus, je me suis acheté
un appareil photo numérique qui fait des
photos numériques. Comme je suis un nain technophile, je l'ai pris en main sans ouvrir le manuel. Ce week-end, sur la route, je potassais enfin le dit manuel. Et là, je dis chapeau, voilà comment Nikon crée du vocabulaire. Ils nous ont forgé un petit verbe de derrière les fagots, simple, efficace, et qui manquait tellement. Photor.
Exemple 1 : "si vous voulez photor un sujet en mouvement, ..."
Exemple 2 : "quand vous photose un sujet éclairé ..."
J'ai donc, pour une fois, une motivation pour lire entièrement un manuel d'instructions : j'aimerais bien percer à jour le mode de conjugaison du verbe photor ("vous photose" me plaît énormément).
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lundi 24 avril 2006
Par Docthib,
lundi 24 avril 2006 à 20:24 :: Perso
Mots-clés : Perso, Photo
Bilan de cette semaine de vacances :
- 38 ans sonnés lundi
- un fut de 20 litres de bière éclusé (ça ne pardonne pas, de louer un ancien hôtel restaurant avec une tireuse à bière et un percolateur)
- plus de 1 280 photos numériques prises (je vous rassure, j'ai dû en jeter... 10%)
- 18 personnes en phase haute, 10 personnes en phase basse
- deux montages de deux vidéos numériques (durée totale : 17', Lawrence d'Arabie n'est pas loin)
- 48' de jogging (en une seule fois)
- des nuits de 10h (sauf celle où mon fils a tartiné son pyjama et son lit de ses humeurs)
- 8h de route à l'aller, 10h de route au retour (pause à Poitiers)
- 600 € pour un Toyota Corolla 2 000 km, chez Rent A Car
Et au retour (soupir)
- 4 message sur le répondeur
- 200 mails dans ma boite (sans compter les 500 mails sur les mailing-listes d'openoffice)
- 28h de cours à faire cette semaine
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vendredi 14 avril 2006
Par Docthib,
vendredi 14 avril 2006 à 15:17 :: Perso
Mots-clés : Blog, Perso
Je ne sais pas si c'est l'effet du
marathon, de la fin de mon cours d'
analyse financière et boursière ou de la présence de certains pénibles à mon travail, mais je me sens un peu flappi. Le ludion hystérique en salle de cours est loin, le philosophe débonnaire est aux abonnés absents, reste juste un être humain, pétri de contradictions, et aspirant à la simplicité. C'est pas donné. Donc il faut recourir aux grands remèdes : une location de vacances dans un lieu déserté mais face à la mer ; une maison de 7 chambres doubles (oui, sept, sans compter les lits individuels) ; une tireuse à bière (j'ai commandé un fût de 20 litres de 1664, on verra au bout de deux jours s'il y a besoin de passer aux fûts de 30 litres) et un percolateur pour les expressos. J'oubliais le plus important : une floppée de copains débarquant en train, chignole, monospace, twingo, ludospace, ford fiesta, coccinelle volkswagen, tricycle. Et tout cela tombe bien, même si je ne leur ai pas dit : lundi, j'aurai 38 ans. Voui, voui, je sais, je ne les parais pas, je me mets des masques de concombre sur le visage chaque matin comme le fêlé d'
American Psycho (film que je viens de voir, juste avant
L'âge de glace II, et autant
L'âge de glace II m'a plu, autant
American Psycho m'a semblé enflé et nauséeux comme un pudding cuisiné avec des oeufs de cane atteinte du H5N1). Bref, dans le monde réel des personnes qui ne travaillent pas à Wall Street, on va se boire unes bières à ma santé, et je m'en réjouis d'avance.
J'emporte aussi l'ordinateur portable (enfin, le transportable, celui qui pèse 3 kg), le
Nikon D 100, un carnet de notes, le Palm Vx que m'a offert une collègue adorable, et quelques livres, dont le Sébastien Japrisot que je suis en train de lire avec plaisir.
Je sais bien que vous êtes tous/toutes en train de pleurer à grosses bulles, mais il n'y aura pas de thibillet pendant une semaine. Cela vous reposera, et moi aussi. Essayez de vous sevrer, comme j'essaierai de le faire. Hasta la vista.
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Par Docthib,
vendredi 14 avril 2006 à 10:52 :: Livres
Mots-clés : BD
Merci à
Pepita de m'avoir fait découvrir, il y a plusieurs vies, une
saga de BD comme je n'en ai jamais vu. Exit les
Garulfo ou
Lanfeust, je trouve que là, on est bien au-dessus. Etant un fan d'
Edmond Rostand, tombé dans
Cyrano quand il était petit (pas si petit, mais bon, c'était dans le bibliothèque de ma grand-mère, je l'ai lu juste après
Le Salteador de Victor Hugo), je ne pouvait que vibrer à cette BD qui est un monument de déconne, de références et de dessins superbes. Non, je ne touche pas de commission.
Cela ne dira probablement rien à vous tous, qui avez des cerveaux de poulpes adolescents, mais quand le Captain Boone parle à son second, Mr. de Cigognac, j'y vois immédiatement la référence aux titres de Cyrano, Baron de Sigognac... et autres états et empires du soleil.
Un site amateur (littéralement, "celui qui aime") recense les références et autres correspondances de la saga
De cape et de crocs. Je ne saurais dire le plaisir que j'ai eu, que j'ai, à lire ces BDs. Certes, il y en a d'autres qui me plaisent, depuis des années :
Corto Maltese,
Blacksad,
toutes les BDs de Cosey,
Sillage,
les BDs de Bilal, et je ne veux pas oublier les délires du
Génie des Alpages ou même
Tintin ou
Lucky Luke, dont j'ai des exemplaires originaux et historiques des premiers albums (La mine d'or de Dick Digger, Rodeo, Arizona).
Je veux juste dire qu'il y a une BD qui m'a fait éclater de rire la première fois que je l'ai lue, et c'est tellement bon d'avoir un fou-rire qu'il ne faut pas l'oublier. Je veux remercier Jean-Luc Masbou et Alain Ayroles à qui, pour reprendre les derniers vers de Cyrano de Bergerac, "je serrerais bien la main".
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jeudi 13 avril 2006
Par Docthib,
jeudi 13 avril 2006 à 19:15 :: Caillou
Mots-clés : Cailloux
C'est le printemps au jardin.
Mon cerisier en fleur
Convoque le Fuji-Yama.
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mercredi 12 avril 2006
Par Docthib,
mercredi 12 avril 2006 à 18:31 :: Livres
Mots-clés : Livres
Sur les conseils de Nerik, qui pointait aussi vers
la critique d'une jeune créature, j'ai commandé et lu
Les miscellanées de Mr. Schott, de l'éponyme (oui, je sais, ce n'est pas utilisé dans son sens correct) Ben Schott (éditions Allia, 2006, 162 p.). Ce petit livre OLNI a des côtés sympathiques, mais peut-être parce que l'on me l'avait sur-vendu (sacré Nerik), je suis resté un peu sur ma faim.
Points forts
- Un côté fourre-tout amusant. Oui, c'est vrai, ces miscellanées sont divertissantes, d'autant plus que l'on se surprend de temps en temps à se dire "mais oui, c'est utile d'avoir mis cette information, elle me servira" (mais je vous avoue que la liste des fournisseurs de la Reine d'Angleterre, je ne vois pas comment je vais réussir à le caser...) Cette idée d'arbitraire choisi et ordonné, je la trouve particulièrement puissante.
- Un jeu de société. J'ai testé de laisser traîner ce livre sur un de mes nombreux canapés dans un de mes nombreux salons : ça marche, quelqu'un s'en empare, et cela lance une discussion amusée, à mi-chemin entre la lecture, le débat, et l'amusette.
- Une forme à part. Tout, dans le format, la mise en page, le choix de la police, la disposition des textes et figures, est le fruit du choix de l'auteur. C'est une véritable oeuvre, au sens où l'on n'a pas la dichotomie traditionnelle "l'auteur s'occupe du fond, l'éditeur de la forme". L'ensemble y gagne énormément en crédibilité / qualité / authenticité.
Point faible
- Trop anglais. Bien qu'il ait été adapté (une partie des articles a été transposée au contexte français, une autre partie supprimée, d'autres articles ajoutés), le livre est très anglo-saxon, et cela me gêne. Même si j'apprécie les informations sur Shakespeare, les fournisseurs de la Reine ou les pensées de Jonathan Swift, que faire de la liste des astronomes royaux, du parcours du labyrinthe de Hampton Court ou de la position des joueurs de cricket ?
Je le reconnais, cela fait un point faible pour trois points forts, mais ce point faible recouvre plusieurs articles. Allez, je suis un peu dur. J'étais en train de feuilleter ce bréviaire, et je tombe, p. 146, sur les combinaisons et probabilités au poker. La boucle est bouclée, Nerik a été le moteur premier de ce message, et
un de ses thèmes d'intérêt le finit.
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Par Docthib,
mercredi 12 avril 2006 à 10:03 :: Caillou
Mots-clés : Cailloux
j'ai marché dans tes couloirs,
La nuit,
A l'heure où tout n'est que fatigue.
Guettant la rame illuminée
au bout du tunnel.
J'ai vu des visaqes fatigués,
par millions,
des querelles,
par centaines.
J'ai vu les affiches et les graffiti, les poubelles et les mendiants, jour après jour.
J'ai voyagé seul, allant vers toi.
J'ai voyagé heureux, revenant de toi.
Aujourd'hui je voyage seul,
souvent avec toi.
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mardi 11 avril 2006
Par Docthib,
mardi 11 avril 2006 à 18:22 :: Perso
Mots-clés : Courir, Perso, Photo
Merci à Cyrano pour le titre de ce thibillet. Merci à
Yann pour l'info : les photos du calvaire sont dispos sur le site de
Maindru Photo.
Hélas, saturation du serveur (35 000 personnes qui se connectent, ça fatigue...). Donc, dès que j'arrive à me faufiler dans une fenêtre espace-temps, hop, je chourave et poste.
MàJ : ça y est !
Flapi

et Flapo

.
En attendant les photos de
Laurent N.
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lundi 10 avril 2006
Par Docthib,
lundi 10 avril 2006 à 14:00 :: Courir
Mots-clés : Courir, Perso
Et voilà, pour la deuxième fois, je suis marathonien.
Les faits bruts
- 4h 52' 07" ce qui me place
- moins bien qu'en 2002 (4h 40' 54")
- 27 743ème sur 35 000 (mais combien d'abandons ?). Une petite recherche me donne 30 744 arrivants. La dernière est Andrée Degoumois, en 6h 25' 45". Bravo Andrée, tu es la dernière des premiers. Après cette arrivée, ils ont arrêté les chronos, mais il y a probablement (sûrement) des participants qui continuaient à arriver...
- 8ème sur 10 ESCP / ESCP-EAP répertoriés pour l'instant
- J'ai vécu ce que je vais appeler Le syndrôme classique, étant donné que tous ceux à qui j'ai parlé ou dont j'ai entendu parler (Laurent, Damien, Christian, Sébastien, Jean-Philippe) l'ont eu aussi : départ bien motivé, vigilant mais optimiste, passage du semi-marathon (donc, la moitié de la distance, à 21,1 km) en se disant "bon, jusque là, ça va" et après, effondrement. Suivant les interlocuteurs, l'effondrement n'a pas lieu au même kilomètre, pour ma part, en précurseur, cela a été dès le 26ème kilomètre. Et après cela, l'enfer. Et pour paraphraser Anna Gavalda dans une des nouvelles de Je voudrais bien que quelqu'un m'attende quelque part, "tu l'as sûrement lu rapidement, donc je te le réécris pour que tu t'en rendes bien compte : j'ai vécu l'enfer pendant 16 km".
Remerciements
Je souhaite remercier
- mes jambes, pour avoir accepté cette connerie pendant presque 5h (sans compter l'after : la remontée de l'avenue Foch, le métro avec escalator en panne, la voiture...)
- les amis qui sont venus nous encourager : Marie-Cécile au km 20 qui m'a accueilli avec "Tu peux le faire, Christophe !" et a couru à mes côtés ; Laurent au km 29, après quelques méchants tunnels ; et Angelika, qui a eu la patience d'attendre à l'Etoile plus d'une heure, entre l'arrivée de Laurent et la mienne.
- les anonymes qui nous ont encouragés sur tout le parcours. Des enfants à qui on tape dans la main, de jolies femmes, des jeunes papas, des pépères casquettes, des beurs survêt, tout ce Paris qui a certes des défauts, mais aussi des qualités dans les fêtes populaires. Je salue la nonyme (quel est l'antonyme d'anonyme ?) Madame Raymonde, dite Ray (photo ici), la patronne de La boutique du Marathon, 100 marathons à son actif, et qui était présente au km 40 à nous encourager.
- les bénévoles de l'organisation qui distribuaient les bouteilles et aliments, la Croix-Rouge et ses tentes et ses blessés, les pompiers de Paris qui sont toujours encourageants, tout au long du parcours, les orchestres (Satisfaction m'a trotté dans la tête pendant quelques kilomètres)
Déroulé (rapide) et analyse de la course
- Départ et premiers kilomètres : bonne ambiance, nous sommes tous avec nos bobs jaunes, et c'est impressionnant de voir cette étendue de foule qui couvre les Champs-Elysées jusqu'à la Concorde (et au-delà, bien sûr, les premiers doivent déjà être rue de Rivoli...). J'hésite alors entre me fixer 5'30" au kilomètre (objectif 4h00) ou la jouer plus raisonnable : 6'00" au kilomètre (objectif 4h20), en attendant de voir comment je serai au semi. Comme je suis stupide et optimiste (synonyme ?), je me cale à 5'30". A côté de moi, un gars dit "Quand même, c'est beau". Il a raison, il fait beau, et de la rue de Rivoli, on voit la colonne de la Bastille au loin, si loin, si proche.
- Ravitaillements : tous les 5 km, je prends de l'eau à chaque fois, et en trottinant, je vide la bouteille consciencieusement, puis retour à la vitesse de croisière, coup d'oeil au cardio-fréquencemètre, moyenne à 5'40" au kilomètre, mes jambes savent ce qu'elles font.
- Entrée dans le bois de Vincennes au km 10 (déjà 1h de course), on dépasse un fauteuil roulant Handisport, qu'on applaudit.
- Km 20 : Marie-Cécile surgit comme un lapin blanc hors du chapeau du bitume, et court à mes côtés. Rhhaaa, remotivé je suis.
- Passage du semi (21,1 km) en 2h07', là je me dis "tiens, je pourrai peut-être faire 4h20 ?" Hahaha, j'en ris encore.
- Arrivée à Bastille (un peu avant km 25), je me souviens que je ne voyais pas grand chose, au même endroit, il y a 4 ans. Je me re-dis "Je suis plus frais qu'il y a 4 ans, vas-y jojo, attaque..."
- A partir des quais de Seine (km 25-26), ça part en déconfiture. J'ai beau me houspiller, les jambes ne suivent plus, et marchent au ralenti. Le graphique ci-après illustre ce qui va être ma souffrance sur les 16 km suivants : alors qu'en 2002, j'étais parti plus lentement, puis j'avais accéléré, cette fois-ci, cela n'a été qu'une lente descente vers l'enfer.
- Je convoque mon Loup, vers le km 26, il m'aide pendant un petit kilomètre, je me sens carnassier et sauvage, je le sens galoper à mes côtés, grogner avec moi, aspirer l'air glacé, et puis il s'en va, ou s'enfonce à nouveau au plus profond de mon être
- Une pensée à la volée, vers le km 27 : si l'énergie pouvait être dérivée de la souffrance, un Marathon de Paris suffirait à éclairer Paris pendant un an. Mais n'importe quelle journée d'une Maternité ferait le même boulot, après tout, nous autres, les hommes, nous sommes ben douillets...
- Rencontre avec Laurent, km 29, après quelques tunnels éprouvants. Petit papotage pendant que je fais des étirements, et puis re-départ. Nouveaux tunnels. ambiance sombre et confinée : vers la fin d'un tunnel, j'avais l'impression de ne respirer que le gaz carbonique des concurrents. Arrivée à l'air libre - et montée - perçue comme un soulagement.
- Aux ravitaillements de 30, 35 et 40 km, je marche, je mange de la banane, je bois ma bouteille. Chaque kilomètre arrive de plus en plus lentement, les crampes menacent, je les sens tapies au fond des muscles, prêtes à bondir. Je masse les endroits où les crampes palpitent, courbé en deux, tout en continuant à trottiner comme un hérisson blessé. Grosse souffrance.
- Km 39, je prends ma dernière dose de glucose, celle estampillée "Coup de fouet". cela ne suffit pas : même si je m'étais juré de ne pas marcher en dehors des ravitaillements, je craque : à 39,500 je me mets à marcher, en attendant le ravito de km 40. Arrivé là, je bois, je me tape une banane entière, et puis je me remets à courir, c'est tout un effort, il faut marcher un peu vite, balancer les épaules, oser soulever le premier pied pour faire une foulée, ressentir le choc, serrer les dents, continuer, et on se retrouve à carapater... comme un ragondin agonisant.
- La fin n'est pas descriptible. Gros effort pour maîtriser mon visage et mes sentiments. L'avenue Foch, où j'avais bien accéléré il y a 4 ans, pour finir en beauté, me semble une montée morne et grisâtre. Pas la force ou l'envie de sourire aux photographes officiels.
- Et voilà, ça c'est fait.
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dimanche 9 avril 2006
Par Docthib,
dimanche 9 avril 2006 à 07:16 :: Courir
Mots-clés : Courir, Perso
- Bien dormir - Check
- Ecouter la B.O. de Rocky en me préparant - Check
- Ecrire mes dernières volontés - Not Yet
- Partir - Check
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vendredi 7 avril 2006
Par Docthib,
vendredi 7 avril 2006 à 16:15 :: Courir
Mots-clés : Courir, Perso
C'est
J-2 J-1, donc je poste la check-list qui va bien, et que je vais éditer au fil de mes oublis (rhoooo, c'est pas bien, dans la Blogosphère, d'éditer des billets après coup, méchant, méchant).
- short moule-à-gaufres - Check
- T-shirt respirant rouge pétard aux couleurs de l'école - Check
- Chaussures, chaussettes (propres), semelles orthopédiques, slip sans coutures (propre) - Check
- Sparadrap pour mettre sur les tétons - Check
- Boire beaucoup (de l'eau), car comme dit le proverbe que j'invente à l'instant :
Si pipi pas transparent,
Toi boire encore des torrents
- Manger des pâtes, des pâtes, des pâtes - Check (soupir)
- Ne pas boire d'alcool - Check
- Prendre la température des copains qui courent, échanger conseils et insultes - Check permanent
- Gâteau qui bourre la gueule pour le petit-déjeuner de dimanche - Check
- 3 doses de gel au glucose pour les kilomètres 20, 30 et 40 - Check
- 4 épingles de sureté pour le dossard - Check
- Cardio-fréquencemètre et accéléromètre - Check
- Copains sur le parcours - Check (3 à ce jour, merci Angelika, Marie-Cécile, Laurent)
- Faire testament - Not Yet
- Répondre patiemment à la question "et quel temps tu comptes faire ?" - Check permanent
- Fixer rendez-vous - Check
- Retrouver le livre de Michel Delore et mes numéros de Jogging International - Check
- Lire tout ce qui a trait au Marathon - quasi Check
- Faire transmettre mes temps par SMS à deux personnes - Check
- Repérer un endroit à Neuilly pour garer la chignole - Check
- Trouver la crème pour les pieds et les coucougnettes - Check
- Vérifier la météo (merci Nerik) - Check et merde, c'est de la pluie, ce qui est OK pour la course (rafraichissant), mais qui alourdit les chaussures :-(
- Préparer toutes les affaires - Check
- Sac poubelle pour m'enrober avant la course (super pour la motivation, "je suis une ordure, un résidu, un déchet") - Check
- Calculer mon temps moyen au kilomètre, en fonction du chrono - Check... c'est là où l'électronique va m'aider
- Me coucher avec le tome 6 et 7 de De cape et de crocs - Check
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jeudi 6 avril 2006
Par Docthib,
jeudi 6 avril 2006 à 21:16 :: Livres
Mots-clés : Citation, Livres, Normandie
Superbe compte-rendu poétique des balades de l'écrivain
Philippe Delerm, en compagnie de sa femme : lui écrit de petits textes ramassés et lumineux, elle prend des photos, et chaque promenade, chaque lieu, est décrit(e) en 2-3 pages, et autant de photos.
Cela n'a pas le caractère de bonheurs minuscules de
La première gorgée de bière, mais on s'en rapproche...
Ce Lyons à déguster en flâneur, en touriste, donnerait bien envie d’y vivre, simplement. Les habitants prennent le temps de se montrer aimables. Témoin ce petit dialogue, à la Maison de la Presse-Mercerie-Librairie :
- Auriez-vous une enveloppe matelassée ?
- Non, mais attendez, je vais vous arranger ça.
Voilà, avec de petites feuilles de carton, un peu de papier bourré…
Posez la même question dans un kiosque à journaux de La Défense… Faites la soustraction, et écrivez la solution du problème. Il faut couler ses jours en Normandie.
Philippe Delerm, Les chemins nous inventent, Livre de poche n° 14584, 158 p.
PS :
J-3
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mercredi 5 avril 2006
Par Docthib,
mercredi 5 avril 2006 à 20:11 :: Réflexions
Mots-clés : Réflexions
Dans l'enceinte de la Gare Saint-Lazare, la lutte est rude. Il y a du monde, certes, comme dans le métro, mais ce monde est
en mouvement. Normalement, les conditions idéales de nos sociétés modernes sont :
- soit il y a du monde, beaucoup de monde, mais il n'y quasiment pas de mouvement (exemple : une rame de métro), de telle sorte que se crée une forme de cohésion cristallographique, chacun s'ajuste par rapport aux autres, crée des liaisons de covalence, bref, se place sur la grille atomique. La rame de métro devient une molécule complexe, formée d'atomes humains. Et comme une molécule, celle-ci est relativement figée, donc solide, jusqu'à ce qu'une forte température (incendie, canicule) désolidarise les atomes-usagers en une fuite désordonnée vers les issues de secours ou les terrasses de cafés.
- soit il y a peu de monde, et beaucoup d'espace, ce qui permet de se propulser selon des trajectoires rectilignes (exemple : les allées d'un supermarché un jour de semaine, l'esplanade du Trocadéro, la Place Rouge), chacun est un petit atome de gaz dont on ne saurait prédire en même temps la trajectoire et la vitesse, mais on s'en fout, car il n'y a pas de risque de collision (rappel : l'espace est grand)
A ces deux situations équilibrées, correspondent
mutatis mutandis
- l'espace grand, avec des personnes immobiles (exemple : une plage des landes à 10 h du matin en juin), qui correspond à une situation absolument inintéressante à tout point de vue.
- l'espace bondé de personnes en mouvement (exemple : la Gare Saint Lazare), l'extrême de notre entropie urbaine, le test ultime de mécanique des fluides.
C'est cette dernière situation qui m'intéresse, car les Parques ne sont jamais là où on les attend. Imaginons la scène : une meute d'usagés se faufile, se chevauche, s'entremêle dans une quête frénétique de rapidité. Compte-tenu de la forte densité humaine au mètre carré, le faible taux de collision est étonnant, et montre l'efficience de ce type de système. L'usagé moyen est rapide, réactif, attentif, souple, il change de direction comme de chemise, évite, contourne, circonvient, tout en se payant le luxe d'arborer une expression tristement neutre, fatiguée, ou lointaine (dévolue aux écouteurs de wok-man). C'est merveille de voir comme 100 000 ans d'humanité et 8 000 ans de civilisation aboutissent à cette perfection sociétale.
Je ne déroge pas à la règle, je l'avoue, je m'immerge avec délices dans ce magma gluant de sueur et de décibels, et, tel la fourmi de course moyenne, j'occupe chaque brin d'espace que me laissent les autres lobotomisés. Mais malheur à ceux qui se croient plus forts que le système. Des intrépides, acrobates ou yamakasi, bref, des
risk-lovers se la jouent "hip-hop, je vais plus vite que les autres, je frôle au plus près, je suis comme une mobylette de livreur de pizzas zig-zaguant entre des voitures diesel". Mais comme dit la pub de la sécurité routière sur les motards :
agiles, mais fragiles.
Voici notre protagoniste. Une expression populaire, souvent pratiquée par ma tante, est
Con comme une valise. Il n'y a pas plus vrai. Dans les différentes espèces de valise (valise en carton, valise sous les yeux, valise pleine de schnouf ou de biftons), la valise à roulette tient le pompon. Décomposons l'approche en quelques axiomes et leurs corollaires :
- espace restreint, gens nombreux, tous en déplacement
- jeunes livreurs de pizza véloces, qui se faufilent au plus juste entre les usagés
- mobiles, alertes, mais ne regardant qu'à hauteur des yeux, pour repérer la faille entre deux quidams (ou qui-dames)
- donc ne regardant pas leurs pieds
- et (je me répète) frôlant au plus juste les pékins de la foule magmateuse
- SCHLAKK ! Trébuchement sur valise à roulette con tirée telle une vache asthmatique par une sympathique rombière qui n'a pas inventé la machine à cambrer les bananes
La valise à roulettes fauche en pleine vélocité celui qui croyait évoluer dans un monde d'obstacles verticaux (ses frères humains) tous proches les uns des autres. La valise à roulettes, c'est le crocheur de pattes horizontal, l'animal à l'affût, le voisin de palier qui vous a secrètement jalousé pendant 10 ans, et qui a renversé exprès de l'huile d'olive dans l'escalier. La valise à roulettes, c'est la figure séculaire du Destin qui nous explique à tous que, on a beau se croire jeune, intouchable et immarscecible, viendra toujours le moment où l'on explosera en vol. Voilà ce qu'il en coûte, de se croire infini.
PS :
J-4
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mardi 4 avril 2006
Par Docthib,
mardi 4 avril 2006 à 19:26 :: Livres
Mots-clés : Citation, Livres
J'ai du retard dans les livres, je viens de terminer deux Philippe Delerm, mais là, c'est mon ami le commissaire Montalbano.
La soirée est italienne à souhait, j'ai émincé deux gousses d'ail, je les ai faites revenir dans de l'huile d'olive jusqu'à ce qu'elles aient parfumé l'huile, puis j'ai versé une fricassée de la mer (petits poulpes, moules, crevettes) dans le Wok, et ai touillé. En attendant que l'ensemble prenne cohésion, et que les pâtes soient cuites, j'ai dégusté un
Peperoncini Ripieni, un de ces petits poivrons rouges farcis qui enflamme la bouche.
L'ensemble, servi chaud, arrosé d'huile d'olive et de gros sel, était la récompense d'une journée longue, et de deux nuits blanches.
Ah oui , Montalbano.
La peur de Montalbano est un livre de nouvelles, certaines faisant quelques pages, d'autres prenant la taille d'un petit roman. On y retrouve ce parler sicilien qui est à mi-chemin entre le langage enfantin ("tu te la débrouille, toi, l'histoire") et cette langue mi-châtiée mi-théâtrale :
- Dottori !
- Qu'est-ce qu'il fut ?
- On a tiré.
- A qui ?
- A un type.
- Il mourut ?
- Il a mouru.
J'aime beaucoup ce commissaire qui aime bien la bonne cuisine, et qui se paye le luxe d'être désagréable, non, plutôt : mal embouché, avec ceux qu'il aime et qui l'aiment.
Et l'on n'est pas loin d'une philosophie de la vie :
Il s'empiffra d'une énorme assiette de rougets frits, aréussissant à rejoindre une concentration de brahmane hindou, celle qui permet la lévitation, sauf que sa concentration allait en sens contraire, vers l'enracinement plus profond dans le terrain, c'est-à-dire dans le parfum piquant, dans la saveur pâteuse de ces poissons, à l'exclusion totale de toute autre pinsée ou sentiment. Même le bruit extérieur de voiture, de voix, de radios et de télévisions à leur volume maximum, il fut capable de le faire disparaître, se créant une espèce de bulle de silence absolu. A la fin, il se leva, pas seulement repu, pas seulement satisfait, mais avec un sentiment de complète euphorie. A peine franchie la porte de la trattoria San Calogero, il manqua être écrasé par une auto qui fonçait, il l'évita à grand-peine en sautant sur le trottoir. Mais l'harmonie entre lui et le chant des sphères célestes s'était brisée d'un coup.
Andrea Camilleri, La peur de Montalbano, Fleuve Noir, 2004, p. 107.
PS :
J-5
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lundi 3 avril 2006
Par Docthib,
lundi 3 avril 2006 à 23:25 :: Photo
Mots-clés : Normandie, Photo
Parmi les 250 photos que j'ai prises en Normandie ce week-end, je sélectionne celle-là. Je l'intitule
Skydiving, ou
Si tous les ours du monde...
PS :
J-6
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