Cela fait quelque temps que je souhaite développer cette idée, mais par manque de temps (air connu), je n'ai pas pris le temps d'approfondir. Et hier, les moyens d'information classique (Libération) et cyber (le blog FreeMoneyFinance) m'ont remis le pied à l'étrier (et l'étrier est un os de l'oreille interne, donc proche du cerveau).

Dans Libé d'hier, p. 10, un article intitulé Le yaourt aux fraises est gourmand en pétrole offre quelques informations réjouissantes :
  • un pot de yaourt aura parcouru 9 115 km avant d'arriver dans mon frigo (attention, cela inclut aussi le trajet de toutes les matières premières)
  • acheter un yaourt en prenant sa voiture consomme 136 grammes équivalent pétrole (gep) par Kg de yaourt, contre 97 gep si l'on achète le yaourt sur Internet (car dans ce cas, il est livré par un camion commun à tous les acheteurs. Finalement, les cybermarchés en ligne sont les transports en communs des emplettes).
Cela résonne avec plusieurs billets de FreeMoneyFinance. Ce blog américain donne, entre autres, quantité de conseils pour économiser/gagner de l'argent dans sa vie personnelle. Cela inclut des antiennes comme "débarrassez-vous de vos cartes de crédit" (Rappel : les américains vivent essentiellement à crédit, et les européens en prennent allègrement le chemin. Rappel du rappel : une offre de paiement différé - par exemple avec une carte de grand magasin - coûte actuellement 19,66% par an (TEG) pour un crédit inférieur à 1 524 euros, tandis qu'un crédit à la consommation coûte aujourd'hui du 2,9% TEG fixe. Cherchez la meilleure solution. Réponse : ne vivez pas à crédit) ou "traquez les petites dépenses". Une batterie de conseils porte sur les comportements d'achat, et il y a quelques semaines, le conseil était "Evitez de faire des courses 3 fois par semaine, essayez plutôt deux fois par mois". L'argument était financier (coût du transport en voiture) et psychologique (rester à l'écart du magasin permet d'éviter les achats compulsifs). Je me souviens, quand j'étais jeune et célibataire, que mon médecin m'avait demandé si je pratiquais un sport, j'avais répondu "Oui, je fais mes courses le samedi après-midi dans un hypermarché". Quand j'arrivais aux caisses, j'entendais des conversations comme "Oh, il est déjà 17h, on est ici depuis 10h du matin !" (c'était un centre commercial). Et juste avant de passer en caisse, je passais en revue scrupuleusement mon caddie : avais-je vraiment besoin de tout cela ? Il n'était pas rare que je remette un ou deux produits en rayon, les ayant identifiés comme "achats compulsifs".

Aussi, le conseil de Tonton Thib, et la conclusion :
  • faites vos courses une fois toutes les deux semaines, et faites-les par Internet : cela réduit les tentations (il y a moins d'achat compulsif si l'on n'est pas devant le rayon), diminue les coûts logistiques (les frais de livraison + le pourboire doivent représenter la moitié, voire le quart, du coût de l'essence d'une voiture) et surtout, cela diminue beaucoup de coûts cachés.
  • les coûts cachés sont soit des coûts dont on n'a pas conscience (ex : le temps passé à conduire la voiture, remplir le caddie, payer, remplir le coffre, conduire la voiture, vider le coffre. Comme le dit le philosophe Roland Magdane dans un sketch "le soir, quand tu sors la boite de petits pois pour préparer le dîner, ça fait la 15ème fois de la journée qu'elle te passe entre les mains") ou bien des coûts mutualisés, c'est-à-dire supportés par la collectivité (ex : la pollution de toutes les voitures allant vers / ou revenant de / l'hypermarché).
En conclusion(s) :
  • Aller faire ses courses tous les week-ends, avec un 4x4 (voiture très polluante) acheté avec un crédit auto, c'est pô intelligent
  • Surfer sur le web et se faire livrer à domicile, et utiliser son temps libre pour lire des livres dans les transports en commun, c'est bon pour la santé (ça pollue moins), la santé (on marche plus), la santé financière (on dépense moins) et la santé intellectuelle (on lit des livres, au lieu d'écouter SuperRadioFunMaxRap). Et ça c'est intelligent.
Bon, je ne vous dis pas où je me situe, je suis modeste, et puis la réponse est difficile à trouver...