Le gratuit et le payant : les prix, les coûts et la valeur
Par Docthib, dimanche 29 janvier 2006 à 18:32 :: Finance :: #8 :: rss Mots-clefs : Finance, Informatique, Internet, Réflexions
Je suis abonné depuis plusieurs mois au Standblog, de Tristan Nitot, et dans la ligne de ce que dit cet auteur sympathique, j'ai quelques réflexions sur le gratuit et le payant (je rédige en parallèle un billet sur le neuf, l'occasion, et le jetable, et j'en ai un autre en tête sur les licences).
Premier constat : le web est le vecteur du gratuit
Certes, les shareware (partagiciel) ou freeware (gratuiciel) existaient auparavant, mais le réseau a amplifié leur diffusion, en parallèle d'autres actifs : des images, contenus, applets, icones, etc. C'est bien simple, si une image nous plaît, hop clic droit enregistrer sous, un texte, hop Sélectionner tout, copier. Cet esprit libertaire du début a son charme, et je pense qu'il démultiplie les motivations. Soyons franc : si je rédige sous Dotclear, c'est parce que c'est une référence en matière de blog, et qu'il est gratuit. Cela ne m'empêchera pas de leur faire un don, mais je suis persuadé que si Dotclear avait été payant dans un emballage sous cellophane, oncques l'aurais-je acheté.
Corollaire : l'internaute de base (dans lequel je m'inclus, car j'aime la chaude ambiance virile des groupes) va piocher de ci de là, butiner, copier-coller, et les frontières du droit et de la propriété personnelle vont s'estomper dans son esprit.
Après tout, de gratuit à libre, il n'y a qu'un pas, que les anglo-saxons ont franchi allègrement quand ils ont bricolé leur idiome, puisque free (gratuit) se dit comme free (libre) alors que c'est pas du tout la même chose. Mettre un actif en libre accès ne signifie pas que j'abandonne mes droits (copyright) dessus. Prenons le cas du gratuit pour l'instant, nous traiterons du libre (c-à-d des licences) plus tard.
Deuxième constat : il y a une différence entre le prix, le coût et la valeur
Une ressource mise à disposition gratuitement a nécessité un développement coûteux, ne serait-ce qu'en temps. Tout ceux qui ont développé un site web, un programme, ou un logo, savent de quoi je parle. Et comme le dit Sénèque à propos du temps,
Ergo, un actif gratuit peut avoir été coûteux pour son producteur, et détenir une valeur. Mais l'on constate une multiplication d'à peu près, voire de contre-sens :
Premier constat : le web est le vecteur du gratuit
Certes, les shareware (partagiciel) ou freeware (gratuiciel) existaient auparavant, mais le réseau a amplifié leur diffusion, en parallèle d'autres actifs : des images, contenus, applets, icones, etc. C'est bien simple, si une image nous plaît, hop clic droit enregistrer sous, un texte, hop Sélectionner tout, copier. Cet esprit libertaire du début a son charme, et je pense qu'il démultiplie les motivations. Soyons franc : si je rédige sous Dotclear, c'est parce que c'est une référence en matière de blog, et qu'il est gratuit. Cela ne m'empêchera pas de leur faire un don, mais je suis persuadé que si Dotclear avait été payant dans un emballage sous cellophane, oncques l'aurais-je acheté.
Corollaire : l'internaute de base (dans lequel je m'inclus, car j'aime la chaude ambiance virile des groupes) va piocher de ci de là, butiner, copier-coller, et les frontières du droit et de la propriété personnelle vont s'estomper dans son esprit.
Après tout, de gratuit à libre, il n'y a qu'un pas, que les anglo-saxons ont franchi allègrement quand ils ont bricolé leur idiome, puisque free (gratuit) se dit comme free (libre) alors que c'est pas du tout la même chose. Mettre un actif en libre accès ne signifie pas que j'abandonne mes droits (copyright) dessus. Prenons le cas du gratuit pour l'instant, nous traiterons du libre (c-à-d des licences) plus tard.
Deuxième constat : il y a une différence entre le prix, le coût et la valeur
Une ressource mise à disposition gratuitement a nécessité un développement coûteux, ne serait-ce qu'en temps. Tout ceux qui ont développé un site web, un programme, ou un logo, savent de quoi je parle. Et comme le dit Sénèque à propos du temps,
Les hommes jouent avec le bien le plus précieux d'entre tous ; mais ils ne s'en rendent pas compte parce qu'il s'agit d'un bien immatériel, parce qu'ils ne l'ont pas sous les yeux et de ce fait, il est estimé à un prix très bas, je dirais même à un prix pratiquement nul.
Sénèque, De la brièveté de la vie, Ch. VIII, Par. 1.
Ergo, un actif gratuit peut avoir été coûteux pour son producteur, et détenir une valeur. Mais l'on constate une multiplication d'à peu près, voire de contre-sens :
- pour la majorité des internautes butineurs, gratuit signifie sans valeur, voire sans coût.
- Pour beaucoup d'entrepreneurs, le Graal se résume à « Si tu veux devenir riche, mets quelque chose de gratuit en ligne, et si tu as du succès, tu te feras racheter ».
- C'est d'Internet qu'est partie la crise, avec les programmes d'échanges de fichiers qui ont developpé le piratage. Dans cette faille juridique, et ce flou psychologique, se trouvait un point de droit que l'Etat n'a pas comblé, à mon avis. De la même manière que l'on a vu éclore des mouvements citoyens dans tous domaines où l'influence de l'Etat était jugée insuffisante (les restos du coeur ont vingt ans), les internautes se sont attaqués au domaine du droit, en bâtissant une solution alternative : multiplier les types de licenses, pour bien dissocier des choses telles que la paternité de l'oeuvre, le droit à la copier librement, le droit de la modifier librement (je prends ici les grands principes des licences creative commons).
- En effet, au système du droit répressif, se substitue un système collaboratif, qui n'est plus régi par des brevets déposés au nom de chacun, mais des mises en commun de compétences pour bâtir des produits encore meilleurs, qui soient la propriété de tous. Cette mise en commun, qui fait la force des systèmes d'exploitation ouverts comme Linux, ou des logiciels libres comme Openoffice, repose avant tout sur une démarche collective. Mark Shuttleworth, le fondateur de Ubuntu Linux exprime régulièrement cela en termes d'éducation : donner à tous un accès à un système d'exploitation et des programmes librement modifiables. De même, malgré des crises, l'objectif de Wikipedia est de créer une "encyclopédie libre, gratuite et multilingue".
- La question sera d'appréhender les conséquences économiques de tels développements. Le marché du gratuit est-il un marché ? (Je pense que oui). Le gratuit est-il viable économique ? (Je pense que oui). Comment intégrer les apports du marché du gratuit ? A mon sens, en raisonnant de plus en plus en termes de capital humain, c'est-à-dire d'éducation, et de coûts / gains dérivés, ce qui est difficile : comment évaluer le coût total d'un actif comme la somme de son prix de vente, des obligations auxquelles ils nous contraint, de son impact futur sur l'environnement et sur la société, etc. Tristan Nitot traite déjà d'un aspect du problème, en expliquant que le bas prix des produits fabriqués en Chine que nous retrouvons chez nous est notamment dû aux faibles coûts du transport, ce qu'une hausse inconsidérée des prix du pétrole pourrait remettre en cause. Il en profite pour parler de l'environnement, un coût caché récurrent (billet à venir).
Commentaires flous
1. Le dimanche 29 janvier 2006 à 23:51, par Yann
2. Le lundi 30 janvier 2006 à 14:14, par Christophe Thibierge
3. Le vendredi 17 février 2006 à 18:09, par nerik
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