BuJo IV – fournitures et quelques conseils ultimes

Ceci clôture ma description de la pratique du BuJo au quotidien, pour le suivi de mes journées et de mes projets. Je termine par ce qui est en même temps accessoire, mais qui paradoxalement déclenche souvent des envies d’écrire un journal intime ou un carnet de pensées : les fournitures. Puis je donnerai quelques conseils basiques issus de ma pratique.

Mon carnet v. 1.0

Mon premier BuJo a été un carnet Moleskine. La marque est prestigieuse – ou plutôt, son marketing est très bien fait, puisque la marque fait référence à des auteurs classiques célèbres (Saint Exupéry, Hemingway…) alors même que le carnet Moleskine n’existe que depuis 1998, et il présente deux avantages : un élastique qui permet de maintenir le carnet bien fermé, et un marque-page en tissu pour ouvrir le carnet à la bonne page.

J’avais opté pour un carnet souple, taille B5 (moitié de A4), à petits points (dotted). Une page à points est un compromis ergonomique entre la page lignée (qui force à dimensionner son écriture et ses dessins à la hauteur des lignes imprimées) et la page vierge (où mon écriture ne reste jamais horizontale bien longtemps. Les points peuvent servir de points de repère pour les lignes, mais aussi pour tracer des dessins, des plans, des cases…

Les inconvénients du carnet Moleskine :

  1. la faible épaisseur de ses pages : l’encre de mon feutre (pourtant fin, 0,7mm) se voyait par transparence sur l’autre côté de la page. Et c’était encore pire pour les zones encrées (ex : titres encadrés). Cela me forçait à utiliser un stylo-bille (moins agréable pour l’écriture et l’esthétique) ou un crayon à papier (ingérable dans le temps, les notes s’effacent après quelques années).
  2. Les pages n’étaient pas numérotées. Certes, c’est une gymnastique plaisante de commencer chaque nouvelle double-page par une numérotation des coins, cela peut même renforcer l’aspect « je fais ce que je veux de mon carnet, il est versatile », mais je cherchais un côté plus pratique.

Mon carnet v. 1.1

Pour un prix légèrement inférieur au Moleskine, j’ai trouvé un carnet qui répondait à tous mes critères : le Leuchtturm 1917. Pages numérotées, papier épais, double marque-page coloré, étiquettes autocollantes fournies (y compris pour la tranche), et couverture dans un grand choix de couleurs vives ou sobres, c’est le carnet conçu pour un exercice joyeux et quotidien du BuJo.

J’ai pu y utiliser mon feutre gel 0,7mm pour prendre des notes et faire des dessins (… des gribouillages plutôt) sans craindre de transpercer le papier. J’ai eu plusieurs de ces carnets, dans différentes couleurs, et cela reste ma référence pratique pour le BuJo.

Les inconvénients du carnet Leuchtturm 1917 :

  • Il faut acheter un petit passant élastique autocollant pour pouvoir insérer son feutre / stylo, de telle sorte que le BuJo soit toujours accompagné de son stylo (mais il faut débourser de 5 à 8€ de plus pour cet autocollant).
  • Moleskine propose un stylo bille qui peut se pincer dans la couverture, c’est bien aussi, mais c’est un stylo-bille (donc moins agréable pour écrire + problème des recharges) et le côté pincé dans les couverture n’est pas hyper pratique à l’usage, car le stylo dépasse de la couverture, donc il s’accroche partout.

Mon carnet v. 2.0

Je pratiquais depuis quelques années l’appli CamScanner, qui permet de « scanner » rapidement une page de livre ou un article (en fait, c’est une photo qui est intelligemment recadrée et retouchée avant d’être sauvegardée au format PDF ou jpeg). Or, avec un BuJo papier, on peut avoir envie de transporter une page sans le carnet entier (par exemple, une page d’un BuJo qu’on a terminé il y a un mois, mais la page est toujours d’actualité). J’ai donc eu l’œil attiré par un carnet Leuchtturm aux pages pré-formattées (technologie whitelines) avec des petites icônes dans les coins pour faciliter la numérisation et le détramage avec une appli fournie. En théorie, c’est génial, puisque ça permet de scanner rapidement une page depuis son téléphone et de l’emporter partout, il y a même la possibilité de cocher une case prédéfinie sur la page papier pour un envoi automatique par mail ou dans une appli du cloud (Dropbox, Evernote…) Dans ma pratique, l’appli fonctionnait plutôt moins bien que CamScanner… et de toute façon, j’ai dû utiliser au maximum deux fois la fonction de scanner (pour un carnet de 160 pages…). En conclusion : mon BuJo est de toute façon toujours avec moi, et quand il ne l’est pas, soit j’ai accès à des pages que j’ai scannées sur un bon vieux scanner et sauvées dans le Cloud, soit je me passe du BuJo pendant une journée, ce n’est pas non plus une drogue 😀

Pour celles et ceux qui aiment les très beaux objets, il existe un carnet, le Thibierge (un de mes cousins…) qui propose un très beau carnet, des reliures aimantées permettant de changer de bloc de feuilles facilement, et une appli de numérisation. L’objet est superbe, mais pas à la portée de toutes les bourses… 😉

Mon carnet v. 3.0

C’est ma version actuelle. Marque française (LeMome), il est (encore) un peu moins cher que le Leuchtturm 1917 ou le Moleskine, avec une épaisseur de papier analogue à celle du Leuchtturm. Il offre le plaisir de couleurs variées, le confort de DEUX marques-pages tissu (bien pratique : un marque-page pour la page courante, et un autre pour l’Index), et il présente l’avantage d’avoir un porte-stylo élastique déjà cousu dans la couverture. Un plus : les 8 dernières pages du carnet sont détachables selon des pointillés, ce qui permet de noter et de donner le résultat à l’interlocuteur.

J’ai opté pour un LeMome bicolore, qui vient avec des accessoires dont je ne me sers pas (petite règle, autocollants smileys…) mais qui font la joie de certain(e)s ados…

Le stylo

Vous aurez compris que je n’aime pas le stylo-bille. Je préfère faire glisser une plume que de faire rouler une bille qui écrase le papier et marque le verso. Mais le stylo-plume a lui-même ses contraintes : il peut baver (ex : trajets en avion), et l’encre peut mettre un peu de temps à sécher sur le papier, conduisant à des bavures si le doigt vient à effleurer les mots, ou à des pattes de mouche quand on referme le BuJo trop rapidement.

La solution qui m’a duré des années était un feutre-gel 0,7mm de chez Muji. Petit, léger, rechargeable, il était simplissime et suffisait parfaitement à mes besoins. Son seul inconvénient était la disponibilité des recharges de gel : uniquement accessibles au flagship Muji du Forum des Halles (1h30 aller-retour minimum) et non disponibles en ligne, ces satanées recharges me contraignaient à planifier mes réapprovisionnements pour plusieurs mois à chaque fois que j’y allais. Et dans les derniers mois, les recharges avaient tendance à ne plus être suivies, ou seulement en noir. Ça sentait la fin de série.

Et puis grâce à un article d’un excellent Blog, j’ai trouvé la solution idéale : un stylo-bille (roller) à cartouches d’encre de stylo-plume. Ce Schneider vaut 3 francs 6 sous, il fonctionne sur des cartouches d’encre standard de la grande distribution, et son seul inconvénient est que son marché-cible correspond aux enfants de 8-10 ans, donc j’ai un peu galéré avant de trouver un motif qui ne soit pas Transformers ou Winx… (ce qui pourrait faire un effet intéressant lors de certains ComEx).

Les accessoires

Je n’utilise aucun des accessoires vendus « pour la pratique du BuJo », comme des pochoirs métalliques ou des guide-lettres. Pour moi, ces accessoires s’apparentent plus à du scrap-booking ou de la calligraphie qu’à la tenue d’un BuJo fonctionnel et pratique. La petite poche dans le rabat intérieur à la fin du BuJo peut être bien pratique, la boucle élastique pour le stylo et l’élastique de maintien du carnet, ça me suffit comme accessoires « built-in ».

En revanche, mon péché mignon consiste à aller rôder sur Pinterest pour apprendre quelques dessins extrêmement basiques (ce sont plus des icônes ou des festons que des dessins) pour aérer mon BuJo avec quelques graphismes… sans passer 15mn sur un croquis.

Quelques conseils issus de ma pratique

Au fil des années (je suis en train de terminer mon 7ème BuJo), je me suis prescrit des conseils à moi-même que je partage avec vous, au cas où cela intéresserait des aficionados :

  • Le BuJo est avant tout pragmatique et simple. Ne jamais oublier que c’est sa simplicité qui fait sa versatilité : dessins, fioritures, notes à la va-vite, todo listes ou brain dumps, pages de projets… Et c’est l’Index qui rassemble tout cela en un tout exploitable.
  • Ne pas succomber à la pratique du quotidien 1. On n’est pas obligé de tenir un journal de toutes les journées passées. Au fil des années, je constate que je peux avoir des trous de 2 jours ou plus dans la prise de notes… Qu’à cela ne tienne : quand je reprends le BuJo, je ne fais pas un compte-rendu de toutes ces journées non notées, et je re-démarre là où j’en suis, tant pis pour le trou temporel. S’il y a des choses à noter, elles me reviendront bien assez tôt.
  • Ne pas succomber à la pratique du quotidien 2. Idem quand je démarre la matinée par une réunion ou une idée qui risque de disparaître : je note directement ce qui se passe, quitte à ce que la ligne de temps ne soit pas tout à fait linéaire, il sera toujours temps de raccorder les points après coup (ou pas).

Voilà la fin de la cette série sur le BuJo et ma pratique d’icelui. Je serai intéressé par vos commentaires et remarques sur votre propre expérience 🙂

Cette entrée a été publiée dans Productivité, Réflexions, To-Do. Placez un signet sur le permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.