Une mini-interview sur les bonus des traders

Entreprendre_Traders.jpgContrairement à la mésaventure narrée dans ce thibillet, j’ai été cette fois-ci correctement et sérieusement cité dans un article, certes court, mais qui a le mérite de la clarté. (Magazine Entreprendre).

On peut certes sourire à « l’effet criquet » (il s’agit en fait d’un effet de cliquet, typo bien pardonnable), mais l’ensemble a le mérite de la concision. Je lui attribue un Ratio de canard d’au moins 1/3, sinon plus ! 🙂

Et merci à EmmaTSZ, efficace et toujours souriante entremetteuse médiatique.

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2 Responses to Une mini-interview sur les bonus des traders

  1. fernand dit :

    Bonjour,
    Pour ma part, je ne pense pas que réglementer les bonus (ou plus largement la rémunération) des traders soit la bonne solution pour mettre fin à des pratiques scandaleuses qui peuvent conduire toute une économie à la ruine.
    Vous semblerait-il normal d’encadrer la rémunération des footballeurs, des présentateurs du JT, ou des artistes célèbres ?
    Je pense que faire une exception pour le métier de trader ne peut que conduire à singulariser encore cette profession, alors que c’est tout l’inverse qu’il faut faire si on veut qu’elle rentre dans le rang, et ne soit rémunérée qu’ à la hauteur de son mérite social.
    Les footballeurs reçoivent des rémunérations indécentes en regard de leur « travail » et en comparaison d’un ouvrier du btiment. Mais ce phénomène est validé par la population, puisque des cohortes d’abrutis (souvent anticapitalistes) payent pour les regarder taper dans un ballon, dans un stade ou sur canal+, et achètent 3 fois plus cher que chez Carrefour, des maillots à l’effigie de leur club préféré … mais ils en ont fait le choix.
    L’énorme et unique différence avec la rémunération des traders est qu’elle peut les conduire à ruiner la même population évoquée plus haut « en jouant » avec leur dépôts bancaires, et en faisant appel à l’argent public pour renflouer les banques saignées par leurs opérations irresponsables … et là ce n’est pas un choix.
    Donc, plutôt que règlementer, il faut normaliser, de façon que les traders exercent leurs activités dans des établissements spécialisés, sur la base de fonds privés, apportés à cet effet par des investisseurs ayant le goût des profits faciles et des risques insondables … et ce sera leur choix.
    Encore une fois, une activité de trading spéculative (c’est-à-dire une prise de position directionnelle, non adossée) n’a rien à faire dans une banque de dépôts. Il est normal qu’une banque de dépôts emploie des traders pour traiter des opérations de marché, mais cela doit se faire uniquement dans un contexte d’adossement (équilibrage du bilan), donc avec un risque quasiment nul.
    Ce que je décris n’est pas une vue de l’esprit et se pratique déjà, mais de manière encore imparfaite dans les groupes mutualistes français. Il reste encore à ces établissements à franchir une étape pour clairement cloisonner leur BFI et leur activité de réseaux.
    Par ailleurs, le débat (justifié) sur la rémunération des traders et la nécessité d’en encadrer les règles ne fait que contribuer à stigmatiser une profession qui n’est pas composée que de salauds et de profiteurs, mais aussi de professionnels qui ont une réelle utilité pour la Société. De la même façon que tous les bons chirurgiens n’ont pas choisi la chirurgie plastique auprès des pipôles, et qu’il existe heureusement d’excellents professionnels qui travaillent à l’hôpital public pour 10 fois moins, il existe également des traders responsables dont les « bonus » ne serviraient qu’à payer les cigares de certains de leurs collègues.
    Il existe des opérateurs de marché dans les directions financières des banques de dépôts, à la Banque de France, à la Caisse des Dépôts, au Trésor, etc. qu’on peut donc qualifier de trader, dont la part variable annuelle représente 3 mois de salaire en moyenne, et dont le salaire fixe équivaut à celui d’un ingénieur financier. Ces niveaux de rémunération n’empêchent pas ces établissements de trouver des collaborateurs compétents, et ils ne rencontrent aucun problème de recrutement.
    Les Oudéa, Baudouin-Prot, et consorts, qui nous enfument depuis ce débat sur la rémunération des traders, en nous répétant que la finance française va subir une hémorragie de son élite au profit des pays anglo-saxons, sont aussi peu crédibles que s’ils nous affirmaient que ce pays ne compte plus un seul chirurgien compétent car tous les autres sont partis à Los Angeles pour s’en mettre plein les poches.
    Pour résumer, continuons le chemin entamé par les mutualistes, cloisonnons les BFI, et tout rentrera naturellement dans l’ordre, sans réglementation et surtout sans les contrôles qui en découleraient et qui seraient quasiment impossibles à mettre réellement en œuvre.

  2. Docthib dit :

    Cher Monsieur Fernand,

    c’est toujours un plaisir de vous lire, on sent que du côté de Montauban, ça réfléchit 🙂

    3 remarques qui sont autant de réponses :

    1. Vous entendez « réglementer les bonus » par « les réduire à de plus justes niveaux » (cf. votre exemple sur les rémunérations des footballeurs), alors que personnellement, je ne me suis pas positionné là-dessus : je ne sais pas si les traders sont trop rémunérés. On pourrait par exemple supposer que le marché du travail fonctionne bien, et que ces bonus reflètent les profits dégagés par lesdits traders. Mais là n’est pas mon propos : quand je propose de réglementer, ce n’est pas le niveau, c’est le mode de rémunération. Des rémunération comme les bonus ou les stock-options favorisent un comportement opportuniste et souvent irresponsable. Après, sur le montant des bonus, il y aurait probablement beaucoup à dire, mais ce n’était pas mon propos dans cette interview.
    2. Je suis entièrement d’accord avec la séparation que vous prônez entre banque d’investissement et banque de détail. je n’ai vu aucun argument sérieux qui permette de défendre le fait que les deux soient amalgamés. (Un thibillet à venir sur le sujet).
    3. j’aime bien votre bon sens montaubanais quand vous prenez l’exemple des chirurgiens : je suis entièrement d’accord avec vous, on tire à vue sur quelques individus, en ignorant la foule des « petits, des obscurs, des sans-grade » (toutes proportions gardées, mais c’était pour mettre du Rostand dans ce commentaire 😉 ) En effet, les arguments sur la fuite des cerveaux ne servent qu’à cacher… des intérêts privés, eh ben tiens, encore une fois…

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