Indicateur MBTI (Myers Briggs Type Index) – quelques remarques qui peuvent intéresser d'autres personnes

Ce blog a déjà parlé du MBTI, de manière incidente, dans les commentaires.
Je ne vais pas décrire ce test ou ses fondements en détail, je me donne juste, allez, 4 phrases pour le faire :

  1. Issu des travaux du psychiatre et psychologue Carl Jung et adapté par Isabel Briggs Myers et Katherine Cook Briggs, l’indicateur MBTI sert à identifier le « type » de personnalité d’un individu donné.
  2. Il y a 16 types de personnalités, fondées autour de 4 axes (2 valeurs possibles par axe) : E/I, S/N, T/F, J/P.
  3. Connaître son propre type de personnalité, et identifier celui des autres, aide à clarifier les incompréhensions et les dysfonctionnements – y compris vis-à-vis de soi-même.
  4. Ce test est utilisé depuis des années dans la majorité des formations au management, notamment sur les populations en MBA.

J’ai « passé » un entretien de découverte du type il y a deux semaines, après avoir lu quelques livres et navigué sur des sites Internet pendant plusieurs mois. Et mon propos est de rédiger un rapport d’étonnement sur ce domaine que je découvre, et que je vais probablement approfondir («Connais-toi, laisse à Dieu les secrets qu’il veut faire ; L’homme est la seule étude à l’homme nécessaire», Alexander Pope, Essai sur l’homme).

Rapport d’étonnement en 4 actes :

  1. Le MBTI est utilisé à tour de bras par les coachs, consultants en management, gens de RH et autres psychothérapeutes sur le lieu de travail. Je trouve que cet indicateur est très souvent réduit à sa plus simple expression, et donc frustrant. En gros, il se borne à dire « nous n’avons pas tous la même personnalité, voilà la vôtre, vous êtes bon là-dedans, moins bon ici, et une personne qui n’a pas le même type de personnalité ne fonctionnera pas de la même manière ». C’est déjà pas mal, mais cela rend cet indicateur difficile à distinguer des autres tests plus ou moins en vogue (êtes-vous cigale ou fourmi, analytique ou syncrétique, dauphine ou casoar, etc. Le bestiaire des types de personnalité est un zoo fantastique dans les séminaires de management). Mais l’entretien de découverte n’est censé être que la première étape, et il devrait normalement être suivi par un travail personnalisé avec le coach.
  2. En fait, cet entretien offre un diagnostic instantané (voilà votre type de personnalité à la base), mais aussi évolutif : voilà comment vous utilisez votre cerveau pour collecter des informations et prendre des décisions, voilà comment cela a évolué depuis votre enfance, et voilà comment cela risque d’évoluer. Si l’on devait prendre une analogie, c’est beaucoup plus qu’une photo. C’est un film qui décompose le mouvement, que le sportif peut lire (avec l’aide de son entraîneur…) pour comprendre d’où viennent ses gestes, et comment les améliorer.
  3. S’il y a 16 types de personnalités, alors cela réfute les conseils universels sur l’éducation ou sur la psychologie. « Un enfant a besoin d’être cadré, sinon il sera malheureux », « écoutez votre coeur », « reprenez du temps pour vous-même, défendez-vous des Autres », « Les enfants ne doivent pas interrompre la conversation »… Tous ces dictons ou conseils dont nous avons hérité dans nos schémas mentaux, ou qu’on peut lire dans les magazines à positionnement « psychologie grand public » cachent en fait la forêt : s’il y a 16 types de personnalité, il y a 16 familles de conseils. Ou comme l’illustrait Kate dans son commentaire : « si un S suit son intuition (fonction opposée à sa préférence naturelle, donc peu efficace car rarement utilisée), ou si un T s’amuse à décider de façon subjective, sauf dans le cas précis d’un travail conscient et encadré de développement personnel, ça va tourner assez vite au bordel généralisé. »
  4. De la même manière, s’il y a 16 types de personnalité, alorscela réfute les conseils universels pour travailler efficacement. Or, qu’est-ce qu’écrivent la plupart des manuels de « productivité personnelle » ? Ils disent « voilà ma méthode, elle est adaptable à tous, universelle, suivez mes conseils et achetez mon livre ». Certes, je ne vais pas aller jusqu’à dire qu’il y a 16 systèmes de gestion de la productivité personnelle, mais ce qui est sûr, c’est qu’il n’y en a pas qu’un seul. Je vais lister, pour l’exemple, quelques credos analogues aux credos généraux sur l’éducation ou la psychologie, mais cette fois adaptés au monde du travail : « un bureau doit être rangé (voire vide) » ; « la procrastination est une mauvaise chose et il y a des moyens pour combattre cela » ; « anticiper permet de gagner du temps » (ou variante : on fait plus de choses quand on les anticipe).

Je m’arrête là. J’ai conscience du fait que certains points ne sont des découvertes que pour moi. Et le tout mérite d’être dégrossi, clarifié, décanté au fil du temps et de l’expérience. Je m’y emploie.

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9 Responses to Indicateur MBTI (Myers Briggs Type Index) – quelques remarques qui peuvent intéresser d'autres personnes

  1. Disciple dit :

    Tiens, je dois faire ce même test dans le cadre du cours d’Organisation & Mgmt de mon école (qui est aussi la vôtre). Pour dire la vérité, j’ai été accablé par la teneur des questions et des réponses proposées…

  2. Docthib dit :

    Mmmmm… Je ne sais pas quoi vous répondre, disons que je vous mets le tout en vrac. D’abord, on demande des réponses spontanées, qui montrent votre « préférence naturelle », donc ne vous prenez pas le chou, dites-vous « en dehors de toute contrainte sociale, professionnelle ou familiale, comment j’aimerais me comporter ? ». Ensuite, personnellement, ça m’a aidé de lire des livres intelligents (pas des sites web) avant, pour mieux comprendre. Certes, ça supprime une partie de l’effet de surprise, mais ça permet, par exemple, de mieux réfléchir à notre préférence naturelle (que l’on peut confondre avec notre « construit social »). Enfin, pour plusieurs questions, j’avais mis un point d’interrogation, parce que ce n’était pas clair, selon moi. (ex : qu’est-ce qui a le plus de valeur, la spontanéité ou le professionnalisme ? J’avais tiqué sur « valeur », en bon prof de finance…). Et au final, ce que le questionnaire a donné comme Type de personnalité, nous l’avons laissé de côté pour une discussion (prévue) qui a abouti au fait que je n’étais pas ce que le questionnaire disait… Donc distance amusée et esprit critique de rigueur 🙂 (mais je n’aurais JAMAIS rien compris sans mon excellent coach).

  3. Claudio dit :

    J’ai découvert le MBTI en 2001. Un peu sceptique au début, je m’obstinais à affirmer que "mon type" était le type voisin et pas celui qu’on voulait absolument que je sois.
    J’ai dû refaire le test 6 ou 7 fois depuis. Rien à faire, mon accompagnateur avait raison. Je suis un indécrottable INTJ.
    Suivant, au mieux mais avec difficultés, les axes de développement préconisés pour cette personnalité, j’ai pu évoluer et tempérer un peu "cette nature qui revient parfois au galop". C’est ce cheminement qui m’a mené, pour faire vite, de l’écriture à la peinture et de la lecture à la course à pied. Je m’en trouve aujourd’hui fort bien.
    Tout cela pour témoigner qu’aucun autre test de personnalité ou entretien psychologique ne m’a autant apporté que le MBTI.
    J’ai été très heureux d’apprendre que le premier cours de l’année de mon fils (ESPEME 4ème année) était une approche du MBTI.

    PS. Je suis arrivé jusqu’à vous par les conseils d’un ami qui me parlait de votre "Opération Marathons". Content de la découverte.

  4. Docthib dit :

    Bonjour Claudio, je suis content de voir que je ne suis pas le seul à profiter du « diagnostic MBTI » : à écouter la majorité des personnes qui ont été testées, j’avais le sentiment que souvent, elles étaient passées (on les avait fait passer) à côté de la richesse de ce modèle, en terme de compréhension de soi-même et de dynamique d’existence. Et puis, tant qu’à faire, j’en viens à me considérer non pas comme un « indécrottable » ENFJ, mais comme un ENFJ qui aura beaucoup de mal à prétendre être un ISTJ, par exemple 🙂

  5. ola dit :

    bonjour
    moi aussi je viens de le faire mais je vous le jure je n’arrive pas a bouger et repondre aux questions données

  6. ola dit :

    qui pourra m’aider a répondre sur les questions de mon test

  7. Docthib dit :

    Ola, je ne comprends pas ta question. Le questionnaire MBTI est un questionnaire que l’on remplit avec l’aide d’un praticien MBTI. Et si on veut passer un questionnaire en ligne (dont la qualité est discutable), on n’a pas besoin d’être « aidé » pour répondre.

  8. Atchoum dit :

    Bonjour Doc, cela faisait un bail que je n’étais pas passé. Bravo aux "Dublin Twins" !

    J’ai pratiqué ce genre de test ; pas précisément le MBTI, mais un autre, du même tonneau, et il m’a beaucoup apporté. Cet apport ne portait pas réellement sur la connaissance de soi (quoique, c’est toujours bon à prendre), mais sur deux autres aspects :

    1) L’appréhension et l’identification des autres types de personnalité ;
    2) La prise de conscience du fait que dans certaines situations, la personnalité peut changer de manière parfois assez radicale.

    Déjà, apprendre qu’il existe d’autres types de personnalité que la sienne, bon, disons que le pékin moyen peut vaguement s’en douter de manière intuitive. Mais arriver à mettre un nom là-dessus, même s’il peut être caricatural, c’est déjà s’ouvrir à cette autre manière de penser, de réagir, un autre système de valeurs.

    Ensuite, en tant que "manager", ou "coach", ou "cadre", bref en tant que personne chargée d’animer une équipe, cette connaissance est tout à fait précieuse. Elle permet d’entrevoir quelles sont les tâches qui vont le plus motiver telle ou telle personne, et donc d’augmenter à la fois l’efficacité et la satisfaction de l’équipe. Par exemple, si telle personne est tournée vers les autres, donnons-lui une autre personne à "coacher", ou l’occasion de "rendre service". Un meilleur boulot, dans une meilleure ambiance, que demande le peuple ? (du pain et des jeux).

    Cela permet aussi d’identifier et de désamorcer les malentendus, voire les conflits dus à des problèmes de communication. Untel dit : "j’aime travailler vite", l’autre comprend "il bcle le boulot". L’autre dit : "je suis perfectionniste", l’un comprend "il est inefficace". Cela m’a aidé, du coup, à prévenir certaines de mes propres réactions instinctives.

    Enfin, j’ai découvert que les personnalités peuvent être chamboulées en situation de stress. Par exemple, telle personne plutôt altruiste peut se transformer en véritable tyran. Répondre à une série de questions "en situation normale" et à une autre série de questions similaires "en situation de stress professionnel" était un très gros plus.

    Au final une très bonne expérience, que je recommande vivement 🙂

    A bientôt !

  9. Docthib dit :

    Hello Atchoum,
    je suis content que ce thibillet ait éveillé un écho en toi. Le test alternatif dont tu parles est probablement le « Big Five », non ? (je n’en suis pas familier, mais il semble qu’il contient plusieurs traits de personnalité communs avec le MBTI). Je trouve ton commentaire très intéressant, car en fait, tu résumes très bien les apports de ces tests : mieux manager, prévenir les conflits, identifier les changements dûs au stress. J’ajouterai « comprendre sa dynamique personnelle, et son évolution au fil des années (… et prendre en main la dynamique future).
    Vaste(s) chantier(s) en perspective ! A très bientôt j’espère.

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