Je ne suis plus un FaceBouc

J’ai été invité il y a quelques semaines (mois ?) par un ami, alors je me suis inscrit sur FaceBook. J’ai testé ce service pendant quelques semaines, et hier soir, hop, j’ai désactivé mon compte.
En susbtance :

  • sous couvert de réseau communautaire, ce truc est une application d’un mauvais cours de marketing : si tes clients sont des gogos, tu leurs créeras des besoins là où ils n’en avaient pas précédemment. Si tes clients ont du temps à perdre, tu vas les satisfaire dans ce besoin.
  • je suis mal à l’aise avec la collecte des données personnelles qui est faite, et son utilisation par la suite.
  • je ne comprends pas comment une personne peut avoir 327 amis sur FaceBook. Le terme ami est évidemment galvaudé, et je préférerais, comme sous LinkedIn, le vocable de « Connexion ». Cela conduit à des comportements d’accumulation qui contiennent leur propre limite. Je vais enfoncer une porte ouverte : ce qui fait la valeur de mon réseau personnel, ce n’est pas le nombre de mes contacts, mais la qualité de ces contacts. Par exemple, je comprends parfaitement Tristan Nitot quand il annonce qu’il ne va plus utiliser sa messagerie FaceBook, mais je ne comprends pas (bis) quand il dit « Cela ne vous empêche pas de vous déclarer mes amis ». Qu’obtient-il ? (je m’interroge sincèrement, le garçon a l’air intelligent et de bon sens).
  • Plus rien n’a de valeur, le temps moins que toute chose. On passe du temps à apprendre des choses peu intéressantes sur nos « amis » (Untel s’est fait maraver la tête par un vampire de Classe 3, et il a perdu son statut d’Egorgeur ; tel autre dit qu’il va se coucher ; tel autre a toiletté son hamster virtuel).
  • Les rares événements intéressants auxquels on peut s’inscrire ne sont pas spécifiques au système FaceBook, ce réseau ne sert ici que de medium. Et je ne comprends pas (ter) la valeur psychologique d’une action telle qu’adhérer au groupe « je suis contre les fonctionnaires » ou « je ne dis jamais ‘des fois, je vais au coiffeur’ ». Je vois bien qu’il s’agit d’un affichage social, mais il me semble 10 000 fois plus passif que celui de rédiger un billet de blog.
  • En revanche, je comprends très bien, de l’autre côté du miroir, ceux qui tiennent les données de FaceBook. Ils ont en effet une base de données très fouillée, où ils peuvent croiser les informations volontairement données par les utilisateurs (on va les appeler Les FaceBoucs). Qui sait, peut-être qu’en prenant les FaceBoucs qui ont adhéré à « je ne dis jamais ‘des fois, je vais au coiffeur’ » et ceux qui ont adhéré à « Je suis total web 2.0 », on peut cibler une campagne de marketing sur le dernier livre électronique de BHL ? (qui est tellement bien écrit, il vaut son pesant d’or…)

Je pense qu’il y a des réflexions passionnantes qui se développent sur la notion d’identité numérique (comment suis-je identifié sur Internet, quelle est mon image, et puis-je influer sur celle-ci ?), et pour moi, les réseaux sociaux ont une utilité. Mais j’attends toujours le bon réseau.

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0 Responses to Je ne suis plus un FaceBouc

  1. Julien dit :

    Tout à fait d’accord avec toi. Pour l’instant, j’y reste pour voir comment ça marche et ce qui s’y passe (c’est très intéressant).

    Tu crois pas si bien dire concernant le croisement des données. Si tu regardes comment créer des pubs sur Facebook, c’est délirant. Je vais écrire un billet à ce propos dès que j’ai un peu plus de temps.

  2. joséphine dit :

    très vrai tout ça, mais pour autant, je trouve ça drôle, justement, de passer un peu de temps à faire des conneries.
    J’ai un pingouin virtuel, et ça me fait bien rire, en fait.
    c’est un peu se dire que ben voilà, dans cette vie où tout doit être fait avec l’idée de ne pas perdre une minute (et que même le temps passer à glander, c’est pas du temps perdu), ben on peut se marrer à faire des trucs inutiles et sans AUCUN intérêt – la question reste évidemment : combien de temps ça va m’amuser avant que je ne trouve ça vraiment complètement débile mental..

    autre truc pas dénué d’intérêt, c’est quand même de renouer avec des gens perdus de vue. last week j’étais en Israel, sans aucune coordonnée d’un ami de quelque date, ben j’ai cherché sur facebook, l’ai trouvé et failli le revoir (bon, évidemment, si j’avais eu laprésence d’esprit plus tôt, on aurait réussi à se trouve run moment dans nos calendriers super chargés – du moins le mien, de glandage au soleil..)

    c’est sans compter le nombre de gens dont j’ai des nouvelles, avec qui on s’est prévu des dejs (ou des apéros)

    et puis on peut conserver la lucidité de ne pas accepter n’importe qui comme ami – comme dans la vraie vie, en fait, non ? un Loic LeMeur a 2345 "amis" qu’il ne connait même pas (allez, à 90% pas, disons), mais il a besoin de ça pour se sentir exister et reconnu. Comme dans la vraie vie où il doit passer son temps à serrer des louches et faire de grands sourires à quiconque.

    donc bon, d’accord, mais quand même, c’est puissant ce truc (tout con, mais si fort pour les mecs qui sont derrière, l’hallu –
    l’e-mail de pub "Exceptionnel, l’oreiller toujours frais" aux pinpins qui font partie du groupe "je tourne mon oreiller quand je dors pour avoir le coté froid", ben il comble un VRAI besoin.

  3. joséphine dit :

    et sinon, pour une fille, on dit facedechèvre ?
    (ai été bavarde dites donc !!)

  4. Christian dit :

    Doc, deux remarques :

    1) j’ai revu mon pote de lycée, Thomas, il est papa depuis une semaine, il est entrepreneur, il est débrouillard, il est heureux, on va peut-être même travailler ensemble…
    et m.. je viens de trouver une utilité à ce réseau social pourri-intrusif…

    2) tentative de BP rapide
    Maintenant quand les mecs derrière FaceLivre se rendront compte que le taux de clic moyen est passé de 0.67% à 0.27%, ils se calmeront peut-être
    (à ce moment-là de la rédaction, je me dis que je vais voir combien ça fait, par curiosité),

    que ceux qui ont cliqué et concrétiser leur achat se limite à 1% de cette population, ils se calmeront peut-être … (là je poursuis le raisonnement juste comme ça …)

    Si je prends comme base 50 millions de visiteurs uniques par mois (ok c’est le nombre d’inscrits, mais je me dis qu’en raison du spam, ça fait au moins une visite par mois par utilisateur ), ça fait 1 350 ventes…

    Disons que je vends mon oreiller 30 € (il est spécial, attention !) et que je fais une marge nette de 10%, je me fais 4 050 €… (euh je gagne combien déjà moi ??)

    Eh! ya pas quelqu’un qui veut monter le projet avec moi, juste pour voir ?

  5. Docthib dit :

    @ Julien : à tout seigneur tout honneur : je crois que c’est sur ton blog que j’ai vu une vidéo sur tout ce que FaceBook pourrait faire de nos données (lecture du contrat à l’appui).

    @ Joséphine : il y a plein de choses dans ton commentaire, alors je liste :
    1. FaceBook = passe-temps futile, revendiqué comme tel. Je comprends, je n’adhère pas. Nous vivons des temps de zapping (cherche zapping sur ce blog), et j’ai énormément de mal à garder un raisonnement linéaire. Par ailleurs, je me méfie de toutes les compulsions. Cela dit, je ne suis probablement pas dans la cible de FB (trop vieux 😉 )
    2. Le recontact avec des personnes perdues de vue. Oui, certes, mais il faut quand même taper leur nom, donc avoir de se recontacter, et un Google, ou un Pages Blanches te donnera le même résultat. Et puis, je me demande : ça n’est pas, encore une fois, se créer un besoin ? Je pense à certaines personnes que je souhaiterais revoir : j’ai pas attendu FB pour faire des recherches sur elles. (bon, OK, sous FB j’ai tapé leur nom, mais c’est parce que je tape vite, c’était pas une perte de temps, heu…)
    3. Sur les "amis", oui, on a le droit d’accepter (refuser) qui on veut, donc, tu me rejoins : celui qui accepte beaucoup de monde se *dilue*. T’imagines, un "ami" de LLM qui adhère à "Fuck le Web 3.0". Où sont nos amis, alala.
    4. Et là j’avoue que tu m’as bien scotché, avec cet oreiller frais. J’avais vu que tu avais adhéré au groupe, mais le fait que cela se traduise par des messages ciblés, alors là, je suis impressionné. Moi aussi je retourne mon oreiller, ça pourrait même répondre à *mon* besoin, c’est trop fort.
    5. Pour une fille je dirais, heu, FaceBoucleD’or. J’ai bon là ?

    @ Christian :
    1. tu as revu Thomas, OK, *mais c’est biaisé* : tu n’as revu que le pote qui était branché FB. Vas-tu me dire que Thomas était ton seul vrai ami ? Si c’est le cas, tu l’aurais déjà cherché par d’autres moyens. Et Google ne demande pas de s’inscrire pour collecter des données (ce qui est un autre problème). Bref, réfléchis : qui est ton-meilleur-ami-que-tu-as-perdu-de-vue ? As-tu cherché à le retrouver avant l’avènement de FB ? Si non, mon intuitition est que ce n’est pas ton-meilleur-ami-que-tu-as-perdu-de-vue. Et je te parle en connaisseur (et chercheur).
    2. Moi je veux bien monter le projet avec toi. J’ai Herbie Hancock dans les cartons, on peut échanger nos idées. Mais bon, on est jeunes et lucides : de là atteindre 50 millions, ça va laisser sur le bas-côté une foultitude de start-ups…

  6. joséphine dit :

    Bon
    comme la discussion est intéressante et loin d’être futile, je rebondis.
    – je viens de chercher sur Google le nom de mon *ami* israelien, autant te dire que j’ai trouvé son numéro de téléphone et son e-mail comme j’aurais trouvé une pépite d’or de 12 kilos sous mon bureau en arrivant ce matin. J’essaie pas pagesjaunes.fr parce que je doute qu’elles recensent les Israéliens, et parce que mon temps est super méga précieux… 😉
    – l’oreiller toujours frais, heu, bon, c’était une idée – j’ai pas EFFECTIVEMENT reçu d’e-mail de pub, mais je me propose donc de m’associer avec Christian pour monter le business, puisqu’il semblerait que je sois la première à avoir eu l’idée, et que ça gagne à mort.. 😉
    – d’ailleurs, j’ai quitté ce groupe en réalisant, une nuit, que non, je ne retournais pas mon oreiller pour avoir le frais, parce qu’en fait je préfère dormir dans une chambre fraiche et que le bout de mon nez l’est déjà et que DONC j’ai pas besoin de compter sur mon oreiller. Et que donc il n’y avit pas lieu, si je suis honnête avec moi-même, que je fasse partie de ce groupe. Finalement, ça fait réfléchir sur soi, fessebouc. Et ca coute moins cher qu’une séance de psy. Je dis merci Ô dieux du web 3.0.
    Sur ce, je vous laisse, parce que l’horloge tourne…

  7. Yves Duel dit :

    Joséphine, vous m’étonnez ! Sur l’oreiller-machin, pas de pb : tout le monde a droit à son quart d’heure colonial –ou néo surréaliste, c’est selon. mais sur le concept même de "rien foutre" de luxe — je vous cite :

    ‘dans cette vie où tout doit être fait avec l’idée de ne pas perdre une minute (et que même le temps passer à glander, c’est pas du temps perdu), ben on peut se marrer à faire des trucs inutiles et sans AUCUN intérêt"

    Je ne vous connais pas du tout, mais vraiment pas, hors ce lien ténu et improbable prêté par Thib, mais je n’arrive pas à y croire ! C’est un pur lieu commun, excusez moi, que "ce monde ou on ne doit pas perdre une minute" ! et le "luxe" que représenterait le fait de revendiquer les trucs stupides, inutiles, sans intérêt, etc…

    D’abord parce que vous n’avez aucun besoin de le revendiquer, personne ne songe, je suppose, à vous priver de cette liberté de faire "n’importe quoi, y compris des trucs stupides" : ce n’est pas, me semble-t-il une marque d’héroïsme, ni de révolte particulièrement énormes que de le revendiquer !

    Mais surtout, il reste une différence radicale entre faire des conneries GRACE A fessebouc, et faire des conneries tout seul dans la vie. C’est que dans le second cas, vous êtes tenue, si j’ose dire, de les inventer, vos conneries. Passer une après midi à la fenètre à regarder les pigeons, ça, c’est une authentique connerie-perte de-temps-dans-ce-monde-qui-exige-bla-bla-bla. Mais au moins, c’est vous, c’est gratuit, et vos conneries ne dépendent de personne!

    Le pire de fessebouc, avant même la pub, c’est ça : remplir le vide. Même pour nos comportements les plus cons, avoir un support ; une offre du marché.

    C’est fou non ?

    Imaginez le jour ou on vous débrancher de fessebouc ! Quelle addiction !

    (Chère Joséphine, rien de personnel dans ce billet, bien entendu ; c’était juste un prétexte ; donc ne m’en veuillez pas !)

  8. joséphine dit :

    ah non non je vous en veux pas du tout cher Yves, mais voyez, je trouve ça une bien plus grande connerie inutilie futile et vaine de nourrir un pingouin virtuel que de regarder les pigeons. En fait voilà, je comparerais volontiers ça à la mode ridicule (et brève) des tamagotchis.
    J’imagine pas le jour où on me débranchera de fessebouc, parce que je sais très bien que ça va vite me passer, en fait..!
    (et sinon, j’ai jamais dit que je ne disais pas un lieu commun, hein…, et je vois pas trop où j’ai introduit la notion de luxe,mais un jour faudra qu’on parle de tout ça de vive voix !)

  9. mamz"elle dit :

    Contre les intrusions de ces amis parfois envahissants plus de 200.000 facebouquins ont rejoint le groupe "Enough with the Poking, Let’s Just Have Sex." (Marre des clins d’oeil et autres coup de coude,Couchons juste ensemble) ,
    finalement, tout ça pour ça?

  10. mamz"elle dit :

    Contre les intrusions de ces amis parfois envahissants plus de 200.000 facebouquins ont rejoint le groupe "Enough with the Poking, Let’s Just Have Sex." (Marre des clins d’oeil et autres coup de coude,Couchons juste ensemble) ,
    finalement, tout ça pour ça?

  11. tara dit :

    je fais de la peinture j aimerai exposer mes toiles et peut etre en vendre

  12. lola dit :

    je decouvre facebouc j ai pas tout compris mais je fonce alors j attends de l aide

  13. Docthib dit :

    @ tara : c’est bien, moi j’écris des poèmes et je rêve de devenir Julien Doré.

    @ lola : je n’ai qu’un seul conseil : fonce. Et si quelqu’un te poke, réponds oui, cela t’aidera beaucoup.

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