J'ai plus de souvenirs que si j'avais 1 000 ans

Un de mes amis a eu un crash de disque dur. Il m’a demandé si je pouvais retrouver dans mes archives les fichiers des nouvelles qu’on avait rédigées ensemble. Je me suis donc attelé à la tâche (car pour ma part, j’ai beaucoup sauvegardé, souvent, ce qui limite l’impact des crashs que j’ai pu subir). J’ai notamment commencé à exhumer mes mails depuis… 1998 (avant cela, je n’ai que des impressions papier, pas de fichiers). J’ai retrouvé quelques fichiers de cet ami, c’est toujours ça de récupéré. Mais j’ai aussi ouvert la boite de Pandore. Certaines correspondances que je savais exister, mais que je n’avais pas regardées depuis des années ; certains messages que j’avais oubliés ; certaines relations, et leurs souvenirs, et leurs douleurs. Je m’en suis pris plein la tronche. Désormais, j’y retourne un peu plus doucement, dosette par dosette, un peu comme le démineur qui dégage très précautionneusement la bombe prête à exploser.

Désormais tu n’es plus, ô matière vivante
Qu’un granit entouré d’une vague épouvante
Assoupi dans le fond d’un Sahara brumeux
Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux
Oublié sur la carte et dont l’humeur farouche
Ne chante qu’aux rayons du soleil qui se couche.

Charles Baudelaire, Spleen, Les Fleurs du Mal.

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0 Responses to J'ai plus de souvenirs que si j'avais 1 000 ans

  1. joséphine dit :

    c’est la période des crashes.. les disques durs tombent comme les feuilles des arbres !!
    dur de fouiller le passé, dur de remuer des histoires, ouille ouille, dur de ramener à la surface des bons ou mauvais moments qu’il faut malgré tout laisser un peu enfouis..

  2. Yann dit :

    Spleen, les Fleurs du Mal, Baudelaire. De vieux souvenirs aussi, merci pour la madeleine…

    Un nouvel Ubuntu ou Batana – Moirchéologie: étude de sa boite mail par le fond; par dérivé la personne l’étudiant est un Moirchéologue.

    Par exemple: "En Moirchéologie, il est toujours recommandé de solidement s’attacher au présent pour les fouilles profondes." Arthus de Champollion – Traité de Moirchéologie – 2010.

  3. Docthib dit :

    Finalement, c’est Yann qui a parfaitement raison : un souci n’est un souci que tant qu’il n’est pas nommé. Je faisais donc (et je continue à faire) de la moirchéologie. Je ne vais pas dire que ça supprime mes remords, ou mes regrets, mais en tout cas, ça leur donne un nom classieux.
    "Tandis que je moirchéologeais, je me suis dit…"

  4. Mamz'elle dit :

    Ah! tirez la chevillette du souvenir et les petits mots d’amour mailés cherront!
    ( Doc, vous rappellez qu’il existe pour ce faire de beaux papier Velin?et que c’est achment plus poètic tac)

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