E-mail market

Je reviens à mon sujet monomaniaque des dernières semaines. Non pas pour vous asséner une not-to-do list (qui est presque prête), mais pour mentionner une avancée économique fort intéressante. Monsieur Jean, infatigable découvreur de ressources intellectuelles et néanmoins blogesques, m’en a donné la primeur : une société propose une monnaie virtuelle pour marquer la priorité d’un e-mail.
Comme c’est en anglais, que certain(e)s d’entre vous ne lisent pas ce dialecte (déjà que le français, ils ont du mal), je vous la fais Nelson Monfort : devant l’afflux des mails, cette société propose de pouvoir allouer plus ou moins d’argent (des Serios, monnaie virtuelle) pour signaler la priorité de son mail. Evidemment, chaque employé a un budget limité, la question posée dans l’article étant : comment alloue-t-on le budget ? Le même budget pour tout le monde ? Les chefs ont plus ? Moins ?

Voici mes deux Serios de réflexion sur le sujet :

  • C’est un peu analogue à la Poste : on paie plus cher pour un traitement prioritaire. Mais la différence majeure est que la Poste fait payer plus cher un transport plus rapide et/ou plus sécurisé. Ici, ça équivaut plutôt à payer la Poste pour qu’elle mette une guirlande lumineuse autour du message, un truc qui dit « Ouvrez-moi Ouvrez-moi Ouvrez-moi » (comme dans la chanson hallucinogène de Billy Ze Kick).
  • La gestion se déplace : ce n’est plus le destinataire qui décide quels messages il va lire / traiter, c’est l’expéditeur qui choisit pour lui.
  • La question du prix, et de l’allocation de Serios, devrait évidemment faire jubiler quantité d’économistes : je suppose que ce marché s’apparentera à une procédure d’enchères, ou à une branche de la théorie des jeux. Si Zlomard a mis 5 Serios sur son message, j’ai intérêt à mettre 6 Serios sur le mien. C’est donc E-bayl (l’Ebay de l’e-mail). Mais encore faut-il que les prix soient publiés, donc qu’il y aie une cotation.
  • Je ne vois pas l’intérêt pour le récepteur. Touche-t-il les Serios ? Peut-il les épargner, les placer, et puis, après une certaine accumulation, se payer une secrétaire pour gérer ses mails ?

En tout cas, merci Monsieur Jean, ce blog d’économiste m’a l’air fort intéressant (quoiqu’en rosbif), car il part du point de vue de la vie quotidienne. Lisez par exemple le fait que les clients paient plus cher quand on met une étiquette « commerce équitable », c’est redoutable…

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0 Responses to E-mail market

  1. Monsieur Jean dit :

    Doc, si vous m’autorisez un zeste d’anglais : you’ve hit the nail on the head.
    Tout de suite sur le bon point : la circulation du serios. A ce sujet, vous apprécierez peut être le très classique "Baby-Sitting the Economy" de Paul Krugman, qui était, lorsque j’étais jeune encore une sorte de référence en matière de vulgarisation (qualité dont il n’est pas évident qu’il fasse encore un usage fréquent) : http://www.pkarchive.org/theory/...

  2. Docthib dit :

    Ouuuhhh… Trapu, le gars (un p ? deux p à trappu ?). Une bonne référence, que je note.

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