Pensées d'après-vacances 2 : location ou achat ?

Je vais vous parler de ma vie (« ooooh » murmure la foule dépitée), mais je vais aussi vous parler de finance (« aaaaaaah » reprend la foule, respirant comme quand on balance de l’oxygène pur dans les salles de casino à 3h du matin).

  • Cet été, j’ai pris des vacances. Voui. Et j’en avais aussi pris à Pques. On ne se gêne pas, on a les moyens.
  • Étant donné que ma voiture tient plus de la Smart que de la 306, j’ai loué un monospace pour les vacances : 1 semaine à Pques, 3 semaines l’été. (On ne se gêne pas, dans la haute finance la haute fonction publique le haut enseignement commercial la haute bourgeoisie chez moi).
  • Le coût total de location de ces 4 semaines, pour un monospace neuf, propre, avec lecteur de CD et plein de petits tiroirs et de trappes partout pour pouvoir planquer des Playmobil et des Polly Pocket, représentait la somme de #### (je dis cela pour ne pas choquer. C’est à peu près le prix d’une centaine de peaux de castor).
  • Or, voilà-t-y pas que j’entends à la radio, juste après Les Grosses Têtes, une publicité « Le monospace Renault Scenic à ## ### ! » Oui, je sais, ce chiffre m’a aussi semblé très alléchant. Mais ledit chiffre (## ###) représentait 11 fois ce que j’avais payé en location pour 4 semaines.

Le calcul est simple. Étant donné que je n’utilise une grosse voiture que 4 semaines par an, cela vaut-ce-t-il la peine de l’acheter ? Réponse : certainement pas, il faudrait 11 ans pour la rentabiliser, et c’est compter sans l’assurance, la maintenance, et la valeur temps de l’argent.

Lors d’une soirée estivale puissamment avinée, Jean-Christophe établissait une analogie avec le marché immobilier en Île-de-France : selon lui, l’écart entre les prix immobiliers et les loyers est tel qu’il vaut mieux revendre son appartement (si on en a un, sinon, il faut juste acheter un Monopoly) et se mettre à louer. Reste à inclure dans cette réflexion :

  • la valeur de revente (qui pourrait justifier quand même d’acheter dans l’immobilier)
  • les avantages non quantifiables, car non financiers : pouvoir, sur un coup de tête fou, dire « Allez, je vais me remplir 3 caddies chez Carouf », ça sonne comme un homme libre (si, si), tandis que « Allez, je vais aller chez Rent-A-Car pour prendre une chignole dont le coffre contienne plus qu’un I-pod, pour ensuite aller me remplir 3 caddies chez Carouf, puis j’irai rendre la chignole », ça fait moins homme-viril-qui-sait-visser-boulonner-faire-une-vidange-et-formater-le-disque-dur.

Moi je m’en fous, je ne suis pas viril, je fais mes courses en ligne.

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0 Responses to Pensées d'après-vacances 2 : location ou achat ?

  1. nerik dit :

    sans oublier dans le cas d’une revente d’immeuble, qu’avec un bon broker, on peut faire des merveilles…

  2. Yann dit :

    A condition de déjà posséder l’immeuble,
    Et là on rentre dans la finance des très très riche qui est un monde à part.

  3. Yves Duel dit :

    Vraiment, ces profs de finance de la haute bourgeoisie, c’est n’importe quoi. Quel est le rapport entre les 3 caddies et le fait d’être ou non propriétaire ? rien compris !

    (a part ça, j’ai utilisé Caisse commune à Paris pendant des années, ça marche vachement bien, et ça donne le sentiment de contribuer à la baisse de la voiture en ville) (je l’utilise plus car mon cher amour de ma vie a désormais une voiture de fonction : encore un grosse C***ie, que de payer de tels "avantages en nature" à des cadres sup !)

  4. joséphine dit :

    Yves, le rapport, c’est que posséder une voiture plutôt que la louer au coup par coup, ca permet de prendre des décisions délire sur des coups de tête, et c’est (de ce que j’ai pigé moi) cette liberté depouvoir tout faire quand on veut qui justifie le surcoût de la propriété.

    Bon, d’autres auraient parlé d’un we en amoureux à Deauville (ou toute autre bourgade branchée, ou simplement reculée – la haute bourgeoisie aime souvent se cacher dans une contrée quand même chic, mais pas aussi m’as-tu-vue que la Deauville suscitée, bref, je m’égare, Edgar)

  5. nerik dit :

    hum hum. Doc, étant de perm au dej, j’ai un peu de temps pour rentrer dans le détail de ton article. Je commencerai par dire qu’il manque un peu de détails chiffrés. Certes, tu compares location et achat mais achat de neuf. Or le véhicule que tu as loué était il neuf ? Reprenons plutô le raisonnement. Je sais tu ne voulais pas communiquer sur les montants. Je vais respecter ton choix et dire que la location pour 4 semaines a coûté x. En l’occurence x devait être aux alentours de 2000 € Et oui, fourbe de financier, je ne peux pas m’en empêcher… Source site de Rent a car Monospace = 499 Eur par semaine.
    OK. je passe l’impact de l’essence qui est le même dans les deux cas et je t’épargne l’option réduction de franchise que tu peux prendre au moment de la location.
    Maintenant, l’achat. Je raisonne avec l’achat d’un véhicule neuf qui me paraît plus comparable avec un véhicule de location car dans les deux cas, qqn a conduit le véhicule avt toi. Ex: "une greluche qui dépouille l’embrayage." cf discours de Dédé rencontré sur une aire d’autoroute. Bref. A l’achat un Scenic d’occas coûte environ 16 000 Eur (source: E bay, caradisiac, auto plus…). Soit 8x plus que le prix payé pour la location. conernant l’assurance, je dirai 400 Eur par an max (je ne connais pas ton bonus/malus mais je ne te vois pas êtr eun fou du volant), source secure.assurone.com/tarif…

    Bref Coût de l’opération :

    Emmerdement de transaction à l’achat 100Eur
    Prix d’achat 16000 Eur
    Assurance par mois 35
    Revente décote 15% 13500 Eur
    Emmerdement de la revente 200 Eur

    Coût de l’opération 4635 > 4000 de la location.

    Perso je suis d’accord avec toi. sachant quen plus, je suis plutôt fourchette basse sur les coûts d’emmerdements, et la location te permet de choisir le véhicule que tu veux. Bon c’est une approche rapide, on peut évidemment affiner le raisonnement

  6. Euh, dîtes, doc… je croyais qu’il n’y avait que moi pour penser mes trajets en métro comme un problème d’optimisation intertemporelle en présence d’incertitude et avec une utilité que je ne maîtrise pas bien, ce qui me réduit à n’utiliser que les formes les plus générales – voire à m’en tenir à une axiomatique ordinale – quand j’hésite dans le métro (sachant que l’hésitation est elle-même un sujet en soit, comme la décision de revenir sur une décision)…

    Euh, dîtes, doc… c’est grave ce genre de truc ? et on peut vivre avec à la longue ?

    M’sieur Jean qui tentait de s’oublier dans la littérature contemporaine mais qui comprend à présent qu’il n’échappera pas à ce type de déformation

  7. Docthib dit :

    @ Nerik 1 : la valeur de revente, OK, mais fluctuations du marché + frais : je considère la location comme un actif sans risque, et la propriété comme un actif risqué…

    @ Yann : bon, Nerik a la folie des grandeurs, mais posséder juste un appartement, ça arrive rapidement. Mon propos, et je n’ai pas terminé mon thibillet, était de dire « on est plus facilement prêt à vendre sa voiture et à passer en location, qu’à vendre son appart et passer en location. D’où l’importance du psychologique ».

    @ Yves Duel : Joséphine a tout compris, mais c’est vrai que je n’étais pas clair. Comme le dit Joséphine, si je suis propriétaire, j’ai beaucoup plus de flexibilité (je repeins, j’invite des personnes, je passe au tout solaire) que si je suis locataire. Et j’ai le sentiment de « posséder la pierre ». Pour une voiture, c’est pareil : je montre que la location coûte plutôt moins cher, mais que la possibilité de partir en voiture sur un coup de tête (ce qu’on ne peut faire que si l’on est propriétaire et que la voiture est là, tout à côté), ça a une valeur difficilement quantifiable, la valeur de la flexibilité / liberté. Evidemment, l’idéal, c’est d’avoir une voiture là, tout à côté, mais de ne pas l’avoir payée (ex : une voiture de fonction 😉 )

    @ Joséphine : T’as tout compris. En l’occurrence, j’ai loué un monospace pour aller passer mes vacances au Cap Ferret, ce qui me classe désespérement dans les Bobos, d’après le philosophe Renaud.

    @ Nerik 2 : bravo pour les chiffres. Tu démontres 1. que j’ai raison 2. que l’on peut raffiner, préciser, complexifier. C’est même le but de la modélisation : modéliser, ce n’est pas pour trouver un résultat précis, une solution imparable, c’est pour mieux circonscrire le problème. Mes données : 1500 euros pour 4 semaines, 16 900 euros à l’achat (neuf). J’avais oublié l’assurance, mais tu as oublié l’entretien (oui, même la première année). Je pense aussi, et tu es d’accord, que la valorisation des emmerdements à l’achat et à la vente peut être supérieure. Ce qui est amusant, cf. commentaires précédents, c’est que l’on peut faire exactement le même calcul pour l’immobilier, et pourtant, tout le monde est propriétaire…

    @ Monsieur Jean : le métro est un sujet inépuisable de modélisation. Mais étant donné que je ne me limite, généralement, qu’à la modélisation financière, je n’ai pas ce souci (modéliser le prix du billet de métro, heu, ça va pas loin, même en 2ème voiture…) Je vous rassure : on arrive à survivre, et le métro, c’est ben bon pour lire la littérature contemporaine. Vous pourriez vous en rendre compte si je n’avais pas 3 livres de retard dans mes critiques.

  8. L'inconnu du 3ème étage dit :

    "Ce qui est amusant, cf. commentaires précédents, c’est que l’on peut faire exactement le même calcul pour l’immobilier, et pourtant, tout le monde est propriétaire…"

    Sauf qu’il est assez rare qu’une voiture prenne de la valeur avec le temps (sauf catégorie spécifique de tuture) et qu’en général nous avons besoin d’un appartement plus de 4 semaines par an….

    Trois éléments supplémentaires concernant la location de voiture :

    Pour : pas de lavage, pas de passage d’aspirateur ;

    Re-pour : possibilité de choisir l’agence en fonction de la destination (ex porte maillot pour partir à l’ouest) ;

    Contre : playmobil / polly pocket perdus = playmobil / polly pocket définitivement perdus ;

    "Vous pourriez vous en rendre compte si je n’avais pas 3 livres de retard dans mes critiques."

    Critiques attendues avec d’autant plus d’impatience que "Haute fidélité" faisait partie de ma liste de bouquins conseillés….

  9. Yann dit :

    @ Docthib. Je suis tout à fait d’accord avec toi, mais il y a un saut en terme de possibilités sur le marché financier quand on possède un immeuble. J’enfonce des portes ouvertes mais par observation, plus on est riche (ie très très très riche), plus on a des possibilités d’investissements importantes (en terme de produits ou de montages) et plus de retour esperés importants. Je ne sais pas comment le définir mais je trouve qu’il y a un saut qualitatif en terme d’investissement (en parallèlle du quantitatif) à partir d’un certain montant ou plutôt d’un montant certain 😉

  10. Yann dit :

    Dicton du jour: plus il y a de l à parallèle plus les journées sont belles.

  11. Docthib dit :

    @ Yann, qui est fché avec son clavier aujourd’hui : je suis entièrement d’accord. Je crois que tout tient à l’endettement : quand on est pauvre, on n’a pas de garanties à offrir, et on obtient un endettement faible, et il faut le prendre sur 30 ans pour commencer à acheter un 2 pièces. Quand on est riche, le patrimoine sert de garantie, et on peut s’endetter à 100%. L’effet de levier joue alors à plein. Maintenant, je pense que la solution d’acheter petit, pour louer, permet de faire, peu à peu, un effet boule de neige. Plus d’infos (ou pas) dans les thibillets à venir.

  12. nerik dit :

    J’avoue.

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